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Bouira :Les lycéens manifestent pour la promotion de Tamazight

Publié le 10/12/2017, par dans Non classé.

Près de 3000 élèves ont manifesté aujourd’hui dimanche, à travers plusieurs communes de la wilaya de Bouira pour dénoncer ce qu’ils qualifient de  » marginalisation de la langue Amazighe ».
A M’Chedallah, à 40 km à l’est de Bouira, ils étaient près d’un millier d’écoliers de différents établissements scolaires, à manifester devant le siège de la daïras. Les contestataires ont scandé des slogans tels :  » Assa Aazeka Tamazight thella thealla », ou  » Corrigez l’histoire, l’Algérie n’est pas Arabe »,  » Ma ulac Tamazight, ulac ulac ulac… »

Interrogés sur le motif de cette action, les avis des jeunes lycéens divergent.  » Vous n’êtes pas au courant ? Ouyahia veut interdire Tamazight à l’école. Tout le monde en parle», « Ils (les pouvoirs publics, Ndlr), ne veulent pas la généralisation de Tamazight dans tous les établissements scolaires du pays.»

A Bechloul, à 20 km à l’est de Bouira, environs 500 élèves sont sortis de leurs écoles pour exprimer leur colère. Le même scénario aussi dans les communes de Haizer, El Esnam, Saharidj et autres, où des centaines de lycéens et collégiens ont investi les rues et les places publiques.
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La Fondation Casbah met en lumière le nouvel ouvrage de l’écrivain journaliste Mustapha Yalaoui

Publié le 10/12/2017, par dans Non classé.

ALGER – La Fondation Casbah a organisé, samedi en son siège à Bab Jdid (Haute Casbah) une séance de vente-dédicace du roman « Le Général K » de l’écrivain journaliste Mustapha Yalaoui.

Face à un public nombreux et les membres et amis de la Fondation Casbah, à leur tête, Belkacem Babaci, l’auteur a indiqué que les recettes de cette vente iront à la Fondation, estimant que c’était « un devoir » envers ceux qui oeuvrent à la préservation du patrimoine et à la sauvegarde de la mémoire de l’Algérie.

Paru en juin dernier aux éditions L’Harmattant et réédité récemment en Algérie à Constantine par Paper Library Art, ce roman (300 pages) est d’abord, tient à le préciser Mustapha Yalaoui lors de son échangea avec le public, un « travail de fiction » même s’il reconnait s’être inspiré de « faits gravés en sa mémoire » depuis les années 90 lorsqu’il tait journaliste.

« Le Général K » est un personnage « imaginaire » mais « positive » de par sa progression dans la construction dramatique et son rôle majeur dans le dénouement, a expliqué l’auteur de « La Manipulation » (2013), ajoutant qu’il a voulu « apporter un témoignage » pour la mémoire historique de l’Algérie et rendre hommage au rôle indéniable de Institution militaire à un moment critique de l’histoire du pays.

Crée en 1991 par l’association des anciens élèves de Sarrouy, la Fondation Casbah vise la sauvegarde, la restauration et la protection de la vieille ville.

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«Les conditions socioéconomiques favorisent la propagation de l’extrémisme»

Publié le 10/12/2017, par dans Non classé.

Directeur du Centre africain d’étude et de recherche sur le terrorisme (Caert), Larry Gbevlo-Lartey évoque, dans l’entretien qu’il nous a accordé, les nouvelles approches qui consistent à aider et accompagner les religieux dans les pays du Sahel, pour qu’ils prennent en charge les communautés, et préserver les jeunes des discours extrémistes et radicaux. Il parle de la difficulté à contrôler cet immense espace qu’est le Sahara, où évoluent aussi bien les terroristes que les contrebandiers et les trafiquants de drogue en utilisant la technologie…
– Le Caert a organisé, mercredi et jeudi derniers, un atelier consacré aux manuels de l’éducation religieuse dans les écoles des pays du processus de Nouakchott, et auquel ont pris part les membres de la Ligue des oulémas, des prêcheurs et des imams des pays du Sahel. Qu’en est-il au juste ?

La Ligue des oulémas est un groupe d’hommes de religion de la région du Sahel qui existe depuis un certain temps. Nous travaillons avec elle pour voir quelle formation donner aux jeunes et quel contenu ou quel programme doit-on avoir pour préserver la jeunesse de l’extrémisme. Il faut qu’on sache qui enseigne et qu’est-ce qu’il enseigne à nos enfants pour pouvoir s’assurer qu’ils ne sont pas entre de mauvaises mains. C’est important de savoir qui est en train d’enseigner à votre enfant et ce qu’il est en train de lui apprendre. L’atelier permet un échange d’expériences entre les différents participants qui viennent de l’ensemble de la région du Sahel.

