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L’illusoire «Etat civil» de Bouteflika

Publié le 18/12/2015, par dans Non classé.

Une réunion restreinte présidée par Bouteflika, cette semaine, a été consacrée à la révision constitutionnelle. Un chantier ambigu à l’image de la démarche présidentielle. Qu’en est-il vraiment des promesses du discours officiel quant à l’instauration d’un « Etat civil» ? Eléments de réponse.
La Constitution promise officiellement depuis 2011 par le président Abdelaziz Bouteflika serait « consensuelle» (vaste débat), mais surtout elle consacrerait un « Etat civil», selon les supporters du chef de l’Etat.

Le mot est lâché, un « Etat civil», rabâché par les soutiens du Président, offrant une vision manichéenne : grâce à Bouteflika, nous dépasserons ainsi l’étape de l’Etat-DRS, fini la police politique et les écoutes illégales.

On l’a vu en début de semaine comment a été interprétée l’apparition en public, à l’occasion de la réunion de l’Afripol, du général-major « à la retraite» Athmane « Bachir» Tartag, nouveau directeur du DRS : des médias ont parlé d’une « nouvelle ère de transparence» en « rupture» avec les méthodes de son prédécesseur, le général de corps d’armée à la retraite Mohamed Mediène, dit Toufik.

Les sorties, depuis deux ans, de Amar Saadani, fustigeant le DRS et son ancien patron, participent de cette illusion de la volonté de Bouteflika d’aller vers un « Etat civil».

« Il n’y aura plus de pouvoir occulte qui agit derrière le rideau», a même déclaré le patron du FLN récemment. Mais suffit-il de quelques effets d’annonce, ou de légiférer sur les écoutes téléphoniques, ou encore de changer la tête du DRS pour convaincre l’opinion de la tangibilité du discours sur ce fameux « Etat civil» ? Ou bien suffit-il de souligner que les décrets de mise à la retraite de Mediène et de la nomination de Tartag sont passés par la trappe des « décrets non publiables» pour rester dans la bonne vieille logique de l’opacité ? Ou faut-il plutôt se contenter du dernier et accablant rapport de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH) ?

« Le système algérien a voulu entretenir l’illusion d’un changement là où la réalité est marquée par la continuité dans la répression, les violations des libertés publiques et des droits de l’homme», écrit la LADDH dans son rapport publié à l’occasion de la 67e Journée internationale des droits de l’homme. Mais de manière plus structurelle, on pourrait aussi revenir sur le dispositif législatif datant du 2 mai 2011 quatre mois après la levée de l’état d’urgence.

Subversion

Dans nos colonnes, le politologue Mohammed Hachemaoui avait déjà souligné la pérennité du caractère répressif des autorités. Le chercheur évoquait ainsi le décret interministériel Intérieur-Défense nationale qui « illustre la reprise en main totale de l’armée et de la police politique dans ce qu’ils qualifient de lutte contre la subversion. La subversion est un terme élastique, vague, fourre-tout.

On peut assimiler une critique du régime à de la subversion». Il faudrait également ajouter l’annexion de directions du renseignement à l’état-major, comme celle chargée des médias, qui se retrouve sous la coupe du général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, pour compléter ce tableau des reconfigurations sécuritaires et autoritaires. Passera-t-on donc de l’Etat-DRS à l’Etat-MDN ? Cela voudrait dire que rien n’a changé, ou que rien ne changera tant que l’appareil sécuritaire dans son ensemble reste attaché à sa mission de surveillance et de bridage de la société.

De quel « Etat civil» nous parle-t-on alors ? Même le défunt ancien président, Ali Kafi, a eu cette boutade en réponse à l’invitation des consultations Bensalah de l’époque : « Le régime en place ne veut pas d’un changement». Pire, un cadre du FLN, approché par El Watan Week-end, nous livre son témoignage et parle de sa profonde déception : « En juin 2014, le parti a présenté un rapport complet détaillant nos propositions pour la réforme constitutionnelle.

Nous avons mobilisé beaucoup de temps et d’énergie pour le peaufiner en décortiquant tous les aspects du préambule aux prérogatives de l’APN en passant par la séparation des pouvoirs. Quand Saadani parlait de l’Etat civil, on pensait qu’on devait appuyer l’idée d’une démocratie parlementaire effective et renforcer les mécanismes de contrôles internes.

