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Une catastrophe écologique en préparation

Publié le 14/12/2015, par dans Non classé.

Point de mobilisation des élus du Sénat, de l’APN, de l’APW, de l’APC, des associations de la wilaya de Tipasa après l’annonce faite par le directeur de la marine marchande et des ports au ministère des Transports, relative à la construction d’un grand port commercial à El Hamdania, un site qui se trouve à l’est de la localité côtière de Cherchell.
C’est une catastrophe écologique qui se prépare dans ce bout du littoral méditerranéen, très fréquenté par les familles toute l’année. « La morphologie du site d’El Hamdania ne se prête pas à la construction d’un grand port commercial», affirme un ingénieur, expert en activité au sein du ministère des Travaux publics. Le site d’El Hamdania, situé à l’extrémité ouest de la Corniche du Chenoua, est hautement touristique. Son relief est constitué d’espaces naturels paradisiaques enchaînés harmonieusement les uns aux autres.

Le visiteur ne se lasse pas de la richesse de la faune et de la flore qui peuplent les forêts et la mer. La plage sablonneuse d’El Hamdania surgit sur l’embouchure de l’oued. « Les fonds marins d’El Hamdania sont constitués de reliefs très compliqués», nous révèle un marin-pêcheur âgé de 93 ans. Les vestiges archéologiques au niveau du site d’El Hamdania nous rappellent le passage de la civilisation romaine dans cette partie de l’extrême-ouest de la corniche du Chenoua. A quelques encablures de la plage d’El Hamdania, 21 canons qui datent du XVe siècle, immergés au fond de la mer, sont étalés sur une surface de 220 m2. Ils sont dirigés vers le nord. L’un des 21 canons, qui mesure un mètre, est totalement en bronze.

Le CW 109 qui longe la corniche du Chenoua est menacé à son tour de disparition. Le commandant d’un des grands navires commerciaux rencontré près du site nous a confié : « Je ne pense pas que le directeur au ministère des Transports se soit déplacé sur le site d’El Hamdania, alors que ce dernier est vulnérable avant d’annoncer le lieu où sera construit le grand port commercial, au moment où les responsables des pays respectables réfléchissent pour créer des espaces, notamment des plages pour développer les activités touristiques ; chez nous, on fait disparaître des sites paradisiaques naturels…»

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, avait annoncé à maintes reprises qu’un grand port commercial serait construit à l’ouest de Cherchell, contrairement à ce qu’a annoncé le directeur central du ministère des Transports. Le site, d’une longueur de 4 km, est situé entre la Pointe Rouge et la petite crique qui se trouve à l’extrémité est de Sidi Ghilès (ex-Novi). La pénétrante de Oued El Hammam qui relie le site en question à la voie express Alger-Sidi-Ghilès est en cours de réalisation ; le projet de voie ferrée qui reliera Zéralda à Gouraya passera par cette partie de l’ouest de Cherchell.

Contrairement à El Hamdania, les habitations à l’ouest sont très rares. Le foncier à faible rendement agricole est parmi les atouts qui permettent la construction du port commercial à l’ouest de Cherchell. Le plan du port commercial n’est même pas sorti des bureaux du ministère des Transports. Plus grave encore, selon les confidences d’un architecte au fait du projet, « le bureau d’étude sud-coréen choisi pour ce projet n’est qu’une boîte postale. Il n’y a rien de sérieux, la sous-traitance est assurée par les bureaux d’étude algériens…» « C’est presque de l’arnaque ! Il faut que nos responsables vérifient les données communiquées par les sud-coréens», conclut notre interlocuteur. La construction du port commercial à l’ouest de Cherchell serait mieux indiquée et plus adaptée, selon nos différents interlocuteurs spécialistes. Lire la suite

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Stagnation du marché immobilier

Publié le 14/12/2015, par dans Non classé.

