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Un préambule à la réforme de la profession comptable

Publié le 08/05/2018, par dans Non classé.

La conjoncture économique que traverse le pays n’a pas épargné le secteur de la finance publique, dont la réforme est déjà actionnée, a fait savoir, dimanche, le directeur général de la comptabilité au ministère des Finances, lors de son intervention, au premier jour des 7es assises nationales du Commissariat aux comptes intitulées « Le commissaire aux comptes, partenaire des institutions publiques».

De la tribune de l’auditorium de l’université Mentouri de Constantine, Mohamed Larbi Ghanem a soulevé l’éventuelle extension de l’actuelle mission de cette profession : « Une opportunité pour élargir la vision du rôle du commissaire aux comptes et pourquoi pas, des perspectives de sa modernisation et de son développement avec de nouvelles missions au service de l’économie nationale.» Il est ainsi question de « passer de la simple révision comptable à un full-audit qui intègre toutes les fonctions opérationnelles de l’entité économique publique. Opération indispensable à la fiabilisation des comptes de l’Etat et des entités publiques pour fonder une décision appropriée dans l’ajustement des politiques et d’assurer l’adéquation entre la ressource et son emploi», a détaillé le représentant du ministère.

Le conclave, qui s’est étalé sur deux jours, a affiché la vision d’une institution qui a 7 ans d’existence. « L’objectif de la tenue de ces assises consiste à dégager des propositions pour les pouvoirs publics à travers des panels et des interventions par des experts algériens et étrangers sur la gestion des institutions publiques et leur contrôle actuel, auquel il est souhaitable de compléter par le contrôle permanent d’un commissaire aux comptes et aboutir à des propositions sous forme de résolutions», a résumé Larbi Redjimi, président du conseil national de la Chambre nationale des commissaires aux comptes (CNCC), organisatrice des assises.

SIX EXPERTS POUR UN MILLION D’HABITANTS

La CNCC est une institution professionnelle d’intérêt public créée en 2011 par la loi 10 01 du 29 juin 2010 relative à l’exercice de la profession d’expert-comptable, de commissaire aux comptes et de comptable agréé. Elle est gérée par un conseil national composé de 9 membres, élus pour un mandat de trois ans renouvelable une seule fois. En référence à sa présentation, il en ressort que 2215 commissaires aux comptes sont inscrits sur le tableau du ministère des Finances en 2018, répartis sur le territoire national et dont la mission est d’auditer et certifier les comptes des entreprises et sociétés publiques et privées.

Ce nombre est largement supérieur comparativement à nos voisins tunisiens et marocains. Dans son intervention, Raouf Ghorbal, président de l’Ordre national des experts-comptables tunisien, a dressé l’état des lieux de la profession qui ,jusqu’au 1989, était dispensée du contrôle des finances des entreprises étatiques. Celui qui s’est livré à un exercice de terminologie – entre expert et commissaire – a avancé le chiffre de 1011 comme étant celui des commissaires aux comptes, dont 14% de femmes.

Ce qui représente 92 experts par million d’habitants, alors que l’Algérie n’en dispose que de 6, selon un classement international. Un indice qui renseigne sur le retard pris par les pays du Maghreb dans ce domaine. Pour le cas du Maroc, l’institution, mise en place il ya 25 ans, comptabilise 632 experts, dont 86 femmes. Et de soulever une problématique, celle de la gestion de la comptabilité par deux corps : les experts comptables et les commissaires aux comptes. Selon Issam Elmaguiri, président de l’Ordre des experts-comptables marocain, depuis 1998, l’audit est devenu obligatoire pour les sociétés anonymes, publiques ou privées.

Et d’annoncer l’organisation ,en juin 2019 à Marrakech, d’un congrès africain autour de la profession et sa mission regroupant 54 pays et plus de 200 000 experts. « Il y a un manque de communication autour de la profession qu’il faut rectifier et défendre sa légalité et sa crédibilité», a-t-il fait savoir. Une crédibilité qui est revenue dans le discours de Larbi Ghanem qui voit dans ce genre de rendez-vous un préalable à la réforme de la profession comptable. « Avec les 12 normes algériennes d’audit qui ont été élaborées et celles qui sont programmées, la qualité des travaux du professionnel de la comptabilité sera grandement améliorée, sous réserve que ces derniers s’accommodent des pratiques universelles.»
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