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L’Algérie vient de perdre un fils valeureux et un militant exemplaire

Publié le 27/12/2015, par dans Non classé.

J’ai connu Hocine Aït Ahmed au Caire, en 1953, et déjà on s’attachait à l’homme de conviction doublé d’un patriote intransigeant. Mais c’est dans les prisons françaises où nous avons séjourné entre 1957 et 1961 que se sont renforcés nos liens d’amitié. Je témoigne que lorsque le CEE a adressé aux cinq le projet de plateforme de la Soummam, seul Aït Ahmed l’a approuvé dans son intégralité, alors que ses pairs ont émis des réserves plus ou moins importantes.

Je me souviens de discussions passionnées à la prison de la Santé, notamment après la constitution du GPRA, sur l’avenir de notre pays, où Aït Ahmed se distinguait par de longs développements marqués par la profondeur de la pensée et l’élégance du style. Certains ont reproché à Aït Ahmed un certain angélisme qui l’aurait tenu éloigné des luttes pour le pouvoir. En vérité, le seul groupe auquel il aurait adhéré était celui de Abane, qui a été néantisé après l’assassinat de son chef. A partir de ce moment, Aït Ahmed n’était plus un outsider.

Au lendemain de l’indépendance, il livra un combat à l’Assemblée nationale pour un Etat de droit, de multipartisme, d’élections libres… mais les foudres de Ben Bella ne l’ont pas épargné : emprisonné puis condamné à mort, il doit à ses amis, qui se sont démenés à l’étranger, de n’avoir pas subi le sort de Chaabani. Sous Boumediène, sa libération promise ayant tardé, nous avons assisté à son évasion et à son installation à Lausanne, où nous nous sommes vus à maintes reprises.

En 1989, Aït Ahmed est heureux de retrouver l’Algérie où les événements d’Octobre 1988 ont généré le multipartisme qu’il a toujours appelé de ses vœux ; son parti politique est devenu une force essentielle dans le paysage politique du pays. Mais il va bientôt déchanter devant l’ampleur de la violence qui a caractérisé la décennie rouge. En 1995, nous avons activement soutenu la plateforme du contrat national conclu à Rome et, quatre ans plus tard, nous sommes tous deux candidats à la présidence de la République.

Nous menons campagne la main dans la main sans nous faire d’illusions sur la neutralité du commandement de l’armée, et lorsque nous avons eu la preuve que ce dernier, malgré les promesses publiques du chef d’Etat démissionnaire, avait choisi son candidat et décidé de l’imposer au peuple par tous les moyens par un simulacre d’élection, les six candidats se sont retirés pour continuer individuellement leur combat pour une Algérie nouvelle. Pour ma part, j’ai créé un parti politique, Wafa, que le pouvoir a refusé d’agréer en violation flagrante de la Constitution. Le 13 novembre 2000, la police envahit le siège de ce parti sans mandat de perquisition, confisque documents et matériel, malmène et arrête le secrétaire général, le retient jusqu’à l’aube au commissariat central de police et appose les scellés.

Il m’était impossible de trouver une salle pour tenir une conférence de presse afin de répondre à cette injustice. Tous les dirigeants des partis politiques agréés sollicités, pourtant proches de notre ligne, ont refusé, par peur de la réaction du pouvoir, de nous prêter une salle pour deux heures, le temps de réagir devant la presse. Seul Aït Ahmed a mis à notre disposition le siège du FFS pour deux jours, matériel et personnel administratif compris, et c’est là, grâce à lui, que j’ai pu reprendre contact avec l’opinion publique, en présence d’une trentaine de personnalités politiques dont certaines étaient encore indésirables auprès de la direction du FFS.

Aujourd’hui, si l’Algérie perd un combattant infatigable et un militant exemplaire en la personne de Hocine Aït Ahmed, je perds un ami et un frère. Je prie le Seigneur des mondes de lui accorder Sa Miséricorde et je m’associe au deuil de son épouse et de ses enfants. De même que je partage la douleur des dirigeants et des militants du FFS et de notre peuple, car Aït Ahmed appartient à l’ensemble de l’Algérie. Lire la suite

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Les autres combats permanents de Hocine Aït Ahmed

Publié le 27/12/2015, par dans Non classé.

