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Le port de Sidi Fredj à vau-l’eau

Publié le 08/06/2016, par dans Non classé.

Dans la soirée du samedi 28 mai, un incendie s’est déclaré dans une des embarcations du port de plaisance. Bilan : une vingtaine de bateaux consumés par les flammes. Des vedettes et des voiliers ont mis la soirée entière pour se voir réduits en cendres et couler devant les regards effarés et impuissants de leurs propriétaires.
Noyée sous un généreux soleil et balayée par une brise estivale, Alger renoue comme chaque année avec les promesses de beaux jours d’été. Et qui dit Alger en été, dit aussi la seule marina d’Algérie, Sidi Fredj. Jadis lieu de pèlerinage estival, destination phare des amoureux de la mer, il ne reste aujourd’hui de ce lieu historique et festif qu’un vague souvenir d’un vieil Alger qui donnait la juste mesure aux joies balnéaires. La presqu’île la plus célèbre d’Algérie se meurt aujourd’hui dans l’indifférence et l’abandon. Comme un voile de tristesse, la dégradation se jette sur ce haut lieu du tourisme et unique port de plaisance d’un pays qui compte 1600 kilomètres de côte.

Du joyau conçu par l’architecte Fernand Pouillon, il ne subsiste que des bâtisses aux murs enlaidis par l’absence d’entretien et de prise en charge dignes d’un lieu de son histoire et de sa valeur touristique. Difficile de ne pas faire le parallèle entre ce que fut ce lieu il y a à peine deux décennies et ce qu’il est devenu aujourd’hui.

On ne le franchit plus du même pas enthousiaste d’il y a quelques années pour voir de beaux bateaux amarrés au niveau du port de plaisance. On y entre aujourd’hui comme par effraction et avec un étrange sentiment d’inconfort dans cet endroit désormais livré à une petite maffia qui a prospéré durant la décennie noire et a fini par y élire domicile et marchander de tout sans être inquiétée.

L’incendie, un SOS de la marina

Dans la soirée du samedi 28 mai, un incendie s’est déclaré dans une des embarcations du port de plaisance. Bilan : une vingtaine de bateaux partent en flammes. Des vedettes et des voiliers ont eu la soirée entière pour se voir réduits en cendres et couler devant les regards effarés et impuissants de leurs propriétaires.

L’enquête se poursuit pour déterminer les causes du départ des flammes et qui demeurent inconnues à ce jour. Un court-circuit pour certains, un fumigène pour d’autres, ou un anniversaire un peu trop festif dans l’un des bateaux, chacun y va de sa thèse, mais aucune n’est encore confirmée. La certitude est quant à elle totale sur l’absence de moyens de sécurité et d’intervention efficaces et rapides du personnel chargé de la quiétude du port.

Au-delà des résultats de l’enquête et du triste sort qui a touché des embarcations qui ornaient de leur présence le port de plaisance, l’incendie a eu comme l’effet d’un SOS lancé par la marina de Sidi Fredj pour alerter sur ce qu’il est advenu de sa condition. Un cri poussé dans le silence de la nuit par ce joyau pour appeler à l’aide, un rappel qu’Alger ne doit pas tourner le dos à son histoire et ses joyaux. Une semaine après les flammes du samedi soir, nous décidons de nous y rendre et voir de près ce qu’est devenu le port de Sidi Fredj.

La parure est bien là, intacte comme au temps de Pouillon : bâtiments, places, port, jetées et digue, mais l’âme n’y est plus. La fameuse carte postale de la marina algéroise renvoyant de vives et pétillantes couleurs d’un été qui rit n’est plus au rendez-vous. En lieu et place, nous retrouvons un triste décor d’une marina qui perd de jour en jour sa vocation de fenêtre maritime. Le blanc éclatant des murs de jadis a laissé place à l’érosion et à la corrosion. Les bateaux en amarrage ne renvoient pas cette ancienne image de trancheurs de vagues venant goûter au repos après de longs périples en mer. Ils semblent porter le deuil !

La tristesse se lit sur ces coques qui n’ont plus goûté au sel de la mer depuis de très longs mois. Quelques courageux visiteurs semblent résister à l’envie de décrocher avec ce décor de désolation et reviennent toucher du regard au rêve de la plaisance à Alger. Le pavé a quant à lui échappé à l’insalubrité. Un habitué des lieux nous dit qu’il a été nettoyé la veille. « Ce n’était pas arrivé depuis très longtemps», nous affirme-t-il. Hasard ou nettoyage de circonstance ?

