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«Nous revendiquons la démocratie, nous avons commencé par nous-mêmes»

Publié le 22/10/2017, par dans Non classé.

Votre parti, Talaie El Hourriyet, qui prend part aux élections locales du 23 novembre, s’est plaint de graves dépassements de la part de l’administration. Pensez-vous qu’il a été particulièrement visé ? Avec le recul, ne pensez-vous pas que participer à une élection dans le contexte actuel est une décision hasardeuse ?

Le pouvoir a usé de toute son ingéniosité maléfique pour bloquer les listes de notre parti afin de le minoriser sur la scène politique. Nous n’étions pas naïfs au point de nous attendre à ce que l’appareil politico-administratif nous déroule le tapis rouge pour notre première participation électorale.

Mais de là à user de subterfuges aussi ridicules les uns que les autres pour rejeter nos listes dépasse l’entendement. C’est de l’acharnement ! Au caractère inique de certaines dispositions de la loi organique que nous avions dénoncées, sont venus s’ajouter l’abus de pouvoir, la surenchère et le zèle de ceux qui, au niveau local, ont appliqué la consigne non écrite de bloquer les listes de Talaie El Hourriyet. Oui, notre parti est particulièrement visé. Je n’exagérerais pas en disant que la disposition de la loi organique elle-même, qui exige des signatures pour les partis qui participent à un scrutin pour la première fois, visait notre parti.

C’est une clause anti-Talaie El Hourriyet. La décision de la participation aux élections locales n’est pas hasardeuse dans la mesure où la décision a été prise en connaissance de cause. Nous ne sommes pas dupes au point de nous attendre à ce que ce scrutin réponde aux normes démocratiques universellement admises. Nous savons parfaitement que ces élections, comme les précédentes, ne seront ni transparentes, ni régulières, ni loyales. Elles porteront la marque infamante de la fraude électorale.

Nous savons parfaitement que les lois organiques relatives au régime électoral et à la Haute instance indépendante de surveillance des élections n’ont contribué qu’à la consolidation de la mainmise de l’appareil politico-administratif sur le processus électoral et des mécanismes de la fraude. Sauf que notre parti qui prône la démocratie se fait un point d’honneur à commencer par appliquer la démocratie comme mode de fonctionnement interne. Les membres du Comité central avaient fait le choix de ne pas participer aux élections législatives.

Nous l’avions respecté. Ils ont fait le choix de la participation aux élections locales. Nous avons tenu à le respecter. C’est un choix transparent et démocratique, intervenu lors d’un vote nominatif en présence des médias. Un choix difficile que notre parti a assumé, je le répète, en connaissance de cause.

Le diagnostic de la crise fait consensus chez les partis de l’opposition, mais dans la réalité il y a une forme d’inertie qui caractérise l’activité politique en Algérie. Comment voyez-vous l’issue à cette impasse dans laquelle se retrouve l’opposition ?

La responsabilité de ce que vous considérez comme une forme d’inertie qui caractérise l’activité politique en Algérie incombe entièrement au pouvoir en place qui, comme je l’ai déjà dit, ne tolère le multipartisme que pour sa vitrine extérieure. Il ne reconnaît la qualité d’acteurs politiques qu’à ses alliés et sa clientèle politique.

Tout, depuis la croisade pour obtenir un agrément pour un parti politique, aux tracasseries pour obtenir une autorisation pour la tenue d’une activité partisane en dehors du siège, aux ingérences dans le fonctionnement des partis politiques avec la menace de redressement pour écarter les directions indociles, à la complicité pour promouvoir les forces de l’argent sur la scène politique, tout cela concorde à encadrer la vie politique de telle façon que le champ politique soit verrouillé et que l’activité de l’opposition se résume à sa plus simple expression. Voilà la triste réalité ! Quant à l’issue de cette impasse, il est à craindre, malheureusement, qu’elle ne soit dramatique.

Et c’est ce que nous voulons éviter. Le changement doit être pacifique. Malheureusement, tout dans le comportement du pouvoir en place met en danger la cohésion nationale et la stabilité du pays. On ne peut pas dire que l’opposition qui s’est rassemblée autour de la plateforme de Mazafran a échoué puisque la proposition de cette plateforme est toujours sur la table. Notre parti, Talaie El Hourriyet, reste fermement attaché à l’action unitaire de l’opposition nationale mise au service du projet de transition démocratique.

Certes, il y a eu des divergences sur l’attitude à adopter au sujet des élections législatives, et il y en a aujourd’hui sur les élections locales. Mais nous estimons que ces divergences ont un caractère secondaire et dérisoire par rapport aux véritables défis politiques, économiques et sociaux que le pays se doit de relever. Dans cet esprit, notre parti tient à la préservation de l’unité des rangs de l’opposition nationale qui représente un acquis précieux pour la cause démocratique de notre pays, car il n’est pas facile de réunir tous les courants de l’opposition autour d’un même objectif, celui d’imposer au pouvoir la négociation d’une transition démocratique pour sortir définitivement le pays de la crise.

Que pensez-vous des appels de plusieurs personnalités, en l’occurrence Noureddine Boukrouh, Ali-Yahia Abdennour, Ahmed-Taleb Ibrahimi et Rachid Benyellès à l’adresse de l’armée pour favoriser un changement pacifique dans le pays ?

Il est évident que la gravité de la situation actuelle interpelle tout ce que notre pays recèle de politiques, d’intellectuels et d’acteurs de la société civile qui mesurent les risques de l’attitude suicidaire du pouvoir pour la sécurité et la cohésion nationale et la stabilité du pays. Il est donc tout à fait normal que les initiatives se multiplient et bien qu’elles ne se ressemblent pas, elles convergent vers des propositions de sorties de crise.

Ces initiatives ont chacune leur mérite. Je ne sais pas si les personnalités que vous citez demandent explicitement à l’armée d’intervenir dans le champ politique pour favoriser un changement pacifique dans le pays. Ce n’est pas la lecture que j’en ai fait de leurs déclarations et de leurs écrits. Ils ont tout à fait le droit de dire comment ils voient la sortie de crise.

Ce sont des personnalités respectables et respectées et qui ont servi dignement leur pays. Pour moi, l’armée ne doit pas s’impliquer dans le débat politique national. Son rôle Lire la suite

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