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Un carburant en quête d’une stratégie de développement

Publié le 28/12/2017, par dans Non classé.

Naftal projette d’augmenter ses capacités de conversion estimées actuellement à 20 000 véhicules par an, et qui demeurent encore très insuffisantes au vu de l’explosion du parc national ces dix dernières années.
Au mois d’août 2015, les Bourses mondiales enregistraient les premières chutes des prix du pétrole. Les conséquences sur les recettes fiscales en Algérie ne se feront pas attendre. C’est le début de la période des vaches maigres. La première réaction est venue de l’ex-Premier ministre, Abdelmalek Sellal.

Ce dernier adressa une instruction à tous les organismes et aux administrations publiques pour réduire les dépenses de consommation de carburant en optant pour une conversion vers le GPL (Sirghaz) de tout leur parc automobile, représentant 20% du parc national, ce qui est très important. Une mesure prise pour réduire les charges supportées par le budget de l’Etat.

Cinq mois plus tard, les Algériens seront eux aussi appelés à revoir leurs dépenses après une première hausse des prix du carburant décidée dans la loi de finances 2016, suivie d’une seconde augmentation dans la loi de finances 2017.

Ces augmentations portent le prix de l’essence sans plomb, par exemple, de 22 DA à 35 DA, soit une hausse de près de 45%. Du coup, c’est la ruée vers les stations de conversion au GPL/c. Un carburant longtemps délaissé durant la période faste, mais qui devient curieusement la solution salutaire en ces temps de crise.

Pourtant, à Naftal, on assure que les opérations de conversion au GPL/c pour véhicules remontent à 1983, suite à la parution dans le Journal officiel du décret du 13 août 1983. L’entreprise avait commencé l’installation des premiers kits et la commercialisation du GPL/c à une cadence timide.

« On ne recevait généralement que les conducteurs de taxi et quelques rares clients parmi les particuliers», soutient une source à la direction de Naftal de Constantine. Durant des années, les multiples campagnes de sensibilisation et de vulgarisation incitant les propriétaires de véhicules à opter pour le GPL/c n’ont pas donné les résultats escomptés.

On avait beau énumérer les qualités de ce carburant écologique, propre, bénéfique pour le moteur, permettant une double autonomie grâce à deux réservoirs (essence et gaz), mais surtout bon marché, les réticences persistaient toujours, laissant courir des rumeurs généralement exagérées sur les risques d’explosion.

À quelque chose malheur est bon

Mais on dit souvent : « A quelque chose malheur est bon.» La crise financière a poussé les Algériens à revoir sérieusement leur économie. Curieusement, ils découvrent les bienfaits d’une activité longtemps méconnue. « Naftal avait mis en place une stratégie de développement des activités de commercialisation et de conversion vers le GPL/c.

Nous arrivons à produire entre 150 000 et 200 000 litres de GPL/c par jour, ce qui nous permet de couvrir cinq wilayas de l’Est (Constantine, Guelma, Oum El Bouaghi, Souk Ahras et Mila), avec la création de nouveaux centres de conversion au GPL», avance une autre source de la même entreprise. Les spécialistes rappellent aussi que les choses ont bien évolué ces dernières années. On est bien loin de ces réservoirs volumineux qui prenaient une grande place dans les malles des voitures.

Ayant une longue expérience dans le domaine de la conversion vers le GPL/c pour véhicules, Redouane Zahi, chef d’un centre de conversion de Naftal à Constantine, nous explique que l’évolution technologique permet la conception d’une nouvelle génération de kits à volume réduit, plus robustes et adaptés à tous les modèles de véhicules.

« En Algérie, la partie moteur est importée de l’Italie et le réservoir fabriqué par la société bouteilles à gaz à Batna. L’avantage de ces équipements importés d’Italie est leur homogénéité, car toutes les pièces sont montées ensemble à la fois et ne sont pas fabriquées dans différentes usines, ce qui offre une plus grande garantie», affirme M. Zahi.

« Nous n’avons pas enregistré de retour depuis plusieurs années à notre niveau, en raison de la qualité des équipements, mais aussi de la haute qualification de nos installateurs formés dans des conditions rigoureuses au Centre de Bounouara à El Khroub», soutient-il. Interrogé sur les risques d’explosion, notre interlocuteur a réfuté toutes les rumeurs qui circulent.

« Les risques d’explosion ne se n’existent pas si l’installation a été réalisée par des professionnels conformément aux normes en vigueur», affirme-t-il. Il ajoute : « Tous nos kits sont conformes aux normes de sécurité. Ils sont équipés d’un clapet antiretour, une soupape de sécurité à 19 bars et un disque fusible à 25 bars ; l’épreuve de la bouteille se fait à 30 bars, alors que la pression de service est de 8 bars. Les essais d’éclatement sont faits à une pression de 300 bars.» Tout pour rassurer les clients.

Des infrastructures insuffisantes

Le rush enregistré depuis une année à Constantine, et un peu partout sur le territoire national, sur les centres de conversion vers le GPL/c a révélé l’insuffisance des infrastructures disponibles, en dépit de tous les efforts déployés par Naftal. Pourtant, celle-ci a considérablement développé son activité à travers la multiplication des centres de conversion à l’échelle nationale, passés de 27 à 40 en quelques années.

Dans les deux centres de la wilaya de Constantine, qui reçoivent aussi des véhicules venus de plusieurs wilayas, la demande a explosé. « En 2011-2012, nous avons recensé 48 véhicules par an. Une légère progression a été enregistrée à partir de 2014. Mais après la hausse des prix du carburant, le nombre est monté en flèche en 2016 pour atteindre 470 véhicules, alors que pour l’année 2017, nous allons atteindre facilement les 700 véhicules. Et la liste d’attente est encore bien longue pour les prochains mois.

C’est pour vous dire qu’il faut attendre une année pour avoir un rendez-vous», précise Redouane Zahi. « Les gens ont finalement compris l’importance du GPL/c qui permet de réduire de 75% les dépenses en carburant. En plus le coût moyen de conversion, estimé à 54 000 DA, sera amorti en l’espace d’une année ou après 23 000 km en moyenne», indique-t-il.

Notre interlocuteur justifie cet engouement aussi par la qualité des services offerts par les centres de Naftal, même si le privé est lui aussi omniprésent. « Nous avons la possibilité d’augmenter encore plus nos capacités, et Lire la suite

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