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La part belle à la clientèle du pouvoir

Publié le 31/01/2016, par dans Non classé.

Le secrétaire général du RND et directeur de cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia, est, depuis quelques jours, en campagne pour défendre le bilan économique du pouvoir.
Face à la crise financière qui va s’aggravant et les critiques de l’opposition qui reproche au régime du président Bouteflika d’avoir « jeté par les fenêtres» l’énorme recette des exportations des hydrocarbures, il donne une réponse évasive : « Les 800 milliards de dollars de recettes pétrolières ont été dépensés pour le développement du pays.» Mais sans donner de détail de ces dépenses ni expliquer pourquoi le pays se retrouve, 16 ans après, dans une crise économique aiguë. Il ne dit pas non plus comment ce « développement du pays» a débouché sur le retour à l’austérité après avoir favorisé la généralisation de la corruption, la hausse vertigineuse de la facture des importations et l’émergence de nouveaux riches.

Depuis 1999, le président Bouteflika et ses différents gouvernements se sont fixé un but, celui de sortir le pays de sa dépendance des hydrocarbures. Aidé par l’augmentation des prix de l’or noir, le pouvoir a lancé de nombreux plans pour relancer l’économie du pays : Plan de soutien à la relance économique (PSRE), Plan complémentaire de soutien à la croissance économique (PCSRE) ainsi que des programmes d’investissement annoncés depuis 2009.

Dotés d’enveloppes budgétaires astronomiques, ces programmes visent, en accentuant les investissements publics, à mettre en place les infrastructures de base devant servir de socle au développement économique. Depuis le début des années 2000, le gouvernement multiplie les annonces concernant les projets à réaliser, dont les infrastructures autoroutières et la modernisation du réseau ferroviaire. Mais au lieu de servir au développement de l’économie nationale, ces dépenses publiques ont plutôt favorisé l’enrichissement d’une minorité d’entrepreneurs au niveau local et national qui ont bénéficié de grands marchés publics.

Recrutés généralement parmi la clientèle du pouvoir, ces derniers ont été grassement servis grâce à la rente pétrolière. La politique dépensière de l’Etat a bénéficié également aux importateurs qui ont alimenté, à leur tour, le marché informel. Du coup, la facture des importations a été multipliée en quelques années pour dépasser la barre des 60 milliards de dollars/an.

Une partie de cette somme, de l’aveu même des responsables du gouvernement, est transférée illégalement à travers la surfacturation des marchandises importées. De surcroît, la manne financière exceptionnelle engrangée grâce à la hausse des prix du pétrole a aiguisé les appétits de certains hauts responsables qui n’ont pas résisté à l’attrait de l’argent. En l’absence de contrôle, les détournements et la corruption ont atteint des niveaux alarmants.

En une dizaine d’années (2000-2010), l’Algérie a été secouée par de grands scandales de corruption. Après Khalifa, le « projet du siècle», en l’occurrence l’autoroute Est-Ouest — qui n’est toujours pas livrée entièrement — n’a pas échappé aux tentacules de la corruption. De même que la plus grande entreprise du pays, Sonatrach. Cette dernière est secouée par deux grands scandales de pots-de-vin versés par des entreprises étrangères à des responsables algériens pour obtenir des marchés en Algérie.

A l’origine de cette situation, il y a un facteur important. Il s’agit de l’absence de bilan. En effet, les responsables du gouvernement refusent toujours de rendre des comptes au peuple, vouant aux gémonies tous les économistes et acteurs de l’opposition qui les contredisent.

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Fertial ferme son usine d’Arzew

Publié le 31/01/2016, par dans Non classé.

Les inquiétudes affichées par le syndicat national des travailleurs de la société hispano-algérienne des fertilisants d’Algérie Fertial quant à l’imminente fermeture de ses deux unités, dont une à Annaba et l’autre à Arzew, se sont avérées fondées.
En effet, depuis le 25 janvier, l’unité d’Arzew a fermé ses portes en mettant ses installations de production d’ammoniac à l’arrêt en l’absence d’autorisation d’exportation de sa production, dont les capacités de stockage de l’usine ont atteint la saturation, avons-nous appris du partenaire social. Le personnel en activité sur ce site a été déployé pour des tâches d’entretien avant d’être mis au chômage technique.

Les appréhensions hantent l’esprit des ouvriers de l’unité de Annaba qui, pour leur part, craignent le même sort dans un délai d’une semaine.
Qualifié de réussi, ce partenariat qui date de 2005 entre l’espagnol Grupo Villar Mir (qui détient 66% des actifs) et le groupe algérien Asmidal (avec 34% du capital) est désormais menacé.

Comment peut-on concevoir que l’Algérie qui, dans une conjoncture macroéconomique des plus incertaines et souffrant de la baisse drastique des cours du pétrole, sa seule ressource en devises, puisse se priver de cette manne financière ? Cette question et tant d’autres taraudent l’esprit des travailleurs qui n’arrivent plus à comprendre les raisons pour lesquelles on bloque l’exportation de l’ammoniac de leur société.
Saisie, la Fédération nationale des travailleurs du pétrole, gaz et chimie (FNTPGC) a immédiatement réagi.

Conscient de la gravité de cette situation, Sid Ali Beldjerdi, s‹on secrétaire général, s’est fendu d’une lettre adressée au ministre de l’Industrie et des Mines, Abdesselam Bouchouareb, l’appelant à intervenir a‹vec céléritépour traiter ce problème. « L’existence de la société Fertial est hypothéquée par le refus de lui accorder, ces derniers temps, des autorisations d’exportation, comme cela a été de rigueur auparavant et pour lesquelles Fertial s’est toujours soumise avec un respect strict à la réglementation.

La non-délivrance de ces autorisations, sans que soit avancé aucun motif, fait que cette entreprise connaît une situation de surstockage qui l’obligera à arrêter ses unités de production faute d’enlèvement du produit à cause du refus inexpliqué et injustifié de la part des services concernés.» Et de prévenir : « Plus que pénalisante, cette attitude risque d’anéantir à jamais les efforts consentis et les lourds investissements effectués pour permettre à Fertial de relever tous les défis et de devenir un acteur incontournable à l’international dans le domaine des fertilisants.»

En effet, après avoir « algérianisé» son staff dirigeant, Fertial affiche une grande ambition à l’horizon de 2018 à travers un important projet d’investissement, évalué à plus de 360 millions de dollars, dont une grande partie sur fonds propres. Déjà entamé, cet investissement vise, selon sa fiche technique, la rénovation des trois unités d’ammoniac, la fiabilisation et la sécurisation des sites, l’augmentation des capacités annuelles de +40% pour les porter à plus de 1,2 million de tonnes d’ammoniac par année. Sur le plan énergétique, il a déjà été procédé à la réduction de 21% de la consommation de gaz par tonne d’ammoniac produite, passant de 45,1 MMBTU/tonne à 35,6 MMBTU/tonne.

« Il y a lieu de s’interroger sur ce blocage administratif injustifié qui obligera les responsables de Fertial à mettre au chômage technique, hormis le réseau de sous-traitant, quelque 1200 travailleurs directs et autant indirects au niveau des deux sites de Annaba et Arzew. Ce qui engendrerait non seulement des pertes énormes pour l’entreprise, mais aussi l’annulation de ses commandes faites par ses différents clients et, par ricochet, le désengagement total de ces derniers.

C’est dire que ce blocage, sans aucune raison apparente, porte atteinte à différents secteurs de l’économie nationale. Nous ne pouvons qu’alerter au plus haut niveau pour mettre un terme à cette situation dont les conséquences sont aussi graves que désastreuses», conclut le chef de file de la Fédération nationale des travailleurs du pétrole, gaz et chimie. Lire la suite

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Démission collective au RND à Tamanrasset

Publié le 31/01/2016, par dans Non classé.

Un coup dur vient d’être asséné au secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique, Ahmed Ouyahia.
Des notables de l’Ahaggar ont décidé de tourner carrément le dos à cette formation politique en signe de protestation contre les personnes choisies par le comité central afin de préparer le congrès extraordinaire du parti devant se tenir du 5 au 7 mai prochain.
Le chef spirituel des Touareg du Hoggar, l’amenokal Ahmed Edabir, se dit « stupéfait de ces choix et plus particulièrement de la désignation d’un étranger qui aurait obtenu sa nationalité algérienne en versant dans le faux et l’usage du faux» parmi les personnes chargées de tenir le gouvernail du bateau RND au niveau de cette wilaya du Grand-Sud.