Le marché immobilier connaît depuis quelques mois un flottement dû à la crise, au renchérissement des biens mis sur le marché par les spéculateurs et, depuis l’été, à l’obligation de payer par chèque les transactions égales ou supérieures à 5 millions de dinars.
Le marché de l’immobilier stagne ces derniers mois. L’entrée en vigueur de l’obligation de payer par chèque les transactions immobilières supérieures ou égales à 5 millions de dinars expliquerait cette stagnation. « Le marché connaît depuis quelques mois un flottement dû à la crise, au renchérissement des biens mis sur le marché par les spéculateurs et, depuis l’été, à l’obligation de payer par chèque les transactions supérieures ou égales à 5 millions de dinars.

Les agents immobiliers et même les simples propriétaires ont préféré temporiser. Tous ces facteurs réunis découragent les acquéreurs et même les locataires et ont, par conséquence, fait légèrement baisser les prix», estime M. Menaceri, vice-président de la Fédération nationale des agences immobilières (FNAI), lui-même agent immobilier à Constantine.

Abdelhakim Aouidat, président de la FNAI, qui regroupe quelque 300 agences, estime la baisse à 20% : « La cause principale de cette baisse estimée à 20% est l’obligation intervenue en août. Les gens ont préféré attendre. Un exemple simple illustre cette situation d’indécision : un propriétaire qui met en location son appartement à un prix donné retourne, deux à trois mois après, chez son agent pour revoir à la baisse le loyer vu qu’il ne trouve pas de client.»

Le fondateur de Lkeria, un site de location, parle lui aussi de « stagnation» qu’il juge toutefois minime. « Il y a eu certes une stagnation des prix. On a eu à s’en apercevoir à travers notre site. Mais on ne peut pas en dire plus vu que le marché est désorganisé. Il y a un élément qui nous permet de juger les tendances du marché, c’est cet indice des prix que les notaires doivent publier.

Chez nous, on n’en est pas encore là et donc toutes les statistiques présentées par des intervenants sur la situation des prix de vente ou de location ne sont pas correctes et ne reflètent donc pas la réalité», déplore Lotfi Ramdani, dont le « baromètre» est son site Lkeria qui recueille des annonces. La perturbation actuelle, qui a provoqué des méventes et une désaffection des locataires, ne devrait pas affecter durablement le marché : les prix restent excessifs et les ventes devraient reprendre.

Hausse graduelle

« La référence pour moi est le F3. A Constantine, la ville où j’exerce, un F3 plus au moins correct de 60 m2 coûte 9 à 10 millions de dinars. Ce prix, qui est pratiqué partout, dans les grandes villes du pays, reste élevé par rapport aux bourses des ménages», reconnaît M. Menaceri.
A Alger, les prix proposé par les promoteurs oscillent entre 100 000 et 400 000 DA le mètre carré.

Remarquant l’indécision des acquéreurs, des promoteurs qui proposent des appartements de haut standing, dans des lotissements à la périphérie de la capitale, ont décidé d' »appâter» les clients à forts revenus par des « bonus» en proposant par exemple l’ameublement de l’appartement.

« Les acquéreurs qui mettent la main sur dix appartements, voire plus, ont baissé. Le marché ne connaît pas de véritable crise. Il y a eu certes une baisse des transactions, mais pas de véritable baisse des prix. Il pourrait même y avoir une hausse progressive avec la forte dévaluation du dinar et l’inflation, surtout à partir de 2016», prédit un promoteur algérois qui a requis l’anonymat, tout en signalant que ses « affaires marchent bien malgré un climat morose».

Pourquoi une telle situation de flottement pour un « marché» qui ne connaît pas vraiment de crise, comme c’est le cas partout dans le monde, particulièrement en Europe où la crise de 2008 a provoqué l’éclatement de la bulle immobilière ? Les professionnels parlent de désorganisation du marché ou de ce qui en tient lieu. « L’Etat laisse faire les spéculateurs. Les agences sont étouffées par des exigences comme le chèque. Les prix resteront élevés en raison surtout de la faible offre.

En dépit du lancement d’un programme public important, l’offre restera insuffisante. Il y a quelque 390 000 nouveaux mariages chaque année. La demande est presque la même (location ou achat). L’offre publique, qui n’est que de 50 000 logements par an, ne peut pas absorber toute cette demande. Les livraisons de logements n’arriveront jamais, au rythme actuel, à répondre à une demande qui sera plus forte avec la démographie galopante», relève le gérant du site Lkeria.