L’homme de Bandung, un Maghrébin et même au-delà, était de tout temps au-devant des combats des peuples pour leur autodétermination.
Pour un Maghreb démocratique.» C’est ainsi que Hocine Aït Ahmed concluait chacune de ses interventions politiques. Le très charismatique leader historique a de tout temps associé son combat pour la Libération nationale à celui de l’émancipation d’un grand Maghreb et à l’avènement d’une Afrique du Nord démocratique. Le rêve maghrébin était chevillé à son long combat. Forgé par la solidarité agissante des mouvements de libération nationale dans leurs épreuves les plus dures, l’esprit maghrébin exprimé de manière forte à la faveur de la grande conférence de Tanger, en avril 1958.

« Nous, les représentants des mouvements de libération nationale de Tunisie, d’Algérie et du Maroc, proclamons solennellement notre foi en l’unité du Maghreb et notre volonté de la réaliser dès que les conditions s’y prêteront, c’est-à-dire quand les forces françaises et étrangères auront évacué leurs bases de Tunisie et au Maroc et quand l’Algérie sera devenue indépendante», proclamait la conférence maghrébine de Tanger. Jusqu’au bout, Hocine Aït Ahmed s’est réclamé l’héritier du projet des Tunisiens Ahmed Tlili et Abdelhamid Chaker, des Algériens Ferhat Abbas et Abdelhamid Mehri, des Marocains Mehdi Ben Barka et Abderrahim Bouabid.

D’ailleurs, au 40e jour de la disparition du leader marocain Abderahim Bouabid, en février 1992, Hocine Aït Ahmed avait réaffirmé avec force son attachement à l’émergence d’une intégration régionale sur des bases démocratiques. « Je renouvelle ici mon serment à l’édification d’un Maghreb démocratique. On ne touchera pas à l’espérance démocratique que porte le grand Maghreb. De Tanger à Benghazi, de Nouakchott à Illizi, un seul peuple», clamait-il.

La présence du leader marocain Abderrahmane Youssoufi à Alger pour saluer la mémoire de son camarade était un témoignage sincère de cette conviction commune pour un espace maghrébin émancipé. Pour la petite et la grande histoire, Youssoufi avait été envoyé par Bouabid pour défendre Hocine Aït Ahmed devant la Cour révolutionnaire, en 1965. Sa vision du Maghreb était en porte-à-faux avec celle, idéologique, paternaliste et démagogique, voulue par les systèmes autoritaires en place.

« Le socle démocratique du Maghreb»

Débarrassé de la conception nationaliste étroite et hostile, l’engagement pour la construction maghrébine découle aussi d’une conviction qui tire ses racines d’un passé lointain, avant de rencontrer les aspirations contemporaines du combat libérateur. Fidèles à l’esprit de l’Etoile nord-africaine, Aït Ahmed et son ami Abdelhamid Mehri ainsi que beaucoup de militants du Mouvement national se sont toujours vu comme des Maghrébins.

Leurs liens avec les acteurs du Mouvement national en Tunisie et au Maroc étaient étroitement confondus. « Les deux hommes (Aït Ahmed et Mehri) ont été naturellement du même bord après Octobre 1988, leur culture politique et leur vision maghrébine ne pouvaient que favoriser cette grande complicité politique», assure un proche des deux leaders. Il faut dire aussi que cette conviction maghrébine n’était seulement pas tournée vers le passé, mais résolument inscrite dans une perspective d’avenir, renouvelée à l’aune d’une mondialisation rampante.

