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L’année blanche évoquée par le ministère de l’Enseignement supérieur

Publié le 10/03/2017, par dans Non classé.

Réunion hier du secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur avec les doyens des facultés de médecine concernées par le mouvement de grève des étudiants. La décision de décréter une année blanche n’est pas écartée, mais en attendant, un bilan et une évaluation vont être établis pour étudier la possibilité d’élaborer un programme de rattrapage. Mais sur le terrain, les étudiants maintiennent leur grève des cours et de la faim.
« Il faut redynamiser les comités pédagogiques des spécialités pharmacie et médecine dentaire au niveau de toutes les facultés afin d’élaborer un programme de cours de rattrapage aux étudiants. Si ces derniers s’avèrent impossibles pour certaines classes, les comités pédagogiques en question peuvent décréter l’année blanche», lit-on dans le communiqué rendu public, hier après-midi, par le ministère de l’Enseignement supérieur. C’est dans l’impossibilité d’assurer un rattrapage que l’année blanche pourait être décidée.

C’est pendant la réunion organisée entre le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et les doyens des facultés concernées que cette décision a été prise. La tutelle « hausse le ton» au moment où les étudiants en pharmacie tiennent à poursuivre leur contestation et que plusieurs autres étudiants en médecine dentaire sont en grève de la faim à Tizi Ouzou et à Oran.

A l’appel de la Coordination nationale des étudiants en médecine dentaire (CNEMD), 14 étudiants, dont 4 étudiantes, sont en grève de la faim depuis mardi à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou et une trentaine au niveau de l’université Oran 1. Ils exigent que les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur trouvent une solution à leurs problèmes, notamment celui de la classification dans la Fonction publique, à travers la valorisation de leur diplôme de doctorat, à savoir le passage à la catégorie 16.

L’action entamée par les étudiants de Tizi Ouzou intervient « suite au silence observé par les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé à l’encontre des étudiants et de leurs revendications», soutient Aïssa Maïche, représentant de la coordination à Tizi Ouzou. « Les étudiants en médecine dentaire ont épuisé tous les moyens possibles pour faire entendre leur voix. Nous n’avons pas eu cours depuis plusieurs mois, nous avons initié des marches et des sit-in, sans résultat. Notre préavis de grève de la faim est même resté lettre morte», explique-t-il.

Tentes

Hier, une atmosphère de deuil a régné au campus. Une imposante banderole de couleur noire est accrochée au portail pour annoncer l’action. Quant aux grévistes, ils restent allongés sous des tentes installées à l’entrée de la faculté. « Je me suis engagée dans cette action et j’irai jusqu’au bout», se défend l’une des quatre étudiantes grévistes au visage pâle, au troisième jour de son action. Ici, beaucoup d’étudiants soutiennent leurs camarades grévistes. Même ambiance du côté de l’université Oran 1. Mercredi matin, une jeune étudiante en grève de la faim a fait un malaise suite à une hypotension ; d’autres ont marché et protesté une nouvelle fois à l’intérieur de la faculté de médecine (ex-Inesm).

Ils regrettent le traitement réservé « par les responsables au niveau du décanat et dénoncent le refus des autorités de réagir à leurs doléances». « Le doyen a donné l’ordre aux agents de sécurité d’interdire l’accès à l’ambulance et on n’a pas pu porter secours à notre camarade dans les temps. Il a fallu que nous intervenions nous-mêmes», dénonce Seddiki, l’un des grévistes. Et d’ajouter : « L’administration a fini par réagir, mais l’ambulance qu’on a appelée n’est venue que deux heures plus tard.»

Urgence

Les grévistes affirment que « le doyen a donné également l’ordre de couper l’électricité durant la nuit de mardi à mercredi, alors qu’une soixantaine d’étudiants avaient décidé de camper à l’intérieur de la faculté». « Nous ne pouvions ni recharger nos téléphones ni communiquer entre nous. D’ailleurs, il faisait tellement noir qu’on ne pouvait même pas se voir.

Nous avons passé la nuit dans le froid, car le doyen a interdit à nos amis et nos familles de nous donner des couvertures pour nous tenir au chaud. Aujourd’hui, il refuse de communiquer avec nous et menace d’utiliser, je cite ses propos, tous les moyens pour nous combattre», témoigne Seddiki. Du côté de Tizi Ouzou, les étudiants peinent à croire que leur action n’ait reçu « aucun écho de la part de la tutelle».

« Nous sommes au troisième jour de cette action observée dans sept départements au niveau national et les autorités concernées ne s’en soucient guère.» Nous avons tenté de joindre le doyen de l’université Oran 1, en vain. Des agents de sécurité et autres travailleurs de l’administration sont venus nous expliquer qu' »il nous est interdit d’entrer et que le doyen leur a donné l’ordre de renvoyer tous les journalistes».

« Mon fils est en grève de la faim et ça me torture. Mais je suis admiratif face à son courage et la détermination dont tous les étudiants font preuve. Cette protestation rassure sur le degré de conscience des jeunes, mais révèle le pourrissement qui existe à tous les niveaux. On interdit de porter secours à une étudiante malade. C’est un crime», réagit le père d’un des étudiants grévistes à Oran. Même élan de solidarité à Tizi Ouzou.

Les étudiants du département de chirurgie dentaire ont appelé toute la communauté estudiantine de l’université de Tizi Ouzou à prendre part à une journée de protestation dimanche prochain. De son côté, le Conseil national des enseignants du supérieur à Tizi Ouzou (Cnesto) lance un appel d’urgence à toutes les autorités concernées pour se pencher sur la situation « alarmante» des étudiants au sein de leur université. Les actions restent pacifiques à Oran comme à Tizi Ouzou. « Il faut que les responsables à tous les niveaux réalisent que nous refusons de faire les frais de leurs expériences de gestions ratées. Ils doivent nous écouter et tenir leurs engagements», conclut Seddiki.

Dans le même communiqué, le ministère de l’Enseignement supérieur appelle les étudiants en médecine dentaire à « arrêter leur grève de la faim et revenir à la raison». Il estime que les revendications portées par les étudiants des deux spécialités « ont été satisfaites et prises en charge». « Il faut penser à l’intérêt général Lire la suite

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