Et après un certain temps de silence côté El Mouradia, j’ai parlé avec un représentant de la Présidence rencontré dans un cadre informel. Il m’a souri en disant : ‘‘Tu y as vraiment cru ? L’option de la prédominance de la fonction présidentielle n’est pas négociable. On ne touchera pas aux articles évoquant l’armée, mais on va embellir tout ça avec de belles idées comme ‘‘l’alternance démocratique », ‘‘la parité homme-femme » et la ‘‘liberté de la presse ». Pas plus ! »».

Gap

« La nouvelle Constitution ne peut établir un ‘‘Etat civil » pour la simple raison que l’Algérie est déjà un Etat civil selon les textes depuis 1962, et aucune allusion à un quelconque pouvoir militaire n’est mentionnée dans les lois, affirme un juriste. Par contre, si on veut vraiment aller vers un ‘‘Etat civil », cela voudrait dire que, dans les faits, les droits civiques et politiques des citoyens (ainsi que les droits sociaux) sont protégés effectivement sur le terrain. Aujourd’hui, le droit de la défense est consacré par la loi, mais souvent violé par le parquet ou les cours.

Voilà le vrai paradoxe». « Inscrire sur le marbre de beaux principes n’est jamais suffisant, rappelle une militante de l’opposition. Ce sont les décrets d’application, l’engagement réel des institutions à donner corps aux idées de libertés et de citoyenneté qui garantissent une véritable démocratie. Par exemple, prenez l’article 158 de la Constitution de 1996, instituant la Haute Cour de l’Etat.

Cette disposition est restée sans décret d’application, contrairement à ce que stipule cet article. Du coup, il est impossible d’actionner l’accusation de haute trahison, ou la composition de la Haute Cour afin de laisser le chef de l’Etat libre de toute contrainte, et surtout de toute menace de destitution.

Là, il y a un gap flagrant entre le principe et l’application». Dans l’opposition, on s’interroge aussi : « Comment parler d’un ‘‘Etat civil » et de ses garanties que porterait la nouvelle mouture de la Constitution alors que le Président a toujours méprisé le Parlement et la société civile, alors qu’il a lui-même expliqué que le seul pouvoir devait être le sien, sans contre-pouvoir, il ne supportait même pas Lire la suite

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Les batailles quotidiennes des migrantes

Publié le 18/12/2015, par dans Non classé.

Arriver par le désert, résister aux ghettos, encaisser les agressions, se battre pour gagner un peu d’argent. A l’occasion de la Journée internationale des droits des migrants, El Watan Week-End, en partenariat avec la mission Algérie de l’association Médecins du Monde, vous décrit la vie quotidienne de quatre migrantes subsahariennes installées en Algérie.

Maggie : Cinq jours en cellule pour avoir été agressée

Sur son jean, elle a enfilé un pull en laine où sont tricotés des motifs de flocons de neige. « Je suis un peu malade, mais ça va passer». Maggie, 27 ans, vit en Algérie depuis un an. Voix douce, sourire lèvres fermées. Elle ne rit que lorsqu’elle joue avec Grace, sa fille de 9 mois.

« J’ai quitté le Cameroun avec mon mari pour voir si on pouvait s’installer ici», raconte-t-elle. Mais après quelques mois, son compagnon est arrêté et condamné à 3 ans de prison. Il est incarcéré à Bouira. La jeune femme enceinte se retrouve seule. Elle accouche en mars à Oran. « Après l’accouchement, j’ai passé 4 heures debout. Sur une chaise ou par terre. Ils m’ont fait comprendre qu’il n’y a pas de salle, pas de lit, pas d’endroit où me reposer.

Ce qui m’a marquée, c’est que des femmes qui ont accouché après moi ont eu des salles, des lits, et moi j’étais là, debout. Ma petite était posée sur le lit d’une dame», se souvient-elle. Maggie fait une dépression. Elle est alors soutenue par d’autres migrants qui l’aident à trouver un nouveau logement : une pièce et une petite cour, sans eau courante, pour 12 000 DA par mois. Pour survivre, cette bachelière cuisine des plats que d’autres migrants viennent manger chez elle : « Il y a des jours où je peux me retrouver avec 1000 DA, d’autres 500 DA et il y a des semaines où je n’ai pratiquement rien. Parce que je ne suis pas la seule à faire ça.» Un responsable associatif qui la connaît estime qu’elle est « vulnérable» et s’inquiète. Mais Maggie rebondit. Elle arrête le traitement anti-dépresseur.

Viol

Au mois de novembre, elle part rendre visite à une amie avec une autre migrante. Les deux femmes demandent à un taxi clandestin de les ramener chez elles. Au bord du taxi, un deuxième homme est assis à l’avant. Au bout de quelques minutes, les deux jeunes femmes réalisent que le véhicule prend la mauvaise direction. Elles protestent. « Le conducteur a commencé à me caresser dans la voiture. Ils voulaient nous violer.

On a réussi à sortir de la voiture. L’autre homme a attrapé mon bébé par le cou. J’ai cru qu’on allait mourir.» Les deux migrantes tentent de s’enfuir, mais les deux agresseurs les rattrapent en voiture. Ils les rejoignent, leur arrachent leurs sacs et s’enfuient. La gendarmerie, dont une caserne est à une centaine de mètres, arrive à ce moment-là. Maggie, son amie et la petite Grace sont emmenées pour enregistrer une plainte. Lorsque les militaires réalisent que les deux migrantes n’ont pas de carte de séjour, elles sont mises en cellule pour immigration illégale. Elle fait une crise de panique et est emmenée à l’hôpital, puis ramenée en cellule.

Juge

Nous sommes un mercredi. Maggie ne verra le juge que le dimanche. « Dans le dossier, il n’y avait plus que l’immigration clandestine. Ils ont fait disparaître l’agression. On a oublié que ma fille a failli se faire tuer.» En attendant, elle n’a pas de couverture pour sa fille, juste un sandwich pour la nourrir. Lorsque la juge lui dit que l’affaire va devoir attendre deux semaines, Maggie s’emporte : « Ma fille ne pouvait pas rester dans une cellule. J’étais d’accord pour suivre la procédure, pour revenir voir le juge, mais il fallait que ma fille mange et se lave. C’est un bébé !» Elle finit pas être libérée, avec une obligation de quitter le territoire. « Je sais déjà que je ne peux pas le respecter, je n’ai pas l’argent pour repartir, il faut au moins 200 000 DA pour faire la route». Conséquences de l’incarcération, Maggie et Grace sont malades. Elle tient le coup « pour la petite». On toque à la porte. Des femmes sont venues prendre de ses nouvelles, d’autres pour l’aider à organiser une visite pour voir son mari en prison. « On a le soutien de nos compatriotes. Ici, nous sommes solidaires», sourit-elle. n

Agathe : Travailler pour aller mieux

Elle a un diplôme de technicienne de maintenance en informatique. Aujourd’hui, Agathe, 31 ans, s’occupe du linge dans une résidence. « J’ai commencé à l’accueil, je gagnais 4000 DA par mois.

Mais il faut accepter de le faire. Aujourd’hui, je gagne plus. Au départ, je n’aimais pas repasser. Mais de tous ces boulots-là, c’est le repassage que je préfère. Je m’en sors bien et je suis tranquille. Au lieu de monter, descendre, aller dans les chambres, soulever les lits, se baisser…», raconte-t-elle en riant. Avant de trouver cet emploi, la jeune femme revendait des produits qu’elle allait acheter en Côte d’Ivoire. L’argent gagné était économisé pour acheter un nouveau billet d’avion. Cette Camerounaise a une petite fille d’un an, née à Oran. Pendant qu’elle travaille, sa fille est chez une amie. Parfois, elle est obligée de l’amener avec elle. La petite joue avec les adultes de la résidence. « C’est compliqué d’avoir des enfants. C’est une double charge. Grâce au travail, je suis moins stressée. Je me sens autonome, je ne dépends que de moi-même. Avant de travailler, j’avais beaucoup de préoccupations. Je m’inquiétais quand je voyais que le lait de ma fille commençait à diminuer.»

