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Que comporte le nouveau calendrier national des vaccinations ?

Publié le 18/12/2015, par dans Non classé.

Le nouveau calendrier des vaccinations établi par le ministère de la Santé a pris effet cette semaine. Première nouveauté : l’introduction du vaccin antipoliomyélitique injectable.
Ce vaccin prévient contre la poliomyélite qui est une infection qui touche principalement les enfants de moins de 5 ans et entraîne une paralysie irréversible. Désormais, les enfants devront effectuer le vaccin polio sous sa forme injectable (VPI), et sous forme orale. « L’introduction de ce vaccin rentre dans le cadre de la stratégie mondiale mise en place par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’éradication de la poliomyélite», affirme le professeur Ismaïl Mesbah, directeur de la prévention au ministère.

Autre nouveauté : les vaccins contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (ROR). Si la rubéole est une infection virale qui est généralement bénigne, ce n’est pas forcément le cas pour les autres. En effet, selon l’OMS, la rougeole serait une cause importante de décès des enfants, car elle se caractérise, entre autres, par une forte fièvre. Quant aux oreillons, il s’agit d’une « maladie très contagieuse d’origine virale pouvant entraîner des complications graves». Ainsi, les enfants seront désormais immunisés contre ces infections grâce à l’introduction de ces vaccins.

Et enfin, le dernier vaccin anti-pneumococcique. Pour le pédiatre Nadir Benlakhdar, « il s’agit d’une très bonne initiative qui permet de prévenir les infections. Désormais, nos enfants auront droit aux mêmes vaccins dont bénéficient les Européens et ce ne peut être que bénéfique pour eux.» Il est à noter que l’objectif de cette opération s’inscrit dans le cadre des recommandations et de l’élargissement du calendrier vaccinal tracé par l’OMS. Par ailleurs, tous les anciens vaccins sont maintenus dans le calendrier. Lire la suite

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Pagaille aux consulats algériens de France

Publié le 18/12/2015, par dans Non classé.

Les associations de la diaspora algérienne continuent à recueillir les plaintes de ressortissants ayant été victimes d’agressions verbales ou physiques aux consulats algériens de France. Pour expliquer cette situation, certains évoquent le manque de personnel, d’autres accusent l’Etat.
« Les consulats algériens en France nous rappellent la crise économique vécue pendant les années 1990 en Algérie. Les gens font des chaînes interminables qui commencent parfois à 5h du matin. Ils gueulent, s’insultent et se bagarrent. Malheureusement, il y a des altercations quotidiennes.

C’est infernal.» Wahid, la quarantaine, marié et père d’une fille de deux ans, raconte ce qu’il a vécu, le 3 décembre dernier, avec sa femme dans un consulat algérien dans le sud de la France. « Je venais juste de déposer mon dossier pour l’acquisition de mon passeport biométrique, chose que le consulat a refusé à ma femme à qui il manquait la carte consulaire.

Et au moment où on attendait notre tour au service concerné, un agent a quitté son guichet et a exigé de nous, sur un ton menaçant, de regagner la salle d’attente. Je lui ai expliqué pourtant qu’elles étaient toutes pleines à craquer, en vain. Il a insisté en nous hurlant dessus : ‘‘dégagez ! » Puis, il s’en est pris à une vieille de 90 ans qui avait oublié son ticket. Je suis intervenu pour le calmer, et c’est là qu’il m’a donné un coup de poing au visage, me causant une fracture au nez et plusieurs fragments au profil», témoigne Wahid.

Agresseur

Ce ressortissant algérien qui habite Marseille a eu dix jours d’incapacité temporaire de travail, ce qui constitue, selon la législation française, un fait grave, affirme Yougourthen Ayad, président de l’association « Algériens des deux rives et leurs amis» (Adra), qui a reçu la plainte de Wahid.

« Son agresseur risque la prison, car dépasser huit jours d’ITT est considéré comme un acte grave, assure le président d’Adra. Nous sommes la cinquième génération d’Algériens en France et nous avons toujours le même nombre d’employés dans nos consulats. Il y a un afflux important de ressortissants qui viennent chaque jour pour régler leurs papiers. Ils sont pris en charge par un personnel insuffisant qui travaille sous pression.

