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Une rentrée politique au «temple» du Club des Pins

Publié le 10/09/2016, par dans Non classé.

Bouteflika a effectué, avant-hier, l’une des rares sorties sur le terrain depuis qu’il a été reconduit pour un quatrième mandat en avril 2014.
Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a inauguré jeudi dernier à Alger le Centre international des conférences (CIC), situé à Club des Pins, à proximité du Palais des nations construit par l’ancien chef de l’Etat le défunt Chadli Bendjdid.

Conduit dans un fauteuil roulant, le locataire du palais d’El Mouradia, qui n’a pas prononcé un seul mot durant la séance inaugurale, a d’abord dévoilé, à l’entrée du hall principal du CIC, la plaque inaugurale du centre, baptisé au nom de Abdelatif Rahal, ancien diplomate qu’il a nommé conseiller à la Présidence, et décédé alors qu’il était toujours en fonction en décembre 2014 à l’âge de 92 ans. Par la suite, son chef de protocole lui a fait visiter le salon des chefs d’Etat et son bureau personnel, situé au bout d’un couloir, auquel on accède en traversant plusieurs salons d’honneur et des salles de réunion pour les chefs d’Etat.

Le président Bouteflika — qui était accompagné de son frère conseiller, Saïd, du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, du président du Conseil de la nation (Sénat), Abdelkader Bensalah, et du président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Mohamed Larbi Ould Khelifa — a effectué, avant-hier, l’une des rares sorties sur le terrain depuis qu’il a été reconduit pour un quatrième mandat en avril 2014, voire depuis son évacuation à l’hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce en avril 2013, suite à un accident vasculaire cérébral (AVC) et où il a séjourné deux mois.

Après la rentrée politique de Abdelmalek Sellal à partir de la wilaya de Saïda, celle du Parlement, la semaine dernière, le chef de l’Etat a voulu visiblement faire la sienne à partir de Club des Pins. Mais, faut-il le souligner, c’est une rentrée qui intervient sans nul doute dans un contexte difficile, marqué par une sévère crise économique et l’élaboration d’une loi de finances 2017 qui annonce des jours sombres pour les ménages.

Le luxe et l’opulence affichés par le centre inauguré par le président Bouteflika viennent en fait contredire la situation financière du pays, qui ne cesse de se détériorer depuis la chute des prix du pétrole. Et le Centre international des conférences, dont la construction a été entamée en 2005, n’est en réalité que l’un des ultimes vestiges de l’opulence financière des années 2000 qui, malheureusement, n’a pas servi à relancer la machine économique du pays et l’aider à sortir de la dépendance vis-à-vis de la rente pétrolière.

Si son inauguration, en grande pompe jeudi par le chef de l’Etat lui-même, et l’étalage de luxe, fait à travers la visite de ses différents compartiments, sont une manière de le présenter comme une réalisation de premier rang de l’ère Bouteflika, le CIC qui ne fera assurément pas manger les Algériens, ni ne résoudra les problèmes de leur quotidien de plus en plus difficile, s’installe comme un symbole de gâchis et un « monument» qui leur rappellera certainement les occasions ratées de placer l’Algérie parmi les pays émergents.
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