Joint par téléphone, M. Edabir a confirmé qu’une démission collective sera déposée au bureau local en précisant que, contrairement à ce qui a été rapporté sur les réseaux sociaux, cette décision ne concerne pas uniquement les militants de la tribu Kel Ghella, mais tous les partisans de l’Ahaggar qui ont servi loyalement cette formation politique lors des échéances électorales précédentes. La décision du comité central est reçue comme « une trahison à l’endroit des Touareg qui fustigent la promotion d’arrivistes au détriment de loyaux militants du parti».

« Nous n’allons pas nous taire face à ces choix que nous contestons énergiquement», ajoute l’amenokal en menaçant de recourir à l’autorité traditionnelle pour « chasser» ceux qu’il qualifie de « manipulateurs» qui seraient à l’origine des conflits ourdis au nom du RND. M. Edabir appelle à une mobilisation massive pour mettre fin à « ces conspirations qui porteraient atteinte aux communautés touareg» à l’aune des crises prévalant dans les pays voisins.

Dans une déclaration à El Watan, le secrétaire de wilaya, Baba Ali Mohamed, également député, a répliqué : « L’époque des quotas est révolue. Je suis un représentant du peuple et il est de mon devoir de défendre ses intérêts et transmettre ses préoccupations. Je n’ai donc pas le temps de me chamailler avec ces semblants de militants qui, dans un passé récent, activaient sous d’autres casquettes politiques.» Lire la suite

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Chronique d’une aisance gâchée

Publié le 31/01/2016, par dans Non classé.

Par Akli Rezouali

Nous n’avons plus assez de ressources publiques et bancaires pour l’industrie et les choix de financement vont être désormais décisifs.» Ce constat formulé récemment par l’ancien ministre des Finances et ex-conseiller du président Bouteflika, Abdellatif Benachenhou, rend on ne peut mieux compte du marasme dans lequel est tombée à nouveau l’économie nationale après plus d’une quinzaine d’années d’accumulation, presque ininterrompue, de revenus pétroliers. Rompus soudainement par une crise pétrolière sévère dont personne n’a su prévoir l’ampleur, ces flux de rente, si mal exploités, s’évanouissent aujourd’hui bien plus rapidement qu’ils se sont accumulés.

Quelques indicateurs suffisent pour en prendre la mesure : entre septembre 2014 (soit aux tout premiers mois de la crise) et septembre 2015, le déficit de la balance des paiements — baromètre de la stabilité financière externe du pays — est passé d’un peu plus de 3 milliards de dollars à près de 21 milliards de dollars. Dans son sillage, le matelas des réserves officielles de change s’est rétréci de près de 50 milliards de dollars, entraînant dans sa chute le pouvoir d’achat du dinar, qui a déjà perdu près de 20% de sa valeur selon les derniers bulletins de la Banque d’Algérie (BA). Au registre des finances publiques, le tableau n’est pas moins sombre.

Les déficits budgétaires et du Trésor devraient se creuser respectivement à près de 3237 milliards de dinars et près 2452 milliards de dinars à la fin de l’exercice en cours. Le Fonds de régulation des recettes (FRR), qui sert habituellement à financer ces déficits, n’est alimenté, lui, que très chichement depuis le début de la crise, tandis que les tirages opérés sur ses ressources deviennent de plus en plus massifs.

Son espérance de vie ne serait d’ailleurs plus que de deux ans, voire moins selon nombre d’économistes. Et pour compléter le tableau, il y a également lieu d’évoquer les problèmes d’argent que les banques commencent désormais à connaître en raison, bien évidement, de la forte baisse des dépôts du secteur des hydrocarbures suite au retournement durable de la conjoncture pétrolière. Selon la BA, la liquidité globale des banques est passée ainsi de 2730,88 milliards de dinars à fin décembre 2014 à seulement 1828 milliards de dinars à fin septembre dernier. La même institution avertit en ce sens que le rythme d’expansion des crédits à l’économie ne semble plus soutenable, sans recours de certaines banques au refinancement auprès d’elle.

Aussi, pour revenir au constat de l’ancien ministre des Finances, l’Algérie, dont l’Etat a été depuis toujours le principal offreur de capitaux, ne dispose désormais plus d’assez de ressources publiques ni bancaires, pour financer la croissance, l’industrie, l’investissement, l’emploi et même, probablement, sa stabilité sociale dans le cas où la crise pétrolière viendrait à perdurer.

C’est dire à quel point les capacités financières du pays risquent d’être, aujourd’hui, trop peu suffisantes pour espérer voir se réaliser le discours officiel de diversification économique, remis au goût du jour depuis le début de la crise.

