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«La crise est une opportunité pour diversifier l’économie»

Publié le 10/12/2015, par dans Non classé.

Activement impliqué pour promouvoir le travail décent au Maghreb, Le Bureau international du travail (BIT) se fixe une stratégie pour aider tous les intervenants (gouvernement, partenaire social et entreprise) afin de sortir de la précarité sociale et économique.
C’est dans cette perspective que le directeur du BIT pour le Maghreb, Mohamed Ali Deyahi, a exposé sa « feuille de route», hier à Alger, lors d’un point de presse. Cette feuille de route consiste essentiellement en « la création d’emplois par le développement de la microentreprise ; la protection sociale avec notamment le renforcement des capacités institutionnelles dans le domaine de l’actuariat ; le dialogue social en venant à l’appui aux organisations d’employeurs et celles de travailleurs», a développé M. Deyahi.

Evoquant le contexte de crise économique à laquelle fait face le pays, le directeur du BIT Maghreb a exprimé son « soutien aux mesures prises par le gouvernement», tout en assurant que la crise doit être « une opportunité et le défi majeur de diversifier l’économie, parce que l’Algérie dispose d’énorme potentialités et de ressources aussi variées que riches». Il évoque, entre autres, « l’entrepreneuriat féminin et le rôle de la femme, la transition de l’économie informelle vers le formel, la protection des travailleurs migrants, l’élargissement de la protection sociale aux catégories non couvertes, l’emploi vert par le biais des PME, l’adéquation formation-emploi, l’évaluation des dispositifs de l’emploi et l’observatoire de l’emploi».

Tant d’atouts qu’il faudra exploiter. S’appuyant sur des chiffres pour dire la réalité économique et sociale, il révèle à titre d’exemple que « le taux de chômage des femmes en Afrique du Nord reste un des plus élevés du monde, il est de l’ordre de 18,9% comparé à une moyenne de 6,4%». L’Algérie enregistre le taux le plus faible au Maghreb proportionnellement à la population active. Il est de 14,9% alors que les femmes représentent « 50% des diplômés universitaires en 2014, 32,6% des diplômés de la formation professionnelle».

M. Deyahi a fait remarquer que les postes décisionnaires (directrices, cadres ou dirigeantes) « ne représentent que 1,6% de l’emploi féminin contre le double pour les hommes (2,9%)». S’agissant de la transition de l’économie informelle vers le formel, elle représente 47,5% ; en Algérie, elle occupe 42,7% de l’économie, selon les statistiques de 2014.

Le BIT, présent en Algérie depuis 1967, travaille en étroite collaboration avec les institutions gouvernementales, les partenaires sociaux et le patronat ; il fonde son engagement sur « l’idée que le travail est source de dignité personnelle, de stabilité familiale, de paix dans la communauté et de démocratie, de croissance économique, qui augmente les possibilités d’emploi productif et de développement d’entreprises», a encore expliqué M. Deyahi, qui a à son actif une longue expérience en matière de promotion du travail décent. Lire la suite

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«Dans le Sud, les rythmes scolaires pourraient être revus»

Publié le 10/12/2015, par dans Non classé.

Lors de la tournée marathonienne qu’elle a effectuée dans la wilaya de Ouargla et dans la wilaya déléguée de Touggourt, la ministre de l’Education nationale a affiché un optimisme contagieux par rapport à la qualité exemplaire des établissements scolaires qu’elle a visités. Dans cet entretien — coréalisé par la radio locale de Ouargla et El Watan — Mme Benghebrit met les points sur les I, même si elle refuse que les directeurs de l’éducation endossent l’entière responsabilité de la situation.
– Parlons d’abord de cet optimisme que vous avez affiché durant votre tournée de deux jours à Ouargla. Quels sont les indicateurs qui le motivent ?

La wilaya de Ouargla est dans une dynamique palpable qu’on a pu constater sur le terrain. J’ai la conviction que les taux de réussite aux examens nationaux doivent être interprétés autrement. Ils ne sont évocateurs que par rapport à la situation de départ, or Ouargla a démarré à 25% il y a quatre ans et a atteint 38% cette année. L’écart est donc positif. De plus, Ouargla a des atouts qui lui sont propres et dont elle est consciente, comme l’ouverture d’une école supérieure des enseignants qui a débuté son activité alors que l’infrastructure finale en est à 70% de réalisation. Cela, j’en suis sûre, va booster le niveau des enseignants grâce à la formation continue.