Hocine Aït Ahmed luttait pour un ensemble maghrébin politiquement et économiquement intégré, fondé sur le socle de la démocratie, pour pouvoir tirer son épingle du jeu géostratégique internationale. « La mondialisation est déjà là, elle s’impose à tous et nous envahit de toutes parts. Elle comporte d’indéniables aspects positifs pour ceux qui savent s’y insérer de manière planifiée et au mieux des intérêts de leur peuple. L’Europe est partie prenante de la mondialisation car, au préalable, elle a réussi une unification fondée sur un socle démocratique partagé.

C’est ce qui fait sa force et lui permet de sauvegarder son identité et ses capacités compétitives dans tous les domaines. En revanche, l’intégration séparée des pays maghrébins hypothèque leurs intérêts et leur souveraineté. On ne saurait évaluer les conséquences fâcheuses de l’échec de la construction maghrébine.

Les options bureaucratiques et les conceptions étriquées du nationalisme ont stérilisé les nombreuses tentatives d’intégration régionale au Maghreb. Pis, elles ont créé un état de tension permanent, incompatible avec la coopération et le développement. Il est déjà tard, mais il est encore temps pour relancer la construction maghrébine en changeant de démarche et en édifiant un socle démocratique qui est seul capable de mobiliser les ressources et les énergies pour un développement durable.

Le Maghreb aurait ainsi des atouts et le pouvoir de négocier, au mieux de l’intérêt de ses enfants, son insertion dans ce monde nouveau qui s’installe», affirmait-il début 2000. Le grand Maghreb était un des étendards de ce grand Maghrébin — aux multiples combats — qu’il arborait sut toutes les tribunes. « Une partie importante de nos élites a déjà déserté la bataille collective pour un Maghreb fort, démocratique et uni dans la conquête de ses intérêts. Ce n’est pas nouveau dans notre histoire.

Ce qui serait nouveau serait de réussir à repousser nos atavismes meurtriers, nos égoïsmes plus tribaux que nationaux et cette sorte de fatalisme qui nous pousse à accepter le pire quand le mieux nous semble trop lourd à porter», disait-il encore quelques années avant sa disparition. Ainsi était aussi l’homme de Bandung, un Maghrébin et même au-delà. Il était de tout temps au-devant des combats des peuples pour leur autodétermination.

Un fervent défenseur de la cause palestinienne, un pourfendeur du système de l’apartheid. Il était d’un soutien sans faille pour les peuples en lutte pour leur émancipation. Il fut une militant permanent qui, même dans l’adversité, ne cédait jamais sur ses convictions et ses principes. Sa place est désormais au panthéon de l’histoire nationale algérienne, mais aussi maghrébine. Lire la suite

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Intenses préparatifs pour le dernier hommage

Publié le 27/12/2015, par dans Non classé.

Des comités d’organisation sont mis en place à l’initiative des villageois pour notamment faciliter l’accès des foules attendues à Aïn El Hammam, lieu de l’enterrement. Les sections locales du FFS, les élus et le mouvement associatif sont mis à contribution pour réussir des « funérailles populaires» à la hauteur du grand leader.
Les préparatifs des funérailles du révolutionnaire et fondateur du FFS, Hocine Aït Ahmed, décédé mercredi dernier, se déroulent dans un climat caractérisé par une grande mobilisation en Kabylie. La population compte ainsi réserver au défunt des obsèques grandioses et historiques. D’ailleurs, à Ath Ahmed, commune d’Aït Yahia (Aïn El Hammam), à 45 kilomètres de Tizi Ouzou, les villageois continuent d’accueillir les citoyens qui affluent vers le mausolée de Cheikh Mohand Oulhocine pour présenter leurs condoléances aux membres la famille de Si El Hocine.

Solidarité villageoise

Un habitant du village en question, joint au téléphone hier en fin d’après-midi, nous a expliqué qu’un comité d’organisation des obsèques de l’ancien président du vieux parti de l’opposition a été mis en place pour justement entamer toutes les tâches inhérentes à cet événement. « Nous avons installé un comité de préparation afin d’organiser l’enterrement de Dda L’Hocine.