Nous vîmes en tout cas un véhicule de l’ambassade de France surgir et stationner au niveau du port. L’ambassadeur, Bernard Emié, descend du véhicule, se dirige vers le lieu de l’incendie, constate les faits, puis s’en va. Une visite bien singulière sur ce lieu où l’histoire liant l’Algérie à la France a commencé. Un groupe de touristes français arrive sur les lieux quelque temps plus tard. Composé visiblement d’anciens pieds-noirs, le groupe de visiteurs d’un âge avancé faisait remonter à la mémoire le souvenir du lieu comme il était avant.

Nous hâtons nos pas pour arriver au niveau du dernier quai du port, lieu de l’incendie. Un petit bateau calciné donne le signe que le feu est passé par là. Des ouvriers s’activent pour nettoyer le quai, construire des niches et installer des poteaux électriques. Ils tentent d’effacer les traces de l’incendie du samedi soir. Ils ne sont toutefois pas arrivés à enlever les épaves des 23 bateaux couchés sous l’eau du bassin d’amarrage. Leurs cendres couvrent le bassin et on arrive même à apercevoir la coque de certains et le mât calciné d’autres.

« J’ai perdu mon bébé»

« Voyez, ce sont mes deux enfants ; celui-là c’est le plus grand et l’autre le petit», nous dit en montrant des débris flottants en surface et en essayant de reconnaître l’épave de son bateau un des propriétaires de bateaux incendiés dans la soirée du samedi 28 mai. L’homme est désemparé et nous lance : « Comment ose-t-on dire que c’est bien fait pour nous ! Que savent-ils de ce que j’ai dû faire pour pouvoir m’offrir ce plaisir de naviguer ?

J’ai trimé et travaillé dur, j’ai préféré m’acheter un bateau Lire la suite

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Le juge prononce l’incompétence territoriale du tribunal d’Oran

Publié le 08/06/2016, par dans Non classé.

Au final, le juge du tribunal d’Oran a cédé à la revendication de la défense, dans l’affaire qui oppose l’écrivain Kamel Daoud au prédicateur salafiste Abdelfatah Hamadache.
En effet, alors que le verdict était attendu hier, contre toute attente, le juge a prononcé l’incompétence territoriale du tribunal d’Oran à statuer sur cette affaire, du fait que Hamadache réside à Alger et non à Oran. Pourtant, l’infraction a été commise dans un espace se voulant « virtuel», à savoir le réseau social facebook, où ce prédicateur islamiste a appelé l’Etat, en décembre 2014, à appliquer la charia contre Kamel Daoud en lui ôtant la vie. Joint par téléphone, l’avocat de Kamel Daoud, Abdelrazek Fodil, nous a déclaré : « Pour être honnête, je m’attendais à tout sauf à ce que le juge prononce l’incompétence territoriale du tribunal d’Oran.

Je considère que c’est un recul de la justice dans cette affaire.» Il faut rappeler, en effet, que l’affaire Daoud-Hamadache a déjà été jugée en première instance, en mars dernier, et l’imam salafiste avait été condamné à 6 mois de prison, dont 3 ferme, et à une amende de 50 000 DA. Le tribunal d’Oran va donc transmettre ce dossier au parquet général d’Alger, à la suite de quoi un tribunal sera désigné pour se charger de cette affaire. En toute logique, ce sera le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger-Centre, qui devrait s’en charger, nous explique-t-on. Lire la suite

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Déni d’appartenance et marché noir de la harga

Publié le 08/06/2016, par dans Non classé.

« En Algérie, aucun Subsaharien reconnu par l’antenne algérienne du HCR ne l’est par le Bureau algérien de protection des réfugiés et apatrides.»
Les traversées migratoires dans l’Algérie contemporaine est le titre d’un ouvrage capital signé Salim Chena, chercheur associé au laboratoire Les Afriques dans le monde (CNRS, Sciences Po Bordeaux). L’ouvrage, qui vient de paraître aux éditions Karthala, à Paris, est tiré, faut-il le souligner, d’une thèse de doctorat en sciences politiques soutenue par l’auteur en 2011 à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

La force et l’originalité de ce livre tiennent au fait qu’il casse la dichotomie (presque discriminatoire) entre « émigrant national» et « immigrant étranger». A ce titre, il explore rigoureusement les modalités migratoires en croisant les mobilités d’origine subsaharienne qui transitent par l’Algérie et les mobilités depuis l’Algérie sur le mode harraga à destination de l’Europe. En outre, Salim Chena (dont on connaît la compétence intellectuelle et la sensibilité empathique et communicative) allie avec élégance langage théorique et épistémologique et matériau empirique.

De fait, pour les besoins de sa thèse, le chercheur a mené des enquêtes ethnographiques très fouillées entre 2008 et 2011 à la rencontre des migrants. Son long périple l’a conduit à Tamanrasset, Alger, Annaba, Sidi Salem, Oran, Aïn Turck, Maghnia, Oujda et Rabat. Il a recueilli à l’occasion les récits de vie de 53 exilés ou candidats à l’exil. Salim Chena part du constat que « les migrations internationales sont habituellement, et trop simplement, expliquées par des facteurs extérieurs à leurs protagonistes.

Les causes ainsi envisagées des mobilités humaines sont multiples : pauvreté, chômage, violences multiformes, crise politique aiguë, conflit armé, crise écologique aux diverses conséquences…» Au-delà de ces mobiles constamment invoqués, Salim Chena insiste sur la nécessité ontologique de « rendre l’exil aux exilés» en récusant farouchement les schémas « essentialistes». Dans les deux premiers chapitres, l’auteur s’attache à déconstruire les représentations médiatiques et l’appareil discursif produits à l’endroit de ce que l’on désigne par les « migrations irrégulières» (ou « clandestines»).

Il relève à ce propos une concordance pointilleuse entre la rhétorique officielle et le traitement médiatique réservé aux migrants, avec, à la clé, une forte propension à la criminalisation et la « sécuritisation» (emprise du discours sécuritaire) à l’égard notamment des demandeurs d’asile subsahariens. « La première étape de cette guerre psychologique faite aux migrants consiste à fonder une opposition irréductible entre ‘eux’ et ‘nous’, donc à les séparer et à les opposer aux ‘autres’ et, in fine, à les instituer comme ‘nos ennemis’ potentiels. Pour cela, il convient d’essentialiser certaines caractéristiques menaçantes attribuées aux exilés, de déshumaniser l’exil comme expérience sociopolitique en créant un exilé mythique et une mythologie de l’exil», dissèque l’universitaire.

Dans les deux chapitres suivants, il est question de « marchandisation» et de « marché noir de l’exil». Le chercheur montre comment les parcours migratoires qui étaient au début autonomes et « artisanaux» ont donné lieu à des filières organisées. Parallèlement, la pression des Etats, notamment sous l’impulsion de l’Union européenne, a poussé à l’émergence de différents acteurs dans les rouages même des institutions, qui vont tirer de gros bénéfices de cette « économie informelle de la mobilité» moyennant le couple « répression-corruption».

Ce business a engendré une forme de « réification objective des exilés par le détournement des premières filières de la migration irrégulière – maîtrisées par les exilés eux-mêmes – dans le sens d’une marchandisation de l’exil ; celle-ci offre, dans le cadre d’une mise en irrégularité des exilés par le droit, des bénéfices secondaires à différents acteurs allant des logeurs (ou bailleurs) aux forces de sécurité en passant par les réseaux de passeurs organisés. Les exilés sont ainsi pris dans un marché captif de la mobilité», observe le chercheur.

Dans le cinquième chapitre intitulé « De l’asile à l’exil : déni de reconnaissance envers les exilés», l’auteur décortique le dispositif de prise en charge des réfugiés en faisant remarquer : « En Algérie, aucun Subsaharien reconnu par l’antenne algérienne du HCR ne l’est par le Bureau algérien de protection des réfugiés et apatrides.» Le chercheur pose la « question du déni de reconnaissance de l’exil comme expérience douloureuse et celle du déni d’appartenance qu’elle induit par la disqualification du discours des exilés».

