formats

Une grande dame digne

Publié le 03/01/2016, par dans Non classé.

C’est avec une immense tristesse que j’ai appris, à la veille de la nouvelle année 2016, le décès de Mme Aldjia Benallègue Noureddine, ravie à notre affection à l’âge de 96 ans.
Aldjia a été la première femme médecin algérienne en 1942 et constituait une exception au moment où la Deuxième Guerre mondiale battait son plein et où l’occupant redoublait de férocité envers les Algériens, qui allait culminer à travers les innommables massacres perpétrés à Sétif, Guelma, Kherrata et ailleurs. Pensant naïvement que l’armistice allait sonner le glas de la colonisation et ses injustices, les Algériens s’étaient soulevés sans en mesurer les conséquences.

C’est dans cette ambiance troublée que Aldjia a commencé à exercer ce noble métier pour ne plus le quitter jusqu’à sa retraite, après avoir été, dès l’indépendance, l’une des bâtisseuses de la médecine algérienne naissante en formant des générations de praticiens, en pansant les plaies et en soulageant les souffrances de milliers de patients. D’une grande affabilité, Aldjia était stricte et ferme sur les principes et ne ménageait aucun effort pour venir au secours des autres. Lors de l’entretien qu’elle nous a accordé il y a près d’une décennie, cette vieille dame digne, qui allait entrer dans le club des nonagénaires, n’a pas manqué de mettre les points sur les I et de rectifier lorsque cela était nécessaire.

Ainsi, quand j’ai eu l’outrecuidance de qualifier son paternel de « personnage», elle s’en est offusquée pour le présenter comme une « personnalité digne d’intérêt qui a été pour elle et pour les siens plus qu’un père, un phare et une référence». Professeure honoraire à l’université d’Alger, Aldjia, née en 1919, a notamment exercé à l’hôpital Nefissa Hamoud (ex-Parnet), une autre grande figure de la médecine algérienne.

Après sa retraite, Aldjia vivait à l’étranger, notamment à Tartous, en Syrie, où elle a rendu l’âme et où elle a été enterrée vendredi. Mme Benallègue avait écrit un livre autobiographique en 2007, intitulé Le Devoir d’espérance (édité par Casbah) où elle évoque son enfance à Aït Helli, en Kabylie, son apprentissage et son métier sacré de pédiatre auquel elle a consacré des centaines de publications et de conférences. Aux familles Noureddine, Yaker, Benallègue et Kanafani, nos sincères condoléances et notre compassion. Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé Une grande dame digne
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair