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Un colloque national en hommage aux femmes pionnières

Publié le 08/04/2017, par dans Non classé.

Le département de sociologie de l’université 2 de Constantine Abdelhamid Mehri a abrité, mercredi, les travaux d’un colloque national sur la thématique de la femme pionnière en Algérie.
Organisé en collaboration avec le laboratoire de sociologie économique et des mouvements sociaux, le choix de ce thème s’inscrit, selon Mme Rachida Benyahia, enseignante à la faculté de sociologie et des sciences humaines et présidente du comité d’organisation du colloque, dans une volonté de décortiquer tous les stéréotypes et les représentations sociales qui concernent les inégalités hommes-femmes. Les questions sociales et économiques, nous dira-t-elle, ne sont pas aussi déterminantes que la définition du sexe et du genre dans la construction sociale, d’autant que les femmes sont devenues invisibles, car confinées dans l’espace domestique, celui de mère et d’épouse.

D’où l’organisation de cette rencontre pour mettre en exergue le rôle des femmes pionnières à travers l’histoire ancienne et actuelle de l’Algérie, rendre visible leur combat pour la conquête du savoir, et rendre un hommage à ces femmes pionnières qui ont transgressé l’espace masculin en s’affirmant comme femmes de culture et de combat, sans négliger leur rôle de mère et d’épouse. Les participantes à ce colloque parmi les chercheuses et enseignantes de différentes universités du pays se sont d’ailleurs chacune penchées sur un aspect de ce combat à travers les personnalités pionnières ayant enrichi, que ce soit par leur passé militant ou leur talent dans le domaine du sport, de la culture, du savoir, l’histoire de l’Algérie. Mme Merabet Liamna, de l’université Constantine 2, a abordé dans sa communication le parcours exceptionnel, original, mais aussi tragique d’Isabelle Eberhardt, une figure énigmatique qui fait figure de pionnière en matière de recherche de type ethnologique en Algérie puisqu’elle a été la première à avoir étudié, là où elle est passée et a vécu, les us et coutumes des villes et villages algériens.

Ses observations assidûment étayées sur les zaouïas et sur l’organisation même de la vie au Sahara démontrent, poursuit l’oratrice, à travers ses œuvres, combien elle a su manier des outils, interpréter d’une manière lucide des situations à une époque où l’ethnologie était encore en balbutiement. L’historienne Ourda Sari Temgour s’est penchée dans sa communication sur quelques figures féminines du nationalisme algérien entre 1945 et 1954.

« Dans le sillage de la Seconde Guerre mondiale, les rangs du Parti du peuple algérien (PPA) s’ouvrent aux femmes algériennes, leur donnant du coup une visibilité dans l’espace politique réservé jusque-là à la gent masculine. L’Association des femmes musulmanes algériennes (AFMA) créée en 1947 et l’Association de la jeunesse estudiantine musulmane (AJEM) en 1944 verront le jour dans ce sillage et leurs membres auront un rôle capital dans la politisation des femmes algériennes, en plus des actions sociales et militantes pour la promotion de la femme, et ce, de par leur proximité avec le mouvement nationaliste». La conférencière ne manquera pas également d’évoquer l’association des Oulémas qui a ouvert la voie à l’éducation des filles algériennes avant de déplorer ce qu’elle a qualifié de crispation et de conservatisme de la société algérienne actuelle vis-à-vis de la femme.

Anissa Bouayed, historienne et chercheuse, a abordé pour sa part le parcours de l’artiste Baya, première femme algérienne à s’imposer dans le monde artistique au temps de la colonisation. « Il ne s’agira pas ici d’analyser sa production, mais plutôt de suivre son parcours pour voir quels furent les points d’appui qui lui permirent de s’affirmer dans un monde artistique qui avait été pensé sans la majorité arabo-musulmane, a fortiori les femmes. Au-delà de l’aspect générationnel qui l’associe à la “génération de rupture” constituée d’artistes algériens nés au début des années 1930 et créant dans les années 1950, il faut d’abord remarquer qu’elle est la première de cette génération à exposer et à être connue en dépit de son parcours fulgurant qui ne se passe pas comme ses alter ego masculins par les écoles d’art ou les académies», dira-t-elle.

Le Dr Fatiha Bencheikhlefgoun nous parlera, quant à elle, d’Assia Djebbar, cette écrivaine algérienne première femme maghrébine à être élue à l’Académie française et qui est considérée comme une femme hors du commun grâce notamment à son œuvre puissante variée et prolifique. D’autres femmes pionnières ont été évoquées lors de ce colloque, à l’image de l’écrivaine Ahlem Mosteghanemi, la sportive Hassiba Boulemarka, la première femme algérienne médaillée olympique, ou encore Aldjia Benalleg, première femme à devenir médecin en 1946. Notons, par ailleurs, que des doctorants ont été invités à participer à ce colloque pour leur donner l’occasion, précisent les organisateurs, d’être auprès d’experts et enseignants qui s’intéressent à cette approche.
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