L’ouvrage est ponctué de témoignages saisissants qui disent la violence de ce bannissement.
Analysant la structure socioéconomique des migrations harraga, le politiste relève : « Tandis qu’au départ la somme à débloquer pour émigrer se partageait aisément entre amis en mettant en commun les diverses ressources de chacun, la hausse des prix des moyens de l’émigration, elle-même causée par la hausse de la demande, a favorisé l’apparition de nouveaux acteurs, les ‘entrepreneurs’. Se sont développés dans les villages maritimes des ateliers clandestins de fabrication de bateaux dont le sérieux laisse parfois à désirer quant à la qualité du produit.»

« No rights land»

L’auteur termine en inscrivant les problématiques migratoires dans une perspective géopolitique où les intérêts des Etats, notamment de la zone Frontex, écrasent tout sur leur passage : « En dernier lieu et en complément d’une approche ‘par le bas’, écrit Salim Chena, il est nécessaire de souligner l’importance de la politique internationale dans la réification des exilés.»

Citant l’attitude de notre gouvernement, il dira : « L’alignement plus tardif d’Alger sur les normes européennes de contrôle des migrations par l’adoption de deux lois en 2008 et 2009 peut se comprendre, d’une part, par sa volonté de rattraper son retard relatif en terme de coopération migratoire avec l’Union européenne et, d’autre part, de couper court aux externalités des mouvements des harraga et des Subsahariens sur et à partir de son territoire.

En effet, le phénomène des harraga donnait à voir la face défavorable d’un régime se vantant de posséder près de 200 milliards de dollars de réserves de change pour financer son développement ; de même, des organisations non gouvernementales, ou encore le département d’Etat américain, mettaient en évidence la situation précaire des exilés subsahariens en Algérie.»

« La chosification des exilés prend alors sa pleine et entière signification politique ; les bénéfices secondaires de la criminalisation des migrations, soit de la production sociopolitique de l’irrégularité migrante, profitent également aux Etats, quand bien même ceux-ci, par leur fonctionnement, produisent le désir de partir.» Et Lire la suite

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Des opérateurs allemands se plaignent, l’Algérie rassure

Publié le 08/06/2016, par dans Non classé.

Plusieurs opérateurs allemands se plaignent des complications qu’ils rencontrent lors des démarches pour l’obtention des visas au niveau du consulat d’Algérie à Francfort.
De nombreux témoignages font état de blocage, de longues attentes inexpliquées,et de visas de très courte durée qui poussent les plus téméraires à tourner le dos à la destination Algérie. Pour bon nombre de nos interlocuteurs, la procédure n’a jamais connu de tels désagréments. « Avant, les demandes de visas était de simples formalités qui étaient traitées souvent sur place par le chef de poste. Mais depuis mars 2015, nous rencontrons les pires complications», explique un homme d’affaires qui intervient dans l’électronique, pourtant habitué aux voyages vers l’Algérie.

Abondant dans le même sens, un autre opérateur regrette ce qu’il qualifie de « restrictions» et s’interroge sur les raisons qui poussent le consulat de Francfort à « privilégier la bureaucratie au détriment de l’image de marque du pays». « Même les dirigeants allemands de filiales installées en Algérie n’ont pas échappé aux longues attentes et aux visas de très courte durée.

Beaucoup n’ont d’ailleurs pas pu prendre part aux différentes foires organisées en Algérie faute de visa. Vous avez certainement remarqué que les stands allemands étaient presque vides.» Notre interlocuteur cite le cas d’un ingénieur allemand qui attend son visa depuis plus de 10 semaines. « Un retard qui risque de coûter à son partenaire algérien une pénalité de 13 millions. Aucune explication ne lui a été donnée par les agents consulaires et encore moins par le chef de cette mission, qui reste injoignable», déclare notre interlocuteur.

Lui aussi s’étonne que le traitement des demandes de visa au niveau du consulat algérien, qui était un exemple de facilitation, « devienne celui de la bureaucratie, utilisé souvent par les voisins pour détourner les investisseurs allemands de l’Algérie». Contacté, le chargé de la communication du ministère des Affaires étrangères, M. Benali Cherif, se dit surpris par de tels propos. « Toutes les directives du ministère des Affaires étrangères sont claires et vont dans le sens de la facilitation des procédures de traitement des visas, surtout lorsqu’il s’agit des milieux d’affaires.