Route

Quand elle arrive en Algérie il y a trois ans, elle imagine pouvoir entrer en Europe à l’aide des contacts d’un de ses amis camerounais qui vit déjà en France. « Je voulais voyager, évoluer. Toutes mes demandes de visa pour l’Europe étaient rejetées. Un voisin a fini par me dire que je n’avais pas besoin de visa, que la route était simple jusqu’au Maroc». L’aventure est plus compliquée que prévu et la déception est grande : « Si j’avais su, je ne serais pas venue. Je serais restée tranquille, Lire la suite

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Le renseignement algérien dément la présence d’Al Baghdadi en Libye

Publié le 18/12/2015, par dans Non classé.

Depuis deux semaines, plusieurs médias, notamment maghrébins, ont affirmé que le chef du groupe terroriste Etat islamique (EI), Abou Bakr Al Baghdadi, aurait trouvé refuge à Syrte, en Libye, un pays livré au chaos sécuritaire.
Al Baghdadi aurait, avec certains de ses adjoints, fui ses places fortes en Irak et en Syrie, cibles des bombardements de la coalition internationale. « Nos enquêtes ont clairement démontré qu’il n’y a aucune trace en Libye ni d’Al Baghdadi ni des autres chefs terroristes de Daech en provenance d’Irak ou de Syrie», précise une source du service des renseignements algériens.

« Pour nous, le seul responsable terroriste important de Daech en Libye est Abou Al Habib Al Jazraoui Al Saoudi, à la tête de “l’émirat“ de Derna», ajoute notre source du DRS. Ce dernier a échangé beaucoup d’informations avec ses homologues français et américains sur la question dans le cadre plus général de la coopération des services spécialisés dans la lutte antiterroriste de plusieurs pays. « Les Américains et les Français surveillent 24h/24 les zones tombées entre les mains des terroristes en Libye, mais avec des moyens aériens, poursuit l’officier des services algériens.

Cependant, nous avons nous aussi nos propres canaux de renseignements sur place qui sont très crédibles.» Le DRS a intensifié la coopération avec les services secrets et les appareils de sécurité occidentaux pour échanger le maximum de données sur la présence de terroristes en Libye. « D’un côté, les Occidentaux craignent de voir la Libye se transformer en base arrière pour des attaques en Europe, comme celles du 13 novembre à Paris, et de l’autre, Alger veut éviter que les terroristes rééditent le coup de Tiguentourine : une incursion sur notre territoire à partir de la Libye», explique notre source. Lire la suite

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Grossesses hors mariage : le recul de l’âge du mariage est un indicateur fort

Publié le 18/12/2015, par dans Non classé.

D’après vos recherches, quel est le profil de ces mères célibataires qui gardent leur enfant ?

Il y en a deux. Les mères socialisées dans les années 1970, qui ont assumé leur maternité parce qu’elles étaient plus à l’aise et pouvaient prendre en charge leur enfant. Elles ont un niveau scolaire, une autonomie économique et bénéficie de la solidarité et du soutien de la famille. La plupart d’entre elles ont fait le deuil du mariage et ont cherché à élever leur enfant et faire en sorte de réussir pour se réhabiliter socialement, car ayant été rejetées.

Deuxième catégorie : celle de la jeune génération des années 1980-90 et 2000, qui ont gardé leur enfant et dont les familles tolèrent la situation. On remarque que la notion de la paternité a évolué. Le père aujourd’hui protège sa fille et son enfant. Si sa fille a transgressé, il ne va pas la chasser de la maison, au contraire. Par ailleurs, il est important de dire que la majorité des mères célibataires sont des femmes qui ont aimé leur partenaire mais se retrouvent à assumer la grossesse seule. En cause : l’éducation qui consacre l’inégalité des sexes.

Cette éducation inégalitaire est renforcée par l’absence d’un soutien institutionnel qui doit accompagner ces mutations sociales entre aujourd’hui et il y a quelques années.

Selon une étude menée au Maghreb, il y a de plus en plus de femmes célibataires et d’enfants nés hors mariage. Pourquoi ?

Le recul de l’âge du mariage est un indicateur fort de l’émergence du phénomène des grossesses hors mariage. La moyenne d’âge du mariage est aujourd’hui de 30 ans chez les femmes et 33 ans chez les hommes. Ce célibat affecte aussi la vie sexuelle des sujets.

