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Une menace pour les pays de la région

Publié le 19/12/2016, par dans Non classé.

La situation en Libye risque d’aller de mal en pis avec la crainte de l’arrivée de milliers d’éléments de Daech, le repli de Boko Haram vers le Sud, où Touareg et Toubous se disputent les marchés des trafics et commercent avec les terroristes d’AQMI. Ce constat inquiétant met en alerte les unités de l’Anp, mobilisées sur plus de 2000 km de frontière depuis cinq ans. Hier, le maréchal Haftar est venu à Alger, alors que Fayez El Sarraj y est attendu dans les jours qui viennent.
La situation explosive qui mine la Libye menace tous les pays de la région et de la sous-région. Un Nord aux richesses pétrolières disputées par deux gouvernements, l’un à Tobrouk et l’autre à Tripoli, un Sud coupé du reste du pays et totalement livré à la contrebande, au trafic d’armes, de drogue et de migrants.

Dans cette guerre, Touareg et Toubous excellent dans le trafic de drogue. Délaissés par les deux gouvernements, leurs activités de contrebande leur ont permis de redessiner les frontières du Sud libyen, désormais un terrain, ou plutôt un no man’s land, où les milices armées s’entretuent pour le contrôle des marchés. Dans cette guerre, Touareg et Toubous ont élargi le champ d’action de leurs trafics et ont redessiné les frontières du sud du pays au profit des bandes armées qui se disputent les trafics en tout genre.

Entre les groupes armés de Daech installés sur le littoral et qui pourraient être ralliés par un contingent de 2000 à 2500 éléments de l’organisation terroriste Etat islamique (EI) ayant fui les bombardements en Irak, en Syrie et au Yémen, et les groupes Boko Haram du nord du Nigeria, qui se replient vers les rives du lac Tchad et se rapprochent du sud de la Libye, ainsi que la présence de plus en plus active au nord du Mali, la situation risque d’aller de mal en pis.

La Libye pourrait se transformer en un véritable sanctuaire de terroristes. Les interventions françaises (au nord du Mali), opérations Serval et Barkhane, et l’installation de bases militaires françaises non seulement au Mali mais aussi au Niger, à quelques kilomètres de la Libye, ainsi que des bases américaines et italiennes, ont visiblement accentué la prolifération des armes, élargi le champ d’action des terroristes ainsi que la fracture intercommunautaire et renforcé la menace sur toute la région sahélo-saharienne, mettant l’Algérie devant l’immense défi de la sécurité aux frontières.

En effet, depuis près de cinq ans, les forces armées algériennes sont mobilisées tout le long des 1947 km partagés avec la Libye et le Niger, mais aussi sur 1376 km partagés avec le Mali. Que ce soit du côté libyen ou malien, les tentatives d’incursion de groupes terroristes sur le territoire algérien sont devenues récurrentes et les quantités d’armes dissimulées dans le désert, récupérées laissent les unités de l’Armée en état d’alerte perpétuelle.

Une telle pression ne peut être éternellement supportée, notamment en ces temps de disette. Raison pour laquelle les plus hautes autorités du pays ne cessent de plaider pour un règlement des crises qui laminent la Libye et le Mali, par le dialogue intercommunautaire, loin de toute intervention étrangère qui, partout, n’a provoqué que le chaos.

Toutes les démarches et les tentatives de règlement engagées ici et là pour faire taire les armes en Libye n’ont malheureusement pas abouti et les deux gouvernements — celui exilé à Tobrouk à l’est de la Libye, dirigé par le maréchal Khalifa Haftar, soutenu par l’Egypte et les Emirats arabes unis, et celui de Tripoli, présidé par Fayez El Sarraj, dominé par les islamistes et soutenu par le Qatar et la Turquie — n’arrivent toujours pas à trouver une issue à la crise.

Après une première visite de deux jours à Alger, au mois d’octobre dernier, M. El Sarraj a défendu le principe d’un « dialogue inclusif» et plaidé pour une « réconciliation nationale dans le cadre du respect de la souveraineté nationale, seule issue pour le dénouement de la crise libyenne qui entame déjà sa cinquième année». Hier, c’est son rival, le maréchal Khalifa Haftar, qui s’est déplacé à Alger pour s’entretenir avec les plus hautes autorités du pays, alors que pour la seconde fois, M. El Sarraj sera l’hôte de l’Algérie dans les prochains jours.

Réconcilier les « frères ennemis» et « rapprocher les points de vue des différents acteurs de la scène politico-sécuritaire libyenne» est un « objectif» auquel la médiation algérienne veut arriver afin que la Libye puisse se remettre sur les rails.

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