Sensibilisation et aides aux promoteurs

L’Etat éprouvera, selon le professionnel, davantage de difficultés à répondre à une demande galopante : à la baisse des rentrées d’argent et à l’inflation s’ajoute la raréfaction du foncier, principalement dans les villes. La régulation est exigée pour faire baisser les prix et ainsi permettre aux petites bourses de louer un appartement ou même d’en devenir propriétaire sans se saigner aux quatre veines. « Il y a une chose que les autorités doivent prendre en compte pour régler cette crise du logement, due principalement à des politiques ratées cumulées depuis les années 1980, c’est, par exemple, la vulgarisation des mécanismes d’aide proposés par les autorités.

Par exemple : l’Etat exonère d’impôt celui qui loue un logement de 80 m2. Il ne sera pas imposé aussi lorsqu’il loue à un étudiant ou à un handicapé. Il n’y aura plus de sous-évaluation et l’Etat sera gagnant. L’autre solution serait de taxer fortement les biens vacants pour inciter les gens à louer», estime le gérant de Lkeria.

L’aide aux promoteurs nationaux est aussi réclamée. Quelque 22 000 promoteurs sont enregistrés, dont 6000 dans la seule ville d’Alger. Le programme public ou même privé est détenu par des étrangers, particulièrement des Chinois, qui pratiquent des prix concurrentiels. « Les entreprises étrangères qui réalisent les programmes publics ou privés et influent sur le marché ont des carrières et négocient des prix avec leurs fournisseurs comme les cimenteries Lafarge et autres. Le salut des Algériens est en privilégiant le regroupement dans le cadre des projets», suggère-t-il. Lire la suite

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On vous le dit

Publié le 14/12/2015, par dans Non classé.

– Quand Algérie Poste s’emmêle les drapeaux…

La série de timbres émise la semaine passée à l’occasion de la Journée arabe de la famille a connu des erreurs monumentales. A commencer par l’omission de la Somalie et des Comores, membres de la Ligue arabe et le Soudan qui n’existe plus dans la forme montrée. Le Sud-Soudan est indépendant depuis juillet 2011 et n’appartient pas à la Ligue arabe.

Certains pays arabes sont également omis, comme la Somalie, Djibouti et aussi la Libye…. Même si la Libye et la Somalie sont des états connaissant de graves problèmes, rien ne justifie qu’on les « oublie. Il y a confusion entre pays arabes membres de la Ligue arabe et pays musulmans.

La Turquie, l’Afghanistan et le Pakistan n’ont rien à faire sur le timbre, vu qu’ils ne sont pas des pays arabes mais des pays musulmans. D’autres erreurs ont été relevées dans cette émission du 7 décembre qui boucle le programme philatélique de l’année 2015. Les philatélistes algériens, du moins ce qu’il en reste, regrettent de ne pas voir de timbre algérien qui colle plus à l’actualité.

– Salon des équipements hôteliers en janvier

Sous le patronage du ministre de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de l’Artisanat, l’esplanade de l’hôtel Hilton d’Alger accueillera, du 11 au 14 janvier 2016, la 10e édition du Salon International des équipements et services pour l’hôtellerie, la restauration et les collectivités (SIEL) organisée par ExpoEd. Le Salon réunira les spécialistes des métiers de l’hôtellerie.

Les représentants de plus de 250 marques, nationales et internationales, répartis sur 70 stands tenteront de répondre aux attentes de professionnels impliqués dans l’augmentation et l’amélioration des services et structures au service de l’évolution qualitative et quantitative de l’offre touristique algérienne. L’un des objectifs de cette édition du SIEL est de contribuer à mettre en exergue l’artisanat national pour l’aménagement et la décoration des établissements hôteliers et autres structures relevant du tourisme.

