formats

L’Académie : Des missions et des interrogations

Publié le 15/03/2016, par dans Non classé.

L’Académie de langue amazighe, instituée par la nouvelle Constitution, suscite des interrogations sur sa composante, ses missions et ses objectifs.
L’article 3 bis de la Constitution stipule que « l’Académie, qui s’appuie sur les travaux des experts, est chargée de réunir les conditions de promotion de tamazight en vue de concrétiser, à terme, son statut de langue officielle». L’officialisation de tamazight n’est donc pas effective. Elle le sera « à terme», une fois que la future Académie aura balisé le terrain et fini de la « réguler» pour « la rendre capable de traiter les arts et les sciences».

C’est là la fonction principale qui lui est assigné en tant que « dispositif de recherche scientifique», selon la présentation qu’en fait le HCA. Le rôle scientifique de l’Académie se résumera à « recueillir, sauvegarder, codifier la langue et la fixer pour en faire un patrimoine commun à tous les Algériens et à tous ceux qui pratiquent cette langue», comme elle aura à « définir les usages en déterminant convenablement les notions et les valeurs dont les mots sont porteurs».

L’unification voulue de la langue devra se réaliser sur les plans grammatical et orthographique et aboutira à la confection d’un dictionnaire général de tamazight. Au HCA, on parle d' »un langage intermédiaire, qui soit compréhensible par tous ceux qui l’adoptent comme langue commune». Il sera aussi assigné à la future Académie la mission de promouvoir la langue amazighe par le moyen de « prix, bourses d’étude, publication, traduction», ce qui chevauchera avec les missions du HCA qui s’investit dans ces aspects.

Selon Si El Hachemi Assad, la composante de cette Académie doit répondre à trois conditions. En plus de la nationalité algérienne et de l’érudition dans la langue, le futur académicien doit être « spécialiste dans un des domaines de l’amazighité» et « avoir une compétence avérée à travers des études ou des recherches publiées dans des revues scientifiques spécialisées nationales ou internationales». D’autres considérations d’affinités et d’accointances risquent de peser dans la désignation de la composante de la future Académie, qui est « placée auprès du président de la République» en vertu de l’article 3 bis de la nouvelle Constitution. Lire la suite

formats

La langue amazighe attend un statut officiel réel

Publié le 15/03/2016, par dans Non classé.

La discrimination est toujours de rigueur dans la prise en charge, la promotion et le développement des deux langues « nationales et officielles».
Tamazight, dans ses dimensions linguistique, culturelle et identitaire, demeure prisonnière des discours ambivalents du pouvoir politique en dépit de son « officialisation» contenue dans la Constitution de 2016. De la proclamation : « Nous sommes arabes» du président Ben Bella en 1962, en passant par le qualificatif de « racistes et séparatistes» de Boumediène dans les années 1970 attribué aux militants de la cause et le « jamais langue nationale et officielle» de Bouteflika en 1999, la cause berbère a rencontré maints obstacles. Un long chemin est encore à parcourir pour avoir un statut digne de son histoire et des aspirations de ses locuteurs.

La Constitution de 2016 est claire : l’officialisation de tamazight est tributaire d’une « académie» qui reste à créer et dont les jalons sont déjà posés de travers : quels caractères de transcription ? Une question qui d’ores et déjà divise les « experts» pour des raisons bassement idéologiques. Le constat dressé par les enseignants, les avocats et les juristes est accablant : tamazight n’a toujours pas un véritable statut officiel en Algérie.

Facultative dans le secteur de l’enseignement, la langue peine à trouver la place qui lui sied dans les institutions de la République. Le Pr Abdelkader Kacher, enseignant-chercheur en droit explique : « Pour asseoir la généralisation du caractère obligatoire et du statut juridique contraignant de l’arabe, le législateur n’a pas hésité à lui promulguer une loi spécifique en 1991, la loi 91-05 du 16 janvier 1991, JO n°03 du 16 janvier 1991, un ensemble décret législatif n°92-02 du 4 juillet 1992, et un décret présidentiel n°92-303 du 4 juillet 1992, JO 54 du 15 juillet 1992 et l’ordonnance n°96-30.