C’est dire aussi à quel point les rendez-vous de l’instauration des conditions d’une croissance économique tirée par l’entreprise, et non plus par la rente, ont été ratés, du temps où le baril caracolait encore au-dessus des 120 dollars. N’en restent pratiquement aujourd’hui que des courbes de chômage qui repartent à la hausse, des ménages qui renouent avec la précarité, la perspective de retomber très vite dans les affres de l’endettement et de l’austérité et, en guise d’espoir, une miraculeuse remontée des prix du pétrole pour relancer l’économie de rente. Lire la suite

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Benflis solidaire avec les habitants de Oued El Ma

Publié le 31/01/2016, par dans Non classé.

Ali Benflis, président du parti Talaie El Houriat, a exprimé hier son soutien à ses « frères et sœurs à Oued El Ma qui sont passés par une pénible épreuve», dénonçant ainsi « la réaction abusive et arbitraire à laquelle (ils) ont été confrontés» la qualifiant de déni de citoyenneté.
Les habitants de Oued El Ma qui, pour rappel, ont subi une répression sans précédent pour avoir manifesté leur mécontentement quant à ce qu’ils ont considéré comme un détournement d’un projet qui leur était dû. L

e président de Talaie El Houriat a donc, lors d’une rencontre régionale du parti à Batna, tenue dans une salle de la Culture archicomble, exprimé sa solidarité aux citoyens en s’interrogeant pour quel crime les habitants de Oued El Ma ont-ils expié ? « Non ! a-t-il répondu, ce n’est pas un crime de réclamer ses droits, de demander à être écouté et respecté, et d’exiger d’être traité en citoyenne et citoyen.» Dans un long discours qui s’est étalé sur 1 heure 30 minutes, Ali Benflis, en vantant son appartenance au bastion du badissisme (courant d’Ibn Badis) qu’est la ville de Batna, a développé le sujet relatif à la construction des nations.

En bon pédagogue, il répondra à trois questions relatives à « qui construit les nations ? Pourquoi les nations se construisent-elles ? et comment les nations se construisent-elles ? Interrompu par l’un des présents qui voulait l’entraîner sur la voie de la polémique en lui rappelant les malheureux dérapages du Premier ministre Abdelmalek Sellal et de Bouteflika à l’endroit des Chaouis, il optera pour la sagesse et déclarera aux présents qu’il faut rétorquer par le respect aux irrespectueux. Les participants à cette rencontre sont, semble-t-il, restés sur leur faim tant Ali Benflis, en dehors des événements de Oued El Ma, n’a commenté aucun des événements qui ont jalonné le début de cette année 2016.
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Ahmed Ouyahia l’a confirmé hier : Bouteflika a dissous le DRS

Publié le 31/01/2016, par dans Non classé.

Une semaine, jour pour jour, après que l’information ait été éventée par la presse, Ahmed Ouyahia, directeur de cabinet de la présidence de la République et secrétaire général par intérim du RND, confirme la portée de la décision présidentielle supprimant — par un décret non publiable — aussi bien l’organe que la fonction. Lors de sa conférence de presse – tenue à Ben Aknoun, au siège de son parti — Ahmed Ouyahia a tenu à apporter, dit-il, « des éclaircissements sur cette restructuration (des services) qui vient d’arriver à son terme».

« La présidence de la République voulait se donner une semaine avant de rendre publique la décision pour notamment permettre aux services de sécurité de se préparer et de s’organiser, mais il y a eu une fuite.» Cette fuite, regrette-t-il, « comprend une part de vérité mais aussi beaucoup de contrevérités». « La vérité est que le DRS, précise-t-il, a été dissous.

Trois de ses anciennes directions qui sont au cœur des missions des services de renseignement, le contre-espionnage et la sécurité intérieure et autres sont promues en tant que structures de l’Armée nationale populaire (ANP) en directions générales rattachées directement à la présidence de la République.

Il en sera ainsi comme pour la Garde républicaine, une structure de l’ANP rattachée de par ses missions à la présidence de la République, mais qui peut être, en cas de guerre, mobilisée par l’état-major de l’ANP.» Les anciennes directions du DRS promues en directions générales sont, énumère Ouyahia, la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), la Direction générale de la Documentation et de la Sécurité extérieure (DGDSE) et la Direction générale du Renseignement technique (DGRT). Quid de la DSS, la fumeuse Direction des Services de sécurité, structure équivalente, censée remplacer le DRS ?