Nous sommes en train de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter au village d’être inaccessible le jour des funérailles. Nous avons pensé à réserver des lieux de stationnement à l’entrée du village et mettre à la disposition des citoyens des bus qui assureront des navettes», nous a expliqué un autre villageois qui nous a relaté un peu l’ambiance des préparatifs qui se poursuivent dans la communion et la solidarité des habitants de plusieurs bourgades de la commune d’Aït Yahia.

Notre interlocuteur nous a fait savoir aussi que la dépouille du défunt sera exposée, vendredi, avant sa mise en terre, dans un stade afin de contenir le flux de citoyens qui va déferler sur les ruelles étroites d’Ath Ahmed pour rendre un ultime hommage au chef historique disparu. « Des dizaines de milliers de personnes sont attendues pour accompagner ce symbole à sa dernière demeure. On parle même de la venue du Premier ministre Abdelmalek Sellal.

Donc, il faut tout préparer afin qu’on ne soit pas débordé le jour des obsèques. C’est un devoir pour nous de rendre un hommage historique à Si L’Hocine qui a souhaité, de son vivant, être enterré dans son village. Il faut être à la hauteur de lui organiser des funérailles populaires nationales car il était un grand homme de conviction qui a combattu toute sa vie pour une Algérie libre. Il va être inhumé dans la dignité près des siens», nous-a-t-il ajouté. Du côté du FFS, c’est aussi le branle-bas de combat pour la préparation de l’enterrement du père fondateur du parti.

La fédération de Tizi Ouzou, un point de convergence

Les structures communales du vieux parti de l’opposition sont ainsi mobilisées pour orienter les gens et les informer du déroulement des obsèques du regretté. Des registres sont mis à la disposition de tous ceux qui veulent présenter leurs condoléances à la famille de Hocine Aït Ahmed. Au siège du FFS, au centre-ville de Tizi Ouzou, les lieux ne désemplissent pas ; des représentants de partis politiques, d’associations, de syndicats, des personnalités locales, des membres de la coordination des zaouias de la Kabylie ainsi que des anonymes, tous convergent vers ce lieu. Nous avons également trouvé des anciens militants de 1963 qui livraient des témoignages émouvants sur la vie et le parcours de Si L’Hocine. Lounis Mehala, ancien maire FFS à Timizart, nous a fait revisiter la vie du défunt qu’il considère comme une légende.

« Aït Ahmed est une personnalité de dimension internationale. C’est un géant qui a beaucoup travaillé pour la décolonisation des pays du tiers-monde. C’est un illustre homme que j’ai eu la chance et l’honneur de côtoyer», nous a-t-il raconté. Ali Tiffour, un autre ancien militant, estime que la mort d’Aït Ahmed a endeuillé toute l’Algérie car, a-t-il-ajouté, « il s’agit du décès de l’un des grands hommes qui ont organisé la Révolution et milité pour l’instauration d’un Etat de droit, de la démocratie et de la justice sociale dans notre pays. Il faut perpétuer son combat.»

Youcef Sahli, membre du conseil national du FFS, nous a expliqué, de son côté, que les préparatifs de l’enterrement de Si El Hocine enregistrent l’adhésion massive des comités de villages, du mouvement associatif et des élus locaux. « La section communale d’Aït Yahia et celle de Aïn El Hammam sont sur place pour préparer les lieux avec les membres du comité du village d’Ath Ahmed.

Nous avons mis sur pied des commissions au niveau de la fédération qui se chargeront, entre autres, de la logistique, du transport et de la communication», nous a-t-il confié tout en précisant que les moyens de transport pour acheminer les citoyens vers le lieu de l’enterrement seront assurés par les structures communales du parti en coordination avec la fédération.

« Les gens qui vont venir des autres wilayas seront accueillis par les organisateurs à Tizi Ouzou pour être transportés, via les moyens qu’on va mettre à leur disposition, vers le village. Nous avons mobilisé tous nos cadres, élus et militants pour assurer à notre chef historique de grandioses funérailles populaires nationales», nous a ajouté M. Sahli. Par ailleurs, notons que même en dehors du chef-lieu de wilaya,
les préparatifs de l’événement vont bon train, notamment à Tigzirt, Azazga, Larbaâ Nath Irathen et Beni Douala. Lire la suite

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Fausses promesses et renoncements

Publié le 27/12/2015, par dans Non classé.