– Moussa Touati et « la tutelle d’outre-mer»

A l’occasion du 55e anniversaire du 11 Décembre, le Front national algérien (FNA) a rassemblé ses cadres de la wilaya de Blida au club hippique pour commémorer cet événement tragique. M. Touati, le président du FNA, dans son allocution d’ouverture, s’est montré critique au sujet de ce qui se passe au sommet du pouvoir et à l’égard de la gestion politique et économique du pays : « Il y a des confrontations au sommet de l’Etat et ceux qui ont mis l’Algérie dans cet état de crise doivent quitter le pouvoir sans commettre de dégâts. Nous allons traverser une période difficile et peut-être tragique, et à cet effet, je vous conseille d’éviter la dérive et de ne plus faire souffrir le peuple. L’Algérie appartient aux Algériens, nous ne voulons pas d’une tutelle d’outre-mer…»

– Les 20 ans de l’ALC

L’école spécialisée Algerian Learning Center (ALC) a célébré ses 20 ans au service des étudiants, entreprises et institutions publiques et privées. Elle est pionnière dans l’enseignement des langues et particulièrement l’anglais, dont elle a commencé l’enseignement et la diffusion pendant les pires années de la vie de l’Algérie indépendante, en se dressant comme un lieu de rayonnement du savoir et d’ouverture sur les autres cultures.

A l’issue de leur formation en langues, les apprenants bénéficient d’une certification internationale reconnue dans 150 pays, en l’occurrence le TOEIC (Test of English for International Communication) destiné au monde professionnel pour la langue anglaise et le TFI (Test de français international) exigé par les employeurs et les universités francophones, canadiennes notamment.

– Retard dans la réception des 424 logements de la cité Boudjemaâ Temime

Des citoyens interpellent les pouvoirs publics pour la délivrance, sans jeu de mots, de leur logement, et ce, depuis 15 ans. Ce sont ceux de la cité des 424 Logements Boudjemaâ Temime (en face de la mosquée El Ansari), à Draria. Alors qu’il ont payé 280 millions de centimes et reçu leur acte provisoire. Désemparés, ils ont demandé audience au wali d’Alger dont ils attendent une réponse jusqu’à aujourd’hui. Ils n’arrivent pas à comprendre pourquoi ce long retard que rien ne justifie. Lire la suite

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Malaise à l’université

Publié le 14/12/2015, par dans Non classé.

Si le Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) a reconnu la modeste mobilisation des enseignants au Centre, il se félicite, néaumoins, d’un « suivi assez important» dans le reste du pays.
Le Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) a entamé, hier, une grève de trois jours. Les structures universitaires de la capitale n’indiquent pas une grande mobilisation syndicale, ce qui confirme clairement que le syndicat a perdu ses fiefs qu’étaient l’Université des sciences et technologies Houari Boumediène de Bab Ezzouar (USTHB) et l’université d’Alger. Le CNES se félicite par contre d' »un suivi assez important dans le reste du pays». Selon le secrétaire général du CNES, M. Rahmani, le taux de suivi est autour de 75% au niveau national. Les plus hauts taux sont enregistrés dans les universités du Sud et des Hauts-Plateaux où, dans certaines structures, il a atteint les 100%, selon le CNES.

Une virée dans les campus d’Alger permet de constater une présence policière impressionnante, mais une activité normale des enseignants et de leurs élèves. « Nous avons eu nos cours sans aucune perturbation», affirment tous les étudiants interrogés. L’accès à l’enceinte universitaire demeure interdit. Pas de piquet de grève ni de banderole à l’université Alger 1 abritant les facultés de sciences de la nature, sciences de la matière, mathématiques, informatique et architecture. La fac centrale d’Alger semble rompre définitivement avec les mouvements de protestation et de revendication qui l’ont caractérisée durant des décennies.

La cause est toute simple : « La plupart des enseignants sont des vacataires, donc payés à l’heure et ont la crainte d’être écartés à la moindre absence pour grève.» Le CNES, qui reconnaît qu’il « n’a plus le monopole» avec la reconfiguration du paysage syndical due essentiellement à l’émiettement des syndicats et aux manœuvres de l’administration, accorde plus d’importance au « cri d’alarme» lancé par les enseignants à l’adresse des pouvoirs publics, mais aussi à l’opinion pour dire « halte aux discours anesthésiants et aux mots soyeux» qui visent, selon le CNES, à maintenir la léthargie dans laquelle baigne le secteur.