Une batterie d’autres textes consolidant ces deux facteurs, obligatoires et contraignants, est édictée à l’instar des lois portant organisation de l’éducation et de la formation de 1976, dont l’article 8, dans sa version initiale, exclut l’existence d’une seconde langue pour tous les Algériennes et Algériens et s’en tient qu’à l’unique langue considérée comme telle par le régime politique en place et strictement confinée dans le cadre des valeurs arabo-islamiques et de la conscience socialiste que l’on peut lire dans l’article 2 de la même ordonnance.» Le spécialiste en droit explique que l’ordonnance de 1976 dispose que l’enseignement est assuré en langue nationale (au singulier) à tous les niveaux d’éducation et de formation et dans toutes les disciplines.

Elle n’est pas modifiée 40 ans après. Ainsi, souligne-t-on, la discrimination est toujours de rigueur dans la prise en charge, la promotion et le développement des deux langues « nationales et officielles». Le Pr Kacher ajoute : « Pour moi, le projet de loi validé par le Parlement réuni avec ses deux Chambres est une pieuvre à sept têtes, talafsa m’svaa iqerrai, de sorte que le levier de commandement demeure exclusivement détenu par la formulation de l’alinéa 2 de l’article 3.

Cet article qui stipule que l’arabe demeure la langue officielle de l’Etat, nous renseigne encore une fois qu’en réalité et dans les faits de la pratique des institutions de l’Etat que la langue arabe demeure toujours l’unique langue officielle.» Si pour de nombreux militants de la cause, un pas de géant a été franchi dans le sens de la reconnaissance globale, il n’en demeure pas moins que ce patrimoine national et de l’humanité requiert une obligation de prise en charge par l’Etat pour son épanouissement à travers surtout la traduction de et vers tamazight. Eminemment politique, la question amazighe continuera certainement à être portée de manière politique à travers des revendications et des protestations populaires. Lire la suite

formats

La bureaucratie n’est pas une fatalité

Publié le 15/03/2016, par dans Non classé.

Plus de fatalité. Les citoyens ne souffrent plus de la bureaucratie. La décision d’alléger les procédures de délivrance des passeports biométriques et des cartes nationales d’identité et d’en confier la tâche aux APC a été bien accueillie.
Les délais ont été réduits et il est possible au demandeur de suivre en temps réel le cheminement de son dossier grâce à un site lancé par le ministère de l’Intérieur. A Dar El Beïda, les couloirs de la daïra, habituellement grouillants de monde, sont presque vides. Accueillant quotidiennement des centaines de citoyens de toutes les communes de la partie ouest d’Alger, les agents, constamment renfrognés, chôment. Depuis la décentralisation des différents services publics dans les APC, la tension a baissé. Plus de demande d’intervention ni même d’accusation de corruption à l’encontre des agents. « On nous traitait comme des bêtes.

Les préposés au guichet étaient désagréables. Les délais étaient extensibles. J’ai attendu plus de trois mois pour me faire délivrer mon passeport. Là, c’est différent. Finalement, il est facile de ne pas être bureaucrate et de ne pas compliquer la vie des gens», se réjouit un quinquagénaire qui accompagne une parente. Désormais, l’attente pour la délivrance des passeports biométriques ou des cartes d’identité à l’APC de Dar El Beïda ne dépasse pas une semaine. « On reçoit jusqu’à 80 demandes par jour. Il arrive que nos agents récupèrent le passeport déposé dimanche le mardi ou au plus tard jeudi. Nous nous occupons du service des cartes grises.

La confection des permis de conduire, qui nous sera aussi confiée, sera prise en charge avec la même célérité», signale le président de l’APC, Lies Gamgani. Même effort à l’APC d’Alger-Centre, où des salles ont été aménagées pour l’accueil des demandeurs qui jouaient auparavant des coudes dans les locaux exigus de la daïra et de son annexe. Sept agents répartis en trois brigades sont chargés de l’enrôlement (empreintes et photos). « Nous sommes seuls à disposer d’un ‘‘tableau de bord » qui réduit considérablement le temps d’attente.

