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«La tendance est aux contrats spot et court terme»

Publié le 23/03/2017, par dans Non classé.

L’Algérie va reconsidérer les contrats gaziers à long terme. Cette renégociation est-elle opportune pour notre pays et est-ce que l’intransigeance dont a fait preuve Sonatrach depuis le début des années 2000 sur la question de la révision des contrats ne nuit pas aujourd’hui à ses intérêts ?

La renégociation des contrats de gaz s’impose pour la bonne raison qu’ils arrivent à échéance en 2017-2018 ; la question de l’opportunité ne se pose pas car cette renégociation est une nécessité.

Dans quel cadre se situera cette nouvelle négociation ?

La tendance lourde actuelle du marché est de renoncer aux contrats à long terme, soit 20 ans et plus, pour laisser la place à des contrats à beaucoup plus court terme, voire à des contrats spot. L’intransigeance des années 2000, comme vous qualifiez la position de Sonatrach, n’est pas une nouvelle attitude. Depuis que Sonatrach s’est installée comme fournisseur fiable et crédible du marché gazier international, sa position a toujours été de viser des engagements à long terme assortis de clauses de TOP (Take or Pay), c’est-à-dire le client s’engage sur des quantités à enlever en fonction d’un calendrier préétabli, avec certes la possibilité de réaménager les cadences d’enlèvement dans une fourchette de flexibilité fixée dans le contrat.

Pour cela, le client règle un large pourcentage du prix — négocié dans le contrat — s’il souhaite retarder un enlèvement et régler le reliquat au moment de l’enlèvement réel des quantités. En résumé, la position de Sonatrach était : « Je suis crédible et fiable et je l’ai démontré, mon client doit l’être aussi et ne pas me laisser lui réserver des quantités qu’il n’enlèvera pas».

Mais dans les conditions actuelles du marché, de quelles marges de manœuvre dispose Sonatrach pour mener à bien ses négociations ?

Les marges de manœuvre de Sonatrach doivent tenir compte de l’évolution du marché international ; comme je l’ai déjà expliqué, car la tendance est aux contrats spot et court terme (5 ans plutôt que 10 ans). Aussi faudrait-il se montrer flexible et s’adapter aux tendances du moment, au risque de perdre des débouchés dont en particulier ceux qui nous sont liés par gazoduc car la concurrence est rude.

Justement, à votre avis, quel scénario de négociation serait les plus avantageux pour notre pays au vu de la concurrence qui s’installe sur le marché ?

Une possibilité intéressante serait de défendre des positions de contrats à court terme (5 ans) ou moyen terme si possible (10 ans), mais toujours assortis de clauses TOP. Les contrats spot ne devraient être envisagés que dans le cas de situation de demandes exceptionnelles pouvant être plus rémunératrices. La réflexion doit être approfondie sur le sujet suivant : a-t-on les moyens de maintenir une position fiable et crédible de fournisseur du marché international ? Ceci nous amène à s’assurer du niveau de nos réserves tout en sachant que le marché national est la priorité. C’est alors que le problème actuel de la transition énergétique acquiert toute son importance, sachant que la majeure partie de la demande nationale concerne la production d’électricité.

Les projets de recours aux énergies renouvelables – solaire en particulier — permettent de substituer, comme carburant, le photon solaire et aussi la molécule de gaz torché — dans le cas de projet hybride gaz-solaire pour résoudre le problème de l’intermittence — à la molécule de gaz commercial dégageant ainsi du gaz commercial additionnel pour l’export en diminuant l’empreinte carbone du pays et minimisant la consommation d’eau.
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