C’est cette situation qui génère ces problèmes.» La scène vécue par Wahid n’est pas un fait isolé. Il suffit de taper « consulat d’Algérie en France» sur YouTube pour tomber sur des dizaines de vidéos, diffusées par les Algériens établis en France, qui expliquent la situation « déplorable» dans nos consulats dans l’hexagone. « Prendre un rendez-vous pour déposer un dossier peut prendre jusqu’à quatre mois. Dans certains consulats, vous ne pouvez pas avoir de ticket d’entrée si vous n’avez pas payé 20 euros à l’agent d’accueil.

Acquérir un passeport biométrique est très éreintant, compliqué et coûteux pour nous qui vivons à plus de 100 km de Paris. Idem pour l’extrait de naissance S12 et pour la carte consulaire. C’est plus qu’un défi pour beaucoup d’entre nous», avoue Karim, un résident algérien à Paris.

Lamamra

Yougourthen Ayad revient sur la nature des plaintes déposées par les victimes dans son association : « Nous avons reçu plus d’une trentaine de plaintes depuis août dernier. Il y a eu des séquestrations au consulat de Paris. Des échanges verbaux et des violences dans le consultas de Vitry, Bobigny et Nanterre. Des Algériens ont été intimidés et ont vu leur téléphone confisqué, puis séquestrés comme c’était le cas à Nanterre et Vitry.

Nos autorités ne portent aucune considération pour nos ressortissants. Nous n’avons pas arrêté de déplorer cette situation, en vain. Nous avons contacté certains de nos députés qui n’ont malheureusement rien fait jusque-là», s’indigne Yougourthen. L’indignation des ressortissants algériens en France a poussé le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, à effectuer une visite inopinée, la semaine dernière, au consulat de Bobigny et à celui de Nanterre à Paris. Sur place, le ministre a écouté les doléances des ressortissants.

Bobigny

Idem pour le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, qui s’est rendu, avant-hier, au consulat de Bobigny où il a pu s’enquérir des problèmes de l’administration, notamment par rapport aux passeports biométriques qui causent d’énormes complications aux binationaux comme au personnel des 18 consultas. Mais les associations, elles, comme celle d’ADRA, « attendent du concret», affirme encore Yougourthen.

Chafia Mentalecheta, députée de la communauté étrangère établie en France (voir interview), est l’une des quatre députés algériens en France à avoir soulevé la question des consulats au niveau de l’Assemblée populaire nationale. Dans deux lettres adressées, il y a un mois, au Premier ministre et au ministre des Finances, la députée avait tiré la sonnette d’alarme sur la situation qui prévaut dans les 18 consulats hexagonaux. « Seuls certains consulats à faible densité continuent à fonctionner par prise de rendez-vous.

Pour les autres, les ressortissants refont la chaîne pour avoir le ticket de passage, même pour s’informer par exemple. L’attente se fait parfois dehors, dans des conditions métrologiques catastrophiques. La chaîne commence parfois à 21h. Le stress et le sentiment de perdre son temps font oublier le sens de la raison. Les altercations ne multiplient, lit-on dans la lettre de la députée. En 2014, il a été décidé que le personnel des consulats soit renforcé par 100 personnes, mais rien n’a changé depuis car le recrutement se fait malheureusement selon le carnet d’adresses des candidats.»

Binationaux

L’autre association qui s’intéresse de près à ce dossier et qui est l’une des associations qui a porté le problème de rapatriement des corps en Algérie qui sont toujours à la charge des familles est Diasporas des Algériens résidant à l’étranger (DARE). Son vice-président, Otman Douidi, évoque entre autres le problème de compétences parmi le personnel travaillant dans ces consulats. « 85% du personnel est recruté sur la base de connaissances.

Prenez leurs noms et vérifiez-les. Ils se ressemblent tous, dénonce-t-il. Il faut que ça change. Il faut en finir avec le parachutage de gens qu’on envoie à partir d’Alger. Recrutons ici. Nous avons des compétences qui connaissent très bien les problèmes de notre diaspora.» Selon le président d’Adra, un million et demi d’Algériens résidant en France n’ont pas encore eu leur passeport biométrique.

Ce problème sera, selon lui, loin d’être réglé après Lire la suite

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Mères célibataires, et alors ?

