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Ce que l’indépendance doit aux réseaux belges

Publié le 23/10/2017, par dans Non classé.

C’est une histoire très peu connue : celle de la contribution de nos amis belges au combat pour l’indépendance de notre pays.
Pourtant, ils étaient nombreux à s’engager pour la cause algérienne, apportant un précieux soutien au FLN, et ce, à un moment où l’étau se resserrait de toutes parts sur les militants nationalistes. C’est ainsi que, dans le prolongement du Réseau Jeanson et du Réseau Curiel, des réseaux similaires de Porteurs de valises ont été créés en Belgique. Ils ont hébergé des militants clandestins, fait passer les frontières à des activistes recherchés par la police française, acheminé des documents…

Rappelons aussi le rôle majeur qu’a joué le Collectif des avocats belges du FLN, collectif qui était en contact avec Jacques Vergès, et qui a adopté sa stratégie de « la défense de rupture». A la tête de ce collectif se trouvait Me Serge Moureaux, alors jeune avocat fraîchement inscrit au barreau de Bruxelles. Grâce à ce courageux collectif qui s’est voué à la défense des résistants algériens, beaucoup d’entre eux ont été sauvés de la guillotine.

Ajoutez à cela la naissance de « comités pour la paix en Algérie» et contre l’OAS. Autre fait à forte portée symbolique, et qui mérite mention : selon certains témoignages, la première fois où le drapeau algérien a été déployé au grand jour dans toute l’Europe, c’était à Bruxelles, lors des funérailles d’Akli Aissou, étudiant en médecine proche de l’UGEMA, assassiné par la Main Rouge le 9 mars 1960 à Ixelles, dans la banlieue bruxelloise.

« Lors de ses imposantes funérailles, le cercueil est recouvert du drapeau algérien, le recteur et le président du Conseil marchent en tête, toutes les universités du pays ont envoyé des délégations», écrit la journaliste Colette Braeckman sur son blog (voir : blog.lesoir.be/colette-braeckman/). Il faut se souvenir aussi que le professeur Georges Laperches, partisan de l’indépendance algérienne, sera assassiné chez lui après avoir reçu un colis contenant un livre piégé. C’était le 25 mars 1960, à Liège.

« Des Belges, au péril de leur vie, ont aidé le FLN»

Et c’est précisément pour mieux faire connaître ce pan de notre histoire commune, qu’un colloque sera organisé dimanche 29 octobre, à partir de 9h, à la Bibliothèque nationale d’El Hamma, à l’initiative de l’ambassade de Belgique à Alger, sous le titre : « Le Front du Nord. Des Belges et la guerre d’Algérie (1954-1962)». C’est ce qu’annonce un communiqué de l’ambassade belge en précisant que cet événement « réunira acteurs et témoins, belges et algériens, afin que cette mémoire ne disparaisse pas».

Ce colloque, ajoute la même source, bénéficie du soutien des ministères de la Culture, des Moudjahidine et de la Communication. Le colloque est ouvert au public. C’est la première fois qu’un événement de cette dimension est organisé en l’honneur de ces Justes qui, il faut le dire, n’ont aucun lien direct avec l’Algérie, et qui, sans hésiter, ont pris fait et cause avec le peuple algérien. Un geste à saluer avec ferveur… « Des Belges, au péril de leur vie parfois, ont aidé les Algériens et le FLN pendant la guerre d’indépendance.

Ils ont été membres de réseaux, porteurs de valises, passeurs de militants et de clandestins… mais aussi membres du collectif des avocats belges du FLN qui défendaient les militants algériens et le FLN devant les tribunaux français. Les profils, les histoires et les motivations de chacun étaient très différents. Néanmoins, un élément les rassemblait tous : ils croyaient en une cause juste. Cette histoire est mal connue en Belgique comme en Algérie», souligne le même document.

« Atelier de la mémoire»

Ce colloque se veut également un « atelier de la mémoire», selon le mot des organisateurs, où la parole des témoins et des acteurs sera entendue avec attention et reconnaissance. « Nous comptons sur la venue d’une dizaine de personnes de Belgique», indique-t-on. Parmi celles dont les noms sont annoncés : Henriette Moureaux, épouse de Me Serge Moureaux, responsable du Collectif des avocats belges du FLN ; Suzy Rosendor, agent de liaison de Omar Boudaoud, responsable de la Fédération de France du FLN ; Adeline Liebman, liée au Réseau Curiel ; Anne Somerhausen, épouse de Luc Somerhausen alias « Alex», chef du réseau belge affilié au Réseau Jeanson ; Marc Rayet, du réseau des étudiants communistes, et enfin Mateo Alaluf, « ancien membre des mouvements de jeunesse à Bruxelles en solidarité avec le FLN».

Les travaux s’ouvriront par une mise en perspective historique à travers une communication de Ali Haroun et un exposé de Paul-Emmanuel Babin, spécialiste de l’histoire de la « guerre d’Algérie en Belgique». Ces deux interventions seront suivies par la projection d’un film consacré justement au rôle joué par le « front belge» – et dont le titre a largement inspiré celui de ce colloque. Le film s’intitule : Le Front du Nord. Des Belges dans la guerre d’Algérie (1954-1962). Il a été réalisé en 1992 par Hugues Le Paige pour la RTBF.

Dans ce film, il a recueilli le témoignage de plusieurs militants anticolonialistes belges engagés en faveur de l’indépendance de l’Algérie. M. Le Paige sera présent à cette occasion pour débattre de son film avec le public. Dans l’après-midi, on aura la chance d’écouter directement les récits de nos valeureux compagnons de lutte. Mateo Alaluf parlera de « L’atmosphère en Belgique et dans les mouvements étudiants» durant cette période charnière.

Suzy Rosendor, Adeline Liebman, Anne Somer-hausen et Marc Rayet évoqueront plus en détail les « Réseaux et activités de soutien au FLN en Belgique». Pour sa part, Henriette Moureaux reviendra sur l’action du « Collectif des avocats belges du FLN». Enfin, Me Ali Haroun nous racontera comment les choses se passaient à l’intérieur de la Fédération de France du FLN. Notons que pour beaucoup de ces acteurs héroïques du Front du Nord, c’est la première fois qu’ils visitent Alger. Et cela coïncide avec la célébration du 63e anniversaire de la Révolution. Tout un symbole !
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