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Un vecteur redoutable sous la loupe des spécialistes

Publié le 19/10/2017, par dans Non classé.

Le moustique tigre ou Aedes alopictus a bel et bien élu domicile en Algérie depuis 2010, où le premier spécimen a été observé de manière fortuite à Larbaâ Nath Irathen, dans la wilaya de Tizi Ouzou.
Depuis, et entre 2015-2017, pas moins de neuf communes des différentes villes du pays entre Alger (Kouba, Aïn Naâdja, Khraïcia, Birkhadem, Hussein Dey), Oran ( Aïn Turk), et Jijel ville ont été infestées jusqu’à cet été où de nombreux gîtes ont été détruits dans ces communes.

Ce moustique tigre, qui est le vecteur des virus de la Dengue, du Zika et du Chikungunya, est un moustique redouté car « il s’agit d’un agent important de nuisance», a noté le Pr Zoubir Harat, directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), spécialiste des maladies tropicales et expert des maladies tropicales négligées auprès de l’OMS, lors d’une journée d’information, de sensibilisation et de prévention contre le moustique tigre, organisée hier à l’Institut national de santé publique (INSP).

Cette journée s’inscrit, a souligné le Pr Harrat, justement dans la poursuite des actions initiées par le Comité national de surveillance d’experts et de surveillance des maladies liées aux moustiques. Le Pr Harat est revenu d’abord sur la capacité de nuisance de ce moustique, qui aime s’installer dans des zones humides, eaux stagnantes et lieux à forte végétation, sur la santé des personnes.

Des réactions allergiques importantes suite aux piqûres, qui interviennent généralement au lever du jour, aux pieds, notamment les chevilles qui sont leurs cibles privilégiées, avec apparition d’œdèmes sont observées jusqu’à l’apparition de fièvre et un syndrome grippal. Il a également précisé que le moustique tigre est un vecteur des virus des trois maladies Zika, Dengue et Chikungunya.

Suite à l’identification de ce moustique, la réponse a été très rapide sur les zones de forte densité. « Des campagnes de démoustication ont été menées dans les différentes communes, là où il y a une présence avérée de ce moustique, en collaboration avec la société Herbal et les bureaux communaux de l’hygiène», a indiqué le Pr Harat et de préciser que des mesures ont été également mises en place avec des méthodes de surveillance adéquates pour limiter la propagation aux wilayas limitrophes.

« Des pièges à moustiques ont été placés dans les endroits touchés. Il y a eu destruction des œufs et des traitements à l’aide de produits adaptés ont été effectués dans les zones infectées et à l’intérieur des maisons. Il s’agit d’une menace réelle, et c’est pourquoi nous demandons la collaboration étroite des citoyens afin de limiter la propagation et de prévenir le risque d’introduction des virus des maladies citées plus haut», a-t-il ajouté et de rappeler que les endroits de prolifération, ainsi que les zones portuaires feront l’objet de surveillance au courant de cette année.

« Ce moustique est aussi transporté dans des conteneurs avec présence de résidus d’œufs», a-t-il indiqué. Le Pr Harat n’écarte pas le risque d’apparition de virus, vu les variations climatiques et la dispersion de ce vecteur qui peut s’adapter à des climats tempérés : « D’où l’intérêt de la surveillance et la réduction de la densité et arriver à la baisse de l’activité.»

Le Dr Djamal Fourar, directeur de la prévention au ministère de la Santé, a, quant à lui, insisté sur la collaboration des citoyens dans l’action de prévention et annoncé qu’une campagne de sensibilisation à travers les médias sera prochainement lancée et de rassurer qu' »en Algérie il n’y a pas de foyer de ces maladies, mais le vecteur est là»,. Ce qui explique que la menace pèse toujours et que le risque d’apparition des virus liés au moustique tigre existe.
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