Publié le 18/12/2015, par dans Non classé.

Elles sont chassées par leur famille, leurs enfants sont stigmatisés à l’école, elles ont du mal à joindre les deux bouts. Mais à Alger, élever un enfant seule n’est plus un si grand tabou. El Watan Week-end a rencontré ces mères courage qui assument envers et contre tous.
« J’ai été abandonnée par ma famille, mais je n’abandonnerai pas mon enfant. Pour rien au monde.» Kahina, 34 ans, habite à Alger et travaille comme femme de ménage la matinée et garde-malade l’après-midi.

Son seul souci : élever et éduquer sa fille de 5 ans, née hors mariage, dans les conditions les plus « normales». « Je travaille 11 heures par jour juste pour offrir une bonne situation à ma fille sans avoir recours à personne.» Son histoire ressemble à celle de nombreuses mères, puisque le réseau Wassila et le ministère de la Santé estiment que 5000 nouveau-nés chaque année sont de mères célibataires en Algérie.

Alors que le ministère de la Solidarité parle de 3000, un rapport publié par Santé Sud, évoque 7000 naissances hors mariage par an en Algérie, un chiffre en hausse, soit 6 fois plus qu’en Tunisie. « Ma fille est venue au monde après un amour de 4 ans, j’avais 29 ans. On était amoureux, avec son père.

Enfin, c’est ce que je pensais, raconte-elle. J’étais très contente. Je pensais qu’on allait se marier.» Abandonnée par le géniteur de sa fille, puis par sa famille et ses amis, cette maman solo affronte un quotidien difficile dans un studio au rez-de-chaussée. « Quand les jeunes du quartier ont remarqué que je vivais seule avec mon fils, ils venaient taper à ma porte tous les soirs. Je n’arrivais pas à dormir. J’en ai parlé à l’imam du quartier, qui m’a aidée. Il a demandé à d’autres jeunes de nous protéger.» La société toute entière voit en elle une « pestiférée».

CARTONS

« Insultes, jugements et obstacles. C’est le quotidien de toute mère célibataire dans ce pays, déplore-t-elle. Mais aujourd’hui, le regard des autres ne me gêne plus. Ma fille, son éducation et son avenir sont tout ce qui compte pour moi. Quant à ma famille, personne n’a cherché à me contacter. Même moi, je ne veux plus en entendre parler.

Quand je pense que même ma mère m’a rejetée, alors que je m’attendais à ce qu’elle soit de mon côté.» Conséquence de cette stigmatisation : rejet et jugement de la société ; plusieurs femmes risquent leur vie en ayant recours à des avortements clandestins, pratique interdite par la loi algérienne.

Cependant, si la situation des mères célibataires rimait autrefois à humiliation, isolement et abandon d’enfants, ces dernières sont aujourd’hui – en tout cas à Alger – déterminées à se prendre en charge et heureuses d’être maman. Lamia avait 18 ans quand son fils est venu au monde. Violentée à la maison, elle va chercher un peu d’affection dehors. Séduite par son voisin, elle tombe rapidement enceinte. Une fois que ses parents et son frère l’apprennent, Lamia reçoit encore des coups. Elle parvient à fuir la maison et à trouver refuge chez sa tante.

« Elle a bien pris soin de moi durant la grossesse, mais ça n’a pas été le cas après l’accouchement. Ma tante me battait pour n’importe quel pretexte. Elle qui n’avait pas d’enfant, voulait prendre mon fils et s’énervait quand je m’approchais de lui», raconte-t-elle. Face à cette situation et malgré son jeune âge, Lamia prend des décisions et assume ses responsabilités envers son fils. Elle quitte la maison de sa tante et commence à chercher un travail. « Avec un niveau scolaire moyen et un bébé sur les bras, ça n’a pas été facile», affirme-t-elle.

DE MON MIEUX

A 20 ans, la jeune maman a travaillé comme femme de ménage et concierge. « Je n’avais pas le choix, j’étais prête à tout pour nourrir mon fils. On a passé des nuits dehors, sur des cartons, mais il était hors de question que je l’abandonne», lance-t-elle. Aujourd’hui, la jeune maman a 25 ans et vit dans un studio avec son fils de 7 ans. C’est sa deuxième année à l’école. « La seule chose qui m’inquiète c’est qu’en milieu scolaire, mon fils affronte, à son tour, le regard de la société contre lequel je ne peux pas le protéger.

La première semaine d’école, le directeur m’a convoquée pour me dire que trois mères d’élèves, des femmes du quartier, sont venues demander le changement de classe de mon fils, car elles n’acceptent pas qu’il côtoie leurs enfants ! J’entendais ce genre d’histoires mais je n’y croyais pas jusqu’à ce que ça m’arrive.» Finalement, Lamia réussit à le maintenir en classe. Aujourd’hui, elle est vendeuse : elle passe neuf heures par jour dans un magasin de vêtements et prépare, chaque soir, des gâteaux pour le café du quartier afin de subvenir aux besoins de son fils.

« Nourrice, loyer d’une chambre sur une terrasse, charges, vêtements, affaires scolaires… il faut de l’argent pour assurer tout ça ! Et dans cette situation, il ne faut pas compter sur l’Etat pour t’aider !» Neila, 32 ans, est maman célibataire d’une fillette de 2 ans. Cette enseignante est tombée enceinte après une relation amoureuse qui a duré 5 ans. Une fois la grossesse annoncée, son compagnon la quitte et fuit toute responsabilité. « Malgré les circonstances, j’étais contente à l’idée d’être maman.

Ma mère a respecté mon choix, mais m’a demandé de m’éloigner pour éviter les jugements des proches et des voisins», révèle-t-elle. Quatre mois après, ne pouvant plus cacher sa grossesse, Neila quitte Oran et s’installe à Alger où elle enseigne dans une école privée. « Je me bats pour ma fille… C’est vrai que j’aurais préféré qu’elle vive dans une véritable famille, mais je fais de mon mieux pour qu’elle ne sente aucune différence», conclut-elle.

*Les prénoms ont été changés
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L’illusoire «Etat civil» de Bouteflika

Publié le 18/12/2015, par dans Non classé.

Une réunion restreinte présidée par Bouteflika, cette semaine, a été consacrée à la révision constitutionnelle. Un chantier ambigu à l’image de la démarche présidentielle. Qu’en est-il vraiment des promesses du discours officiel quant à l’instauration d’un « Etat civil» ? Eléments de réponse.
La Constitution promise officiellement depuis 2011 par le président Abdelaziz Bouteflika serait « consensuelle» (vaste débat), mais surtout elle consacrerait un « Etat civil», selon les supporters du chef de l’Etat.

Le mot est lâché, un « Etat civil», rabâché par les soutiens du Président, offrant une vision manichéenne : grâce à Bouteflika, nous dépasserons ainsi l’étape de l’Etat-DRS, fini la police politique et les écoutes illégales.

On l’a vu en début de semaine comment a été interprétée l’apparition en public, à l’occasion de la réunion de l’Afripol, du général-major « à la retraite» Athmane « Bachir» Tartag, nouveau directeur du DRS : des médias ont parlé d’une « nouvelle ère de transparence» en « rupture» avec les méthodes de son prédécesseur, le général de corps d’armée à la retraite Mohamed Mediène, dit Toufik.

Les sorties, depuis deux ans, de Amar Saadani, fustigeant le DRS et son ancien patron, participent de cette illusion de la volonté de Bouteflika d’aller vers un « Etat civil».

« Il n’y aura plus de pouvoir occulte qui agit derrière le rideau», a même déclaré le patron du FLN récemment. Mais suffit-il de quelques effets d’annonce, ou de légiférer sur les écoutes téléphoniques, ou encore de changer la tête du DRS pour convaincre l’opinion de la tangibilité du discours sur ce fameux « Etat civil» ? Ou bien suffit-il de souligner que les décrets de mise à la retraite de Mediène et de la nomination de Tartag sont passés par la trappe des « décrets non publiables» pour rester dans la bonne vieille logique de l’opacité ? Ou faut-il plutôt se contenter du dernier et accablant rapport de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH) ?

« Le système algérien a voulu entretenir l’illusion d’un changement là où la réalité est marquée par la continuité dans la répression, les violations des libertés publiques et des droits de l’homme», écrit la LADDH dans son rapport publié à l’occasion de la 67e Journée internationale des droits de l’homme. Mais de manière plus structurelle, on pourrait aussi revenir sur le dispositif législatif datant du 2 mai 2011 quatre mois après la levée de l’état d’urgence.