Nos instructions vont également dans le sens de l’aide au partenariat et, à ce titre, les visas sont obtenus dans la journée et souvent pour une période de deux ans, de façon à permettre aux hommes d’affaires d’avoir tout le temps nécessaire pour monter leur projet», déclare M. Benali-Cherif, qui précise en outre : « Toutes ces instructions sont à chaque fois rappelées aux représentations diplomatiques, dont celle de Francfort.»

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères insiste, par ailleurs, sur l’attention particulière accordée par l’Algérie aux industriels et opérateurs économiques. « Nos instructions font état d’un intérêt soutenu aux hommes d’affaires qui doivent bénéficier d’un traitement privilégié», nous dit-il. Selon lui, il y a des pays avec lesquels l’Algérie entretient des relations particulières, dont l’Allemagne. « Les demandes de visas des Allemands ne passent pas par l’administration centrale, à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’industriels. Elles sont toutes prises en charge localement et les réponses sont immédiates», précise M. Benali Cherif.

Visiblement, il y a problème au niveau du consulat d’Algérie à Francfort. Les révélations d’hommes d’affaires allemands ne sont pas fortuites. Elles dénotent un malaise auquel il faut mettre fin. Si aujourd’hui, ceux qui en ont fait les frais n’ont pas voulu s’identifier, c’est uniquement parce qu’ils savent que le problème réside à Francfort.

Par leur dénonciation, ils veulent attirer l’attention des responsables à Alger et éviter ainsi de passer par les voies diplomatiques avec tous les risques que cela suppose. Il est donc plus qu’urgent de remettre les pendules à l’heure et d’éviter cette bureaucratie qui porte atteinte à l’image de marque du pays, en ces moments où il a le plus besoin d’attirer l’investissement étranger. Lire la suite

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Des cadres de l’ONEC sous les verrous

Publié le 08/06/2016, par dans Non classé.

L’expertise menée par les enquêteurs a permis de fournir la preuve que trois cadres de l’Office national des examens et concours ont transféré les sujets du baccalauréat quelques jours avant le début de l’examen.
L’enquête menée par les services de la Gendarmerie nationale quant à la fuite des sujets du baccalauréat vient de dévoiler ses premiers résultats. Selon une source très proche de l’enquête, les principaux auteurs sont déjà démasqués. Il s’agit de trois hauts cadres de l’Office national des examens et concours (ONEC).

Il y aurait parmi ces trois accusés, selon la même source, des inspecteurs principaux de l’éducation. L’expertise menée par les enquêteurs a permis de fournir les preuves que ces trois cadres de l’ONEC ont transféré les sujets du baccalauréat quelques jours avant le début de l’examen. Selon nos sources, les cadres, écroués hier, risquent des peines de 15 ans pour « divulgation de secret d’Etat» et « atteinte à l’ordre public».

Par ailleurs, cinq autres personnes ont été identifiées dans les wilayas de Bordj Bou Arréridj, Oran et Aïn Témouchent, comme ayant participé à l’organisation de la fraude. Leur arrestation ne saurait tarder, assure-t-on. D’après les éléments de l’enquête, qui est toujours en cours, ces cinq individus auraient reçu les sujets des épreuves quelques jours avant le début de l’examen et les auraient distribués dans leurs régions. Des enseignants d’université et des directeurs de centre d’examen seraient aussi sur le banc des accusés.

Selon une source judiciaire, sept personnes seraient placées sous mandat de dépôt et 11 autres sous contrôle judiciaire sur ordre du procureur de la République près le tribunal de Djelfa. C’est sur la base d’un rapport détaillé transmis par la Gendarmerie nationale sur les fuites signalées que les autorités ont défini les matières concernées par la session exceptionnelle prévue du 19 au 23 juin courant. Le même corps est sollicité pour assurer un bon déroulement de l’opération au niveau national. Une cellule de veille sécuritaire a été mise en place.

Pour mémoire, dans le cadre de cette enquête nationale qui a touché jusqu’à présent 27 wilayas, une cinquantaine de personnes, notamment à Sétif et Mostaganem, ont été auditionnées et présentées devant le procureur de la République ; la plupart d’entre elles sont sous contrôle judiciaire.

Des perquisitions ont été opérées dans leurs lieux de résidence et le matériel informatique utilisé, faisant l’objet de perquisition électronique, a été saisi et envoyé à l’Insititut de criminologie et de criminalistique de la Gendarmerie nationale, à Bouchaoui (Alger) pour expertise. Dès le début, les regards s’étaient aussi tournés vers l’ONEC d’où les sujets auraient fuité.
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Balise : Le pacte social, une coquille vide

Publié le 08/06/2016, par dans Non classé.

