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«Un accord à Alger sera difficile»

Publié le 27/09/2016, par dans Non classé.

– Comment évaluez-vous les chances de succès de la réunion informelle de l’Opep qui se tiendra à Alger ?

Je l’évalue à un peu moins d’une chance sur deux. Certes il y a eu un rapprochement de points de vue au sein de l’Opep et les divergences sont de ce fait probablement moins fortes qu’il y a plusieurs semaines ou quelques mois, mais je ne suis pas sûr, cependant, que cela soit suffisant pour favoriser un accord à Alger.

Il faudra probablement un peu plus de temps pour concrétiser un consensus entre les membres de l’Opep, en faveur du gel de la production. Il y a quelques mois, il y avait clairement peu de chances d’arriver à un compromis alors que maintenant, même si elles sont minimes, ces chances existent. Cependant l’opposition forte entre l’Arabie Saoudite et l’Iran peut constituer un obstacle. C’est une opposition politique qui a des conséquences au plan pétrolier. On sait très bien que pour arriver à un accord, il faut accepter que certains pays — l’Iran et la Libye — ne gèlent pas leur production.

Pour le cas de la Libye, ni l’Arabie Saoudite ni les pays membres ne s’opposeront, mais ce ne sera pas le cas pour l’Iran. Ce sera plus compliqué. Donc le point crucial de la réunion est de savoir si l’Arabie Saoudite et l’Iran sont prêts à faire des concessions. Dans ces conditions, je ne suis pas persuadé que l’Opep puisse arriver, dès cette réunion informelle d’Alger, à un accord et cela pour des raisons plus politiques que pétrolières.

– Le ministre algérien de l’Energie, Noureddine Bouterfa, estime qu’il y a des chances d’arriver à un consensus sur un gel de la production à Alger, ou tout au moins les éléments d’un accord. Qu’en pensez-vous ?

Je pense qu’un accord paraphé à Alger est peu probable. Par contre, les discussions entamées à Alger pourraient permettre de poursuivre les rapprochements de points de vue entre les membres de l’Opep en vue de construire un accord ultérieur. Un accord qui pourrait intervenir soit lors de la réunion ministérielle de l’Opep prévue le 30 novembre à Vienne ou alors lors d’une réunion extraordinaire qui serait convoquée par l’Opep dans les prochaines semaines. Je n’exclus pas totalement la possibilité d’un accord, mais je pense que « les éléments d’un accord», tel que mentionné par le ministre algérien de l’Energie, c’est-à-dire la poursuite des rapprochements de points de vue, me paraît un objectif réalisable à Alger.

– La possibilité de la transformation de la réunion informelle d’Alger en réunion extraordinaire vous paraît-elle plausible ?

L’hypothèse est plausible, car si les pays membres de l’Opep s’aperçoivent qu’il y a des points de vue similaires et qu’il est possible de prendre une décision, ils pourront décider de capitaliser tout de suite sur cet accord et de convoquer immédiatement une réunion extraordinaire pour que la décision soit prise à Alger.

Ce serait évidemment intéressant pour l’Algérie, parce que elle pourrait se prévaloir du succès de la réunion de l’Opep et ce serait intéressant aussi pour les pays producteurs, dans la mesure où ils accéléraient le rééquilibrage du marché pétrolier. Il m’apparaît tout de même que cette éventualité est difficile à concrétiser. Même si je n’exclus pas une bonne surprise à Alger ; je pense que les pays producteurs vont se revoir après Alger soit à Vienne, soit lors d’une réunion extraordinaire dans quelques semaines. Pour résumer, un accord confirmé immédiatement à Alger me paraît peu probable même si je ne l’exclus pas totalement.

– Si la réunion d’Alger aboutissait à un échec, quel en serait l’impact sur le marché pétrolier ?

Un échec serait a priori négatif. La remontée des prix était fondée, ces dernières semaines, sur l’espoir d’un accord à Alger. Donc lorsque les prix montent dans l’espoir d’un accord à Alger et qu’en définitive il n’y a pas d’accord, ils repartent à la baisse. Cependant pour anticiper une réaction trop négative en cas d’échec, l’Opep essayera certainement de présenter les éléments de langage pour soutenir un petit peu le marché, en communiquant sur l’espoir d’un résultat qui pourrait venir ultérieurement.

L’Organisation pourrait dire, en cas d’échec, que tous les membres ont affirmé leur attachement à continuer activement à œuvrer en vue d’un accord et que la réunion d’Alger a permis de progresser et de rapprocher les points de vue des uns et des autres. L’Opep essayera donc, par la parole, de ne pas être sanctionnée par les marchés. Lire la suite

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