formats

Un deuxième bateau interdit d’accès au port

Publié le 23/05/2017, par dans Non classé.

Suite à ces blocages à répétition, la société civile de Béjaïa s’est emparée de l’affaire. Les travailleurs du groupe Cevital ont protesté contre ce qu’ils ont qualifié de « contraintes aux investissements».
Le refus de l’Entreprise portuaire de Béjaïa de décharger des équipements importés par Cevital et destinés à l’installation d’une unité de trituration de graines oléagineuses se poursuit. Un second navire transportant les mêmes équipements a été empêché d’entrer dans l’enceinte portuaire, avons-nous appris auprès du groupe agroalimentaire.

Dans une lettre datée du 7 mai, la direction du port de Béjaïa a indiqué à l’agence Kaltsar, un agent maritime, que « la question de l’accostage et de transit de tout navire transportant ce type de cargaison est définitivement tranchée par un refus catégorique de l’Entreprise portuaire de Béjaïa jusqu’à la présentation par Cevital de toutes les autorisations y afférentes de leur destination délivrées par les pouvoirs publics». Une réponse que le directeur général exécutif de Cevital, Saïd Benikene, qualifie de « fait du prince» et de « sabotage économique».

Selon un courrier adressé par le même responsable aux dirigeants du port, « la cargaison en question que vous refusez de laisser entrer en Algérie a été entièrement payée sur le budget devises de l’Algérie, et donc avec l’autorisation expresse de la Banque d’Algérie et de l’Agence nationale d’investissement (ANDI), ce qui constitue certainement l’autorisation la plus crédible (……).»

Plus que cela, le directeur de Cevital oppose à l’EPB l’argument juridique. « Si pour vous il est question de vous donner l’adresse exacte du lieu, hors de l’enceinte portuaire, où doit être déposée la cargaison (…), veuillez donc nous préciser quel est le texte qui exige de donner cette information à une entreprise portuaire et surtout permettant à cette dernière de refuser le déchargement si ce renseignement fait défaut.» Dans sa réponse, intervenue le lendemain, l’EPB ne parle plus de cette loi qui lui permet de bloquer une cargaison. Il est plutôt question de « l’autorité portuaire» et du périmètre du « port».

Plus étrange, et contrairement au document (en notre possession) où l’EPB écrit qu’elle a « refusé» l’accès aux équipements de Cevital, le second courrier, daté du 16 mai et adressé au DG de Cevital, le directeur adjoint du port indique que « l’EP Béjaïa n’a pas refusé l’accès à vos équipements en Algérie».

Il va plus loin et « suggère» aux responsables de la société privée de « chercher une solution alternative permettant d’accélérer le déchargement de votre matériel dans un autre port au lieu de mettre notre entreprise devant des situations de fait accompli (…)». Selon des responsables de Cevital, « il n’est pourtant pas des prérogatives de l’EPB de demander des autorisations». Notre interlocuteur estime que la prérogative d’attribuer un permis de construire ne relève pas « des compétences du port». « Ou il y a des lois dans ce pays, ou il n’y en a pas», indique-t-il.

Pour tenter de débloquer la situation, le groupe Cevital a introduit une plainte en référé. Mais le président du tribunal de Béjaïa a refusé de statuer sur une affaire dont il nie le caractère « urgent». Pourtant, au niveau de l’entreprise, on rappelle que « le bateau est interdit de s’approcher du port» ! En attendant, le groupe industriel a introduit un pourvoi en cassation auprès de la Cour suprême. Une plainte est également déposée pour traiter l’affaire dans le fond, apprend-on.

Dans un premier temps, les responsables de l’Entreprise portuaire de Béjaïa avaient refusé de décharger les équipements de Cevital. C’était en mars dernier. Les différents courriers de la société n’ont pas pu débloquer la situation et malgré les autorisations fournies par l’ANDI, le directeur de l’EPB refuse de céder. D’autant plus que dans un courrier daté du 16 septembre 2016, l’EPB, s’adressant à Nashco, demandait déjà à refuser de décharger tout « équipement» destiné à Cevital. Pourquoi ? Enigme.

Suite à ces blocages à répétition, la société civile de Béjaïa s’est emparée de l’affaire. Les travailleurs du groupe Cevital ont protesté contre ce qu’ils ont qualifié de « contraintes aux investissements». Des comités de soutien à Cevital se sont également constitués puisque le projet en suspens a comme ambition de créer au moins 1000 emplois directs et des dizaines d’autres postes indirects. Une attitude incompréhensible, d’autant plus que dans son dernier message, le chef de l’Etat a demandé aux autorités d' »encourager l’investissement productif». Message d’ailleurs rappelé lors de la célébration de la Journée du 19 Mai qui commémore la
Journée de l’étudiant. Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé Un deuxième bateau interdit d’accès au port
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair