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Virée dans les locaux D’El Khabar : Inquiétude et détermination

Publié le 19/06/2016, par dans Non classé.

Un climat d’incertitude règne dans les locaux du journal arabophone El Khabar.
Le gel des effets de la transaction conclue entre le groupe El Khabar et NessProd, filiale du groupe Cevital, prononcé mercredi par le juge du tribunal administratif de Bir Mourad Raïs, laisse perplexes les journalistes qui avaient espoir de voir ce tribunal déclarer son incompétence dans cette affaire.

« C’est le flou total», s’inquiète le personnel, qui parle d’une situation inédite. « Les actionnaires ont vendu leurs parts. Ils ne sont donc plus propriétaires du journal et aujourd’hui, avec cette décision de justice, NessProd n’est également plus propriétaire du journal.

C’est un fait inédit. Il y a eu un grave dérapage dans cette affaire et nous craignons le pire», s’insurge Hamid Yes, responsable du service politique en insistant sur le caractère politique que revêt cette affaire.

Pour ce journaliste, la justice n’a pas été « juste» et encore moins « neutre» dès lors qu’elle a appliqué les directives du ministre de la Communication, lequel a bafoué les lois de la République. « Ce n’est pas au ministre de s’exprimer sur cette question. Si la transaction est illégale, c’est à l’Autorité de régulation de prendre la décision qui s’impose. Du point de vue juridique, le tribunal de Bir Mourad Raïs aurait dû relever ces irrégularités», note Hamid.

Craignant pour le devenir des 207 employés de cette entreprise, le journaliste Djalal Bouatti, membre de la section syndicale, espère une solution rapide à cette affaire qui prend une tournure dangereuse. L’avenir du personnel, dit-il, « est en jeu».

« Certes, les journalistes n’auront peut-être pas de difficulté à trouver un emploi, mais le problème va se poser pour le personnel administratif qui a accompagné l’aventure de cette entreprise depuis son lancement il y a plus de 20 ans», explique Djalal. Le syndicat demande une solution préservant le journal et les emplois.

De l’avis des journalistes, le régime s’en est pris au journal El Khabar à cause de sa ligne éditoriale. « Cette transaction a mis à nu les intentions du pouvoir. Nous déplorons le fait que la génération de la Révolution qui a lutté pour l’indépendance de l’Algérie se comporte d’une manière abjecte avec la génération d’après-indépendance à travers sa mauvaise interprétation des textes de loi», estime ce syndicaliste.

D’autres journalistes, comme Hafid Soualili et Djamel Fenineche, craignent pour le devenir de l’entreprise qui reste flou ; ils sont aussi persuadés que la situation ne redeviendra jamais comme avant en raison de la pression qu’ils ont subie et l’impact qu’a eu cette affaire sur leur moral.

« La décision de la justice qui est floue a suscité parmi nous des appréhensions et a engendré beaucoup de nuance et des ambiguïtés. Nous avons cru que la justice allait prononcer un jugement en notre faveur et ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, nous n’avons aucune idée sur la suite des événements», explique Hafid de la rubrique économie.

Les journalistes de ce quotidien savent pertinemment qu’à travers El Khabar, le pouvoir veut museler la liberté d’expression et les journaux qui n’obéissent pas aux « règles dictées» d’en haut. Les journalistes ont, certes, peur d’un éventuel recours à la fermeture de la publication, mais ils ont également des appréhensions si le journal échappe à cette mesure.

« Si demain le journal sort indemne de cette affaire, le pouvoir tentera encore une fois et par tous les moyens de le casser en le privant, par exemple, de la publicité et ce sera alors une morte lente pour El Khabar», craint le journaliste Sidhoum qui, dit-il, combattra avec ses collègues pour préserver leur gagne-pain et aussi ce grand journal qui dérange.

Slimane Hamiche, le rédacteur en chef, confirme le flou qui caractérise cette affaire et aussi l’horizon incertain de ce média. « Nous craignons le pire, nous ne savons pas ce qui nous attend», avoue-t-il avant de s’interroger sur les visées du pouvoir : « La transaction a eu lieu entre deux entités privées, pourquoi le pouvoir s’en mêle-t-il ? S’il n’ y avait pas d’arrière-pensée politique, en quoi une transaction entre deux privés intéresse-t-elle nos dirigeants ?»

Pour sa part, le directeur de la publication, Cherif Rezki, dit faire face à une situation inédite : « On gèle une transaction en cours, pas une transaction qui a été conclue. C’est toute l’Algérie qui a perdu dans cette affaire. Nous avons donné une mauvais image de notre pays. Où est la liberté d’expression ? Où est la liberté d’investissement ?» Lire la suite

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