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Enjeux de «suprématie» entre le FLN et le RND

Publié le 30/12/2015, par dans Non classé.

Le secrétaire général du FLN, Amar Saadani, dont le parti avait réalisé un score inespéré aux législatives de 2012 lui permettant d’avoir une majorité relative à l’APN, ne cache pas sa volonté d’asseoir, à l’occasion de ces sénatoriales, « sa suprématie sur la scène politique nationale».
Les grands électeurs ont été appelés aux urnes, hier, pour élire les 48 nouveaux sénateurs dans le cadre du renouvellement partiel des membres du Conseil de la nation. Ce scrutin, organisé tous les trois ans, fait toujours suite à un duel entre les deux partis du pouvoir, le FLN et le RND. Et c’est ce dernier qui s’empare, à chaque fois, de la majorité au sein de la Chambre haute du Parlement avec 45 sénateurs, dépassant de quatre sièges son rival, le FLN. Mais cette fois-ci, l’enjeu semble plus important. Il s’agit de celui concernant le contrôle du Parlement avec ses deux Chambres.

Le secrétaire général du FLN, Amar Saadani, dont le parti avait réalisé un score inespéré aux législatives de 2012 lui permettant d’avoir une majorité relative à l’APN, ne cache pas, en effet, sa volonté d’asseoir, à l’occasion de ces sénatoriales, « sa suprématie sur la scène politique nationale». C’est dans cette optique qu’il s’est même montré menaçant à l’égard des élus locaux de son parti, les sommant de respecter la discipline partisane et de voter pour les candidats FLN. Pour rattraper son retard sur le RND, Amar Saadani ne veut perdre aucune voix. « Celui qui trahit sera exclu du parti», a-t-il lancé lors de la dernière réunion avec ses militants et ses candidats à Alger.

En se jetant de tout son poids dans cette élection, le FLN n’a pas uniquement le souci de contrôler entièrement le Parlement et les institutions élues. Son secrétaire général ne le cache pas. Il veut aussi récupérer la présidence du Sénat, qui lui échappe depuis le début des années 2000. Une opération qui lui permettra de se préparer, par la suite, à prendre la chefferie du gouvernement à la faveur de la révision constitutionnelle devant confier ce poste au parti majoritaire au Parlement.

C’est en tout cas le vœu, maintes fois exprimé, du patron du FLN. Ce dernier est aussi animé par une autre arrière-pensée : couper la route devant le secrétaire général du RND et chef de cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia, qui pourrait prétendre à un retour à la tête du gouvernement et même à une éventuelle candidature à la succession du président Bouteflika.

Cette guéguerre a commencé depuis le retour d’Ahmed Ouyahia à la tête du RND et son appel, à l’issue du dernier congrès du parti, à relancer l’Alliance présidentielle dissoute depuis 2012. Se sentant menacé, Amar Saadani a vite rejeté l’initiative. Pour lui, seul le FLN doit être « la locomotive» sur la scène politique.

Cette position a davantage refroidi ses relations avec le RND et son secrétaire général, Ahmed Ouyahia, qui n’a pas hésité, de son côté, à bouder la démarche du chef du FLN consistant à créer un « front» de soutien au programme du président Bouteflika. En outre, certains observateurs de la scène nationale pensent que Amar Saadani convoite aussi le poste de président du Conseil de la nation. Un poste qui lui permettra de devenir le troisième homme de l’Etat et de prétendre à la présidence de la République en cas de vacance du pouvoir… Lire la suite

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Emigration clandestine : L’irrésistible appel de l’Europe

Publié le 30/12/2015, par dans Non classé.

