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Une élection locale sous tension nationale

Publié le 24/11/2017, par dans Non classé.

Les Algériens ont voté hier pour élire les assemblées locales communales et de wilaya dans un contexte peu ordinaire, entre crise économique et opacité quant à la succession (ou non) de l’actuel chef d’Etat, Abdelaziz Bouteflika, 80 ans, au pouvoir depuis 18 ans.
Dans plusieurs quartiers de la capitale et dans sa périphérie étendue, les permanences de candidats et les bus klaxonnant emportant militants et « ambianceurs» ont assuré une sorte d’animation bon enfant. Parler d’un désintérêt massif des Algériens serait exagéré : lucides, les citoyens dosent leur intérêt pour ces élections car la proximité des candidats et des enjeux de pouvoir local sont des facteurs déterminants. Les législatives passionnent moins, car les Algériens sont là aussi lucides sur le rôle du Parlement : caduc face à la machine de l’Exécutif.

Mais au-delà de cet intérêt calculé, une bonne partie de l’opinion reste attentive à la question suivante : à quoi sert de perdre du temps à « jouer à la politique», à faire du « t’peltik», alors que le porte-monnaie familial commence à ressentir les contrecoups du séisme pétrolier ? Si le chantage à la stabilité, en convoquant les guerres syrienne et libyenne, a bien fonctionné pour le moment pour parer à toute vague de contestation majeure, la pression sur les ménages, qui ira crescendo les prochains mois, risque de déborder les lignes rouges qu’installent les autorités.

C’est dans ce contexte difficile, saturé de tensions sociales, que le pouvoir tente de vendre la normalité d’une vie partisane, d’une scène politique qui a du mal à gagner en crédibilité, surtout après les législatives. Les Algériens savent exactement où ils en sont : coincés entre deux réalités, celle que le pouvoir veut imposer et celle qu’ils vivent au jour le jour, entre dérouille et inventivité. C’est dans cette dualité qu’évolue la société, négociant les virages difficiles de la crise et tentant de se maintenir loin du chaos.

Et en parlant de chaos, on en arrive à cet enjeu de la présidentielle 2019 qui s’invita bruyamment dans la campagne électorale, faisant presque oublier qu’on devait se concentrer sur les communes et les wilayas. Les passes d’armes entre Djamel Ould Abbès, SG du FLN, et Ahmed Ouyahia, SG du RND et Premier ministre, autour de la perspective d’avril 2019 ont perturbé l’opinion.

Une opinion qui reste attachée à suivre les lignes de la fatalité sur cette question présidentielle, mais qui comprend que des enjeux énormes se greffent à cette date butoir. La tension est ici aussi palpable : l’épisode Ksentini et ce qu’il a rapporté à El Khabar comme déclarations du Président sur les hommes d’affaires, l’attitude tendue de Ouyahia, toujours sur la défensive, les messages répétés du haut commandement de l’armée sur sa neutralité… Ces éléments mis bout à bout n’augurent pas d’un avenir serein.
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