« Le cœur du DRS a été préservé, mais il n’y a plus de direction», oppose Ouyahia. « Il y a un conseiller auprès du président de la République chargé de coordonner les services de sécurité rattachés à la présidence de la République. Le conseiller en question est le frère Athmane Tartag, dit Bachir.» Interrogé sur le prétendu poste de ministre d’Etat attribué à ce dernier, Ouyahia dément. Dans l’ordre protocolaire, explique-t-il, Tartag a un statut « équivalent à celui d’un ministre, mais il n’est pas ministre». Pour Ahmed Ouyahia, il ne s’agit là que d’une « évolution», d' »une nouvelle ère dans l’histoire de l’organisation sécuritaire algérienne», très loin, souligne-t-il, des conjectures et commentaires auxquelles a donné lieu l’opération de « restructuration des Services».

« Certains, dans la presse, ont conclu que le président de la République a voulu diminuer les prérogatives du vice-ministre de la Défense, chef d’état-major de l’armée, hacha oua lilah ; que le Président a mis sous cap les services de sécurité, etc. Il n’en est rien.» En France, en veut-il pour exemple, la Direction générale de la Sécurité extérieure relève du Premier ministre, alors que la Direction générale de la Sécurité intérieure dépend, elle, du ministère de l’Intérieur. « Une organisation de ce type signifie-t-elle que les prérogatives de l’armée française ont été diminuées ? Non. Nous avons le devoir de préserver ces structures des luttes et des polémiques», conclut-il ce chapitre. Volubile à l’extrême, Ahmed Ouyahia prend de ces doucereux plaisirs à ne décliner aucune des questions qui lui sont posées.

Le show médiatique, c’est son dada, l’élément de l’animal politique. Servi par une rhétorique décapante, à la limite de l’absurde, Ouyahia tire à boulets rouges. Sur l’ambulance d’abord.

A l’image de Barakat et du MJIC assimilés à des « mouvements fascistes». « Oui, je réitère, ces mouvements sont des mouvements fascistes», hausse-t-il le ton. « La gauche comme la droite françaises ont condamné les événements de Mai 1968 en France comme étant des mouvements fascistes.» Ouyahia comme il agrafera le PT de Louisa Hanoune et le Comité des chômeurs de Ouargla dits les « Farghin Chroul (les désœuvrés) et assimilés à des ‘‘incitateurs au désordre», et épinglera rétrospectivement les animateurs des manifestations d’Alger de 2011 — survenues dans le sillage du « printemps arabe» « Ces danseurs du samedi», ironisait Ouyahia.

Des croche-pieds, il en glissera également. Pour le ministre des Finances entre autres, Abderrahmane Benkhalfa, qu’il invitera à demi-mot à faire son travail, à dire aux Algériens « où sont passés les 800 milliards de dollars» supposés avoir été investis dans l’économie. « Il a les chiffres. Je l’ai aussi.» Il prendra à partie son alter ego et ennemi intime du FLN, Amar Saadani en l’occurrence, qu’il qualifiera (sans le citer) de « cynique professionnel». « Echaâb, le peuple, est heureux de découvrir le projet de la Constitution (…) et je dis bravo aux cyniques professionnels d’avoir réussi à transformer l’article 51 (accès des binationaux aux hautes fonctions) en parfait écran de fumée.

Ces gens-là ont marqué un but en or.» Ouyahia expliquera qu’il y a quelque cinq millions d’Algériens expatriés. « Ils ne peuvent pas tous devenir ministres (…), mais ceux qui le désirent n’ont qu’à faire cet énorme sacrifice de renoncer à leur nationalité acquise.» L’argent sale dans les dernières sénatoriales, le SG du RND, qui a eu à accuser le FLN de Saadani d’user de la chkara pour gagner les élections, en remettra de nouveau une couche.

« L’argent sale est une triste réalité. J’en ai déjà parlé en 2012 et ça a créé un tollé. Qu’il y ait des lobbys financiers, c’est tout à fait normal, mais qu’il y ait des gens qui achètent des voix, c’est une autre chose. Dans une des villes, des électeurs remettaient leurs bulletins de vote après avoir pris l’argent laissé dans la malle ouverte d’une voiture stationnée dans la cour de la wilaya», surprend-il. Lire la suite

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