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Un symbole de la résistance contre le terrorisme

Publié le 20/12/2016, par dans Non classé.

Il y a 21 ans, le 19 décembre 1995, tombait, les armes à la main, Mohamed Sellami, à Boufarik. Fondateur du groupe des Patriotes de la Mitidja, il incarne le symbole même du combat contre le terrorisme islamiste.
Pour demeurer vivant, il avait quitté sa région natale, Haouch Grau, prise d’assaut par les groupes islamistes armés, mais il y reviendra plus tard pour organiser la résistance populaire contre les semeurs de la mort à travers la création d’un groupe de Patriotes, un des plus organisés, qui a réussi à récupérer la région de Boufarik du joug des GIA.

Il faut dire que si le terrorisme n’est aujourd’hui qu’un sinistre cauchemar, c’est grâce au sacrifice de ce progressiste engagé et de tous les autres patriotes, groupes d’autodéfense et gardes communaux qui se sont dressés contre l’intégrisme armé. Avant de mourir, le défunt Hachemi Cherif, alors secrétaire général du Mouvement démocratique et social (MDS), avait, dans une de ses contributions à travers les médias, vers la fin de 2002, rendu hommage à tous ces hommes et femmes qui ont défendu l’Etat républicain en déclarant : « Je sais qu’à Haouch Grau et dans d’autres localités de la Mitidja, les terroristes tellement nombreux, déterminés, triomphants et arrogants, ayant occupé le terrain et s’étant saisi de l’initiative, l’Etat étant absent, faisaient ce qu’ils voulaient de nuit comme de jour, se baladaient avec les scalps et les butins de leurs victimes et terrifiaient la population.

Haouch Grau et les autres comptent des milliers de victimes du terrorisme. La famille des Sellami a été attaquée à plusieurs reprises par des hordes comptant des dizaines de terroristes, à leur tête les Zouabri, faisant usage d’engins de travaux publics comme béliers et de chars pour impressionner et défoncer portes et murailles.

Les Sellami, hommes, femmes, enfants, se sont défendus avec les moyens du bord, c’est-à-dire des pierres, des briques, des morceaux de métal, toutes sortes d’objets, des cocktails Molotov, en véritables héros. Ils vivaient jour et nuit la peur au ventre. Un des jeunes Sellami a été décapité. Bien sûr que l’armée tentait des actions. Mais, il faut dire qu’aucune armée au monde ne pouvait mettre en échec ce type de terrorisme.

Il aurait fallu une armée de plusieurs centaines de milliers d’hommes, occupant en permanence le terrain à travers tout le territoire national et parfaitement intégrés, fondus dans la population. S’il en était ainsi aux portes d’Alger, que pouvait-il en être alors à l’intérieur du pays ? La seule façon de combattre avec efficacité le terrorisme consiste à leur opposer une insertion plus symbiotique dans la société.

C’est devant la pertinence de ce terrorisme-là que la position de l’ANP a progressé et que des Algériens, dans certains cas désireux d’assurer leur propre sécurité, mais plus généralement pris par une volonté inextinguible d’assurer la sécurité et la stabilité de leur pays, se sont proposés de prendre les armes aux côtés de l’ANP pour résister aux groupes terroristes et au besoin les traquer et les réduire. Le rôle des Patriotes a pu nous rappeler cette grande fusion patriotique, cette synergie qui a régné dans les rapports entre l’ALN et le peuple.

C’est ce que j’ai vu à Haouch Grau et dans la Mitidja, aussi bien qu’à Aïn Tedlès, où des anciens moudjahidine, dont les arrière-grands-parents s’étaient déjà illustrés et sacrifiés dans des combats contre les premières troupes coloniales, ont pris les armes et nettoyé toute la région jusqu’aux confins de Mostaganem. C’est ce que j’ai vu à Zbarbar autour de cheikh El Mekhfi et bien d’autres moudjahidine et de jeunes combattants d’aujourd’hui. C’est ce que j’ai vu à Redjaouna et ailleurs dans les montagnes de Kabylie.

Si ce mouvement avait été consolidé, il est certain que la lutte contre le terrorisme aurait réalisé des acquis plus décisifs.» Déjà à cette époque, et alors que les contingents d’islamistes armés bénéficiaient de la grâce amnistiante, le défunt Hachemi Cherif expliquait qu’en « soulevant cette question, nous ne cherchons pas seulement à attirer l’attention sur l’ingratitude à l’égard de ces héros.

Le problème ne se pose pas en termes moraux. Il se pose plutôt en termes politiques. Aujourd’hui, les Patriotes sont marginalisés, démobilisés, laissés pour compte, démoralisés. Ils voient les assassins terroristes de leurs familles et de leurs amis bénéficier des privilèges de la proximité du pouvoir, alors qu’eux sont méprisés (…)».

Aujourd’hui, pour bon nombre de républicains, il n’est pas question que les sacrifices des milliers de Sellami soient vains. Hier, un hommage a été rendu à Mohamed Sellami à Haouch Grau, par ses proches et amis venus nombreux pour commémorer le 21e anniversaire de sa mort lors d’un accrochage avec les terroristes, alors qu’il venait à peine de boucler ses 42 ans. Syndicaliste et ancien membre d’APC, Mohamed Sellami a laissé toute une génération de jeunes qui lui vouent respect. Lire la suite

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