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Yennayer patrimoine de l’humanité

Publié le 21/02/2016, par dans Non classé.

La fête de Yennayer sera-t-elle classée en tant qu’événement calendaire ? Un rite agraire ? Quels seront les aspects culturels, sociologiques, anthropologiques, historiques et identitaires qui seront intégrés dans le dossier de demande de classement de cette fête ancestrale ?
Cet événement étant célébré dans plusieurs pays, l’Algérie agira-t-elle en solo dans sa démarche, ou le fera-t-elle de concert avec les autres pays qui partagent ce patrimoine ? C’est pour répondre à toutes ces questions qu’une journée d’étude a regroupé, hier à Oran, des historiens, des anthropologues, des sociologues et des chercheurs de divers horizons. Une rencontre placée sous le thème : « Procédés de classement et de valorisation de la fête de Yennayer», organisée au Centre de recherches en anthropologie sociale et culturelle (Crasc) par le Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA), les ministères de l’Education nationale et de la Culture en partenariat avec le Crasc et sous le patronage de la wilaya d’Oran.

Les participants ont passé en revue les différentes procédures à entreprendre pour la reconnaissance par l’Unesco de cette fête comme patrimoine immatériel de l’humanité dans le cadre de la Convention adoptée par cet organisme onusien en 2003. « Ce classement permettra à Yenayer d’avoir une lisibilité à l’échelle internationale. Cela met surtout l’Etat devant sa responsabilité pour s’engager afin d’élaborer un plan de sauvegarde et de sa promotion et de mobiliser les financements nécessaires», a expliqué Slimane Hachi, directeur du Centre national de recherche préhistorique, anthropologique et historique (CNRPAH), qui a animé une communication. « En Algérie, Yenayer a été classé en 2005 dans la banque de données qui compile le patrimoine national immatériel à protéger et à promouvoir», rappelle M. Hachi. L’idée de saisir l’Unesco a été lancée, il y a une année, par le HCA, dont le secrétaire général, Si El Hachemi Assad, a salué, hier, « l’engagement de la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit-Remaoun, dans l’appui de cette demande auprès de l’institution onusienne et pour ses efforts pour la promotion et la généralisation de tamazight à l’école».

Dans une allocution présentée hier, la ministre de l’Education s’est félicitée du fait que « Yennayer a été célébré, cette année, dans 28 000 établissements scolaires à travers le pays». Farid Benramdane, professeur des universités et conseiller au ministère de l’Education, a souligné que « dès septembre prochain, l’enseignement de tamazight sera assuré à travers 32 wilayas contre 22 actuellement alors que cette langue ancestrale n’était prodiguée que dans 11 wilayas à l’arrivée de l’actuelle ministre à la tête du secteur». « Yennayer est l’une des fêtes les plus anciennes de l’humanité encore célébrée au XXIe siècle. Géographiquement, c’est la fête la plus partagée en Afrique, de l’Egypte aux côtes atlantiques, des îles Canaries jusqu’au Mali», note le HCA.

Yennayer est le premier jour de l’an du calendrier agraire utilisé depuis l’Antiquité par les Amazighs à travers l’Afrique du Nord. Il est célébré le 12 janvier en Kabylie, en Oranie, dans les Aurès et ailleurs. Il marque le passage à la nouvelle année. En pleine révolte qui a secoué la Kabylie en 1980, Ammar Negadi, de l’Académie amazighe a créé le premier calendrier de Tamazgha en se référant à un événement marquant dans l’histoire du peuple amazigh, pour en faire le point de départ symbolique du calendrier.

Cette date-référence remonte à 950 avant Jésus-Christ, quand le roi amazigh Chachnaq fût intronisé pharaon d’Egypte et fonda la 22e dynastie qui régna sur l’Egypte jusqu’à l’an 715 av. J.-C. Yennayer est marqué par des mythes, des rites, des croyances et des superstitions. Des repas copieux symboliques sont servis en famille pour espérer que la récolte présagée soit généreuse.

Dans la région des Beni Snous à Tlemcen, un carnaval est organisé où les masques symbolisent le retour des invisibles sur terre. Les habitants des villages se déguisent avec des masques et exécutent des danses à travers les ruelles des villages. Un théâtre où l’offrande place la nouvelle année dans l’espoir d’être sous d’heureux auspices. Yenayer est aussi marqué par des légendes, dont les versions sont différentes selon les régions. « L’intégration de Yennayer dans la liste officielle des fêtes nationales doit passer par la révision d’un décret datant de 1963», plaide le HCA. Lire la suite

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