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Une place au panthéon des patriotes

Publié le 04/12/2016, par dans Non classé.

Une grande figure du Mouvement nationaliste vient de nous quitter. Maître Mabrouk Belhocine s’est éteint hier à l’âge de 95 ans.
Ce n’est pas le genre d’homme auquel on tisse des lauriers après sa mort ; ses lauriers, il les a acquis de son vivant par son combat pour la libération de l’Algérie du joug colonial. S’il n’est pas connu du grand public, c’est parce que Si Mabrouk a évolué dans un système qui, depuis 1962, a bridé les compétences, écarté beaucoup de grands hommes de la scène politique pour laisser la place à la médiocrité. Pourtant, Me Belhocine mérite largement sa place au Panthéon des patriotes, cette race d’hommes qui ont redonné leur dignité aux Algériens. Il est l’un des membres fondateurs — et cela peu d’Algériens le savent — du Mouvement national. Pourtant, toute sa vie, il est resté d’une immense modestie.

Qui est au courant qu’il a été le secrétaire de Abane Ramdane ? Il a d’ailleurs publié Le Courrier Alger-Le Caire (1954-1956) qui révélait les correspondances de cet autre géant, avec notamment les dirigeants de la Révolution établis au Caire. C’est d’ailleurs dans les colonnes d’El Watan qu’il a appris aux Algériens les conditions exactes dans lesquelles a été assassiné le grand militant. Qui est au courant que Me Belhocine a été secrétaire général du ministère des Affaires étrangères quand celui-ci était dirigé par le lion Krim Belkacem, à l’époque du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) ?

Mais la patrie n’a pas été reconnaissante ! Pour avoir eu une autre idée de la nation algérienne, pour avoir eu un dégoût viscéral de la politique politicienne, pour avoir rejeté d’emblée le clanisme et le régionalisme, ce grand homme s’est retrouvé marginalisé. Et pour garder totalement son indépendance et ne pas être éclaboussé par le jeu malsain de la course au pouvoir, il s’était inscrit au barreau d’Alger. Ceux qui ont eu le plaisir de le côtoyer et d’avoir des discussions avec lui buvaient ses paroles et l’écoutaient religieusement sans oser l’interrompre. Parce que c’était une véritable bibliothèque, un puits de connaissances qui laissait admiratif. Malgré son éloignement de la vie politique, il était resté un observateur attentif et critique de l’évolution de l’Algérie.

Et il s’interrogeait. Pourquoi cet homme-là n’a jamais été sollicité pour être président de l’APN ou du Sénat, par exemple ? Est-ce que son indépendance et son honnêteté faisaient peur au pouvoir ? Il est vrai qu’avec lui, le législatif aurait acquis son indépendance de l’Exécutif et il aurait épargné aux Algériens le rebutant spectacle d’institutions spécialisées dans la courbette.

Quand les parvenus auront disparu de la scène politique, quand l’Algérie entrera dans une vie démocratique, quand le mensonge ne sera plus un mode de gouvernance, l’histoire nous dira alors qui était véritablement Mabrouk Belhocine.

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