– Comment une région comme le Sahel, où la pratique religieuse a toujours été loin de toute violence et proche du soufisme, puisse aujourd’hui devenir le réceptacle de groupes terroristes qui prônent la violence ?

Il faut reconnaître qu’il y a eu des conditions qui ont conduit à cette situation. Dans le premier pilier du fonctionnement de l’Onu, on met l’accent sur les conditions qui favorisent le développement de ce fléau. Le problème ne vient pas de l’Etat-nation, mais plutôt de la communauté.

Raison pour laquelle le Caert met l’accent sur le travail en direction des communautés afin de juguler la problématique des vulnérabilités capables de favoriser l’invasion de l’extrémisme. Lorsqu’on travaille avec les Oulémas et les imams, inévitablement on touche de près les communautés qui constituent la base de la société.

– Pensez-vous que la propagation de l’idéologie extrémiste et radicale est due surtout à la manière d’enseigner la religion, ou est-elle également liée à la dégradation de la situation socioéconomique ?

Souvent, ce sont les conditions socioéconomiques qui aident à la propagation de l’extrémisme. Mais c’est dans la communauté qu’on peut aider un jeune à mieux vivre. Si vous le laissez entre les mains de l’oisiveté, n’importe qui peut l’entraîner vers l’inconnu et réussira à le convaincre que c’est dans la voie de l’extrémisme qu’il vivra mieux. Approcher les communautés et leur apprendre à mieux encadrer les jeunes est très productif.

– Comment un religieux peut-il se faire entendre par les jeunes de sa communauté qui vivent dans le chômage, l’exclusion, la malvie, voire dans des conditions des plus inhumaines, comme c’est le cas dans une bonne partie des pays de la région du Sahel ?

Justement, nous pensons que si les religieux réussissent à capter l’intérêt ou l’attention des jeunes de manière à ne pas les laisser livrés à l’oisiveté, nous pouvons espérer que ces derniers ne puissent pas avoir le temps pour écouter ceux qui prêchent l’extrémisme. Le plus important est de faire en sorte que les jeunes soient occupés par des activités communautaires, que de rester toute la journée à ne rien faire.

Si les terroristes veulent mobiliser, ils vont vers les communautés. C’est là où ils vont recruter. Raison pour laquelle nous insistons beaucoup sur elles. Nous les mobilisons contre l’extrémisme et le radicalisme. C’est là que se mène la bataille contre le terrorisme et nous avons beaucoup progressé…

– C’est quand même paradoxal de constater qu’au moment où des puissances extrarégionales se déploient sur le continent pour lutter contre le terrorisme, nous assistons à la prolifération des armes de guerre, la multiplication des réseaux de trafic de drogue et le renforcement des capacités des organisations terroristes et du crime transfrontalier. Comment expliquer cette situation ?

Pour nous, ce n’est pas un paradoxe. De tout temps, le Sahara et le Sahel ont été un espace traversé par des routes de commerce vers les pays arabes, l’Afrique Occidentale, l’Orient, l’Europe, etc. Aujourd’hui, le même système fonctionne, mais avec des produits nouveaux comme la drogue, les cigarettes, les armes, etc. C’est très difficile comme intérêt. Il y a des routes partout, mais pas de place, ni de contrôle, ni de regroupement de personnes. C’est une place très favorable pour tous ces crimes. C’est difficile de faire des contre-actions. Ils sont en train de profiter de cette donne…

– Sauf qu’avant il n’y avait pas la technologie qui permet aujourd’hui d’avoir des informations en temps réel sur tout ce qui se passe dans ce grand désert…

La technologie profite aussi bien aux gouvernements qu’aux groupes de terroristes et aux contrebandiers. Avant, les caravanes mettaient des mois pour arriver à destination. Aujourd’hui, avec les moyens de transport, les terroristes mettent un temps record pour passer d’un pays à un autre. Il faut reconnaître que la technologie est à double tranchant. Elle est aussi utilisée par les criminels qui évoluent selon la situation. Le Sahara est un terrain très difficile à contrôler.

– Bon nombre de spécialistes craignent que les terroristes de Daech, vaincus en Irak et en Syrie, trouvent refuge dans cette région vulnérable qu’est le Sahel, ou dans d’autres espaces du continent, comme l’Afrique de l’Ouest. Qu’en pensez-vous ?

