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Un PCD de nouvelle génération en gestation dans dix communes

Publié le 21/10/2017, par dans Non classé.

Quelques semaines nous séparent du rendez-vous électoral du 23 novembre pour le choix des nouveaux membres des Assemblées populaires communales, c’est-à-dire les maires, leurs adjoints ainsi que tous les élus au niveau de l’instance dirigeante des communes.
Si les élections législatives attirent moyennement, au gré des conjonctures, les formations politiques, l’élection au niveau des communes est quasiment le rendez-vous à ne pas manquer pour les partis, car il s’agit à la fois d’un test pour mesurer la popularité des uns et des autres, mais surtout le meilleur moyen pour une formation politique d’être proche des citoyens et d’être à l’écoute de leurs besoins. Savoir répondre aux attentes de la collectivité, tel doit être le souci de tout maire et de toute APC élue qui, contrairement à une administration désignée et imposée, devrait refléter la voix des citoyens et des électeurs.

Ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Manquant souvent de prérogatives, oubliant leurs promesses électorales, se confondant avec les agents de l’administration parfois au gré des mandats, les élus n’ont pas su profiter de la marge de manœuvre qui est la leur pour développer leurs communes. de leur côté, les citoyens, et une fois les résultats de l’élection connus, ne s’intéressent pas non plus à ce que font leurs élus et pensent encore moins à leur demander des comptes, oubliant même, comme les y autorise la loi, à prendre part aux délibérations. Si l’administration échappe au contrôle des citoyens, il existe dans les communes des possibilités de participation citoyenne à la vie de la collectivité qu’il serait salutaire de connaître afin de faire du développement local une affaire de tous.

C’est dans cette ambiance d’effervescence électorale et de débat sur le rôle des élus, qu’un programme d’initiation aux vertus de la démocratie participative a fait son chemin dans dix communes pilotes. Lancé depuis mars dernier par le PNUD et le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales et fort du soutien financier de l’Union européenne, le projet CapDel « Démocratie participative et développement local» est au cœur de la vie de la commune. Il incite tous les acteurs, entre élus locaux, société civile et administration à travailler ensemble, dans la transparence et la concertation, pour développer ce premier noyau de l’Etat qu’est la commune.

Quatre années durant, dix communes ont appliqué le principe de démocratie participative, dont le sens est de donner aux citoyens, élus et société civile le choix de décider du modèle de développement pour leur commune. Djemila (Sétif), Messaad (Djelfa), Timimoun (Adrar), Ghazaouet (Tlemcen), Beni Maouche (Béjaïa), Tigzirt (Tizi Ouzou), Ouled Abdelkader (Chlef), El Khroub (Constantine), Babar (Khenchla) et Djanet (Illizi) sont les communes témoins aux potentialités économiques et caractéristiques géographiques variées et différentes, choisies pour initier tous les acteurs aux vertus de la concertation, du dialogue et de la décision consensuelle pour le bien de la collectivité.

« Ce programme nous tient à cœur. L’expérience européenne montre qu’un développement économique et social n’est pas possible si on n’implique pas les acteurs locaux, et nous espérons faire partager cette expérience avec l’Algérie… Le développement économique est assez complexe et tout le monde doit y participer à tous les échelons et ce qui est essentiel dans le développement, c’est la responsabilisation des citoyens, qu’ils se sentent impliqués et dans la durée…

Et il appartient aux élus locaux de toujours avoir comme ligne directrice la notion de service public», déclare l’ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne en Algérie, John O’rourke, face à une assemblée de citoyens, d’administrateurs et d’élus à Djanet.

Une petite révolution dans la gouvernance locale

Le travail de concertation devrait aboutir à une élaboration locale du fameux Plan communal de développement (PCD). Ce dernier, ne représentant jusqu’alors qu’une enveloppe venant du ministère de l’Intérieur aux collectivités locales, sans tenir compte des besoins réels de la commune, sera désormais, en tout cas pour les communes pilotes, l’œuvre des acteurs locaux, entre élus, société civile et administration.

Tous choisiront ensemble la meilleure voie de développement pour leur commune. Une petite révolution dans la gouvernance au niveau local qui permettra aux futurs élus d’agir et de ne pas attendre un quelconque projet venant d’en haut. « L’objectif de cette démarche est de rapprocher le processus de prise de décision du citoyen.

Le PCD de nouvelle génération est un plan concerté entre tous les acteurs ne comptant pas que sur l’implication de l’Etat mais aussi joindre des financements au niveau local, à travers l’apport notamment des opérateurs économiques du secteur privé, une meilleure exploitation des biens immobiliers de la commune, etc.», explique Mohamed Dahmani, directeur général du projet au niveau national.

Ce travail ne se fera pas en un jour, mais s’étalera sur quatre années, le temps que tous les acteurs assimilent cette nouvelle manière de faire du développement local une préoccupation collective. Une petite part de décentralisation qui permettra d’adapter les projets de développement aux spécificités locales que les habitants de la commune sont plus à même de connaître et de savoir enrichir. Un diagnostic territorial sur les besoins de la commune et ses potentialités a d’ailleurs été élaboré pour chacune des communes avec l’aide d’experts du Ceneap.

Aujourd’hui et après avoir identifié les priorités de développement pour les dix communes, les acteurs locaux sont invités à écrire ensemble une charte communale de participation citoyenne, qui sera une sorte de contrat moral autour d’une gouvernance concertée et transparente. Des experts internationaux viendront apporter leur expertise pour aider les différents acteurs à l’élaboration d’un guide permettant de concevoir le PCD de nouvelle génération prenant en compte les spécificités de la localité, ses besoins et ses perspectives de développement. Une fois les nouvelles assemblées communales installées, les nouveaux élus dans les dix communes trouveront déjà une base de travail leur permettant de mettre en marche le concept de gouvernance concertée. Lire la suite

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