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«Le développement peut émaner d’en bas»

Publié le 21/10/2017, par dans Non classé.

Quelle évaluation faites-vous de la mise en œuvre du projet CapDel jusqu’à ce jour ?

Six mois après le lancement du programme CapDel, il y a eu énormément de progrès. Je pense que, maintenant, tout est prêt pour bien lancer le programme et arriver à une planification du développement local qui soit vraiment participative. C’est-à-dire avoir un plan de développement fait par tout le monde et non pas venant d’en haut sans prendre en compte les préoccupations des citoyens. Ce qui est important à nos yeux, c’est que les associations, les femmes, les jeunes sentent que c’est leur œuvre et que leurs besoins sont pris en charge dans le développement local. On ne peut plus aujourd’hui travailler de manière cloisonnée si on veut vraiment faire du progrès, il faut trouver ensemble les réponses à nos besoins.

Y a-t-il une réelle adhésion de tous, à la fois pouvoirs publics et société civile, pour la réalisation de ce projet ?

Il s’agit d’un processus, on ne peut pas s’attendre à ce que cela change d’un jour à l’autre. Il faut être réaliste. Je pense que c’est un très bon début, mais attendons encore d’en voir les résultats dans une année ou deux. Le développement local peut émaner d’en bas, c’est justement ce que nous voulons promouvoir en incitant à donner plus d’attention et de pouvoir au niveau local. Nous avons basé notre méthodologie sur une approche participative qui a fait ses preuves dans beaucoup d’autres pays.

Est-ce qu’une démocratie locale peut fleurir dans un cadre global autoritaire ?
L’amendement de la Constitution en mars 2016 a renforcé la démocratie participative, et en fait ce projet CapDel est le résultat direct de cet amendement. Comme je l’ai souligné, c’est un processus de décentralisation qui est en train de se faire. Dans tous les pays où ce processus a été mis en place, le changement est intervenu de manière graduelle. Le ministère de l’Intérieur et tous les secteurs sont représentés ici, cela montre qu’il y a une volonté réelle d’aller dans cette voie.

Donc, l’espoir de voir se généraliser ce type d’approche à toutes les communes est permis ?

Je suis très optimiste, chaque commune a sa propre dynamique, et c’est pour cela que nous avons des coordinateurs sur place dans le cadre de l’approche locale du projet. Il y a une méthodologie certes, mais il faut l’adapter à chaque commune. Nous espérons tirer de bonnes leçons de ces communes pilotes pour pouvoir généraliser le concept aux autres collectivités locales. C’est vraiment l’objectif du programme comme cela s’est passé dans beaucoup de pays.

Outre le CapDel, quels sont les autres projets essentiels du PNUD en Algérie ?

Parmi les grands axes de travail du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la participation politique de la femme occupe une place de choix. Les élections locales auront lieu en novembre prochain, et nous espérons commencer un grand programme de formation dès le début de l’année 2018, qui sera destiné aux femmes élues. Il y a eu déjà une première tentative dans 12 wilayas avec le ministère de l’Intérieur, et nous aimerions augmenter le nombre de wilayas pour faire bénéficier le maximum d’élues, qui sont de plus en plus nombreuses grâce au système des quotas. Autre sujet important aussi, l’emploi et la jeunesse. Nous étudions la possibilité d’intégrer ces questions dans le CapDel, puisqu’il s’agit d’un programme complet prenant en charge la dimension genre, formation des élues, développement économique local et emploi des jeunes. La question environnementale et la préservation de la biodiversité n’est pas en reste non plus dans le projet CapDel.

Où en est l’Algérie dans l’application des Objectifs de développement durable (ODD) ?

L’Algérie s’est d’abord distinguée par l’atteinte quasi-totale des Objectifs du millénaire OMD (de 2000 à 2015). Pour ce qui est des Objectifs de développement durable, qui sont beaucoup plus ambitieux, je dois dire que l’Algérie est en très bonne voie, il reste certes du chemin à faire d’ici 2030, mais il y a de très grandes avancées. J’en reviens encore au CapDel pour dire que c’est un projet qui contribue directement à l’atteinte de ces ODD en adoptant une approche inclusive, qui fait participer tous les secteurs et les acteurs pour le développement. Il serait utile aussi que cette approche soit adoptée au niveau national, en l’élargissant à tous les secteurs d’activité. Lire la suite

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