Subversion

Dans nos colonnes, le politologue Mohammed Hachemaoui avait déjà souligné la pérennité du caractère répressif des autorités. Le chercheur évoquait ainsi le décret interministériel Intérieur-Défense nationale qui « illustre la reprise en main totale de l’armée et de la police politique dans ce qu’ils qualifient de lutte contre la subversion. La subversion est un terme élastique, vague, fourre-tout.

On peut assimiler une critique du régime à de la subversion». Il faudrait également ajouter l’annexion de directions du renseignement à l’état-major, comme celle chargée des médias, qui se retrouve sous la coupe du général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, pour compléter ce tableau des reconfigurations sécuritaires et autoritaires. Passera-t-on donc de l’Etat-DRS à l’Etat-MDN ? Cela voudrait dire que rien n’a changé, ou que rien ne changera tant que l’appareil sécuritaire dans son ensemble reste attaché à sa mission de surveillance et de bridage de la société.

De quel « Etat civil» nous parle-t-on alors ? Même le défunt ancien président, Ali Kafi, a eu cette boutade en réponse à l’invitation des consultations Bensalah de l’époque : « Le régime en place ne veut pas d’un changement». Pire, un cadre du FLN, approché par El Watan Week-end, nous livre son témoignage et parle de sa profonde déception : « En juin 2014, le parti a présenté un rapport complet détaillant nos propositions pour la réforme constitutionnelle.

Nous avons mobilisé beaucoup de temps et d’énergie pour le peaufiner en décortiquant tous les aspects du préambule aux prérogatives de l’APN en passant par la séparation des pouvoirs. Quand Saadani parlait de l’Etat civil, on pensait qu’on devait appuyer l’idée d’une démocratie parlementaire effective et renforcer les mécanismes de contrôles internes.

Et après un certain temps de silence côté El Mouradia, j’ai parlé avec un représentant de la Présidence rencontré dans un cadre informel. Il m’a souri en disant : ‘‘Tu y as vraiment cru ? L’option de la prédominance de la fonction présidentielle n’est pas négociable. On ne touchera pas aux articles évoquant l’armée, mais on va embellir tout ça avec de belles idées comme ‘‘l’alternance démocratique », ‘‘la parité homme-femme » et la ‘‘liberté de la presse ». Pas plus ! »».

Gap

« La nouvelle Constitution ne peut établir un ‘‘Etat civil » pour la simple raison que l’Algérie est déjà un Etat civil selon les textes depuis 1962, et aucune allusion à un quelconque pouvoir militaire n’est mentionnée dans les lois, affirme un juriste. Par contre, si on veut vraiment aller vers un ‘‘Etat civil », cela voudrait dire que, dans les faits, les droits civiques et politiques des citoyens (ainsi que les droits sociaux) sont protégés effectivement sur le terrain. Aujourd’hui, le droit de la défense est consacré par la loi, mais souvent violé par le parquet ou les cours.

Voilà le vrai paradoxe». « Inscrire sur le marbre de beaux principes n’est jamais suffisant, rappelle une militante de l’opposition. Ce sont les décrets d’application, l’engagement réel des institutions à donner corps aux idées de libertés et de citoyenneté qui garantissent une véritable démocratie. Par exemple, prenez l’article 158 de la Constitution de 1996, instituant la Haute Cour de l’Etat.

Cette disposition est restée sans décret d’application, contrairement à ce que stipule cet article. Du coup, il est impossible d’actionner l’accusation de haute trahison, ou la composition de la Haute Cour afin de laisser le chef de l’Etat libre de toute contrainte, et surtout de toute menace de destitution.

Là, il y a un gap flagrant entre le principe et l’application». Dans l’opposition, on s’interroge aussi : « Comment parler d’un ‘‘Etat civil » et de ses garanties que porterait la nouvelle mouture de la Constitution alors que le Président a toujours méprisé le Parlement et la société civile, alors qu’il a lui-même expliqué que le seul pouvoir devait être le sien, sans contre-pouvoir, il ne supportait même pas Lire la suite

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Les batailles quotidiennes des migrantes

Publié le 18/12/2015, par dans Non classé.

