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Un tableau apocalyptique

Publié le 13/01/2018, par dans Non classé.

Alors que le gouvernement français prépare une réforme durcissant l’accueil des migrants et les conditions d’octroi de l’asile en France, le magasine de droite (dure) Valeurs Actuelles publie dans sa dernière livraison, comme il en est coutumier, un dossier alarmiste sur une déferlante d’Algériens vers la France (100 000 au cours des prochaines années) en cas de « déstabilisation» de l’Algérie.
La bombe algérienne. Immigration massive, explosion des banlieues… Ce que craint la France si l’Algérie bascule». Derrière cette accroche anxiogène et alarmiste, le journal dresse un tableau apocalyptique de l’Algérie en cas d’aggravation de la situation socioéconomique du pays.

Et d’annoncer la couleur avec ce préambule : « Intellectuels, diplomates, membres des services de renseignements, tous les experts de la question algérienne le disent : le pays entrera bientôt dans une forte zone de turbulences. L’impact sur la France sera considérable». Dans un des articles du dossier il est écrit qu' »en coulisses, au ministère de l’Intérieur, on n’hésite désormais plus à parler de l’arrivée potentielle de près de 100 000 ressortissants algériens dans les prochaines années si la situation s’aggrave».

Dans un long article, l’écrivain Boualem Sansal revient sur le régime politique et les grands événements qui ont marqué l’Algérie depuis le règne de Boumediène à Bouteflika, notant l’omniprésence de ce dernier depuis le début, en tant que ministre, puis dauphin à la succession de Boumediène, jusqu’à son retour triomphant à la tête de l’Etat.

La rétrospective de Boualem Sansal sur « un demi-siècle marqué du sceau de Bouteflika» s’achève ainsi : « Voilà toute l’Algérie. S’il est un coupable parmi les coupables, c’est bien Bouteflika. Il est au pouvoir depuis 1962 et le restera jusqu’à sa mort, et, au-delà, il se perpétuera à travers ses frères et leurs enfants. C’est clair, la dynastie Bouteflika survivra au peuple mais le peuple ne lui survivra pas». A l’appui de cette assertion, l’écrivain ajoute : « Traumatisé par la décennie noire, celui-ci n’a plus de ressorts. S’il fait mille émeutes par jour, c’est pour dénoncer des élus locaux, en des échauffourées qui n’ont pas de signification politique au-delà.

Et puis, il y a les islamistes, ils sont toujours là, plus nombreux, prêts à bondir sur la bête, et la dynastie s’est dotée d’une armada suréquipée, surentraînée, surpayée, elle ne fera qu’une bouchée du peuple et vite fait remettra les islamistes dans leur rôle d’épouvantail. Le plan est réglé, le cinquième mandat est dans la poche.» Ainsi, à suivre l’analyse de Sansal, point de salut, point d’ouverture, si ce n’est dans la fuite et l’exil. Vers la France. L’écrivain poursuit : « Vers qui se tourner ? l’ONU, l’Union européenne, l’Union africaine, la Ligue arabe ? Allons !

Les Algériens placent leur espoir en la France, où vivent quelques-uns de leurs compatriotes : 2, 4, 7 millions ?), et leurs enfants, qui ne savent rien de l’histoire coloniale, font pareil, mais voilà, le jeune Macron, qui lui aussi méconnaît l’histoire, est venu à Alger pour leur dire à bout portant : ‘‘Vous n’êtes rien pour moi, je ne vous dois rien, débrouillez-vous ! » Sait-il qu’en le disant aux Algériens, il le dit aussi à ces millions de Français qui ont l’Algérie au cœur et dans la tête, les pieds-noirs, les harkis, et ceux qui, à titre civil, militaire ou religieux, ont servi en Algérie ?

Tous veulent savoir ce qui s’est réellement passé, qui a trahi, qui a menti, et pouvoir se reconstruire un futur qui reconnaisse le passé et le respecte. Et puis, il y a les candidats à l’émigration, qui se fichent de tout cela, de l’Algérie, de la France, de leurs bisbilles, ils iraient sur la lune et s’y trouveraient bien si nul visa n’était exigé pour s’y rendre. L’Algérie est pour eux une prison et la France une escale commode vers l’ailleurs, pas plus.»

Si Boualem Sansal nuance son propos sur les candidats à l’émigration auxquels il fait référence, en écrivant que l’émigration vers la France n’est pas pour ces Algériens une destination finale mais une « escale», pour le journal qui lui a ouvert ses colonnes, ce seraient des vagues entières qui submergeraient la France. Hantise bien connue de Valeurs Actuelles. Dans un article de la rédaction intitulé « Quand l’Algérie explosera», son auteur estime qu' »au bord de la faillite, le pays pourrait sombrer bientôt dans le chaos, ce qui provoquerait des vagues migratoires inédites auxquelles la France n’est pas préparée».

Et pour justifier son propos, voilà ce qu’il écrit : « … Avec la mort prochaine d’un Abdelaziz Bouteflika très affaibli, dans ce pays où le tiers de la population est au chômage et où les deux tiers de la population ont moins de 30 ans, quatre possibilités s’offrent à la jeunesse : rejoindre l’armée, survivre de subsides sociaux, se radicaliser en rejoignant les groupes terroristes islamistes ou fuir.

C’est ce dernier choix qu’est en train de faire une partie de la population, qui a compris que son pays ne peut pas lui offrir d’avenir. En réalité, l’exil de la population algérienne a débuté… Durant les seuls mois d’octobre et de novembre, plus de 3000 migrants algériens ont débarqué sur les côtes espagnoles sans volonté de retour. Du jamais-vu !»

« … Le problème se déplace : considérant être maltraités en Espagne, les clandestins algériens souhaitent souvent rejoindre leur cousin, leur frère, leur sœur en France et bénéficier du regroupement familial pour obtenir, un jour, la nationalité française. Ou alors utiliser les dispositions prévues par les… Accords d’Evian. Et profiter de notre arsenal social, dont l’aide médicale de l’Etat (AME), qui prend en charge la totalité du coût de soins des clandestins…»

« Pour les prochains mois, des notes des services de Madrid évoquent l’arrivée possible de… 90 000 clandestins algériens sur le sol espagnol… Les listes de passagers depuis les ports de passagers depuis les ports et aéroports français, italiens, espagnols sont maintenant épluchées comme en temps de guerre, pour être certain que personne ne puisse revenir. En conséquence, des villes comme Alger et Oran se vident. Mais aussi les campagnes. Ce sont donc non seulement la jeunesse, mais aussi les classes moyennes qui veulent fuir».

« Le marché Lire la suite

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