Ma visite m’a permis d’inspecter deux écoles-pilotes, à Aïn Beïda et Hassi Benabdallah. Elles se situent dans des zones rurales et sont caractéristiques d’un prise en charge participative du directeur, des enseignants mais aussi et surtout des parents d’élèves et des maires de ces localités. J’en suis agréablement surprise car cela conforte nos orientations qui vont dans le sens d’une gestion participative et concertée, plus efficace et à l’écoute des acteurs du secteur. Des solutions sont trouvées à des problèmes que l’on aurait pensés insolubles grâce à la concertation. Nous avons aussi visité les classes préparatoires et celles spéciales dédiées aux enfants attardés mentaux, cela augure d’un bon démarrage.

Je repars avec une vision plus réaliste d’acteurs qui œuvrent au changement et je peux dire que l’année 2016 sera meilleure et plus réussie. Mais je suis loin de généraliser car le les gens qui prennent à bras-le-corps le secteur de l’éducation ne sont malheureusement pas majoritaires. Cela n’a rien à voir avec les moyens matériels, nous l’avons bien vu, et nous comptons beaucoup sur cette volonté, ces individualités qui font toute la différence.

– Le problème de la surcharge des classes a été réitéré. Quelles sont les solutions ?

Nous considérons que la norme est de 41 élèves par classe. Au-delà, il y a surcharge. Il faut savoir que la carte scolaire montre des disparités régionales et entre les wilayas. Un déséquilibre qui touche la majorité des écoles, dont certaines connaissent une grande affluence tandis que d’autres tournent avec un effectif en deçà de leurs capacités.

Ces problématiques ont fait l’objet de conventions avec le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme pour la généralisation des ensembles urbains intégrés, où l’école primaire et le collège ont une place centrale, vu qu’il s’agit des paliers de l’enseignement obligatoire. La solution que nous mettons en place en cas de surcharge est la double vacation complète ou partielle. Elle a prouvé son efficience dans certaines écoles, mais c’est une solution ponctuelle, en attendant la généralisation de l’habitat intégré et la maîtrise de la carte scolaire.

– La climatisation et les moyens pédagogiques restent les maillons faibles du secteur. Qu’en pensez-vous ?

Nous avons débattu de ces problèmes avec les autorités locales. Le problème est le raccordement au réseau électrique et les postes transformateurs. Il faut régler ce problème durant l’hiver, en tout cas avant le mois de mars. Je suis prête à appuyer ce dossier en haut lieu. J’ai proposé de rentabiliser les infrastructures, notamment les auditoriums pour les activités scolaires, et l’ouverture sur la société pour que le lycée devienne une référence culturelle dans les communes. J’ai donné des instructions dans ce sens aux directeurs de lycée.

– Les wilayas du Sud croupissent au bas du classement national des résultats scolaires. Syndicats et parents d’élèves pointent du doigt les rythmes scolaires dans une région saharienne où il fait chaud la moitié de l’année et où les moyens de climatisation sont insuffisants. Partagez-vous cette lecture ?

Il n’y a pas une réponse unique à cette question. Elle est complexe et multiple, mais je vous concède que la donne climatique pose problème pour les élèves. La réunion organisée dimanche avec les directeurs d’établissement de la wilaya a permis de ressortir avec une mesure très importante, à savoir que chaque direction de l’éducation a toute la latitude d’adapter son rythme scolaire quotidien à la réalité locale. Les horaires actuellement appliqués, à savoir 8h-11h15 et 13h-14h30, peuvent être changés.

Ce que j’ai dit à ces gestionnaires, et je le répète aujourd’hui, est qu’il ne s’agit nullement d’une décision administrative car il est facile de décréter des horaires et d’envoyer un arrêté.
Je saisis cette occasion pour appeler au lancement d’un débat sur la question à travers toutes les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux avec une campagne de sensibilisation qui sera menée par les associations de parents d’élèves et les syndicats de l’éducation nationale afin d’obtenir un consensus général sur ces horaires et permettre la mise en place d’un rythme scolaire adapté au Sahara.