Arriver par le désert, résister aux ghettos, encaisser les agressions, se battre pour gagner un peu d’argent. A l’occasion de la Journée internationale des droits des migrants, El Watan Week-End, en partenariat avec la mission Algérie de l’association Médecins du Monde, vous décrit la vie quotidienne de quatre migrantes subsahariennes installées en Algérie.

Maggie : Cinq jours en cellule pour avoir été agressée

Sur son jean, elle a enfilé un pull en laine où sont tricotés des motifs de flocons de neige. « Je suis un peu malade, mais ça va passer». Maggie, 27 ans, vit en Algérie depuis un an. Voix douce, sourire lèvres fermées. Elle ne rit que lorsqu’elle joue avec Grace, sa fille de 9 mois.

« J’ai quitté le Cameroun avec mon mari pour voir si on pouvait s’installer ici», raconte-t-elle. Mais après quelques mois, son compagnon est arrêté et condamné à 3 ans de prison. Il est incarcéré à Bouira. La jeune femme enceinte se retrouve seule. Elle accouche en mars à Oran. « Après l’accouchement, j’ai passé 4 heures debout. Sur une chaise ou par terre. Ils m’ont fait comprendre qu’il n’y a pas de salle, pas de lit, pas d’endroit où me reposer.

Ce qui m’a marquée, c’est que des femmes qui ont accouché après moi ont eu des salles, des lits, et moi j’étais là, debout. Ma petite était posée sur le lit d’une dame», se souvient-elle. Maggie fait une dépression. Elle est alors soutenue par d’autres migrants qui l’aident à trouver un nouveau logement : une pièce et une petite cour, sans eau courante, pour 12 000 DA par mois. Pour survivre, cette bachelière cuisine des plats que d’autres migrants viennent manger chez elle : « Il y a des jours où je peux me retrouver avec 1000 DA, d’autres 500 DA et il y a des semaines où je n’ai pratiquement rien. Parce que je ne suis pas la seule à faire ça.» Un responsable associatif qui la connaît estime qu’elle est « vulnérable» et s’inquiète. Mais Maggie rebondit. Elle arrête le traitement anti-dépresseur.

Viol

Au mois de novembre, elle part rendre visite à une amie avec une autre migrante. Les deux femmes demandent à un taxi clandestin de les ramener chez elles. Au bord du taxi, un deuxième homme est assis à l’avant. Au bout de quelques minutes, les deux jeunes femmes réalisent que le véhicule prend la mauvaise direction. Elles protestent. « Le conducteur a commencé à me caresser dans la voiture. Ils voulaient nous violer.

On a réussi à sortir de la voiture. L’autre homme a attrapé mon bébé par le cou. J’ai cru qu’on allait mourir.» Les deux migrantes tentent de s’enfuir, mais les deux agresseurs les rattrapent en voiture. Ils les rejoignent, leur arrachent leurs sacs et s’enfuient. La gendarmerie, dont une caserne est à une centaine de mètres, arrive à ce moment-là. Maggie, son amie et la petite Grace sont emmenées pour enregistrer une plainte. Lorsque les militaires réalisent que les deux migrantes n’ont pas de carte de séjour, elles sont mises en cellule pour immigration illégale. Elle fait une crise de panique et est emmenée à l’hôpital, puis ramenée en cellule.

Juge

Nous sommes un mercredi. Maggie ne verra le juge que le dimanche. « Dans le dossier, il n’y avait plus que l’immigration clandestine. Ils ont fait disparaître l’agression. On a oublié que ma fille a failli se faire tuer.» En attendant, elle n’a pas de couverture pour sa fille, juste un sandwich pour la nourrir. Lorsque la juge lui dit que l’affaire va devoir attendre deux semaines, Maggie s’emporte : « Ma fille ne pouvait pas rester dans une cellule. J’étais d’accord pour suivre la procédure, pour revenir voir le juge, mais il fallait que ma fille mange et se lave. C’est un bébé !» Elle finit pas être libérée, avec une obligation de quitter le territoire. « Je sais déjà que je ne peux pas le respecter, je n’ai pas l’argent pour repartir, il faut au moins 200 000 DA pour faire la route». Conséquences de l’incarcération, Maggie et Grace sont malades. Elle tient le coup « pour la petite». On toque à la porte. Des femmes sont venues prendre de ses nouvelles, d’autres pour l’aider à organiser une visite pour voir son mari en prison. « On a le soutien de nos compatriotes. Ici, nous sommes solidaires», sourit-elle. n