L’agriculture, que ce soit à Annaba ou ailleurs en Algérie, va mal. Elle peine à sortir de sa torpeur. Les stratégies, plans ou mécanismes mis en place pour faire de ce secteur le moteur de développement économique se sont, à chaque fois, heurtés à l’inertie des pouvoirs publics.
Les pouvoirs publics semblent se complaire dans des discours où se mêlent tergiversations, atermoiements, fausses promesses et vrais renoncements. En témoignent, pour ne citer que ceux-là, deux projets déterminants pour le secteur agricole que Annaba, forte d’un foncier s’étalant sur 58 000 ha, attend depuis une vingtaine d’années. Lesquels ? Une dizaine de retenues collinaires d’une capacité de 30 000 à 500 000 m3/unité et trois barrages moyens pouvant fournir jusqu’à un million de mètres cubes d’eau.

Ce ne sont pas les potentialités hydriques qui font défaut dans cette wilaya où, paradoxalement, la problématique, fort contraignante, des ouvrages hydrauliques s’est traduite par la contraction des périmètres irrigués. « On est en train de tuer petit à petit le travail de la terre, et personne ne semble s’en soucier», déplore Yazid Mohamedi, secrétaire général de la Chambre d’agriculture de Annaba (CAA).

Avec seulement 83 retenues collinaires — pour la plupart en état de dégradation — les quelques 5300 agriculteurs, affiliés à la CCA, se retrouvent enlisés dans de sérieuses difficultés à satisfaire les besoins en eau des 45 177 hectares de superficie agricole utile (SAU) qu’ils exploitent. Résultat : sur plus de 45 000 ha, les terres cultivées en irrigué sont de moins de 5000 ha. C’est pourquoi « nous attendons des pouvoirs publics des mesures concrètes et des orientations politiques fortes pour redonner des perspectives d’avenir à long terme», espère M. Mohamedi.

D’autant que, renchérit-il non sans une pointe de scepticisme quant à l’atteinte d’un tel objectif, « dévissement continu des cours du baril oblige dans la stratégie gouvernementale version 2015, l’on ambitionne de faire de l’agriculture un levier majeur de la croissance économique». Et pour cause, « dans notre pays, les déclarations politiques se font au gré de la conjoncture. A chaque visite d’un ministre de l’Agriculture à Annaba, on jure par tous les dieux que le problème de l’irrigation sera pris en charge de manière définitive. Puis, plus rien. Notre wilaya demeure l’une des plus pauvres en matière de cultures en irrigué», se désole-t-il.

Pour étayer ses dires, il se réfère à l’exemple de l’immense plaine d’El Karma qui, avec ses centaines d’hectares, devait changer de vocation pour se spécialiser, dès 2008, dans les cultures en irrigué avec comme source d’alimentation en eau les barrages Bounamoussa ou de Bouhamdane. Bien des années ont passé et « rien n’a été fait», regrette-t-il. Idem pour les petites et moyennes exploitations que les travailleurs de la terre n’arrivent pas à rentabiliser faute de moyens d’irrigation, poussant nombre d’entre eux à jeter leur dévolu sur les cultures en sec comme le tabac, les céréales et le melon.

Un autre projet non moins important n’aurait lui aussi jamais vu le jour, relèvent, pour leur part, des gérants d’exploitation agricole collective (EAC) rencontrés à la CAA : pour aboutir à une plus grande variété de cultures, il était également question de renforcer de près de 4000 ha les surfaces irriguées de quatre autres zones : la Grande Plaine non loin du lac Fetzara (18600 ha) ; les plaines d’El Hadjar (7000 ha) ; celles de oued El Aneb, 2000 ha de riches terres limoneuses ; enfin de la petite plaine de Kharraza, qui s’étire entre le piémont de l’Edough et le massif de Boukhadra, énumèrent-ils.