Le phénomène de la harga n’a jamais cessé à Annaba et ailleurs, même après le durcissement de la loi criminalisant l’acte de quitter clandestinement le pays.
Pas plus tard qu’avant-hier, les gardes-côtes de Annaba ont avorté une tentative de quitter le pays clandestinement : une expédition de 13 harraga, parmi plusieurs autres, a été interceptée. En effet, sur la place Alexis Lambert, point de chute des candidats à l’émigration clandestine de Annaba et d’ailleurs, les « programmes de départ» affichent toujours complet. Ils dépendent seulement des conditions climatiques et le programme des patrouilles des garde-côtes. Les multiples coups de filet qui y ont été réalisés par les services de sécurité n’ont pas réussi cependant à juguler ce fléau, devenu une tradition locale.

Depuis le mois d’août dernier, il ne se passe pas un jour sans qu’on évoque çà et là un départ de candidats à l’émigration clandestine depuis les différentes plages de Annaba, dont la légendaire Sidi Salem. Sans conteste, le mois de décembre a connu un pic avec pas moins de 181 jeunes à la tête pleine de rêves arrêtés par les gardes-côtes de Annaba. Selon un décompte officiel, depuis le début de l’année 2015, ils sont 373 à subir le même sort après avoir tenté de rallier clandestinement l’autre rive de la Méditerranée. Rares sont ceux qui ratent la traversée pour rejoindre l’Italie. Les moins chanceux, quant à eux, sont arrêtés par les garde-côtes, sinon portés disparus.

Tel un rythme, devenu constant, il ne se passe pas un jour sans que l’on assiste à des dizaines de départs depuis les différentes plages du pays, notamment dans les wilayas côtières de l’Est et de l’Ouest. La plupart confirment à leurs proches, le lendemain, leur arrivée à travers des appels téléphoniques. Et si les jeunes de l’Est visent les côtes italiennes, ceux de l’Ouest, proximité oblige, partent vers l’Espagne.

Il y a deux semaines, les éléments des garde-côtes de Aïn Témouchent, relevant de la 2e Région militaire, ont déjoué une tentative d’émigration clandestine de 14 personnes au nord-ouest de la plage Madagh, à Bouzedjar. A bord d’une embarcation pneumatique, ils se dirigeaient vers la rive espagnole lorsqu’ils ont été interceptés et arrêtés par les forces navales. A la baisse de vigilance, jamais constatée au niveau des frontières maritimes de Annaba, il faut ajouter des conditions climatiques plus que favorables, encourageant également la contrebande du corail avec les Tunisiens.

Force est de relever que la reprise des tentatives de quitter en masse le pays à travers les côtes de la wilaya de Annaba et El Tarf a marqué le mois d’août dernier. En effet, à travers plusieurs opérations, plus d’une centaine de candidats à l’émigration clandestine ont été interceptés, arrêtés et présentés devant le procureur près le tribunal de Annaba. Ils ont été condamnés à des amendes allant de 20 000 à 30 000 DA.

Force est de souligner, cependant, que la reprise de cette activité risquée de traverser la Méditerranée avec des embarcations artisanales intervient après une accalmie qui aura duré plus d’une année. Qu’est-ce qui fait motiver les jeunes à quitter le pays clandestinement vers l’Europe, un continent en pleine crise économique ? A cette question, plusieurs jeunes harraga avec lesquels El Watan a pris attache justifient leur choix.

Pour eux, « au pays où règnent la corruption, le chômage, la hogra et le célibat, il ne fait plus bon vivre. Sous Bouteflika qui dirige notre pays en plein quatrième mandat, nous avons connu tous les maux. Il faut partir, il n’y a plus d’espoir !» Pessimisme, sentiment de non-appartenance et tentative de chercher un avenir incertain ailleurs sont entre autres convictions qui animent l’esprit de cette catégorie de jeunes qui croient dur comme fer que leur pays est trop exigu pour contenir leurs rêves.