Agathe : Travailler pour aller mieux

Elle a un diplôme de technicienne de maintenance en informatique. Aujourd’hui, Agathe, 31 ans, s’occupe du linge dans une résidence. « J’ai commencé à l’accueil, je gagnais 4000 DA par mois.

Mais il faut accepter de le faire. Aujourd’hui, je gagne plus. Au départ, je n’aimais pas repasser. Mais de tous ces boulots-là, c’est le repassage que je préfère. Je m’en sors bien et je suis tranquille. Au lieu de monter, descendre, aller dans les chambres, soulever les lits, se baisser…», raconte-t-elle en riant. Avant de trouver cet emploi, la jeune femme revendait des produits qu’elle allait acheter en Côte d’Ivoire. L’argent gagné était économisé pour acheter un nouveau billet d’avion. Cette Camerounaise a une petite fille d’un an, née à Oran. Pendant qu’elle travaille, sa fille est chez une amie. Parfois, elle est obligée de l’amener avec elle. La petite joue avec les adultes de la résidence. « C’est compliqué d’avoir des enfants. C’est une double charge. Grâce au travail, je suis moins stressée. Je me sens autonome, je ne dépends que de moi-même. Avant de travailler, j’avais beaucoup de préoccupations. Je m’inquiétais quand je voyais que le lait de ma fille commençait à diminuer.»

Route

Quand elle arrive en Algérie il y a trois ans, elle imagine pouvoir entrer en Europe à l’aide des contacts d’un de ses amis camerounais qui vit déjà en France. « Je voulais voyager, évoluer. Toutes mes demandes de visa pour l’Europe étaient rejetées. Un voisin a fini par me dire que je n’avais pas besoin de visa, que la route était simple jusqu’au Maroc». L’aventure est plus compliquée que prévu et la déception est grande : « Si j’avais su, je ne serais pas venue. Je serais restée tranquille, Lire la suite

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Le renseignement algérien dément la présence d’Al Baghdadi en Libye

Publié le 18/12/2015, par dans Non classé.

Depuis deux semaines, plusieurs médias, notamment maghrébins, ont affirmé que le chef du groupe terroriste Etat islamique (EI), Abou Bakr Al Baghdadi, aurait trouvé refuge à Syrte, en Libye, un pays livré au chaos sécuritaire.
Al Baghdadi aurait, avec certains de ses adjoints, fui ses places fortes en Irak et en Syrie, cibles des bombardements de la coalition internationale. « Nos enquêtes ont clairement démontré qu’il n’y a aucune trace en Libye ni d’Al Baghdadi ni des autres chefs terroristes de Daech en provenance d’Irak ou de Syrie», précise une source du service des renseignements algériens.

« Pour nous, le seul responsable terroriste important de Daech en Libye est Abou Al Habib Al Jazraoui Al Saoudi, à la tête de “l’émirat“ de Derna», ajoute notre source du DRS. Ce dernier a échangé beaucoup d’informations avec ses homologues français et américains sur la question dans le cadre plus général de la coopération des services spécialisés dans la lutte antiterroriste de plusieurs pays. « Les Américains et les Français surveillent 24h/24 les zones tombées entre les mains des terroristes en Libye, mais avec des moyens aériens, poursuit l’officier des services algériens.

Cependant, nous avons nous aussi nos propres canaux de renseignements sur place qui sont très crédibles.» Le DRS a intensifié la coopération avec les services secrets et les appareils de sécurité occidentaux pour échanger le maximum de données sur la présence de terroristes en Libye. « D’un côté, les Occidentaux craignent de voir la Libye se transformer en base arrière pour des attaques en Europe, comme celles du 13 novembre à Paris, et de l’autre, Alger veut éviter que les terroristes rééditent le coup de Tiguentourine : une incursion sur notre territoire à partir de la Libye», explique notre source. Lire la suite

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