S’il ya consensus pour adapter ce rythme au calendrier scolaire, il n’y aura aucun problème de ce point de vue. Je tiens à rappeler que lors de la rencontre d’août dernier à Laghouat, en présence de 11 wilayas du Sud et 10 des Hauts-Plateaux, nous avions ouvert le débat et aucun représentant de ces wilayas n’avait proposé la modification du rythme scolaire quotidien pour l’adapter à la réalité climatique, alors que le ministère s’est dit prêt à étudier toutes les propositions.

Cela je vous l’assure. Reste à préciser que trois fondamentaux doivent être retenus : le programme et les examens sont nationaux ; veiller au respect des 32 semaines de cours et de 4 semaines d’examens. Autrement, y compris au sein de la même la Lire la suite

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Une régression en matière de respect des libertés

Publié le 10/12/2015, par dans Non classé.

C’est aujourd’hui que le monde célèbre le 67e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. A cette occasion, la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) a élaboré un rapport accablant de la situation qui prévaut dans le pays.
Houari Kaddour, secrétaire national chargé des dossiers spécialisés à la LADDH, pense que l’Algérie a régressé dans tous les domaines et regrette qu’en 2015, plusieurs personnes ayant revendiqué le respect de leurs droits aussi bien civils et politiques qu’économiques, sociaux et culturels font l’objet de discriminations et d’arrestations. « Le système algérien a voulu entretenir l’illusion d’un changement là où la réalité est marquée par la continuité dans la répression, les violations des libertés publiques et des droits de l’homme», affirme la Ligue.

Les inégalités, la bureaucratie, la corruption, les interdits sont de mise en Algérie. Sur la corruption, la LADDH estime que ce phénomène continue de ronger les rouages de l’Etat et une grande partie de la société. Il a pris, ces derniers temps, des proportions alarmantes. « Aucune institution n’échappe à ce phénomène et à la dilapidation des deniers publics», note le rapport, qui relève de nombreuses anomalies qui minent la législation algérienne en la matière et encouragent la persistance des passe-droits.

La LADDH donne des exemples sur l’ampleur de ce fléau qui gangrène la société. Se basant sur les chiffres publiés par l’Office national des statistiques, l’ONG dénonce que 74% des salariés sont recrutés grâce au piston ou à la corruption. « Les anomalies du décret présidentiel n°10-236 du 7 octobre 2010, modifié et complété, portant réglementation des marchés publics, notamment son article 27, empêche le citoyen de jouir de ses droits, entre autres civils et politiques», dénonce la Ligue, qui rappelle que la lutte contre ce fléau nécessite plus de moyens que ceux mis à la disposition des organes et institutions destinés à cet effet.

La LADDH demande aux pouvoirs publics la révision des textes législatifs portant institution de l’Organe de prévention et de lutte contre la corruption de façon à élargir ses prérogatives et à renforcer son champ d’action. S’agissant du droit de réunion et de manifestation, le rapport observe que cette année, plusieurs manifestations ont été interdites et d’autres réprimées avec parfois le recours à l’emprisonnement. Les exemples ne manquent pas. Le document cite le cas de jeunes qui ont été tabassés parce qu’ils ont voulu manifester leur ras-le-bol devant l’APN. Des militants des droits de l’homme ont été arrêtés pour avoir manifesté leur soutien au journaliste Hassan Bouras, arbitrairement emprisonné depuis le 4 octobre 2015.

Sur le plan social, il est constaté des disparités flagrantes. Pour ce qui est de la peine de mort, la Ligue regrette qu’elle figure encore dans le code pénal. « Les juges prononcent des condamnations à mort, heureusement qu’aucune exécution n’a eu lieu depuis 1993.» La LADDH considère que la peine de mort est un traitement dégradant, injuste et incompatible avec les droits fondamentaux. L’ONG demande l’arrêt immédiat de toute condamnation à mort et à une mobilisation en faveur de son abolition. Lire la suite

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On vous le dit

Publié le 10/12/2015, par dans Non classé.