L’autre avantage c’est que nous disposons d’une équipe pleine d’abnégation qui travaille en continu du matin jusqu’au soir et sans la pause de midi. Nos agents restent jusqu’à 20h pour prendre en charge les bacheliers», précise Abdelhakim Bettache, président de l’APC d’Alger-Centre. La décision de délivrer des cartes d’identité biométriques a mis à rude épreuve les APC.

Disposant de gros moyens, l’APC de Dar El Beïda a mis à la disposition des bacheliers des agents pour récupérer les dossiers dans les trois lycées. « Nous avons 1300 bacheliers répartis dans trois lycées. Nous avons pu récupérer 1200 dossiers. Nous allons en récupérer aujourd’hui (hier, ndlr) 60 autres. Nos agents se rendent dans les lycées pour s’occuper des retardataires. Si les lycéens disposent déjà d’un passeport, il ne leur sera pas demandé de déposer un nouveau dossier pour l’enrôlement», ajoute l’élu, qui explique que la page facebook « régulièrement alimentée par de nouveaux posts» permet d’informer les citoyens. Lire la suite

formats

Initiative «5+5 Défense» : L’Algérie assurera la présidence tournante pour 2016

Publié le 15/03/2016, par dans Non classé.

L’Algérie assurera la présidence tournante de l’initiative « 5+5 Défense» pour 2016, conformément à la déclaration d’intention signée à Paris en décembre 2004 par les ministres de la Défense des dix pays membres, ainsi que leur déclaration conjointe signée à Tunis en décembre 2015, a indiqué hier un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN).
« L’Algérie, membre de l’initiative 5+5 Défense, a la charge, en 2016, d’assurer la présidence tournante de ce forum de coopération multilatérale sur les questions de sécurité en Méditerranée occidentale, et ce, conformément à la déclaration d’intention signée à Paris le 21 décembre 2004 par les ministres de la Défense des dix pays membres, ainsi que leur déclaration conjointe signée à Tunis le 10 décembre 2015», précise la même source.

« Dans le cadre et aux termes du plan d’action de l’année en cours, notre pays prévoit d’accueillir, en décembre 2016, la 12e réunion des ministres de la Défense, la 8e réunion des chefs d’état-major des armées en octobre 2016 et les 22e et 23e réunions du comité directeur de l’initiative en mars et novembre 2016», note le communiqué, ajoutant que « cinq activités couvrant les différents domaines de coopération sont également inscrites dans notre agenda».

La présidence algérienne de l’Initiative 5+5 Défense débutera par la tenue à Alger de la 22e réunion du comité directeur, aujourd’hui et demain, avec pour objectif de « déterminer les activités prioritaires à exécuter au titre du plan d’action 2016», « convenir du programme des activités de coopération pour l’année 2017», « discuter des projets engagés et en cours de maturation au sein de l’initiative», précise la même source.

Dans l’ordre du jour de cette rencontre figurent également « la présentation d’un exercice de surveillance maritime Sea border-16, un exercice virtuel sur l’emploi des moyens aériens lors d’une catastrophe naturelle, des travaux du collège 5+5 Défense et les perspectives de formation jusqu’à 2020, l’étude du pôle de recherche du Centre euromaghrébin de recherche et d’études stratégiques (CEMRES)». Lire la suite

formats

Gouraya : Un dangereux terroriste éliminé

Publié le 15/03/2016, par dans Non classé.

Dans la soirée de dimanche à lundi, à 21h45, les forces de l’ANP, suite à l’exploitation d’une information, ont éliminé un dangereux terroriste, au niveau des maquis du sud de l’agglomération rurale de Oued Sebt (Gouraya).
A l’issue de cette opération, qui s’est déroulée dans les massifs boisés de la zone de l’oued Sidi M’hand Aklouche et Ghilassène, les éléments de l’ANP ont récupéré un lot de munitions, une arme à feu type kalachnikov, une grenade, une paire de jumelles et des téléphones portables.
Le criminel a été identifié. Il s’agit de Mouloud B. dénommé El Moundhir. Le cadavre du terroriste a été transféré à la morgue de l’EPH de Gouraya. Lire la suite

formats

Enseignement de tamazight : 90% des élèves concentrés en Kabylie

Publié le 15/03/2016, par dans Non classé.