Ces gens qui prédisent ce genre de scénario, ont-ils des statistiques ? Qui sont venus au Sahel ? Vers où sont-ils partis ? Et surtout qui sont-ils ? Il faut avoir les réponses à ces questions pour pouvoir avancer de telles thèses. Le crime transfrontalier, oui il existe et il est fort. Il y a beaucoup de trafiquants de drogue, de cigarettes, etc. Les terroristes tirent Lire la suite

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«La situation en Libye a aggravé les défis sécuritaires dans les pays voisins»

Publié le 10/12/2017, par dans Non classé.

– L’Algérie va abriter deux importantes conférences africaines sur la lutte contre le terrorisme, l’une à Oran, aujourd’hui et demain, l’autre à Constantine, les 13 et 14 décembre 2017. Qu’en est-il au juste ?

La réunion de haut niveau qui se tient à Oran a pour thème « Les réponses effectives et durables au phénomène du terrorisme : approche régionale». Cette rencontre prévoit d’examiner un large éventail de questions liées à la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, notamment l’évaluation de l’impact de ce phénomène sur la paix et la sécurité en Afrique, le partage des bonnes pratiques et des leçons tirées des expériences passées, y compris celle de l’Algérie, et pour identifier également les réponses les mieux coordonnées et les plus durables.

Je dois souligner que cette réunion se tient en Algérie à la suite à la désignation du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, par ses homologues africains en qualité de Coordonnateur de l’Afrique pour la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent sur le continent.

La gravité des menaces du terrorisme pour la sécurité, la stabilité et le développement d’un nombre croissant de pays africains demeure une source de préoccupation majeure pour l’UA (Union africaine) et une priorité dans son programme de prévention et d’action contre ce fléau.

Au cours de la dernière décennie, cette menace a pris de l’ampleur et des régions qui n’avaient pas pleinement pris conscience de ses sérieuses répercussions, ou qui se considéraient à l’abri du terrorisme, sont devenues la cible des terroristes avec des niveaux de violence sans précédent. D’où la nécessité de revoir et d’adapter les mécanismes et instruments déjà mis en place par l’UA, à la fois sur les plans juridique et opérationnel.

Par-delà l’expérience algérienne, les participants sont appelés à identifier les avancées et gaps de cette architecture de l’UA de lutte contre le terrorisme de façon à consolider davantage la coordination entre les pays africains dans ce domaine, en intégrant l’ensemble des moyens disponibles, en étroite coopération avec les Nations unies et nos partenaires pour répondre aux défis sans cesse plus complexes et une résilience avérée des groupes terroristes et criminels. S’agissant de la réunion de haut niveau qui se tient à Constantine, elle portera sur le thème : « Faire taire les armes d’ici 2020 : le rôle des femmes dans la médiation et la promotion de la coopération transfrontalière».

Cette question s’inscrit dans la continuité des efforts de l’Union africaine visant à sensibiliser et accroître la compréhension au sujet de l’implication des femmes dans les efforts de médiation et de prévention des conflits en Afrique. Les efforts de l’UA dans ce cadre commencent à enregistrer des progrès considérables, notamment à travers l’initiative de FemWise-Africa, lancée à Constantine l’année dernière, et qui fournit une plateforme continentale pour le plaidoyer stratégique, le renforcement des capacités et la mise en place d’un réseau visant à renforcer l’application des engagements en faveur de l’inclusion des femmes dans le rétablissement de la paix et la stabilité en Afrique.

– Le Sommet Europe-Afrique vient de s’achever ; quels dividendes l’Afrique en a-t-elle tirés ?

Les premiers dividendes restent sa consécration en Sommet UA/UE, permettant ainsi d’inscrire l’action collective des deux ensembles dans le cadre de la vision 2063 de l’UA et promouvoir une approche de ce partenariat tournée vers l’action et des résultats à atteindre d’ici le prochain sommet pour que ce processus reste pertinent et crédible.

Cela dit, la préoccupation majeure de ce 5e Sommet UA-UE a été axée sur le thème : « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable» dont le but est d’identifier des stratégies et actions communes en vue de traduire l’atout de la jeunesse des populations africaines en opportunités de développement économique et sociale induisant une croissance soutenue et durable.

C’est à ce titre qu’ont été abordées les questions relatives respectivement à la nécessité d’accroître les opportunités économiques pour les jeunes, la nécessité d’investir dans la transformation structurelle de l’Afrique, l’éducation et la formation pour s’assurer les compétences nécessaires à ce développement, les questions de mobilité et migration des jeunes, ainsi que les impératifs de paix, de sécurité et de gouvernance.

– Lors de ce sommet, il a été plus question de la limitation des flux des migrants que de la source de ce fléau lié principalement aux problèmes profonds que vivent de nombreux pays africains en raison des conflits armés qui les laminent et menacent leur existence. Peut-on connaître votre avis sur le sujet ?

Au cours de ces dernières années, le problème de la migration n’a cessé de s’aggraver au point de constituer une des questions prioritaires sur le plan international. Les amalgames et tentatives récurrentes, en particulier dans les médias européens, visant à établir un lien de cause à effet entre les migrants africains et l’augmentation du nombre d’attentats terroristes suscitent de profondes inquiétudes du côté des Africains.

Pour l’UA, c’est d’abord un phénomène naturel qui touche plus de 20 millions d’Africains par an dans le continent même. Une approche holistique et équilibrée de la migration s’impose.

Elle est basée sur les principes d’humanité, de solidarité, de partage des charges, de la migration légale, du respect du droit international, y compris les droits de l’homme et le droit humanitaire. Tout aussi importante est la nécessité d’intensifier nos efforts collectifs des deux côtés pour s’attaquer aux causes profondes de ce problème, renforcer notre engagement à prévenir et à résoudre les conflits, et enfin accroître les investissements et les programmes de développement devant donner de l’espoir et des emplois décents aux jeunes Africains dans leurs pays.

La déclaration finale du 5e Sommet UA-UE a été élaborée autour de ces éléments, et un grand travail nous attend à l’avenir pour renforcer le partenariat entre les deux organisations sur cette question cruciale afin de préserver en priorité la dignité de nos concitoyens.

– Depuis quelque temps, le monde se focalise sur le grave phénomène « d’esclavage» en Libye en occultant l’éclatement du pays avec des régions entières qui échappent au contrôle de l’Etat, ainsi que la prolifération de factions armées souvent aidées et financées par des puissances étrangères. Quelle analyse faites-vous de la situation Lire la suite

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«Depuis deux ans, tamazight est enseignée dans 37 wilayas»

Publié le 10/12/2017, par dans Non classé.

Le plus important pour nous est la formation de la ressource humaine. Depuis 2 ans, tamazight est enseignée dans 37 wilayas.
Les contingents des enseignants ainsi que celui des apprenants sont en croissance. Nous sommes sur la bonne voie», a déclaré hier El Hachemi Assad, président du Haut Commissariat à l’amazighité (HCA), à l’occasion de la célébration du centenaire de la naissance de l’écrivain et intellectuel Mouloud Mammeri, qui s’est tenue à la maison de la culture Ali Zamoum de Bouira.

L’orateur précise que la commission mixte HCA-Education nationale travaille pour lever les dysfonctionnements dans l’enseignement de tamazight, notamment le caractère optionnel. « Le HCA a demandé l’amendement de la loi sur l’orientation de l’éducation nationale, celle de la recherche et de l’enseignement supérieur et la nomenclature officielle des prénoms, et ce, pour se conformer à la Constitution».

Revenant sur les questions d’actualité, notamment celle de la généralisation de tamazight, M. El Hachemi lève l’équivoque. « Pour la première fois, le plan d’action du gouvernement positionne le rôle du HCA. Ce rôle est la généralisation de tamazight. En 2018, nous avons plusieurs projets avec toutes les institutions de la République afin d’introduire tamazight dans tous les secteurs».

Concernant les mouvements de protestation contre le supposé vote à l’APN contre la généralisation de tamazight, le conférencier estime que c’est de la propagande. « C’est dommage de voir des écoliers occuper la rue au motif que tamazight est exclue. Nous suivons l’actualité et ces rumeurs sont diffusées sur les réseaux sociaux. Il y a un travail qui se fait sérieusement sur le terrain.

Certes, il y a beaucoup d’incohérences dans le système éducatif qui nécessitent des réajustements. C’est ce que nous sommes en train de faire. tamazight sera consolidée à partir du préscolaire», rétorque-t-il. Par ailleurs, M. El Hachemi révèle qu’un timbre postal ainsi qu’un portail électronique, dédiés à Mouloud Mammeri, verront le jour avant la fin de l’année en cours. Lire la suite

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Une énième interdiction à Béjaïa

Publié le 10/12/2017, par dans Non classé.

La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) a été empêchée de tenir son 6e forum à la Maison de la culture de Béjaïa à l’occasion de la célébration du 69e anniversaire de la proclamation de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Les services de la wilaya n’ont pas estimé nécessaire de motiver leur refus, reproduisant ainsi la même attitude adoptée lors de l’interdiction, en octobre dernier, de l’université d’été de la même ligue et de l’interdiction aussi de son 5e forum. La réaction du mouvement associatif a été, pour rappel, de tenir une « université populaire».

Les avis défavorables répétitifs et non motivés de l’administration ont également concerné, dans un passé récent, le Café littéraire de Béjaïa et surtout celui d’Aokas qui avait réagi par une grandiose marche pacifique qui lui a permis de se rapproprier ses espaces de libre expression.

Cette fois-ci encore, une réaction par la rue est envisagée. En attendant ce à quoi pourra aboutir la concertation, la LADDH a dénoncé énergiquement cette énième interdiction et a maintenu son programme de célébration qui s’étale jusqu’à mardi prochain et qui a lieu à Aokas, Akbou et dans des résidences universitaires. Comme dans les multiples épisodes de brimades et de déni, cette interdiction a stimulé le noyau engagé de militants des droits de l’homme.

Le programme a été entamé hier par le forum qui a été déplacé vers le siège de la ligue à Béjaïa, où il a eu lieu en présence de Me Hocine Zehouane, président de la LADDH, et de Me Mokhtar Bensaid, et Belghit Ali, présidents respectivement de la LADH et de la section Algérie d’Amnesty International.

La rencontre a réuni des représentants d’organisations syndicales, des acteurs associatifs, élus et militants des droits de l’homme sur fond d’engagement solidaire qui donnera lieu à une déclaration commune. Des messages de solidarité sont exprimés envers la LADDH. Le RCD condamne, dans une déclaration, une « énième violation de la loi et ces pratiques liberticides de ce pouvoir autocrate». « Dans ces moments de grande mobilisation citoyenne en ces temps de crise multidimensionnelle que vit notre pays, le pouvoir ne trouve pas mieux que de museler toute action libératrice d’énergie et créatrice de dynamique saine et porteuse pour la société et la nation», écrit le RCD.

Le Café littéraire de Béjaïa condamne, lui aussi, cette interdiction et dit sa conviction que « seule une mobilisation unitaire permanente pour la défense de nos droits et libertés démocratiques peut en finir avec ce pouvoir mafieux, rétrograde, autocrate et liberticide». Les cinq élus UDS à l’Apw, pour leur part, ont rendu publique une déclaration où ils crient « haut et fort (leur) réprobation et indignation face au refus essuyé par la LADDH».

Saïd Salhi, vice-président de la LADDH, regrette que la célébration de cette journée internationale se fasse « sur fond d’interdiction». « On ne comprend pas cette interdiction», dit-il, annonçant qu’une campagne sera lancée pour réclamer le retour au régime déclaratif concernant les associations.

« Dans l’Algérie indépendante, nous sommes obligés de reposer la problématique des droits de l’homme», regrette Me Zehouane qui fait le constat de brimades, d’arrestations, d’interdictions et de bien d’autres atteintes aux libertés dans un pays qui affiche la Déclaration universelle des droits de l’homme dans tous les commissariats de police.

La contradiction est frappante et pose la question des enjeux des droits de l’homme. « Comment exister dans ce monde hostile ?» s’interroge Me Zehouane qui se félicite tout de même de la « persistance de l’existence de la Ligue». Ainsi, l’hostilité forge les résistances. Le grand danger dans les luttes pour les droits de l’homme, considère-t-il, est la lassitude sur laquelle misent les régimes dictatoriaux, ou les « majorités génocidaires». Me Zehouane dénonce une administration « obtuse et incapable de comprendre». « Un sacerdoce», la qualifie-t-il.

Ces interdictions répétées font dire à Me Bensaïd que si l’état d’urgence est abrogé dans les textes, il reste bien réel dans la réalité détestable. Le président de la LADH qualifie de scélérate la loi 12/06 relative aux associations et souligne l’urgence de lui trouver une alternative. « Les droits de l’homme est une question personnelle», considère Belghit Ali, président d’Amnesty International Algérie. Cette énième interdiction est pour lui « un scandale» pour un pays qui a ratifié la Déclaration internationale des droits de l’homme. « Nous sommes en recul, nous revendiquons toujours nos libertés», constate-t-il. Lire la suite

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