Cette volonté de quitter l’Algérie par n’importe quel moyen est expliquée également par Saâdi Kamel, un jeune harrag de la cité populaire Didouche Mourad (ex-Laurier Rose) de Annaba, qui a tenté à plusieurs reprises de quitter le pays, sans succès. « Le bilan de ma vie est plus que négatif. Je suis célibataire endurci de 45 ans, sans emploi et sans logement. Je ne regrette pas d’avoir quitté tôt l’école, puisqu’en Algérie, les médecins et les ingénieurs sont au chômage. Après avoir consacré leur jeunesse dans les études, ils accourent actuellement derrière un contrat DAIP que l’Etat a cessé d’octroyer par mesure d’austérité.

Avec la crise du pétrole dont les conséquences seront subies en 2016 par le pauvre peuple, la seule alternative est de tenter ma chance sous d’autres cieux plus cléments. J’ai risqué à trois reprises la harga, mais à chaque fois je me suis fait arrêter par les gardes-côtes et condamné par la justice. Franchement, je ne suis pas prêt à baisser les bras et je retenterai ma chance», résume, non sans peine, cet autre jeune. En dépit de l’entrée en vigueur, depuis le 8 mars 2009, de la criminalisation de l’acte de l’émigration clandestine, des jeunes Algériens continuent à braver les dangers de la mer pour fuir leur pays.

17 harraga secourus par un navire marchand

Portés disparus depuis plus d’une semaine, 17 candidats à l’émigration clandestine ont été secourus par un navire marchand et remis aux autorités italiennes, avons-nous appris de leurs proches. Originaires de Annaba, ces jeunes dont l’embarcation artisanale a appareillé la semaine dernière depuis la plage de Chetaïbi n’ont pas donné signe de vie. Très inquiètes, leurs familles issues de plusieurs cités de la wilaya ont pris attache avec les gardes-côtes de Annaba pour s’enquérir du sort de leurs progénitures.

Renseignements pris, les gardes-côtes algériens, dans le cadre des échanges d’informations avec leurs homologues italiens, ont su, selon toujours la même source, qu’ils sont sains et saufs après avoir été secourus par l’équipage d’un navire marchant. Ils naviguaient à plus de 70 miles au nord de la côte de Skikda. Bien qu’ils soient en mauvais état de santé, ils ont déclaré être des réfugies syriens afin d’éviter d’être remis aux autorités algériennes. Lire la suite

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Discours et lois, en attendant l’application

Publié le 30/12/2015, par dans Non classé.

Razika. Un prénom qui cristallise les affres de tant d’autres victimes des abus et de la violence d’une société envers ses femmes. Cette jeune femme avait été, en novembre dernier, froidement assassinée par un homme qui la harcelait depuis de longs moments, en pleine journée, dans les rues de la ville de Magra, à M’sila.
Ce énième crime a relancé le débat autour du projet de loi sur la violence contre les femmes, bloqué depuis plusieurs mois au Sénat, qui avait préféré temporiser avant de programmer sa présentation. « Annulé sous pression des islamistes», accusait-on. Et pour cause : son adoption par le Parlement, le 5 mars, avait donné lieu à une levée de boucliers « conservatrice» d’un autre âge et une multiplication de violents discours misogynes, au sein de la société, mais aussi et surtout au sein de l’élite politique.

Il aura ainsi fallu attendre le début de ce mois de décembre pour, qu’enfin, les femmes jouissent du b.a.-ba de la protection qu’un citoyen peut attendre des lois de son pays. En sus de ses dispositions en matière de violences conjugales et sexuelles, cette loi sanctionne le harcèlement psychologique et le harcèlement de rue. Et, bien que rares au milieu de la cohorte de propos rétrogrades et misogynes qui ont entouré l’adoption de ces lois, les discours volontaristes se sont voulus fermes. Ainsi, le président de la République a annoncé une réforme du sacro-saint code de la famille.

Cette révision, rendue publique à l’occasion du 8 mars, journée internationale de la lutte pour les droits des femmes, visera à revoir le divorce dans ses deux formes et à l’introduction de « nouvelles mesures législatives et incitatives afin de renforcer et de préserver les droits de la femme algérienne et sa place au sein de la société».