« L’université va mal et il faut que tout le monde s’implique pour sauver ce qui peut l’être», lance le CNES, qui compte sur l’adhésion enregistrée à travers les 47 sections pour sensibiliser aux préoccupations des enseignants. « Quand 80% des enseignants universitaires sont payés entre 45 000 et 60 000 DA, c’est que l’université va très mal», dénonce le syndicat, qui veut également attirer l’attention sur l’importance des effectifs d’étudiants face au manque d’enseignants : 55 000 professeurs d’unversité pour 1,5 million d’étudiants, affirme le secrétaire général du CNES. Outre la détérioration du pouvoir d’achat, le syndicat interpelle également les pouvoirs publics pour un débat général sur l’université.

Autres revendications du CNES : une rupture avec la désignation administrative des recteurs et chefs d’établissement et « l’introduction des pratiques démocratiques pour l’élection de ces responsables». A souligner que le ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé, hier, une rencontre avec les partenaires sociaux fin décembre, et ce, « pour la prise en charge des préoccupations de la communauté universitaire», explique une source du ministère reprise par l’APS.

La rencontre verra la participation de représentants de la commission des syndicats des enseignants et de la commission des organisations estudiantines agréées. La mise en place de ces deux commissions avait été décidée au terme des rencontres, en septembre, du ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar, avec les partenaires sociaux. Le CNES précise qu’aucune invitation officielle ne lui a été adressée. Lire la suite

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L’éthique, seul rempart contre les dérives

Publié le 14/12/2015, par dans Non classé.

Le « reportage» controversé sur les résidentes des cités universitaires diffusé par la chaîne de télévision Ennahar a été largement critiqué par les professionnels des médias et présenté comme une agression et atteinte à la dignité des étudiantes, mais aussi comme une transgression flagrante et éhontée à la profession et aux règles d’éthique et de déontologie.
L’adoption des amendements apportés au code pénal criminalisant la violence à l’égard des femmes n’est que le début d’une longue marche pour le rétablissement de tous les droits de la femme. Si l’on est arrivé à criminaliser la violence conjugale, il reste que les formes de violences sont multiples et diverses, souvent insidieuses. La violence est aussi dans un certain discours véhiculé par des médias ayant troqué leur rôle de moyen d’information pour devenir des « prêcheurs» de haine.

La matière journalistique est transformée en produit habillé, maquillé et emballé au gré des politiques et des orientations pour être livré en produit fini à la consommation du public. Ce dernier n’est pas appelé à réfléchir, mais à consommer passivement un flux de messages. Et c’est là que se situe le danger, notamment lorsqu’il s’agit de traiter de questions liées aux rapports sociaux, à l’image et à la place de la femme dans la société.

La télévision devient un fabriquant de l’imaginaire social, souvent dans un sens qui ne sert pas la femme, bien au contraire. Une violence de l’image et du discours est véhiculée pratiquement systématiquement au nom d’une soi-disant « morale sociale» par des chaînes de télévision soucieuses d’audimat. Le réseau Wassila/Avife et l’association Femmes en communication se sont associés autour d’un projet de sensibilisation des médias et des journalistes sur l’impact de l’image et du discours et de la violence contre les femmes.

Réunissant journalistes, membres du mouvement associatif et réalisateurs de cinéma, un débat a été ouvert, hier, autour de « produits» médiatiques audiovisuels porteurs de signes de violence à l’égard des femmes. Le « reportage» très controversé sur les résidentes des cités universitaires diffusé par la chaîne Ennahar, qui avait soulevé un tollé d’indignation, a été largement critiqué par les professionnels des médias et présenté comme non seulement une agression et une atteinte à la dignité des étudiantes, mais aussi comme une transgression flagrante et éhontée de la profession et des règles d’éthique et de déontologie.

Plus de vigilance

Talk-show et feuilletons ont été passés au crible lors de cette rencontre, suscitant colère et indignation. « Quand on parle de violence à l’égard des femmes, on parle de désordre social invisible comme d’une chose qu’on doit cacher. Si les médias ne réagissent pas et ne remettent pas en cause l’ordre social et politique, ils deviennent complices», souligne la sociologue Fatma Oussedik, en incitant les journalistes à combattre l’illusion de la transparence du fait social.

