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Tizi Ouzou après la visite de Sellal : La relance est encore loin

Publié le 03/06/2016, par dans Non classé.

Après la visite du Premier ministre dimanche dernier dans la wilaya de Tizi Ouzou, les élus de la région et les investisseurs dénoncent l’indifférence du gouvernement et la non-application des lois.
« Il n’y a pas de climat favorable à l’investissement dans cette wilaya. Le peu de terrains qui sont plus ou moins conformes pour réaliser des investissements sont clôturés et abandonnés depuis leur distribution il y a une dizaine d’années, notamment dans la zone d’activités de Tala Atmane», nous confie le président de l’APW de Tizi Ouzou, Mohammed Klaleche. Le 29 mai dernier, le Premier ministre Abdelmalek Sellal s’est rendu à Tizi Ouzou accompagné de plusieurs ministres pour une « visite de travail et d’inspection» dans le but « d’inaugurer des projets» et de créer un « climat d’investissement favorable».

Sellal semble avoir oublié son portefeuille dans son bureau, car « il n’a ramené aucune enveloppe avec lui pour la wilaya, sauf un millier de logement ruraux pour une wilaya de plus d’un million d’habitants», regrettent les élus de l’APW. Le Premier ministre a annoncé le gel de certains projets, tels que le CHU de Oued Feli qui devait avoir une capacité de 500 lits. La société civile dans la région a assimilé la visite de Abdelmalek Sellal et de son staff comme « une provocation». Les jeunes activistes dans les associations de la commune de Souama ne comprennent pas pourquoi « la pose de la première pierre du projet de la zone industrielle prévu dans leur commune a été annulé».

Dans le café situé non loin du siège de l’assemblée communale, la discussion tourne autour des « actions qu’il faudra mener dans les jours à venir pour dénoncer la complicité des autorités dans le retard que prend la réalisation de cette zone industrielle qui va créer plus de 60 000 postes d’emploi directs, selon l’étude qu’a annoncée l’ex-ministre Amara Benyounes».

Selon des sources anonymes, dont de hauts responsables de la wilaya de Tizi Ouzou, « il était prévu que le wali donne des instructions aux services de sécurité pour se rendre sur place afin que Abdelmalek Sellal puisse s’y rendre le lendemain afin de poser la première pierre du projet, mais la décision n’a pas été appliquée pour des raisons inconnues pour le moment», assure notre source.

Afin d’avoir des réponses, nous avons essayé de prendre attache avec le service de communication de la wilaya, mais « le directeur n’était pas là», regrette notre interlocuteur au bout du fil. Nous nous sommes déplacés au bureau du wali, nous lui avons envoyé des SMS… et son assistante nous a rappelés pour nous dire : « Il est en réunion et il va vous rappeler dès qu’il termine». Comme ils n’ont jamais rappelé, nous avons rappelé le wali et… « sujet sensible !» « Il faut venir ici, je ne vous connais pas, on va finir par réaliser cette zone…», nous a-t-il répondu avant de nous raccrocher au nez.

Stand-by

Le président de la chambre de commerce et de l’Industrie, Ameziane Medjkouh, qui accompagne les opérateurs économiques pour le lancement de leurs projets, estime que « ces deux zones industrielles, Tizi Ghennif et surtout Souama vont permettre à l’investissement dans la wilaya de respirer car à Tizi Ouzou, c’est le manque de terrains d’assiette qui ralentit le rythme du développement». Boussendji Akli, président de l’association des propriétaires des terrains, précise : « Nous ne sommes pas contre le développement dans ce site et nulle par ailleurs en Algérie d’ailleurs, mais il faut savoir que dans cette zone il y a des habitations et des parcelles agricoles exploitées depuis très longtemps.

Nous sommes prêts à céder nos parcelles de terrain dans l’intérêt de notre région et du pays, mais il faut que l’Etat nous indemnise à la valeur réelle du terrain et qu’on ne touche pas aux constructions existantes.» Sur les 370 hectares de la zone industrielle, 90 sont revendiqués par les citoyens qui les exploitent. Selon le président de l’APC en question, Mohand Boukhtouche, « ces terrains appartiennent à l’Etat, mais les propriétaires ont en leur possession des jugements de propriété.

Il faut qu’il y ait des concessions des deux parties afin que les choses soient réglées, et surtout que dans l’enveloppe du projet il y a un chapitre consacré à l’indemnisation.» « Nous avons proposé de lancer les travaux de viabilisation des parcelles où il n’y a pas d’opposition afin de donner le coup d’envoi lors de la visite du Premier ministre, mais les mesures nécessaires n’ont pas été prises», regrette Mohand Boukhtouche.

Abdelmalek Sellal, qui devait relancer le climat de l’investissement dans la région, a préféré inaugurer de petites usines privées et improviser un recueillement « en dernière minute proposé par Lhadi Ould Ali lors d’une discussion à l’occasion de leur visite au magnifique hôpital anticancer Dr Mahmoudi», selon une source proche de la délégation. L’hôpital, d’une capacité de 120 lits, compte atteindre une masse salariale de 300 personnes dans quelques mois.

Le Premier ministre n’a pas raté aussi l’occasion devant un groupe restreint de ministres de faire des gorges chaudes sur Issad Rabrab en lançant devant eux: « Pourquoi Rebrab n’est pas venu investir à Tizi Ouzou ?», selon un ministre présent. D’après un ancien cadre des services des domaines de la wilaya, « le PDG de Cevital les a sollicités en vue de lui céder une parcelle de terrain pour réaliser un méga investissement, mais aucune suite n’a été donnée à sa demande, chose qui a obligé l’homme d’affaires à délocaliser son investissement.»

Compromis

Un émigré de la région est revenu de France pour réaliser un centre de tri pour mettre fin à la situation catastrophique dans laquelle se trouve la région en termes d’hygiène, mais le projet de Hallalou Dahmane Abderahmane n’a jamais vu le jour, même si ce dernier garantissait la création de milliers de postes d’emploi. En 2008, quatre ans après l’achèvement de l’étude, « j’ai bénéficié d’un terrain que la direction des domaines m’a cédé dans la région de Oued Felli. J’ai honoré la redevance comme prévu, et j’ai remis à la direction de l’environnement l’étude d’impact qu’ils ont gardée trois ans au lieu des quarante jours réglementaires. Aucune suite n’a été donnée.

En 2012, le Lire la suite

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