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Trump enfonce le Qatar

Publié le 07/06/2017, par dans Non classé.

Pour le président américain, l’isolement du Qatar marquera, « peut-être, le début de la fin de l’horreur du terrorisme», suggérant que « tous les éléments pointent vers le Qatar».
Vingt-quatre heures après le séisme provoqué par l’annonce de l’Arabie Saoudite, de Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Yémen, de l’Egypte et des Maldives de rompre toutes les relations diplomatiques et commerciales avec le petit émirat du Qatar, les premières réactions n’ont pas tardé à tomber. A commencer par celles du Qatar, qui a appelé hier à « un dialogue ouvert et honnête» pour sortir de cette crise.

Dans un discours diffusé par la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera, le chef de la diplomatie de l’émirat, Mohammed Ben Abdul Rahman, a assuré qu’il n’y aura pas « d’escalade» de la part du Qatar, allié de longue date des Etats-Unis, comme l’Arabie Saoudite. « Notre relation avec les Etats-Unis est stratégique», a-t-il insisté, « il y a des choses sur lesquelles nous ne sommes pas d’accord, mais les secteurs dans lesquels nous coopérons sont plus nombreux que ceux dans lesquels nous divergeons». La réaction des pays hostiles au Qatar ne sait pas fait attendre.

Le ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, a réclamé hier « une feuille de route avec des garanties» pour pouvoir reprendre langue avec Doha, rapporte l’APS. « Il faut rétablir la confiance après la rupture des engagements pris. Il faut une feuille de route avec des garanties», a posté M. Gargash sur son compte Twitter, soulignant qu’après la crise de 2014, « il est nécessaire de définir un cadre d’avenir pour consolider la sécurité et la stabilité dans la région».

Pour sa part, le Koweït, membre du CCG mais qui n’a pas rompu avec le Qatar, a décidé de lancer une médiation entre Doha et Riyad.
Une annonce faite devant le Parlement, par le député Ali Al Deqbasi. « L’émir se rend mardi en Arabie Saoudite, nous prions Dieu pour l’aider à sauvegarder l’unité du Golfe.» « Le peuple du Koweït et ceux du Golfe soutiennent du fond du coeur les efforts de l’émir pour combler le fossé» entre l’Arabie et le Qatar, a déclaré de son côté le député Jamaan Al Harbash, cité par l’APS. Autre pays a tenté une médiation : la Turquie.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a entrepris « des efforts diplomatiques» pour tenter de résoudre « cette dispute entre amis et frères», a déclaré le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin dans un communiqué. Il a affirmé que la Turquie était prête à « assumer ses responsabilités dans les prochains jours et semaines» pour faciliter un règlement, exhortant les pays du Golfe a résoudre leurs problèmes par « les négociations, le dialogue et la communication». Dès lundi, le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus s’était entretenu au téléphone « avec plusieurs dirigeants étrangers» pour tenter de trouver une issue au conflit.

L’Iran a, pour sa part, appelé le Qatar et ses voisins du Golfe à « un dialogue franc» pour résoudre leurs différends. « La résolution des différends dans les pays de la région, y compris les problèmes actuels entre les trois voisins du Qatar et ce pays, n’est possible que par des moyens politiques et pacifiques et un dialogue franc entre les parties», souligne un communiqué de Bahram Ghasemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

« L’usage de sanctions dans le monde interdépendant d’aujourd’hui est inefficace, inacceptable et condamnable», a-t-il ajouté. Il a appelé à éviter l’émotion et de s’en remettre à la sagesse afin d’aller vers la paix et la désescalade. Selon lui, les tensions « ne bénéficient à aucun gouvernement de la région et menacent les intérêts de tous» alors que le Moyen-Orient et le monde « souffrent de l’expansion du terrorisme».

Pour sa part, la France, sans prendre position dans le conflit, souhaite que « les tensions actuelles dans la région du Golfe soient résolues par le dialogue», a indiqué le Quai d’Orsay, cité par l’AFP. Le chef de la diplomatie française devait s’entretenir hier avec ses homologues saoudien et qatarien. Seule voix discordante : la déclaration du président Donald Trump, soutien affiché de l’Arabie Saoudite dans le conflit. Pour le président américain, l’isolement du Qatar marquera, « peut-être, le début de la fin de l’horreur du terrorisme», suggérant que « tous les éléments pointent vers le Qatar». Cette crise entre monarchies du Golfe est intervenue 15 jours après une visite à Riyad de Donald Trump qui avait exhorté les pays musulmans à se mobiliser contre l’extrémisme.
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