Selon vous, l’interruption de grossesse devrait-elle être dépénalisée pour les cas des grossesses hors mariage ?

L’avortement se pratique depuis la nuit des temps en Algérie. C’est un marché clandestin très juteux. Cet acte est nécessaire pour soulager une détresse dans tout cas de grossesse non désirée (inceste, viol ou tout simplement fruit d’une relation amoureuse non prévu ni programmé).

Par ailleurs, si les Algériens ont recours à la culture de la ruse, c’est parce qu’ils font face à des blocages et essaient de s’en sortir. Les pouvoirs publics doivent agir pour réglementer conformément l’intérêt général de la collectivité, pour l’équilibre et le bien-être de la société. De leur côté, les intellectuels et les médecins sont appelés à œuvrer pour la dépénalisation de l’avortement. Lire la suite

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En Tunisie, des crèches associatives pour aider à la réinsertion

Publié le 18/12/2015, par dans Non classé.

Le placement provisoire d’un enfant est l’une des solutions proposées aux mères célibataires tunisiennes par le délégué à la Protection de l’enfance.
Il existe pour cela 14 pouponnières associatives qui se sont développées dans différents governorats à partie des années 1990. « Ce placement, dont la durée peut varier d’un à trois mois, est renouvelable en pratique jusqu’à un an et demi. Il est facilement accordé, même si la mère semble sûre de sa décision d’abandonner son enfant», explique le rapport de Santé Sud, sur l’action associative pour les mères célibataires au Maghreb. La mère peut rendre visite régulièrement à son enfant et bénéficie, en fonction des associations, d’un accompagnement pour sa formation et sa recherche d’emploi. L’association Beity, à Gafsa, fournit prise en charge d’urgence, assistance juridique, médiation familiale, information et soutien par exemple. « Sur le terrain, cependant, les professionnels tunisiens restent sceptiques et critiquent ce qu’ils considèrent être un véritable gaspillage de l’outil du placement provisoire. Ils considèrent que peu d’efforts sont faits pour accompagner les mères et les inciter à venir voir leur bébé. Ce constat est aussi le reflet du manque d’appui que ces structures trouvent auprès de l’Etat», conclut le rapport. Lire la suite

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Désormais, les écoliers n’ont qu’un seul devoir

Publié le 18/12/2015, par dans Non classé.

La ministre de l’Education Nouria Benghebrit vient d’annoncer une nouvelle mesure qui concerne les écoliers.
Pas plus d’un devoir maison par matière par jour. Si cette nouvelle directive réjouit les parents, elle ne semble pas au goût de Bachir Hakem, enseignant et membre du CLA. Selon lui, « réduire les devoirs ne va pas diminuer la charge de travail de l’élève. Il serait plus logique de redistribuer le programme enseigné sur ces cinq années à six comme c’était le cas avant». Par ailleurs, l’enseignant ajoute : « Il est temps de rendre la pédagogie à l’enseignant.

Chaque professeur est dans des circonstances bien définies suivant sa classe, il est donc le mieux placé pour savoir ce dont a besoin son élève.» Ainsi, Bachir Hakem reproche à la ministre : « Elle veut administrer une politique éducative qui dépasse ses moyens. Avant de décider quoi que ce soit, il faut d’abord l’expérimenter sur une région ou une ville et non pas sur toute une génération.

Ce n’est pas rendre service à ces enfants que de les prendre pour des cobayes. Malheureusement, on remarque de plus en plus que chaque ministre qui arrive expérimente une réforme ou une méthode sur toute une génération pour s’apercevoir au final que c’était une erreur et cela est grave.» De son côté, Ahmed Khaled, porte-parole de l’association des parents d’élèves confie : « Cette mesure est magnifique, car il y a des professeurs qui ne pensent pas aux enfants. Leur donner qu’un seul exercice par jour ne peut être que bénéfique pour eux, cela les ménagera un peu et diminuera la pression.» « De plus, quand on donne beaucoup d’exercices, on est dans l’obligation de les corriger en classe, ce qui prendrait beaucoup de temps. Au final, l’enseignant aura consacré son heure de cours à la correction des devoirs, ce qui n’est pas normal. C’est pour cela qu’on encourage cette mesure», conclut-il. Lire la suite

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