« Il faut s’extraire du fait social et accepter de le regarder comme une chose, nous éclairer sur les faits et nous laisser le soin d’avoir notre propre point de vue… Les journalistes doivent s’interroger sur les signes qu’ils émettent et c’est là où le rôle d’une charte de l’éthique est important», indique-t-elle. Le réalisateur Belkacem Hadjadj a, pour sa part, appelé à plus de vigilance pour décoder ou déceler les discours porteurs de violence insidieuse dans les programmes télévisés. L’audimat n’explique pas à lui seul cette orientation franchement anti-progrès et contre une image positive de la femme dans les médias.

Le sous-entendu politique est décelable dans cette volonté de maintenir la société, à travers le renvoi de modèles et d’images archaïques, dans le moule du patriarcat renvoyant lui aussi à l’inviolabilité de l’ordre politique établi. « L’émergence des femmes dans l’espace public dérange le système politique dans les pays arabes, car cette présence est porteuse de dénonciation d’un ordre social et d’appel à l’égalité et la liberté d’être et de dire», souligne Mme Oussedik.

La réalisatrice Baya El Hachemi s’interroge, de son côté, sur ce que nous avons fait pour contrer le flux d’émissions et de programmes porteurs de violence venant du Moyen-Orient. « Quand nous présentons des projets de films intéressants qui dénoncent l’ordre social établi, on se voit refuser le droit de réaliser. Si nous trouvons des télévisions qui acceptent de diffuser et de financer des programmes de qualité, on n’hésitera pas à le faire», indique la réalisatrice. Unanimement, l’assistance a appelé à plus de vigilance et à la mobilisation contre cette banalisation d’une violence cathodique aux conséquences très dangereuses. Lire la suite

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L’ex-chef des URS écroué et des cadres sous contrôle judiciaire

Publié le 14/12/2015, par dans Non classé.

L’ancien chef d’état-major des Unités républicaines de sécurité de la Sûreté nationale a été placé sous mandat de dépôt par le parquet de Mostaganem, qui a placé sous contrôle judiciaire d’autres cadres de la police. La défense dénonce « une machination judiciaire» en riposte aux manifestations des policiers en octobre 2014, alors que du côté de la Sûreté nationale, on évoque une affaire de « détention illégale de documents confidentiels pour porter atteinte à la sécurité et à la défense nationale».
L’ancien chef d’état-major des Unités républicaines de sécurité (URS) —dissoutes quelques semaines après la marche spectaculaire des policiers sur le palais d’El Mouradia, le 13 octobre 2014 — Rachid Belouar, divisionnaire de son état, ainsi que d’autres cadres : l’ex-directeur des renseignements généraux de Mostaganem, le divisionnaire Belouadeh Belabdi ; le commissaire principal Djillali Djeffal, ancien chef de la sûreté de daïra de Maghnia, qui avait été révoqué après l’affaire de l’ancien chef de sûreté de wilaya de Tlemcen (poursuivi et condamné), pour laquelle il a été acquitté sans pour autant être réintégré ; le commissaire principal Khadim Yettou Mohamed Djani, ex-adjoint du chef de la sûreté de wilaya de Mostaganem (suspendu dans le cadre de cette affaire) ; Belahoual Messaid Abdelkader Fergag, divisionnaire, ancien chef de la sûreté de wilaya de Sidi Bel Abbès et de Mostaganem (avant d’être mis à la disposition de l’inspection générale de l’Ouest) ; et le divisionnaire Bachir Dahmani, ex-chef de la sûreté de wilaya d’Adrar, admis à la retraite après l’affaire de l’assassinat d’une policière dont le cadavre a été dissimulé.

Ils ont été inculpés par le tribunal de Mostaganem en vertu de deux articles 74 et 67 du code pénal qui évoquent « la haute trahison, la détention de documents confidentiels et l’atteinte à la défense nationale». Des faits pour lesquels ils risquent une peine criminelle de 5 à 10 ans. Le juge d’instruction, après avoir entendu l’ensemble des mis en cause, a placé sous mandat de dépôt l’ex-chef des URS et sous contrôle judiciaire les autres prévenus.

Quel lien cette affaire peut-elle avoir avec la marche des « bleus» sur la présidence de la République, qui avait poussé l’opinion publique à retenir son souffle durant plusieurs jours ? Pour des sources proches de la sûreté nationale, « il n’y en a aucun». Elles commencent par s’interdire tout commentaire sur l’affaire, avant de préciser que celle-ci avait été mise devant le parquet de Mostaganem à la suite d' »une procédure judiciaire formellement instruite par le service de police judiciaire compétent», pour des faits de « détention illégale de documents officiels par des fonctionnaires publics».

Ce qui constitue, révèlent nos interlocuteurs, « une infraction punie par la loi et qui engage la responsabilité de celui ou ceux qui se sont rendus auteurs d’infractions contre les devoirs de leurs fonctions», avant de conclure : « Il est pourtant notoirement connu que tous les fonctionnaires des institutions et établissements publics sont interdits, de par leurs obligations statutaires, sous peine de poursuites judiciaires, de détenir des documents de service ou de révéler les faits dont ils ont obtenu connaissance à l’occasion de leur exercice. Cette obligation s’applique également aux fonctionnaires ayant cessé leurs fonctions.»

Plainte contre la police pour « violation de domicile et falsification»

Des déclarations que conteste avec virulence maître Tayeb Belarif, avocat de l’ex-chef d’état-major des URS, l’ancien divisionnaire Rachid Belouar. Pour argumenter sa position, il revient sur les circonstances et les détails de cette affaire, en se référant à la procédure et aux documents contenus dans le dossier judiciaire.

D’emblée, il annonce son intention de déposer plainte contre les policiers pour « violation de domicile et falsification de documents» après la perquisition des éléments de la sûreté nationale effectuée au logement de fonction de Rachid Belouar, le 9 novembre dernier. L’avocat dénonce « une série de graves violations» de la procédure avant de revenir à l’origine de l’affaire qui, selon lui, « a été fomentée pour accréditer la thèse du complot contre le directeur général de la Sûreté nationale».

Me Belarif explique : « Après les manifestations d’octobre 2014, une enquête a été menée par l’inspection générale de la DGSN, qui a eu pour conséquence la mise à la retraite d’office de deux cadres dirigeants des URS, dont le chef d’état-major, Rachid Belouar, et la révocation de deux autres pour déstabilisation des institutions de l’Etat.»

L’avocat poursuit son récit : « Du mois de mars 2015 jusqu’à novembre dernier, rien n’indiquait que le premier responsable des URS allait être inquiété. Il est rentré chez lui, à Mostaganem, où ses occupations se limitaient à des rencontres conviviales avec ses anciens collègues et la prise en charge d’une épouse souffrant d’une lourde dépression. Le 5 novembre, un de ces derniers lui demande d’aller voir le chef de sûreté de wilaya qui, selon lui, avait besoin de le voir. Aucune convocation ne lui a été adressée. Il s’est présenté tout de suite, sans changer sa tenue de sport, parce qu’il était confiant.

Une fois sur place, il apprend que le service de la police judiciaire a ouvert une enquête. C’est clairement indiqué dans le rapport préliminaire, non daté et qui ne porte pas le nom de son signataire mais uniquement son grade. Il est écrit : « Des informations nous sont parvenues sur les agissements de l’ancien chef des URS, qui à la tête d’une cellule qui complote et manigance contre l’institution de la DGSN et la personne de son directeur général.» Belouar a été maintenu en garde à vu alors que les six autres cadres sont convoqués pour être entendus.»

Me Belarif indique en outre que pendant la garde à vue de son mandant, « prolongée d’ailleurs par le parquet», les policiers ont procédé « à une première perquisition dans son domicile à Mostaganem, où ils ont récupéré quelques documents liés aux événements de Ghardaïa qui avaient été gérés par ses éléments et, de ce fait, tous les rapports et analyses y afférents sont restés à son niveau en tant que premier responsable des URS ; ces documents n’ont pu être restitués en raison de l’absence de passation de consignes après la dissolution brutale de ces structures». Il poursuit : Lire la suite

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