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Quand les imams n’en font qu’à leur tête !

Publié le 08/03/2017, par dans Non classé.

Contrairement au mariage officiel, les futurs époux n’ont besoin que de deux témoins et de l’imam pour être déclarés mari et femme.
Même si le contrat de mariage le plus répandu en Algérie reste celui officialisé par les autorités civiles, plusieurs autres types sont monnaie courante. Parmi les plus connus, le mariage par la Fatiha dit également « ‘orfi». Contrairement au mariage officiel, les futurs époux n’ont besoin que de deux témoins et de l’imam pour être déclarés mari et femme. Cette union, justifiée par certaines convictions religieuses, reste souvent placée secrète ou utilisée comme un moyen pour contourner la loi.

Les cas se comptent par milliers et finissent toujours devant les tribunaux, soit pour officialiser cette union, soit pour protéger les droits de l’épouse et probablement ses enfants, fruit de cette union non reconnue par la loi. Pourquoi se marie-t-on ‘orfi ? Les réponses sont diverses, mais démontrent toutes des malaises sociaux.

Parmi les plus courantes, l’inconscience des jeunes filles victimes de leurs sentiments et croyant réellement en la bonne foi du futur époux. Dans les plus malheureux des cas, ce dernier se soustrait à ses responsabilités souvent dès les premiers mois de mariage, si une grossesse est confirmée. La jeune fille se retrouve ainsi face à un destin obscur avec une nouvelle vie à charge. Avec ces cas les plus courants, s’ajoute celui des jeunes filles encore mineures et mariées souvent par force sans consentement de leurs tuteurs.

Pressés de placer cette jeune mineure dans le foyer conjugal, ils recourent à ce type de mariage coutumier et attendent jusqu’à ce qu’elle atteigne l’âge de maturité légal, soit 19 ans, pour demander l’officialisation du contrat de mariage. Le mariage ‘orfi est également considéré comme une manière pour contourner la loi cadrant la polygamie. « Avec une législation imposant à l’époux d’avoir une autorisation de sa première épouse, ce dernier préfère avoir recours à la Fatiha pour aller au bout de son projet, celui d’avoir une seconde épouse.

Après quelques mois, et surtout si cette deuxième épouse est enceinte, le couple présente au tribunal compétent une demande d’officialisation de ce mariage religieux. Le juge, devant le fait accompli et dans le souci de protéger la femme et l’enfant, se plie à la volonté de ce couple et officialise cette union», déclare maître Ghofrane Kebaïli Mahboub, avocat près la cour de Blida. Selon ses propos, la femme est la première victime de ce type de mariage. En cas de grossesse, elle est considérée comme une mère célibataire, surtout en l’absence de documents juridiques officiels. Il lui est difficile de prouver la filiation (mère-enfant) et d’obtenir des documents d’état civil pour sa progéniture.

Le mariage ‘orfi, interdit par la loi

Si le mariage coutumier est une situation complexe pour le législateur qui ne va vers l’officialisation que devant le fait accompli, le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs est formel. Pour cette institution, le mariage ‘orfi est déclaré nul par les trois des quatre écoles connues en islam. La cause est l’absence de deux éléments phares dans le contrat de mariage religieusement officiel, à savoir la présence du tuteur et l’annonce publique du mariage.

Pour le directeur de l’orientation religieuse et de l’activité de la mosquée, Khaled Younsi, la position du ministère est connue et a instruit dans ce sens tous les imams à refuser toute sorte de contrat de mariage en l’absence du livret de famille. « Notre but est de protéger la femme et lui garantir ses droits et ceux de ses enfants en cas de divorce. Toutefois, nous relevons toujours des cas de mariage par la Fatiha. Il s’agit souvent de personnes qui ne font pas appel à des imams, mais plutôt à des personnes honorables connues pour leur honnêteté pour contracter cette union. Une action qui ne garantit point les droits de la femme vis-à-vis de la loi.

Dans d’autres cas, des imams sont mis dans la gêne et sont presque forcés à être les garants de ce type de contrat de mariage prenant pour gage les assurances des familles du couple», explique notre interlocuteur qui signale que les imams sont tous introduits face à la justice, s’ils enfreignent la loi et l’instruction du ministère quant à l’obligation de la présentation d’un contrat de mariage officiel avant tout contrat religieux. Lire la suite

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