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Un gouvernement sous pression…

Publié le 13/06/2016, par dans Non classé.

Ce début de mois de juin est marqué par plusieurs événements que les tenants du pouvoir voudraient qu’ils soient perçus comme autant de preuves de dynamisme d’une équipe qui se retrousse les manches pour sortir le pays du bourbier de la crise, dont elle porte en réalité l’entière responsabilité.
Un remaniement ministériel ! Mais pourquoi donc ? La coquetterie politique du pouvoir en ce début d’été n’a d’autre explication que celle qui consiste en la volonté de montrer que les affaires de l’Etat continuent à tourner, que le président Bouteflika, malgré sa maladie, veille au grain. Il a décidé d’un remaniement ministériel et a même tenu un Conseil des ministres, en faisant une loi pour faire taire les officiers supérieurs retraités de l’armée !

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a quant à lui organisé sa tripartite avec un seul résultat visible : celui de porter l’âge de la retraite à 60 ans. Ce début du mois de juin est marqué par plusieurs événements que les tenants du pouvoir voudraient qu’ils soient perçus comme autant de preuves de dynamisme d’une équipe qui se retrousse les manches pour sortir le pays du bourbier de la crise, dont elle porte en réalité l’entière responsabilité.

Qui ne connaît pas la situation du pays à deux berges d’un règne de 20 ans de Abdelaziz Bouteflika ? Les perspectives sont de moins en moins bonnes pour les Algériens. Le Fonds de régulation des recettes, alimenté essentiellement par la fiscalité pétrolière, est presque vide, les réserves de change se rétrécissent à une telle vitesse que la Banque mondiale n’a pas manqué d’alerter sur le danger que constitue le recours abusif du gouvernement à ces ressources et le chômage chez les jeunes, notamment les diplômés, est de plus en plus important.

La crise est bien installée et les lendemains s’annoncent de chaque jour plus difficiles pour les Algériens. Dans cette impasse intégrale et le petit mouvement que le pouvoir prétend mettre dans le statu quo, que peut bien signifier la nomination de Boualem Bessaih comme ministre d’Etat et représentant personnel du Président à l’âge de 86 ans ?

Quels services peut encore rendre au pays cet ancien du MALG, ancêtre des Services de renseignement algériens, qui a géré plusieurs portefeuilles ministériels depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962 ? L’amitié de longue date avec le locataire d’El Mouradia est-elle le seul critère qui a présidé à sa nomination ? Peu importe, sa désignation est un point d’honneur à la jeunesse de la part d’une gérontocratie qui ne fait que cumuler les échecs. Que changera en réalité le départ de Salah Khebri du ministère de l’Energie et des Mines à la politique énergétique aux lourds reliquats légués par l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil ?

Nouredine Bouterfa, le désormais ex-Pdg de Sonelgaz, qui arrive à la tête du département, aura peut-être juste le temps de faire son apprentissage de ministre et exécuter en bon élève quelques décisions prises ailleurs. Loin d’être au-dessus de tout soupçon, sa gestion à Sonelgaz a été décriée par les syndicalistes de l’entreprise. Sid-Ahmed Ferroukhi laissera le secteur de l’Agriculture sans jamais pouvoir être à la mesure du défi d’assurer un minimum vital pour la sécurité alimentaire. L’Algérie importe toujours ce qu’elle mange.

L’arrivée à l’Agriculture de Abdeslam Chelghoum, ancien secrétaire général du ministère du temps de Saïd Barkat, où tout le secteur a été éclaboussé par l’affaire des détournements massifs de fonds dédiés au Plan national du développement agricole (PNDA), ne pronostique pas forcément d’une relance assurée, ni d’un miraculeux développement du secteur. Les tenants du pouvoir aurait pu faire l’économie d’un remaniement presqu’à blanc. Les permutations entre plusieurs ministres — Abdelkader Ouali des Travaux publics à l’Eau, celui des Ressources en eau au Tourisme — vont-elles servir à quelque chose ?

Le départ de Amar Ghoul qui quitte définitivement l’Exécutif de Abdelmalek Sellal signifie-t-il autre chose qu’un simple lifting comme celui qui a touché le ministère des Relations avec le Parlement. Tahar Khaoua, qui y est arrivé par l’intrigue, part de la même manière et paie sa défiance au secrétaire général de l’ex-parti unique (FLN), Amar Saadani qui lui a préféré la députée Ghalia Eddalia. Ceux qui président à la gestion du pays ont trouvé en effet le moyen de meubler un terrible vide politique, autrefois c’étaient les audiences des ministres pendant le Ramadhan…

Des méthodes qui ne changent pas le quotidien des Algériens, ni leur donnent des gages et des perspectives pour leur avenir et celui de leurs enfants. Le dernier remaniement n’a ni sens politique ni objectifs bien visibles. Il peut être le seul résultat des évolutions d’humeur au sein du cercle présidentiel. Lire la suite

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