« Il n’ y a pas de volonté politique pour la généralisation de tamazight en dépit des assurances des pouvoirs publics.»
Deux décennies après son introduction dans le système éducatif, l’enseignement de la langue amazighe connaît une régression remarquable. Son caractère facultatif freine considérablement son expansion, s’accordent à dire les spécialistes. Conséquence : des seize wilayas pionnières en 1995-1998, il n’en reste que six où elle est enseignée aujourd’hui et seules Tizi Ouzou et Béjaïa connaissent une hausse constante des effectifs. A la rentrée scolaire 1995/1996, à travers les 16 wilayas, il y avait 37 690 élèves encadrés par 233 enseignants.

En 2010/2011, ils étaient au nombre de 214 442 élèves (pour les trois paliers) et 1265 enseignants, selon Ahmed Tessa, cadre au ministère de l’Education nationale. « Depuis, les chiffres ont fondu dans 13 wilayas», constate ce pédagogue, écrivain et ancien membre du HCA dans une tribune publiée dans la presse en mai 2015. Qu’en pensent les enseignants ? « Il n’y a pas de volonté politique pour la généralisation de tamazight en dépit des assurances des pouvoirs publics.» La phrase revient tel un leitmotiv dans leurs réponses.

Saïd Boukhari, militant de la cause amazighe, ayant enseigné tamazight clandestinement au lycée de Tigzirt dans les années 1980, a un autre avis : « Parler de l’enseignement de tamazight est déjà un grand pas en soi. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est la comparer aux autres langues enseignées dans le système éducatif. Tamazight a subi une exclusion de l’enseignement, des moyens de communication et de l’administration. Pis encore, ses militants et ses locuteurs ont été emprisonnés.

Le peu de scientifiques qui se sont consacrés l’ont fait dans la clandestinité et parfois à l’étranger. On parle de régression de territoire occupé par l’enseignement de tamazight. Moi, je dis non. Nous sommes dans une phase de promotion et de développement qui doit prendre le temps nécessaire avec une politique linguistique claire et définie. Il s’agit aussi de fixer des objectifs à moyen et long termes. Faire des constats, aujourd’hui, est aléatoire.

Ce n’est qu’avec la venue de Mme Benghebrit qu’on sent qu’il y a une volonté de la généraliser, de mettre les moyens nécessaires et de décomplexer un encadrement islamo-baâthiste qui a une haine viscérale pour la langue et l’identité amazighes.» Abdellah Arkoub, inspecteur de tamazight depuis 2009, évoque les contradictions entre les lois relatives à tamazight et leur application sur le terrain : « La loi d’orientation sur l’éducation nationale du 23 janvier 2008 stipule clairement que l’Algérien devra pouvoir apprendre cette langue nationale.

L’Etat devra mettre en œuvre tous les moyens humains, matériels et organisationnels afin d’être en mesure de répondre progressivement à la demande, partout où elle s’exprime sur le territoire national. On reconnaît que tamazight est langue maternelle, mais elle est classée troisième à l’école après l’arabe et le français. On dit aussi qu’elle est une langue nationale à promouvoir, mais les élèves ne l’apprennent qu’à partir de la 4e année primaire, alors que le français est dispensé dès la 3e année.»

En outre, M. Arkoub soutient que tamazight n’est enseignée dans 9 wilayas que dans des classes-pilotes : « Même en Kabylie, son enseignement n’est pas généralisé comme c’est le cas à Béjaïa et Bouira. Et ce n’est certainement pas par manque d’enseignants puisque les quatre départements dédiés à tamazight (Kabylie et Batna) forment chaque année des centaines de licenciés et de titulaires de mastère. Il ne suffit pas de créer un poste budgétaire dans une wilaya quelconque pour dire que tamazight est généralisée. Elle doit être prise en charge de manière effective et efficace. Que cesse le bricolage !»

Les enseignants interrogés sont unanimes à relever la régression de tamazight dans le système éducatif dans certaines régions et son absence totale dans d’autres. Parmi les raisons mises en avant, le nombre restreint de postes budgétaires ouverts par la Fonction publique, le caractère facultatif de cette matière, la qualité de supports pédagogiques et didactiques. Lire la suite

Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair