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«Le contrôle du nouveau Parlement constituera un avantage dans la bataille pour la succession»

Publié le 13/03/2017, par dans Non classé.

Quelle analyse faites-vous de la situation politique du pays, à trois mois des législatives ?

La situation politique est avant tout marquée par l’impasse économique et sociale du libéralisme dans notre pays, par la dérive autoritaire du régime qui se traduit par un véritable musellement des libertés démocratiques, et par la crise de succession de Bouteflika qui suscite, en dépit de l’accalmie de façade de ces derniers mois, une guerre larvée entre les différentes factions au pouvoir.

D’ailleurs, dès la chute des prix des hydrocarbures, le pouvoir s’est empressé de nous administrer, avec la bénédiction du FMI et de la Banque mondiale, une nouvelle « thérapie de choc» libérale et antisociale, caractérisée par une baisse du coût réel du travail à travers une diminution drastique des salaires, et la baisse des déficits publics, notamment par la suppression future des transferts sociaux. Passant à l’acte, le pouvoir n’a produit, sous l’appellation de loi de finances 2017, qu’un ramassis de mesures d’austérité, de réduction des dépenses publiques et d’abandon des projets de développement.

Ce qui était présenté pompeusement comme un nouveau modèle économique pourrait se réduire à une nouvelle entreprise de bradage de ce qui reste de nos ressources financières, comme le suggère l’analyse de certains projets faramineux de « partenariat» dans l’agriculture et dans d’autres domaines. Et comme cette offensive libérale ne s’accommode plus des petites brèches de liberté et de droits démocratiques indispensables pour l’expression des revendications politiques et sociales des travailleurs, des jeunes et des démunis, elle se traduira par des explosions sociales qui ne pourront être que violentes et radicales, comme ce fut le cas lors des émeutes du 2 janvier à Béjaïa.

Le PST va-t-il présenter des candidats aux législatives ?

Comme pour les élections passées, le PST ne se fait aucune illusion sur les législatives du 4 mai prochain. Pour nous, loin d’être libres et transparentes, ces élections n’apporteront ni les changements démocratiques qui mettent un terme à l’autoritarisme du pouvoir et le musellement des libertés, ni l’amélioration de la situation sociale de la majorité des masses populaires écrasées par l’austérité, le chômage et les dures conditions de vie.

En plus, la nouvelle loi électorale, qui impose le seuil des 4% de voix en 2012, est conçue de façon à éliminer de la participation des partis, comme le PST, qui ne sont pas proches du pouvoir et ou financés par les affairistes et l’argent sale de tous les trafics. Mais ,quand bien même il aurait été plus aisé de ne pas participer à ces élections déloyales et appeler à les « boycotter», cette attitude ne constitue pas une alternative pour les travailleurs et les masses populaires. Aujourd’hui, les rapports de force ne permettent pas la mobilisation à un boycott actif et massif capable d’imposer une autre solution. Pis, ne pas participer et se limiter à dénoncer la mascarade ne constitue pas un programme politique conséquent.

Pour le PST, il est plus constructif de se saisir de la tribune électorale et d’aller proposer nos idées politiques aux travailleurs et aux masses populaires, comme on vient de le faire dans une dizaine de wilayas, même si nous n’avons pas réussi à collecter le nombre exigé des signatures. Mais, à Béjaïa qui demeure un bastion des luttes sociales et démocratiques dans notre pays, nos camarades ont réussi à relever le défi des 3000 signatures exigées. Dans cette expérience, nous avons constaté une mobilisation populaire inédite autour de nos propositions politiques et notre liste militante. Ainsi, on a décidé d’accompagner cette dynamique et ne pas déserter une bataille politique qu’il va falloir amplifier et fructifier. C’est notre camarade Kamel Aïssat qui a été proposé comme tête de liste par la base militante de notre parti à Béjaïa.

La commission de surveillance des élections installée par le Président vous paraît-elle en mesure d’empêcher la fraude ?

Il n’y a que le contrôle populaire de toute l’opération électorale qui peut empêcher la fraude et garantir le respect du choix des électeurs. On l’a déjà constaté dans le passé, les commissions de surveillance ne sont qu’une caution pour la fraude. Lorsque le président de l’une d’elles, en l’occurrence M. Bouchaïr, avait osé, en 2007, accuser le FLN d’une toute petite fraude dans un bureau de vote à Rouiba, c’est M. Zerhouni alors ministre de l’Intérieur qui est venu le contredire à la télévision et le rappeler à l’ordre. Depuis, on n’a plus entendu parler de ce brave M. Bouchaïr.

Quant à l’actuelle commission, d’emblée il faut rappeler qu’il s’agit bien d’une régression démocratique. Alors qu’il était élu auparavant parmi ses membres, le président de la commission actuelle, lui-même ancien ministre et ex- ambassadeur, est nommé par Bouteflika et pour plusieurs années. Cela renseigne de façon éclatante sur l’indépendance de ladite commission. Par contre, ceux qui réclamaient naïvement une telle commission à partir de Zéralda, mais sans se référer à la nécessaire mobilisation populaire, ils sont « bien servis».

Les partis politiques accusent le gouvernement d’un manque de transparence dans la gestion du fichier électoral. Partagez-vous leurs accusations ?

Bien sûr, l’absence de transparence commence par la gestion du fichier électoral, notamment en ce qui concerne sa mise à jour. Sinon, comme l’illustrait à l’époque de façon magistrale une scène de la pièce théâtrale Babour Ghraq, alors qu’il n’y avait que trois votants, l’urne s’est retrouvée bourrée de centaines de bulletins de vote au moment du dépouillement.
Le fichier électoral appartient au peuple algérien et il doit être public. A tout moment chaque citoyen ou citoyenne doit avoir le droit d’y accéder et de le consulter. De même, chaque parti, syndicat ou association de citoyens doit être destinataire d’une copie actualisée du fichier électoral national. Toute entrave à l’accès au fichier électoral est une atteinte à la transparence de tout le processus électoral. Par ailleurs, il faut rappeler aussi l’opacité qui caractérise encore le vote des corps constitués, dont le nombre de votants, le lieu de vote, le dépouillement des suffrages… restent loin de tout contrôle démocratique.

Comment jugez-vous la fusion ou les alliances opérées par les partis islamistes avant les législatives ?

Je pense que les mouvements islamistes, à l’échelle internationale, Lire la suite

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