– Affrontements entre deux bandes rivales à Meftah (Blida)

La cité de Sidi Hamed, dans la commune de Meftah (40 km à l’est du chef-lieu de wilaya de Blida), s’est transformée, durant trois jours, en champ de bataille entre deux bandes de jeunes. Ces bandes se sont affrontées à coups de bâton, de jets de pierres et d’armes blanches (épées, couteaux, barres…), causant plusieurs blessures aux uns et aux autres. Selon des témoignages, le conflit, qui s’est produit cette semaine, est lié à la rivalité entre les anciens habitants de cette cité des 3500 logements et de centaines nouveaux arrivants, issus des bidonvilles de Gué de Constantine, de Meftah et de Blida.

Ces derniers, relogés dans cette cité depuis quatre mois, seraient mal accueillis par les anciens, d’autant qu’une bataille rangée a éclaté entre eux quelques jours après leur installation. Pour faire face à cette hostilité grandissante, les services de sécurité de la région ont fait appel à d’importants renforts de policiers et de gendarmes. La violence des affrontements n’a pas épargné les agents des services de sécurité, où plusieurs blessés sont dénombrés.

Huit personnes ont été arrêtées par les services de la Gendarmerie nationale et une trentaine par les services de la Sûreté nationale au cours de leurs interventions. Le procès de ces accusés est prévu pour ce jeudi au tribunal de Larbaâ. Dans un point de presse, le procureur de la République a déclaré que la cause des échauffourées est liée à des places de parking».

– Un nouveau coordinateur de Talaie El Houriat à Chlef

Un nouveau coordinateur a été choisi par la direction de Talaie El Houriat pour diriger son bureau de wilaya à Chlef depuis le 23 novembre dernier. Il s’agit de Mohammed Djezzar, un soutien de longue date d’Ali Benflis dans la wilaya. L’intéressé a précisé que cette désignation est intervenue bien avant la démission de quatre militants de cette instance locale, ajoutant que le changement a été fait à la demande de 17 des 22 membres du bureau de wilaya. Il a, par ailleurs, fait savoir que l’installation des bureaux communaux de Talaie El Houriat au niveau de la wilaya se poursuit dans des conditions normales.

– Le centre-ville de Chlef enfin débarrassé des vendeurs informels

Au grand soulagement des citadins, le centre-ville de Chlef a été débarrassé des vendeurs informels qui gênaient la circulation et donnaient une mauvaise image aux visiteurs. L’opération menée par la police, sur réquisition des pouvoirs publics, a été lancée avant-hier au siège du chef-lieu de wilaya. Elle s’est déroulée dans le calme, comme nous avons pu le constater sur place.

L’intervention de l’Etat était vivement souhaitée par les habitants qui trouvent inconcevable que des vendeurs à la sauvette d’autres régions puissent s’installer tranquillement sur les trottoirs sans se soucier des désagréments qu’ils causent aux usagers. Et puis, cela crée, selon eux, un contraste saisissant entre cette grande plaie et les efforts consentis par les autorités locales pour réhabiliter le centre-ville. Il faut signaler que l’APC de Chlef a réalisé huit commerces de proximité, dont six sont fin prêts depuis huit mois.

Cependant, selon le secrétaire général de la commune, les vendeurs informels recensés ont tous refusé de s’y installer, ce qui a amené la collectivité à réaffecter ces locaux aux demandeurs parmi les commerçants légaux. S’ils n’ont pas manqué d’exprimer leur soulagement, les résidants souhaitent néanmoins une solution définitive pour en finir une bonne fois pour toutes avec ce problème.

– Sétif — St-Etienne desservie par AAA

La compagnie française Atlas atlantique Airlines(AAA) proposant des tarifs défiant toute concurrence ouvrira à partir du 19 décembre courant une nouvelle ligne hebdomadaire régulière Saint-Etienne-Sétif. Les voyageurs de Grand Lyon où réside une importante communauté de sétifiens sont bien servis. D’autant plus que le prix du vol hebdomadaire programmé pour chaque vendredi n’excède pas les 166 euros. Avec l’avènement d’AAA, les voyageurs auront désormais l’opportunité de choisir entre les trois compagnies desservant actuellement l’aéroport de Sétif. Il convient par ailleurs de souligner que la compagnie précitée dessert pour l’heure Oran, Tlemcen et Alger. Lire la suite

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Mme Benhariz serait inéligible selon l’AADL

Publié le 10/12/2015, par dans Non classé.

