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Tourisme rural, l’autre alternative

Publié le 04/03/2018, par dans Non classé.

Mohamed Seqaï, son jeune propriétaire, était auparavant un collecteur de lait pour les grandes laiteries nationales comme Hodna et Soummam, avant de décider de s’installer à son compte en se spécialisant dans les fromages traditionnels.
Pour ce faire, Mohamed s’est d’abord lancé dans l’élevage caprin, bovin et ovin.

De la matière première collectée dans sa propre ferme, il s’attelle à fabriquer ses propres fromages et laitages qu’il vend directement aux consommateurs. Les gens viennent en petits groupes d’amis ou en famille consommer sur place ses fromages et laitages avec de la galette traditionnelle pour les acheter directement au comptoir. Mohamed a aménagé plusieurs salles pour recevoir ses clients et les touristes de passage.

Tout est parti de l’idée de fabriquer une spécialité de la région de Bou Saâda appelée « Djoubn El Qafas», en quelque sorte un fromage enfermé dans une cage. C’est un fromage de chèvre avec des herbes aromatiques comme le thym blanc et le romarin et qui a la propriété de se conserver longtemps dans sa belle et très originale enveloppe faite de paille et d’alfa tressé. « A base de lait de chèvre, de vache ou de chamelle, nos spécialités fromagères sont toutes naturelles et traditionnelles. Sans conservateurs ni produits chimiques, elles ne contiennent que des ajouts et des produits traditionnels», dit-il.

Depuis les premiers pas hésitants de la fromagerie, beaucoup de spécialités sont venues s’ajouter au catalogue de la sympathique petite ferme. Fromages frais, fondus et pressurisés, nature, à l’ail, piquants, aux herbes, etc. « Nous avons une convention de partenariat avec l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa, ce qui nous permis de produire dans les normes de sécurité alimentaire un produit de terroir reconnu et labellisé qui puisse se conserver longtemps et surtout sans lactose», explique encore notre éleveur-fromager.

Avec le temps, la réputation de qualité et d’originalité de ses produits a permis à la petite ferme de près de 500 têtes entre chèvres et brebis de faire son petit trou et devenir une destination incontournable pour les ambassadeurs étrangers et les groupes de touristes en visite dans la région. « Actuellement, 90% de la production est consommée sur place au restaurant, mais nous envisageons à plus ou moins long terme d’ouvrir d’autres points de vente dans les grandes régions du pays», dit Mohamed Seqai.

La maison d’hôte plutôt que l’hôtel

Au cœur même de la ville de Bou Saâda, le tourisme à la carte commence à faire son petit bonhomme de chemin. Le client appelle pour réserver son séjour et établir son programme d’activités de loisirs et de sites à visiter avant de discuter des tarifs selon le nombre de son groupe et la durée du séjour. Avouez que l’idée d’une escapade à Bou Saâda à quelques petites heures du centre du pays est aussi séduisante qu’exotique.

Au menu, randonnées pédestres ou à dos de chameau dans le désert ou en montagne, balades en quads, méchoui d’agneau et thé à la menthe sous une « kheïma» dans les dunes, visite de la vieille médina de Bou Saâda, tourisme religieux vers la zaouïa d’El Hamel et la liste est encore longue et les propositions nombreuses.

Plutôt que d’aller dans un hôtel qui pourrait être hors de portée de votre bourse ou vous réserver une mauvaise surprise qui viendrait gâcher votre séjour, « Dar Maa», la maison de ma mère, de Monsieur Abdelatif, met à votre disposition sa villa sise à côté de l’hôtel Kerdada. Comme il est également traiteur et dispose d’un cuisinier spécialisé dans les plats traditionnels, votre séjour sera également une occasion de dépaysement ou de découverte culinaire loin des sempiternels steak-frites douteux.

Les chambres sont luxueuses et équipées de toutes les commodités et, cerise sur le gâteau, elles sont même équipées d’un hammam pour se relaxer en fin de journée. Et comme on ne fait pas vraiment les choses à moitié, les soirées sont animées, à la demande, par des troupes folkloriques.

En l’absence de l’initiateur du projet, parti en voyage, c’est Hmida, guide et animateur culturel, qui nous fait le tour du propriétaire. « Nous recevons d’Alger, de Kabylie et des grandes villes du pays des groupes qui peuvent aller jusqu’à 20 à 25 personnes et les prix sont fixés en fonction du nombre de personnes et du type d’activités», dit-il. Le seul prix que nous avons obtenu de lui est celui des chambres fixé à près de 2000 DA la nuitée.

Au vu de ce qui attend l’éventuel visiteur, le rapport qualité-prix est très avantageux. « Nous organisons également des visites de la Qalaa des Beni Hammad à M’sila, des excursions scientifiques pour les géologues dans les montagnes de la région, des visites pédagogiques dans l’école d’équitation et la ferme équestre, les fermes modèles comme la  »laiterie de Kerdada », spécialisée dans les fromages traditionnels, les virées dans le vieux marchés pour l’achat de souvenirs et d’objets traditionnels, etc.», souligne Hmida, ravi de déployer la longue liste des services proposés aux touristes devant des oreilles attentives.

Toujours dans le village d’El Maâdher, la Mitidja locale, c’est une ferme équestre qui a attiré notre attention. Eleveur de pur-sang arabes, son propriétaire compte l’ouvrir dans les tout prochains jours pour proposer des activités touristiques et sportives, comme la randonnée à cheval. Il va de soi que c’est une offre qui ne pourra qu’étoffer le catalogue de Bou Saâda en matière de tourisme durable.

C’est un secteur qui pourrait connaître un essor considérable, pour peu qu’on vienne à bout des problèmes qui freinent cette avancée. « La saleté est entrain de tuer le tourisme. Il nous faut une police de l’environnement», plaide Ahmed Ladjdel, animateur culturel et guide touristique.

« L’Oued Bou Saâda est pollué et sale. Les carrières d’agrégats et leurs concasseurs ont détruit même les gravures rupestres de Djbel Tafza», dit-il. Si le chemin semble encore long, la voie est tracée. Lire la suite

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