Les richesses hydriques naturelles, estimées à plus de 14 millions de mètres cubes, étaient en mesure de propulser les terres de la wilaya de Annaba dans la catégorie des zones à haute valeur agricole. Malheureusement, la situation est restée telle quelle, les surfaces irriguées n’ayant pas évolué d’un iota. Elles n’arrivent pas à franchir le seuil des 5000 ha, essentiellement approvisionnées par le barrage Bounamoussa, les 83 vieilles retenues collinaires et les 9 oueds/filets d’eau, totalisant respectivement 5, 2,5 et 3,5 millions de mètres cubes.

Aussi, se remémorent ces adhérents de la CAA, il y a une dizaine d’années, les fellahs avaient vu en le projet Sirma une lueur d’espoir d’un inversement de la tendance : avec le Maroc et la Tunisie, l’Algérie s’était engagée dans ce projet fédérateur initié en 2005, avec pour finalité d’appuyer les trois pays dans la mise au point de nouveaux systèmes d’irrigation modernes, susceptibles de garantir une utilisation rationnelle des ressources hydriques destinées au secteur agricole. Où en est-on une décennie après de ce projet, financé à hauteur de 2 millions d’euros par la France dans le cadre du Fonds de solidarité prioritaire ?

L’on n’en saura rien puisque le président de la CAA et le DSA étaient, dit-on, en déplacement à Guelma pour assister à la rencontre sur la filière de la tomate industrielle organisée par le groupe Benamor. Mais à en croire les mêmes représentants d’EAC, rien de positif n’a filtré à ce sujet. « On a beaucoup attendu de ce projet car les trois pays s’étaient engagés à développer la recherche dans la production de méthodologies et d’outils de gestion de l’eau pour accompagner les mutations dans les systèmes d’irrigation», déplorent-ils.

En revanche, ont-ils souligné, « nos voisins de l’est et de l’ouest en ont profité. De nouveaux systèmes d’irrigation, dont le goutte-à-goutte, y sont en plein essor. Ce qui n’est malheureusement pas le cas dans notre pays. Rares, très rares sont les grands projets agricoles structurants qui ont été menés à leur terme». La course à l’autosuffisance pour dépêtrer le pays du statut d’éternel assisté alimentaire ne serait-elle donc pas perdue d’avance ? Lire la suite

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EN Olympique : De Moscou 1980… à Rio 2016

Publié le 27/12/2015, par dans Non classé.

Un retour inespéré du football algérien aux JO, après l’unique participation qui remonte à l’été 1980 à Moscou.
La sélection nationale olympique de football, après 36 ans de disette et d’absence au plus grand événement sportif de la planète, retrouvera les Jeux olympiques l’été prochain, à l’occasion des JO de Rio de Janeiro au Brésil. Le mérite à une jeune sélection formée de jeunes et prometteurs talents du cru qui, sous la houlette d’un technicien helvétique, Pierre-André Shurmann, dont la touche est indéniable, a réussi à décrocher l’un des trois billets aux prochains JO, suite à cette 2e place acquise lors de la 2e édition de la CAN U-23, disputée du 28 novembre au 12 décembre dernier à Dakar (Sénégal).

Un retour salutaire et inespéré du football algérien aux Jeux olympiques après une seule et unique participation qui remonte à l’été 1980 à Moscou, capitale de l’Union soviétique à l’époque. La sélection nationale, avec de jeunes talentueux joueurs que sont les Ferhat, Chenine,
Ferhani et autres Meziani et Benguit, a réussi à déjouer tous les pronostics en se hissant d’abord au second tour de cette CAN-2015 aux dépens de favoris comme l’Egypte, le Mali et le Nigeria, avant de retrouver face à ces mêmes Nigérians en finale de cette CAN, perdue sur le fil, mais avec tous les honneurs.