Mme Benhariz El Ouard, présidente de l’association nationale Afak pour la promotion de la femme, est passée à nos bureaux pour exposer son problème relatif à l’acquisition d’un logement AADL à Alger.
Elle porte bien ses 72 ans, une bonne mamie comme on aimerait tous en avoir, mais justement son seul tort, dit-elle, « c’est d’avoir vieilli et d’avoir résisté au temps, assez pour suivre de près ma demande initiale de logement qui croupit au niveau de l’AADL depuis 2001». Cette demande, déposée conformément aux dispositions réglementaires du programme location-vente, n’a pas été suivie de réponse, mais 11 ans plus tard, à l’instar de milliers de demandeurs à travers le pays, cette dame qui a grandi dans la maison de Messali El Hadj et donné toute son énergie au mouvement associatif, à la retraite, veuve et maman de deux filles de surcroît, se retrouve sans possibilité de recours après que les services de l’AADL lui ont signifié sa non-éligibilité à l’actuel programme de l’AADL.

La direction commerciale de cette agence l’a pourtant convoquée en mars 2013 pour mettre à jour sa demande de logement. Sans réponse depuis, elle adresse vainement plusieurs courriers à la DG de l’AADL. « Si je me retrouve à cet âge à attendre un logement, ce n’est pas ma faute, mais celle de l’AADL», écrit-elle au ministre de l’Habitat.

Elle interpelle à juste titre MM. Tebboune et Sellal pour se pencher sur son cas. « Je veux vivre dans la dignité, dans ma maison, mouazaza moukarama et finir mes jours dans la quiétude et le respect dus à mon âge», dit Mme Benhariz, qui propose même des solutions, soit payer cash son logement si l’AADL craint de la voir mourir avant d’avoir honoré toutes ses redevances, ou lui changer de formule de logement vers le LPP. Lire la suite

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La loi rétrécit leur champ d’action : Sale temps pour les ONG

Publié le 10/12/2015, par dans Non classé.

Coincées par la loi 12-06, les associations éprouvent les pires difficultés pour continuer à activer.
En ce vendredi après-midi, le Rassemblement Action Jeunesse (RAJ) reçoit Habiba Djahine, réalisatrice et poétesse, venue présenter son nouveau recueil de poésies, Fragments de la maison. Sont présents une vingtaine de jeunes, pour la plupart des habitués de l’association. La rencontre a lieu au siège du RAJ, devenu par la force des choses l’unique endroit où des activités peuvent être organisées sans passer par la case « autorisation». Car face aux tracasseries administratives et aux refus systématiques des autorités, les associations utilisent, dans leur grande majorité, leurs locaux pour continuer à exister.

Pour la plus turbulente des associations, les choses ont bien changé. Il est loin le temps où le RAJ pouvait, par une simple demande, utiliser le temps d’une rencontre un amphithéâtre de la faculté d’Alger pour débattre de la « liberté de la presse» ou célébrer le 5 Octobre en organisant une grande exposition sur la place des Martyrs d’Alger avec en clôture un concert de musique chaâbi suivi par plusieurs centaines de jeunes.

Cette année, quand le RAJ a célébré le 27e anniversaire des événements d’Octobre, ils n’étaient qu’une poignée de militants à avoir fait le déplacement. Après avoir scandé quelques slogans, déposé une gerbe de fleurs, le petit groupe s’était dispersé dans l’indifférence générale. « Toutes les associations sont dans une situation difficile, reconnaît Abdelouahab Fersaoui, le président du RAJ. Nous sommes face à un pouvoir qui empêche toute forme de mobilisation et s’échine à fermer les espaces publics. Mais même ainsi, nous ne baissons pas les bras et nous continuerons à agir.»

Pour Noureddine Benissad, président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), le travail des associations est « entravé par les nouvelles dispositions mises en place par le pouvoir». Et de dénoncer les mesures contenues dans la loi sur les associations qui « laminent tout le travail effectué jusque-là par les associations». Car pour le pouvoir et après le Printemps arabe, il y avait urgence à faire taire toute voix discordante.

