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Une chance pour sortir du chaos

Publié le 31/05/2018, par dans Non classé.

Le président français, Emmanuel Macron, a essayé de convaincre les quatre principaux dirigeants rivaux, à savoir le Premier ministre Fayez Al-Sarraj, le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de Benghazi, le président de la Chambre des représentants, Aguila Salah Issa, et celui du Conseil d’Etat, Khaled Al-Mishri.
Le sommet de Paris sur la Libye, le deuxième du genre en une année, est-il susceptible d’être le point de départ pour le retour à la paix, au processus politique et une vie normale dans ce pays voisin déchiré par une guerre fratricide sans fin ? Tous les belligérants ont été invités, mardi dernier, à la table de la négociation organisée par la France sous l’égide des Nations unies.

Hormis l’absence du groupe de Misrata, le président français, Emmanuel Macron, a essayé de convaincre les quatre principaux dirigeants rivaux, à savoir le Premier ministre Fayez Al-Sarraj, le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de Benghazi, le président de la Chambre des représentants, Aguila Salah Issa, et celui du Conseil d’Etat, Khaled Al-Mishri.

Mais pas seulement, d’autres parties ont été conviées à ces pourparlers qui se présentent comme une plateforme capable de relancer les chances de la paix en Libye par le biais d’un retour à la légitimité politique et un processus électoral dont le début est prévu en décembre prochain.

Il s’agit des Emirats arabes unis, du Qatar, du Koweït, de la Turquie et de l’Arabie Saoudite. Mais que sont venus faire ces Etats dans la crise libyenne ? La paix dépend également d’eux puisqu’ils sont partie prenante du conflit qui a transformé la Libye en une complexe poudrière, mettant en péril la sécurité et la stabilité de tout le voisinage.

En effet, il y en a parmi eux ceux qui sont directement impliqués dans les affrontements en Libye et agissent dans l’ombre pour faire avorter les quelques initiatives organisées par des pays de la région en vue de réconcilier les frères ennemis.

Ce sont les Libyens eux-mêmes qui n’arrêtent pas de dénoncer ces ingérences. Il y a une année, le porte-parole de l’Armée nationale libyenne (ANL), Ahmed Al-Mismari, révélait que « la Turquie soutenait officiellement les terroristes en Libye et des mercenaires turcs et nigérians se battaient dans les rangs de Daech». Il n’épargnera pas l’émirat du Qatar qu’il accuse de financer le terrorisme en Libye. Le responsable militaire donne d’incroyables détails.

Al-Mesmari adresse ses accusations au colonel qatari Salem Ali Jarboui, attaché militaire dans les 5 pays du Maghreb, basé en Tunisie, d’avoir fait transférer 8 milliards de dollars de la Qatar National Bank (QNB Tunisie) à la Banque de l’Habitat (BH) et à son agence à Tataouine, pour servir au financement des terroristes en Libye.

Les Libyens détiendraient des preuves irréfutables sur la volonté de certaines parties d’y maintenir l’état de guerre. Même l’Italie, selon des informations, aurait aidé les milices par des financements pour empêcher les migrants d’embarquer sur ses côtes. En réalité, les différents groupes armés, les milices et le terrorisme semblent agir tous sous la bienveillance de puissances étrangères qui visiblement ont des agendas différents en Libye et dans toute la région.

La France, l’Angleterre, les Etats-Unis et l’Italie, qui ont une énorme responsabilité dans le chaos libyen, n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur le chemin à suivre, même si accessoirement ils tentent de sauver la face.

C’est la suite qui sera donnée à l’accord de Paris qui renseignera certainement sur les intentions des uns et des autres d’aboutir à un processus politique qui restaurera la stabilité en Libye, un pays riche avec l’une des plus grande réserve de pétrole et de gaz au monde, sans oublier sa position géographique importante.

Ce qui n’est pas normal, c’est de constater que les belligérants libyens n’ont pas encore apposé leur signature sur l’accord, ils n’ont donné qu’un engagement verbal, pour des raisons évidentes qui mettent en avant toute la complexité de la problématique libyenne, il y a toutefois des raisons d’espérer qu’une sortie de crise soit possible.

Ce sont les Libyens qui la veulent ardemment en montrant leur adhésion au processus. Il était temps d’en finir avec les interférences extérieures qui rendent minimes les chances d’un retour à la stabilité. Les accusations du porte-parole de l’Armée nationale libyenne contre le Qatar sont en effet d’une gravité sans mesure.

Il avait révélé des documents prouvant l’implication militaire de cet Emirat dans les troubles et avait même souligné que Doha était impliqué dans des assassinats, notamment celui de Abdelfatah Younes susceptible de diriger la Libye après la chute du régime d’El Guedddafi.

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