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La pomme de la discorde

Publié le 13/03/2017, par dans Non classé.

Paradoxalement, la flambée des prix n’a pas épargné les étals de la capitale de la pomme, Batna en l’occurrence.
Même ici, la population a dû faire le « deuil» de ce fruit produit localement, et ce, à cause des tarifs exorbitants, ayant atteint, ces derniers jours, les 850 Da le kilo. En effet, en très peu de temps, les prix ont été multipliés par quatre, et ce, à cause de la dernière mesure prise par le ministre du Commerce concernant l’interdiction d’importation de ce fruit. Cette décision a-t-elle un lien avec l’augmentation des prix en raison de la baisse de l’offre ? oui, répondent les producteurs.

Hier, l’Association des agriculteurs investisseurs a dénoncé « les barons de l’importation» qui cherchent, selon cette organisation, « à faire pression sur l’Etat dans le but d’infléchir sa volonté quant à l’interdiction d’importation des pommes». Cet appel a été lancé la semaine dernière lors d’une journée d’étude sur la production des pommes, tenue dans la commune d’Ichemoul (50 km au sud-est de Batna), à laquelle ont pris part des responsables du secteur de l’agriculture, du commerce et des chercheurs universitaires.

Les membres de l’association ont été unanimes à souhaiter que la décision soit définitive, bien que l’un d’eux, faisant preuve de lucidité, a attiré leur attention sur la flambée des prix qu’a connue ce fruit ces derniers jours dans la capitale de la pomme, en préconisant un coût raisonnable. « Si nous voulons gagner cette bataille, les prix doivent être abordables pour le consommateur. A ce titre, nous demandons aux responsables chargés du secteur agricole de faire plus d’efforts dans la fourniture des produits adjuvants (engrais et pesticides) que nous achetons pour le moment chez les revendeurs informels et qui nous reviennent à deux, voire trois fois leur prix», a-t-il clamé.

Seulement, cette flambée des prix n’est pas seulement due à ces causes qui, certes, y sont pour beaucoup, mais aux spéculateurs venus du centre du pays. Ces derniers, selon l’un des producteurs, ont eu vent de la décision qui allait être prise et l’ont devancée en opérant une sorte d’OPA sur la production de la région pour la stocker par la suite. « Le producteur a cédé ses pommes entre 130 DA/kg, le premier choix, et 80 DA le troisième choix», a révélé ce même producteur.

Par ailleurs, le fruit proposé au consommateur, stocké depuis le mois de septembre 2016, n’a pas été soumis aux normes. La preuve, il se détériore rapidement. Notons qu’à côté du produit local, celui de l’importation est toujours présent sur les étals à 900 DA/kg. « Une partie provient de l’ancien stock et une autre vient de la contrebande en provenance de la Tunisie», explique un détaillant.
Concernant la décision d’interdire l’importation, Azzedine Benterki, professeur en économie de l’université de Constantine, présent à cette journée d’étude, a souligné la fragilité d’une telle action. « Elle est valable tant que l’Algérie n’est pas membre de l’OMC. Lorsqu’elle le sera, elle n’aura plus le droit d’interdire les importations», a-t-il précisé en préconisant une révision des tarifs douaniers.
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