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Une officialisation et puis… rien !

Publié le 13/12/2017, par dans Non classé.

La mobilisation de rue pour la promotion de la langue amazighe de ces derniers jours rappelle une réalité : beaucoup, ou tout, reste à faire pour résoudre définitivement la question identitaire en Algérie.
C’est un message clair aux tenants du pouvoir qui, en reconnaissant le caractère national et officiel de la langue amazighe dans le cadre de la révision constitutionnelle de 2016, croyaient avoir mis fin à toute polémique autour de la question. Ils se sont visiblement lourdement trompés.

La constitutionnalisation de cette langue ne suffit pas. Il y a plus important, en l’occurrence la mise en œuvre de cette décision. C’est ce que disent les milliers de personnes qui ont battu le pavé dans les quatre coins de la Kabylie et dans la capitale des Aurès, Batna.

Et c’est ce que relèvent avec insistance les défenseurs de l’identité amazighe qui dénoncent « l’absence de volonté politique pour donner du sens aux dispositions de la Constitution».

« Peu importe les raisons qui font marcher les étudiants, elles sont toujours légitimes quand elles sont fondées. Dans tous les cas, elles rappellent que la question amazighe reste lancinante et que les solutions, les vraies, doivent arriver au plus tôt si on se soucie de la sauvegarde de la paix dans un pays qui a trop souffert», écrit Mouloud Lounaouci, linguiste et membre du Mouvement culturel berbère (MCB), dans un éclairage publié, hier, sur les colonnes de notre confrère Liberté.

Il précise, d’emblée, que près de deux ans après la promulgation de la nouvelle Constitution « il n’y a point d’avancée significative sur la question : ni académie ni loi organique». « Il faut que le pouvoir mette en place une feuille de route sincère et sérieuse pour mettre en œuvre l’officialisation de tamazight.

Car, pour l’instant on ne voit rien venir», souligne pour sa part, Brahim Tazaghart, écrivain, éditeur et militant de la cause amazighe. Pour lui, la priorité aujourd’hui est à l’adoption d’une loi organique portant mise en œuvre de l’officialisation de tamazight. « Une reconnaissance qui n’est pas mise en œuvre n’est pas une reconnaissance effective ! Depuis 2016, aucune loi n’est promulguée. La loi organique est la question centrale. C’est de ce texte que découlera une batterie d’autres lois concernant la création de l’académie de tamazight, la généralisation de son enseignement et ‘‘l’amazighization » de l’environnement», déclare-t-il.

Appel à un débat national sur Tamazight

Brahim Tazaghart relève aussi l’absence de vraie politique culturelle et de toute volonté de promotion de la production en tamazight. « Pour le soutien au livre, tamazight ne perçoit que moins de 10%, contre 50% pour l’arabe et 40% pour le français», souligne-t-il, appelant un débat national sur tamazight.

Le député du Front El Moustakbal Khaled Tazaghart, qui a choisi de faire ses interventions à l’assemblée en Kabyle, dénonce les « louvoiements du pouvoir depuis 1962 qui a relégué au second plan la question identitaire». « Ce n’est pas le rôle du HCA de promouvoir la langue et la culture amazighes.

C’est le pouvoir qui doit le faire, en commençant par adapter la loi d’orientation scolaire avec la nouvelle Constitution. L’actuelle loi est conforme avec la Constitution de 2002. C’est pourquoi il faut rendre, aujourd’hui, l’enseignement de tamazight obligatoire dans tout le territoire national», lance-t-il, en insistant sur le caractère urgent de la création d’une académie de la langue amazighe. L’argument selon lequel le terrain n’est pas prêt pour la généralisation de l’enseignement de la langue amazighe ne tient pas.

« Il y a une demande et les élèves, en dehors de la Kabylie, ont une volonté d’apprendre cette langue. Je l’ai vérifié par exemple dans la wilaya de Sidi Bel Abbès», indique Abdellah Arkoub, inspecteur de tamazight. Selon lui, les textes (Constitution et différentes circulaires) ne trouvent aucune application sur le terrain. « En dehors de Tizi Ouzou et Béjaïa, la généralisation de l’enseignement de cette langue n’est pas effectif. Il y a seulement des classes pilotes dans des écoles.

Dans les wilayas où j’ai exercé, il n’y a ni circulaire ni volume horaire précis pour l’enseignement de tamazight et les manuels n’arrivent pas», ajoute-t-il. « Il n’y a pas un stratégie sérieuse pour la généralisation de l’enseignement de cette langue», enchaîne Abdellah Arkoub. Lire la suite

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