Des lois liberticides

Sous le prétexte de mieux contrôler les associations à caractère religieux, l’Etat a promulgué une loi des plus restrictives (loi 12-06) que certains considèrent comme liberticide. Elle permet au régime de museler les actions des associations qui lui échappent en les maintenant dans un état de vulnérabilité et, en même temps, favoriser celles qui lui sont acquises. Et pour ce faire, le régime n’a pas lésiné sur les moyens.

Il a mis en place une série de dispositions peu claires, en totale contradiction avec les Conventions internationales ratifiées par l’Algérie, lesquelles ont, selon la Constitution algérienne, une valeur supérieure aux lois nationales. Comble de l’ironie, ces mesures ont été annoncées dans le cadre des « réformes politiques» mises en place par le président Bouteflika. Ainsi, parmi les mesures les plus symboliques, l’obligation faite aux associations de demander un agrément, alors que depuis les années 1990, elles étaient régies par un système déclaratif beaucoup moins contraignant.

Si la nouvelle législation réglemente une pratique existante, elle vient renforcer le pouvoir des autorités administratives tout en ne garantissant pas aux associations une réglementation indépendante et impartiale. Pis, la majorité des demandes d’agrément restent sans réponse. La LADDH, qui est agréée depuis 1989, attend toujours une réponse, alors qu’elle a déposé son dossier en janvier 2015. Même constat au RAJ. « En réalité, toutes les associations qui travaillent dans l’humanitaire ou celles échappant au pouvoir n’ont pas obtenu d’agrément», rappelle le président de la Ligue.

Pour contourner l’écueil, les associations s’appuient sur l’article 11 de la loi, qui stipule qu' »en cas de silence de l’administration, l’association est considérée constituée de plein droit, même si elle doit attendre d’obtenir un récépissé d’enregistrement pour pouvoir fonctionner légalement». Mais cette disposition, qui offre une issue de secours face au blocage de l’administration, est en fait un trompe-l’œil car elle bloque toute action sur le terrain. Sans agrément, une association ne peut ouvrir de compte bancaire auprès d’un établissement financier ou formuler une demande d’autorisation afin d’organiser un séminaire. « C’est le serpent qui se mord la queue», résume Abdelouahab Fersaoui.

« Le régime est dans une logique de refus de voir l’émergence d’une société civile. En conséquence, il entrave toute tentative dans ce sens», juge Noureddine Benissad. Une analyse que partage le président du RAJ, qui estime que « le pouvoir veut empêcher toute mobilisation de la société en fermant les espaces de revendication pour barrer la route à toute forme d’organisation de la société civile».

Alors, pour exister, les associations doivent faire preuve d’inventivité et trouver des échappatoires pour éviter l’inertie. C’est le cas pour les financements, dont la nouvelle loi stipule qu’ils sont constitués par les subventions « consenties» par l’Etat, le département ou la commune, comme stipulé dans l’article 29. En gros, l’Etat veut contrôler tout financement du secteur associatif et particulièrement celui provenant de l’étranger. Avec l’article 30, l’Etat prive les associations de sources de financement vitales pour leur survie car il leur impose de n’établir de partenariat qu’avec des ONG dont les pays ont signé des conventions avec l’Algérie.

Ainsi, le réseau Wassila, qui recevait de l’aide, entre autres, de l’ONG Médecins du monde, s’est retrouvé amputé d’une partie de ses ressources et a été obligé de réorienter sa stratégie en direction de donateurs nationaux. « Cela nous a poussé à chercher des fonds en Algérie», affirme la présidente du réseau, qui emploie une juriste et une psychologue à temps partiel, chargées du centre d’appel. « C’est le prix de l’indépendance», renchérit Me Benissad, qui avoue mettre la main à la poche pour l’organisation de certaines prestations.

Une générosité qui lui a déjà coûté « plus d’un million de dinars». Cette quête permanente de financement a des conséquences sur les activités des associations, même si certaines d’entre elles se battent pour maintenir leur présence sur le terrain. Ainsi, le réseau Wassila/Avife a pu organiser, à l’INSP, une journée d’étude autour des « Mères célibataires et leurs enfants» et édité un ouvrage sur le sujet, avec l’aide de l’Unesco. Ce n’est pas le cas de la LADDH, qui a dû cesser Lire la suite

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