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«Une pièce de théâtre de bas étage»

Publié le 20/05/2017, par dans Non classé.

La presse marocaine est en ordre de bataille. Et pour cause, l’agression dont aurait fait l’objet le numéro 2 de l’ambassade du royaume chérifien à Sainte-Lucie, Mohamed Ali Khamlichi de la part d’un diplomate algérien, directeur général au ministère des Affaires étrangères, Soufiane Mimouni. L’événement se serait produit, avant-hier, lors d’une rencontre du Comité spécial des Vingt-Quatre (C24) de l’ONU sur la décolonisation organisée sur cette île des Caraïbes. Dans une dépêche reprise par TSA, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a confirmé l’incident auprès de l’agence AFP.

« Arriver ainsi à transgresser tous les us et coutumes diplomatiques de la part d’un haut diplomate, troisième personnage du MAE algérien, c’est grave. Ce genre d’extrême, jusqu’à l’agression physique, c’est unique dans les annales.» L’altercation est survenue sur la question du Sahara occidental. Selon le site marocain 360.ma qui a relaté le fil des événements, chaque année, un représentant du Polisario (…) vient s’exprimer devant le comité onusien en sa qualité de « représentant des populations du Sahara occidental». Le Maroc aurait voulu imposer ses partisans.

Et c’est « au cours de cette réunion, indique un responsable marocain à l’AFP, que Soufiane Mimouni, directeur général du MAE algérien, a agressé physiquement l’adjoint de notre ambassadeur à Sainte-Lucie». « Notre diplomate, a-t-il souligné, a dû partir à l’hôpital, et la réunion a été interrompue». « Une plainte a été déposée», a indiqué la même source. Le site 360 a diffusé une série de photos montrant le diplomate marocain à terre et recevant les premiers secours. Cependant, le site algérien, Algérie Patriotique, donne une tout autre version. Selon lui, « la réunion du Comité de décolonisation, qui vient d’avoir lieu du 16 au 18 mai à Saint Vincent et Grenadines, a été marquée par un grave incident provoqué par la délégation marocaine conduite par l’ambassadeur Omar Hilale, représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies». « A court d’arguments au terme d’un large débat sur la question du Sahara occidental, au cours duquel les membres du Comité ont opposé une fin de non-recevoir à la demande marocaine de faire admettre deux représentants fantoches, prétendument élus de Laâyoune et de Dakhla, la délégation marocaine n’a eu d’autre recours que de se livrer à des actes de provocation, des invectives et des insultes à l’égard de plusieurs délégations proches de l’Algérie», a-t-il souligné.

« Plus grave, ajoute la même source, des membres de cette délégation ont agressé physiquement un membre de la délégation algérienne, provoquant ainsi une interruption de la séance de plus de trois heures et bouleversant les travaux de la réunion.» « Ne reculant décidément devant aucun moyen, la délégation marocaine a poussé l’outrecuidance jusqu’à prétendre qu’un de ses membres aurait été victime de coups portés par un membre de la délégation algérienne», indique le site algérien. Hier en fin d’après-midi, le MAE, par le biais de son porte-parole Benali Chérif, a récusé les accusations marocaines en faisant une déclaration à Huffington Post. Il les a qualifiées de « pièce de théâtre de bas étage». Au contraire, selon lui, ce sont les représentants marocains qui n’avaient pas manqué d’agressivité. « Ils étaient une douzaine de diplomates marocains, tandis que nous n’avions que 4 des nôtres, dont une femme qui a été continuellement agressée durant son séjour. Les autorités de l’île de Sainte-Lucie ont dû lui assurer une garde rapprochée pour veiller à sa sécurité, après avoir été verbalement agressée par les diplomates marocains», a-t-il affirmé. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères défie même les accusateurs de fournir des preuves de cette agression.

Selon lui, « la salle où se déroulait la réunion du comité onusien était équipée de caméras de surveillance. Je défie les diplomates marocains de fournir une copie montrant cette agression», a-t-il déclaré à Huffington Post. Pour lui, c’est une « mise en scène abracadabrante». Soulignant que ce genre de pratiques dont sont accusés les diplomates algériens « sont loin des valeurs, des habitudes et des traditions du MAE algérien», Benali Chérif soutient que « ce sont eux qui versent dans la provocation». « Il suffit, a-t-il dit, de faire une petite recherche pour voir qui a un palmarès riche en provocations». Lire la suite

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