Le pacte social — transformé en pacte de croissance sous l’effet des nouveaux défis économiques auxquels fait face le pays — est présenté comme le socle sur lequel le gouvernement compte s’appuyer pour mettre en œuvre son nouveau modèle économique, dont les grandes lignes ont été esquissées dimanche par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, lors de la tripartite gouvernement-syndicat UGTA-patronat.

La conclusion d’un pacte social ou de croissance s’impose en temps de crise pour relancer l’économie. Mais pour susciter une large adhésion des travailleurs et des partenaires sociaux à ce projet, il faudrait que l’Etat montre l’exemple et commence par s’appliquer à lui-même la cure d’austérité à laquelle on invite les Algériens. Les scandales en série, qui ont éclaboussé le pouvoir dévoilant le visage hideux de la gouvernance associée à la corruption dans sa forme institutionnelle, ne plaident pas pour la réussite de ce pacte. Que vaut sur le terrain un pacte qui n’implique pas l’ensemble des partenaires sociaux ?

Rejetés, pourchassés, interdits de manifestation, les syndicats autonomes ne se sentent pas concernés par ce pacte qui s’est fait sans eux. Les grèves et les sit-in enregistrés au niveau de certains secteurs montrent bien que le front social est peu perméable aux chants de sirènes des politiques et des syndicats-maisons qui manœuvrent derrière le dos des travailleurs. Un pacte social dans une conjoncture aussi difficile et incertaine doit engager toutes les forces vives de la nation et pas seulement les partenaires sociaux.

C’est un pacte de solidarité nationale qui suppose la mobilisation de tous — partis, syndicats, patronat, travailleurs —, des objectifs clairement définis et une feuille de route avec un calendrier pour sa mise en œuvre. Tel qu’il a été pensé et conduit, le pacte économique et social n’engage que le cercle fermé des partenaires sociaux qui ont donné leur bénédiction au programme du gouvernement. Signe de la fragilité de ce pacte qui n’existe que sur papier, certains acteurs économiques siégeant à la tripartite ne se privent pas, à travers des déclarations, des positions de bousculer la cohésion de cet attelage nommé tripartite.

Le dernier hiatus aura été l’annonce, à la veille de la tenue de la tripartite, par le patron du Forum des chefs d’entreprise (FCE) de la décision de prolonger l’âge de départ à la retraite à 65 ans. Un scoop balayé d’un revers de main par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui avait indiqué, bottant en touche Ali Haddad, qu’un accord avait été scellé entre le gouvernement et les partenaires sociaux fixant l’âge de la retraite à 60 ans sans condition d’âge.

Que s’est-il donc passé pour que les deux hommes se télescopent sur un dossier aussi sensible sur lequel il n’y a, selon toute apparence, pas consensus ? Comment parier dans de telles conditions sur un pacte de croissance que l’on dit consensuel lorsque l’on s’aperçoit qu’il existe des divergences de fond dans l’approche économique de certains dossiers stratégiques comme la retraite ? Ahmed Ouyahia, le chef du Rassemblement national démocratique (RND) fait écho au patron des patrons, lui emboîtant le pas sur la nécessité de prolonger l’âge de la retraite au-delà de 60 ans.

Et pour mieux enfoncer le clou, il n’hésite pas à ramer à contre-courant du gouvernement sur la question du recours à l’endettement extérieur lui privilégiant la solution interne. Ces saillies relevées dans l’entourage même de l’attelage des forces censées soutenir le programme du gouvernement, conjuguées aux difficultés financières que connaît le pays et à la menace de l’embrasement du front social du fait des retombées de la crise ne manqueront pas d’impacter négativement le pacte de croissance et le nouveau modèle économique du gouvernement.

Investie de la mission impossible d’amortir les chocs sociaux, l’Ugta a réussi d’une certaine manière à éviter l’embrasement du front social grâce à la distribution de la rente. Avec la crise, elle n’aura aucun contrôle ni emprise sur les travailleurs menacés dans leur emploi. Le pacte social n’y pourra rien face à des revendications qui emporteront tout sur leur passage.
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