Le gouvernement a ainsi été chargé de mettre en place « un comité ad hoc de la révision et du réaménagement des articles dudit code, relatifs au divorce, qui prêtent à interprétation, en vue d’y introduire les clarifications et précisions nécessaires afin de combler les insuffisances et garantir la protection des droits des deux conjoints et des enfants, ainsi que la préservation de la stabilité de la famille algérienne». Une commission dont on attend toujours les conclusions… Lire la suite

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Bouteflika évite le recours au référendum

Publié le 30/12/2015, par dans Non classé.

Selon le chef de l’Etat et les principaux promoteurs de ce projet, cette nouvelle « réforme constitutionnelle» marquera « des progrès dans plusieurs domaines», parmi lesquels « le champ politique et celui de la gouvernance».
Le président Abdelaziz Bouteflika met fin aux supputations sur la voie « choisie» pour approuver sa révision constitutionnelle. Dans le communiqué sanctionnant le dernier Conseil des ministres restreint consacré à l’examen et à la validation de l’avant-projet de loi, le chef de l’Etat affirme que le texte passera par le Parlement, donc comme en 2008.

Le président Bouteflika évite ainsi le recours au référendum, une possibilité prévue dans la Constitution en vigueur. L’article 174 de la Constitution stipule que « la révision constitutionnelle est décidée à l’initiative du président de la République. Elle est votée en termes identiques par l’Assemblée populaire nationale (APN) et le Conseil de la nation dans les mêmes conditions qu’un texte législatif».

Et le texte est soumis par référendum à l’approbation du peuple dans les cinquante jours qui suivent son adoption. Mais cette dernière étape est désormais écartée. L’avant-projet de loi sera remis, dans les tout prochains jours, aux partis politiques, aux associations et aux personnalités nationales ayant pris part au premier cycle de consultations menées en 2011 par Abdelkader Bensalah, et au second cycle dirigé par Ahmed Ouyahia en juin 2014.

Le contenu de cette réforme sera également porté à la connaissance de l’opinion publique par les médias, précise le communiqué de la présidence de la République. Selon le chef de l’Etat et les principaux promoteurs de ce projet, cette nouvelle « réforme constitutionnelle» marquera « des progrès dans plusieurs domaines», parmi lesquels « le champ politique et celui de la gouvernance».

Unité nationale et identité

Elle va, lit-on dans le communiqué, assurer « la consolidation de l’unité nationale autour de notre histoire, de notre identité et de nos valeurs spirituelles et civilisationnelles». Cette consolidation va-t-elle conduire à l’officialisation de tamazight, comme réclamé depuis de longues années par des partis et de nombreuses associations ? Le communiqué de la Présidence fait état également de la consécration de « la promotion des droits et libertés des citoyens et le renforcement de l’indépendance de la justice». Le président de la République ne sera-t-il donc plus le premier magistrat du pays ?

Autres points sur lesquels a porté cette révision : « L’approfondissement de la séparation et de la complémentarité des pouvoirs» et « l’accès de l’opposition parlementaire aux moyens d’assumer un rôle plus actif, y compris par la saisine du Conseil constitutionnel». A cela s’ajoute la mise en place d' »un mécanisme indépendant renforcé de surveillance des élections au service de la démocratie pluraliste».

L’opposition n’y croit pas

Les aspects visant à protéger les libertés ont été commentés par l’avocat Miloud Brahimi, ancien président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, qui dit, dans une déclaration à l’APS, « prendre acte de cette volonté affichée des droits et des libertés des citoyens». Si les promoteurs de cette réforme la présentent comme « révolutionnaire», les partis de l’opposition, qui ont boycotté les consultations, disent ne pas en attendre grand-chose, considérant que le but inavoué de cette révision est de « pérenniser le pouvoir actuel». C’est le cas des partis regroupés dans la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD), mais aussi des formations qui sont dans le Pôle des forces du changement, à leur tête le parti de Ali Benflis.

Ce dernier avait d’ailleurs affirmé que la révision constitutionnelle ne va pas régler la crise de gouvernance pour la simple raison que « le problème est dans l’application et le respect des textes de loi». Le chef de l’Etat, qui ne cesse de parler de cette réforme constitutionnelle depuis 2011, est ainsi attendu au tournant. Si son entourage évoque un texte « révolutionnaire» qui balisera le terrain pour la « démocratisation» de l’Algérie, les autres forces politiques n’y croient pas trop, rappelant le « coup» de 2008, où le chef de l’Etat avait trituré la Constitution pour pouvoir se représenter en 2009 pour un troisième mandat.

Des juristes et constitutionnalistes avaient longtemps parlé de la Constitution et de ce qui doit changer pour notamment sortir du « système présidentialiste» actuel. Et les spéculations vont bon train. Certains tablent sur un système à la française avec un Premier ministre aux larges prérogatives, responsable direct devant le Parlement. D’autres doutent que le chef de l’Etat renonce à ses pouvoirs et prérogatives très larges. Ce sera plus clair une fois l’avant-projet de loi rendu public. Lire la suite

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AÏt Ahmed, confluent de légitimités

Publié le 30/12/2015, par dans Non classé.

Jamais un leader politique national n’a été aussi porté au panthéon de l’histoire comme c’est le cas de Hocine Aït Ahmed. Les valeurs de résistance, de liberté, de démocratie et de réconciliation fondant le socle de son engagement n’ont jamais été autant célébrées.
Le pays vit une semaine très émouvante remplie d’hommages et de gratitude populaire à l’égard d’un homme à part. Son parcours, son combat, sa figure sont sanctifiés dans un moment de communion nationale. La disparition de cet impénitent combattant est aussi un acte hautement politique et d’une immense portée historique.

Cela lui ressemble superbement. Transcendant tous les clivages politiques, idéologiques, historiques et générationnels, le peuple s’est réapproprié les combats et les causes du chef historique et de l’irréductible opposant à l’autoritarisme. Il aurait aimé vivre ce moment rare et voir son combat triompher dans l’esprit et les cœurs de ses compatriotes. L’enfant de Aïn El Hammam est définitivement entré dans la légende. Comment alors ce leader politique, qui durant sa vie militante a été farouchement combattu, emprisonné, condamné, exilé, persécuté, est redevenu soudainement une icône, une source de fierté nationale retrouvée ?

Il est indéniable que l’inspirateur du combat révolutionnaire contre l’occupation coloniale assumait des valeurs de liberté, de démocratie et du respect des droits de l’homme dans les pires moments de l’Algérie indépendante. Historique, révolutionnaire, combattant permanent en faveur de la démocratie, intellectuel, chef politique charismatique hors pair. Hocine Aït Ahmed est un militant aux multiples légitimités qui font de lui un homme d’exception. Un confluent de légitimités. Un liant national. Un des pères fondateurs, le dernier, le plus fougueux parmi eux. L’homme de l’Organisation Spéciale est resté jusqu’au bout un véritable OS.

D’évidence, sa disparition vient rappeler aux Algériennes et Algériens la fin d’une génération qui se confondait avec une époque glorieuse. La perte d’un père au moment même où le pays n’en finit pas de se chercher, où les Algériens sont en quête permanente d’une Algérie tant rêvée. « Au-delà de la compassion, du deuil qui sied à la circonstance de recueillement, avec la disparition de Hocine Aït Ahmed, il s’est exprimé une demande nationale et le besoin d’un leader qui transcende et qui incarne l’idée nationale.

Et qui mieux qu’un Aït Ahmed pour l’incarner», analyse le sociologue Nacer Djabi. Faute d’avoir produit des nouvelles figures après l’indépendance nationale, les Algériens « se tournent vers celles du Mouvement national qui ont engagé une lutte victorieuse. La mort d’Aït Ahmed est celle d’un père. C’est la fin d’une génération et ce moment nous interpelle en tant que société, mais surtout en tant que système politique à créer les conditions historiques pouvant permettre la production de nouveaux leaders», poursuit le sociologue qui scrute le mouvement de la société.

Cependant, dans cet élan unanime, Nacer Djabi y décèle « la manifestation d’un sentiment de culpabilité à l’égard d’un homme, le refus d’assumer la citoyenneté portée et donnée par les hommes comme Aït Ahmed, on veut la reprendre maintenant qu’il est parti». Dans cette expression populaire, point de culte de personnalité contre lequel Aït Ahmed s’est toujours dressé, mais une adhésion à un idéal, un rêve, une utopie pourtant réaliste et réalisable.

Dans ce mouvement spontané de réappropriation de l’idée du combat libérateur et sa continuité durement assumée par Aït Ahmed et bien d’autres parmi ses compagnons s’exprime aussi un fort désir d’émancipation. Le rapport à l’Etat et à la nation se désarticule à mesure d’usurpation, de détournement de souveraineté et d’injustices commises au nom même de cet Etat et au nom d’une légitimité historique. La désillusion a eu des conséquences fâcheuses sur le lien national. Le désespoir a été à la mesure de l’énorme rêve indépendantiste brisé.

« L’Etat représentant, incarnant et défendant les intérêts du peuple et les aspirations de la société dans sa diversité, a été confisqué par une caste prédatrice et ne répond plus aux aspirations du peuple et de la société», regrettait Aït Ahmed dans un de ses discours célébrant l’anniversaire de la création du Gouvernement provisoire de la Révolution algérienne (GPRA). La disparition du dernier des historiques a eu un effet d’électrochoc au sein de l’opinion qui montre et démontre son attachement viscéral à une certaine idée de l’Algérie, d’un Etat moderne, universel, dynamique qui exprime légitimement la souveraineté et les aspirations citoyennes, celui que Hocine Aït Ahmed n’a eu de cesse de revendiquer.

Mais au même moment, elle réveille un sentiment de peur et des inquiétudes de ne pas voir émerger des figures nouvelles en mesure d’incarner cet esprit d’un Etat-national au service des citoyens. Pourtant ces femmes et ces hommes existent, certes, écrasés par des attitudes arrogantes des détenteurs du pouvoir de l’Etat. Ils se saisissent de ce moment historique et envoient un fort message pour briser ce cercle de défaites permanentes dans lequel est enfermé le pays. Lire la suite

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Hocine Ait Ahmed : Les amis lui rendent un dernier hommage à Lausanne

Publié le 29/12/2015, par dans Non classé.

Ce mardi vers 11 heures, la famille du défunt Hocine Ait Ahmed à organisé une cérémonie de recueillement au centre funéraire Montoie à Lausanne en Suisse.
Plusieurs centaines de personnes ont fait le déplacement depuis plusieurs villes européennes. Des officiels ainsi que plusieurs personnalités politiques et artistes ont fait le déplacement. Le chanteur Idir, la famille Mecilli, Ferhat Mhenni, Ahmed taleb Ibrahimi, l’ambassadeur d’algerie en suisse et l’ambassadrice de suisse à Alger ont tous présenté leur sympathie à Jugurtha Ait Ahmed fils de Si Lhocine.

Ce dernier a précisé aux présents que  » c’est un recueillement sur un héro national et qu’il faut que la rencontre reste dans son contexte prévu », chose qui a été respectée par tous les présents. La mère du défunt Matoub Lounes, Na aldjia a Rendu hommage au « regretté » a travers un chant traditionnel, accompagnée par le chanteur Idir.

Jugurtha Ait Ahmed a précisé que le corp de son père « sera rapatrié jeudi dans un avion de ligne d’air Algérie et pas dans un avion affrété spécialement. Il sera au siège national du FFS, la soirée et la nuit du vendredi avant son acheminement le vendredi tôt le matin vers son village natal Ath Ahmed ou il sera enterré parmi les siens », a précisé le fils du défunt. Lire la suite

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