Il faut dire qu’avant le début de ce tournoi qualificatif aux JO, les Verts, sous la conduite de Schurmann, étaient loin d’être favoris pour décrocher l’une des 3 places représentatives de l’Afrique aux Jeux olympiques de Rio. Une équipe montée dans la précipitation une année seulement avant le tournoi africain, après avoir été mise en veilleuse en décembre 2011, suite à l’élimination de la sélection de l’époque sous la conduite de Azzedine Aït Djoudi dès le premier tour, alors qu’elle avait tous les atouts pour aller aux JO-2012 de Londres.

Une équipe de conjoncture, à laquelle Pierre-André Schurmann a réussi à donner une âme après une année et demie de travail malgré les critiques et autres contraintes. Le billet des JO désormais en poche, le sélectionneur suisse a désormais sept mois devant lui pour se préparer au tournoi planétaire en renforçant son effectif par quelques nouveaux joueurs, notamment par trois internationaux de la sélection A, comme l’autorisent les règlements du Comité olympique international (CIO), et définir un objectif pour ces JO, qui sera en premier lieu d’honorer le football algérien à Rio de Janeiro, et pourquoi pas faire mieux que la génération de Moscou 1980, où les Madjer et Belloumi ont réussi à atteindre les quarts de finale du tournoi olympique.
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Dopage : Le phénomène qui a ébranlé le sport national en 2015

Publié le 27/12/2015, par dans Non classé.

Le sport national n’a pas connu que des exploits et des performances en cette année 2015. Celle-ci a été ternie par le phénomène du dopage qui touche désormais plusieurs disciplines.
Le premier cas enregistré cette année a été celui du lutteur Abdelkrim Ouakali, contrôlé positif lors du championnat national, en février. L’athlète algérien a été contrôlé positif à une substance interdite (le furosémide), mais son cas n’a pas été médiatisé. Un mois plus tard, le scandale est tombé tel un couperet : le cycliste Hicham Chaâbane est contrôlé positif à deux substances interdites, lors du Tour d’Algérie de cyclisme : l’érythropoïétine (EPO) et la méthylprédnisolone (glucocorticoïde) ; il a été dépossédé de son titre de vainqueur du Tour.

Ce fut la tache noire de ce Tour, réussi par les organisateurs. Telle une onde de choc, le phénomène s’est propagé à d’autres disciplines, notamment le football où plusieurs joueurs ont été signalés, notamment le meneur de jeu de l’USM Alger, Youcef Belaïli, contrôlé positif a une substance interdite lors du match de la Ligue des champions d’Afrique face au MC El Eulma, au mois d’août dernier. Le joueur a été doublement sanctionné par la CAF et la FAF et interdit de toute compétition pendant huit ans. Son équipe, l’USMA, se retrouvait orpheline de son prodige, mais a réussi à atteindre la finale qu’elle a perdue face au TP Mazembe.

Un autre sportif a été également contrôlé positif à une substance interdite. Il s’agit du joueur du RC Arbaâ, Rafik Boussaïd, lequel a été suspendu quatre ans selon les règlements de la FIFA. Le joueur a déclaré avoir pris cette substance sur autorisation du médecin pour soigner une angine aiguë. Pour sa part, Naoufel Ghassiri (JSM Skikda) a été signalé et risque la même suspension. Tout comme d’autres, attrapés récemment, évoluant dans les divisions inférieures. C’est dire que le phénomène du dopage n’est pas uniquement propre au football professionnel qui exige plus d’efforts physiques.

Le phénomène a pris de l’ampleur, ce qui a fait réagir les instances footballistiques et le MJS qui ont lancé une compagne de sensibilisation pour éradiquer ce fléau nuisible à la santé des athlètes et à l’image du sport national. A travers le dernier décret ministériel 13-05 sur le sport, des lois ont été promulguées pour combattre ce fléau et punir sévèrement les auteurs à l’origine du dopage dans le sport national. La FIFA et le CIO ont également publié récemment une note pour sensibiliser les sportifs sur les dangers du dopage. Lire la suite

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