formats

Carnet de bord des législatives 5

Publié le 10/03/2017, par dans Non classé.

Samedi : « En total contradiction avec les textes, l’administration exige la signature du président du parti pour certaines listes et la remise du document en original», s’insurge le porte-parole du RCD, Athmane Mazouz, lui-même candidat du parti à Béjaïa. Sur sa page Facebook, le cadre de ce parti précise : « Pour ceux qui connaissent les distances qui séparent les wilayas du sud de la capitale, ceci ne peut être assimilé qu’à une volonté de bloquer les listes du parti à travers certaines régions du pays.» L’administration, encore et toujours.

Par contre, ça roule pour le RND d’Ahmed Ouyahia : le parti a finalisé, vendredi 4 mars, l’opération de validation des listes des candidats. Par ailleurs, on apprendra que c’est le ministre des Transports et des Travaux publics, Boudjemaâ Talaï, qui mène la liste FLN à Annaba. Abdelwahab Nouri, ministre de l’Aménagement du territoire, dirige celle de Batna. Abdelkader Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur, mène la liste de Tiaret ; à Illizi ce sera Aïcha Tagabou, ministre délégué à l’Artisanat, et l’ancien ministre des Finances, Mohamed Djellab, est tête de liste à Biskra. Pour Alger, le FLN n’a pas encore tranché.

Dimanche : Pour faire bien les choses, Abdelmalek Sellal, Premier ministre, a réuni la Commission nationale chargée de la préparation et de l’organisation des élections législatives. Selon le communiqué officiel, cette réunion doit « faire un point d’étape concernant la préparation matérielle et sécuritaire du prochain scrutin», citant « l’organisation des opérations électorales, le traitement des questions sécuritaires, les aspects liés aux commissions administratives électorales et l’action médiatique».

Ce dimanche à minuit s’achèvera le délai de dépôt des listes de candidatures, et là, le RCD dénoncé « le rejet de nombreuses signatures par l’administration nécessaires pour la validation des listes électorales». Rejets qui lui font limiter sa présence dans « pas plus d’une quinzaine de circonscriptions, notamment les wilayas», selon Athmane Mazouz.

Le chargé de com’ du RCD accuse : « Le fichier électoral et l’application centralisée font partie d’une véritable arnaque administrative. Nous ne sommes pas les seuls à être confrontés à cela. Lorsqu’on remet le CD portant les signatures et lorsqu’ils procèdent à des vérifications, ils suppriment de nombreuses d’entre elles parce que leur fichier électoral n’est pas actualisé.»

Lundi : On ne sait pas comment interpréter les mots du ministre de la Communication, Hamid Grine. A partir de Mostaganem, il déclare que les prochaines législatives constitueront une occasion pour savoir si « la liberté d’expression, responsable et professionnelle, loin de l’injure, la diffamation et l’invective, a été atteinte».

Ces élections seraient, selon le ministre, « un véritable test pour la presse algérienne et pour les chaînes de télévision dotées de bureaux agréés et non agréés». Et il ajoute que les agréments de chaînes privées « seront délivrés après les élections». Menaces ou vœux pieux ? Et quel sort réservé à ceux qui ne plaisent pas aux princes du moment ? Les mêmes punitions qui ont frappé une partie de la presse après l’élection présidentielle de 2014 ?

Questions légitimes mais qui ne trouveront de réponse qu’après le 4 mai, soit un jour après le 3, Journée mondiale de la liberté de la presse. Côté FLN, c’est la fin du suspens : c’est l’ancien ministre Sid Ahmed Ferroukhi qui mènera la liste du vieux parti à Alger. Un homme qui revient de loin quand on sait que Saadani, l’ancien patron du FLN, avait obtenu son éloignement du ministère de l’Agriculture. Revival !

Mardi : Le ministère de l’Intérieur a tenu à répondre aux accusations du RCD : « Toutes les listes présentées au niveau des wilayas, dont l’huissier atteste la présence (des listes), ont pu être déposées. L’opération s’est déroulée en présence d’un huissier de justice. On pouvait déposer les dossiers depuis le 4 février jusqu’au 5 mars.»

Confirmant une tendance mondiale après la « mort des idéologies», l’émergence du Tea Party et la victoire de Trump aux USA ou encore la montée de Macron en France, Amara Benyounès atteste : « Pour moi, il y aura de nouveaux partis qui vont paraître. Les partis classiques et anciens vont connaître peut être un début de déclin.» Lors d’une conférence de presse, l’ancien ministre et président du Mouvement pour l’Algérie (MPA) affirme aussi que l’après-législative connaîtra un « changement radical». Attention, on n’aime pas trop ce genre d’expressions en haut !

Mercredi : Incontournable thématique imposée par ce 8 mars : la femme et la politique. Là, notre ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Mounia Meslem, a déclaré que les prochaines législatives « consacreront la démocratie et le droit de la femme à la participation politique, à la prise de décision et à l’édification de son avenir». La ministre ne nous a pas dit comment elle a été évincée des listes électorales FLN à la dernière minute par Djamel Ould Abbès !

Mme Meslem fait montre, en tout cas, d’un fair-play inégalé en faisant de telles déclarations la main sur le cœur. Bravo. Pour sa part, Bouteflika, et dans son message à l’occasion du 8 mars, a souhaité « voir progresser» la présence de la femme sur les bancs de l’APN à l’occasion des prochaines législatives.

Jeudi : « L’abstention travaille notre mouvement et nous arrange. Elle ne nous fait pas peur», la boutade est signée Abderezak Makri, président du MSP, ex-parti frondeur et anciennement parti entriste. Le Soir nous rapporte ses paroles pleines d’assurance lors d’une conférence de presse : « La véritable réussite (de ce scrutin, ndlr) se mesure à sa transparence et à sa régularité indépendamment des vainqueurs.»

Et ce n’est qu’à cette condition que « le MSP en sortira le premier». C’est comme demander à la nuit de ne pas être sombre ou au soleil de ne pas briller. Mais bon, le MSP veut leader une opposition encadrée à l’intérieur des institutions après avoir tenté l’opposition radicale hors des murs. A surveiller de près. Adlène Meddi
Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé Carnet de bord des législatives 5
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair