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Un réseau à l’échelle de la Méditerranée

Publié le 02/06/2018, par dans Non classé.

C’est au port de Valence que les six containers frigorifiques, venus du Brésil, dont celui contenant la drogue, ont été transbordés à bord du Vega Mercury, entre les 24, 25 et 26 mai et le connaissement de la marchandise qu’ils contiennent a été signé par l’agent de la compagnie MSC et validé par le commandant de bord du cargo.
L’affaire des 700 kg de cocaïne saisis au port d’Oran n’a pas encore livré tous ses secrets, alors que l’enquête se poursuit notamment à Alger, où plusieurs interpellations ont été effectuées par les gendarmes durant les dernières 48 heures.

D’abord les frères de Kamel Chikhi, propriétaire de la marchandise dans laquelle la drogue était dissimulée, quelques-uns de ses associés et des cadres dirigeants des sociétés qu’il détient à Alger. L’étau se resserre autour de ce puissant promoteur immobilier de l’Algérois dont les entrepôts ont été perquisitionnés.

L’intrigante opération d’importation de 701 kg de cocaïne, saisis par les gardes-côtes mardi dernier à Oran, continue de susciter de lourdes interrogations, alors que durant les dernières 48 heures, les éléments de la Gendarmerie nationale ont multiplié les interpellations, notamment à Alger, où Kamel Chikhi, le propriétaire de la marchandise, de la viande congelée dans laquelle ont été dissimulés les 701 kg de drogue, réside et où également sont domiciliées ses sociétés d’import-import notamment Amazon-Meat et Hit Meat, spécialisées dans l’importation et le commerce de produits de boucherie, ciblées par des opérations de perquisition pour être fouillées de fond en comble.

Mais l’intérêt semble axé sur le patron, Kamel Chikhi, cet énigmatique boucher de Lakhdaria d’une quarantaine d’années, qui en moins de deux décennies a érigé un empire financier et est devenu le promoteur immobilier le plus puissant d’Alger, à la tête de nombreuses sociétés, des Eurl et des Sarl, et ayant ses frères ou d’autres personnes pour associés.

Il faut dire que les premiers éléments d’information laissent perplexe. Le container frigorifique dans lequel les 700 kg de drogue étaient dissimulés aurait été transbordé à bord du cargo Vega Mercury, à Valence, en Espagne.

Mieux encore, ce navire, à en croire MSC, la société de droit suisse (dont les propriétaires sont italiens) qui l’a affrété, le navire n’assure que les lignes méditerranéennes, notamment espagnoles, pour le compte d’une compagnie qui elle aussi est censée être spécialisée dans les lignes méditerranéennes.

D’ailleurs, l’historique de ses dessertes durant le mois de mai fait état de quatre escales à Barcelone, le 7 mai, à Oran le 15 mai, à Valence le 24 mai et à Oran les 29 et 30 mai.

C’est au port de Valence que les six containers frigorifiques, venus du Brésil, dont celui contenant la drogue, ont été transbordés à bord du Vega Mercury, entre les 24, 25 et 26 mai et le connaissement de la marchandise qu’ils contiennent a été signé par l’agent de la compagnie MSC et validé par le commandant de bord du cargo.

Etant donné qu’il s’agit de containers scellés destinés à l’Algérie, les autorités espagnoles, qui suivaient de près l’itinéraire, ont préféré laisser partir le navire pour ne pas éveiller les soupçons en prenant le soin de donner tous les détails sur le container de drogue aux garde-côtes algériens.

Lorsque l’information a été reçue, le Vega Mercury était déjà en rade au port d’Oran, en attente du déchargement des containers. Les unités des garde-côtes et de la Marine nationale l’ont accosté pour l’amener à quai. Après la destruction des scellés, le pot aux roses a été découvert.

C’était la stupéfaction pour tous les éléments des services de sécurité. Quel navire a transporté la marchandise du Brésil jusqu’à Valence ? On n’en sait rien pour l’instant. Cependant, il est certain que le container était bien surveillé et avait pour destination l’Algérie.

Lorsque la Guardia civile (espagnole) avait informé les autorités algériennes, elle savait que tous les containers allaient être débarqués à Oran, la drogue serait cachée, en attendant qu’un réseau se charge d’expédier la marchandise vers une autre destination, étant donnée qu’il n’y a pas de marché de consommation pour une telle quantité de drogue dure en Algérie.

Cette opération ne peut être l’œuvre d’une personne, mais d’une grande organisation dont les têtes ne peuvent être que de grosses pointures capables d’assurer la sécurité de la cargaison, depuis son transit en Algérie jusqu’à sa destination finale, probablement l’Europe. En tout état de cause, Kamel Chikhi risque gros, même si pour l’instant il est présumé innocent. Son profil de nouveau riche, qui dépense comme il respire, suscite moult interrogations sur l’origine de sa fortune.

Des sources bien informées évoquent des rapports sécuritaires sur de présumées opérations de blanchiment d’argent mais aussi sur ses relations avec certains terroristes repentis. A Kouba, où sa boucherie offre de la viande au prix le moins cher du marché de la capitale, il est connu comme un magnat de l’immobilier dont la richesse est indescriptible.

Aussi bien dans ce quartier, où il a acheté de nombreux biens immobiliers, qu’il a transformés en luxueuses promotions immobilières, ou à Hussein Dey où il a financé la construction d’une immense mosquée, ou encore à Hydra, où il a acquis la villa de l’ancien secrétaire général du FLN, le défunt Abdelhamid Mehri, à coups de plusieurs dizaines de milliards de centimes pour la raser et y construire une tour, ou aussi à Bir Mourad Raïs, où il a obtenu une assiette boisée, qu’il a complètement défrichée pour ériger une tour de 14 étages, à Saïd Hamdine, où ses engins de terrassement d’un terrain d’une villa qu’il achetée ont provoqué un éboulement, tuant sur le coup un enfant…

En bref, Chikhi a l’art de dénicher les villas et les terrains les mieux situés à Alger, les acheter sans compter les sous, pour les transformer en immenses ensembles immobiliers haut de gamme, destinés à une clientèle triée sur le volet. Beaucoup de promoteurs se sont toujours interrogés sur la facilité avec laquelle Chikhi arrivait à décrocher, en un claquement de doigts, les permis de construire, y compris dans des agglomérations où il est pratiquement impossible d’ériger des étages.

Ceux qui le connaissent parlent beaucoup de ses liens avec Lire la suite

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