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Tessdira Le fashion show onéreux

Publié le 08/07/2017, par dans Non classé.

Qu’il s’agisse de la cérémonie des fiançailles ou des deux fêtes de mariage organisées par les familles des mariés, la règle est bien claire : la mariée doit porter pas moins de 5 tenues, en plus de la robe blanche.
Dans les familles qui veillent au grain et surtout à leur image sociale, il est important que toutes les tenues soient traditionnelles et faites à la main. La mariée est censée, durant les quelques heures que durera la (Sa) cérémonie, être le mannequin et épater les invités avec son élégance, sa démarche posée, ses tenues luxueuses et sa coiffure extravagante. Les deux premiers éléments diffèrent d’une personne à une autre, mais les deux derniers ne sont pas seulement tributaires du goût mais surtout d’argent.

Sur le marché des effets vestimentaires pour mariées, il existe de tout et à tous les prix. « Le luxe se paye. Celui qui a les moyens achète, sinon les autres n’ont qu’à regarder et acheter des vêtements selon leur moyens», déclare une vendeuse de caftans dans la rue mythique des mariées à Blida. Dans sa boutique, les caftans sont importés du Maroc et coûtent entre 80 000 et 150 000 DA. Selon notre interlocutrice très confiante dans ses produits, le prix est justifié par le fait que ces tenues sont toutes faites à la main avec des tissus nobles ornés de pierres très onéreuses.

Dans les boutiques de la ville des Roses, la mecque des mariées, les prix sont également aussi chers pour les autres tenues traditionnelles. Yasmina, une jeune fonctionnaire, a fait faire une robe constantinoise à 140 000 DA, un karakou (tenue algéroise d’origine turque) à 80 000 DA et une robe kabyle à 70 000 DA. « Pour ces trois tenues, j’ai dû faire un prêt auprès de ma direction d’une somme de 250 000 DA. Le malheur est que tout cela n’a abouti à rien et j’ai rompu avant même que je ne réceptionne la totalité de mes tenues», s’attriste-t-elle. Comme quoi, l’habit ne fait pas le moine, encore moins le bonheur.

En plus de ces frais, pour les tenues s’ajoutent ceux des accessoires, à savoir les pochettes, qui ne coûtent pas moins de 5000 DA, les chaussures qui vont également dans la fourchette voire nettement plus et les bijoux. Ceci sans compter la coiffure et le maquillage de la mariée. Un créneau soumis aux enchères les plus folles et aux promesses alléchantes, mais tout insensées les unes que les autres. Une coiffure et un maquillage spécial mariée, qui n’est en réalité pas si spécial, coûte dans les 15 000 DA.

Pour une prestation complète de massage, de nettoyage de peau et autres traitements en faveur de la mariée, les prix peuvent atteindre la bagatelle des 30 000 Da. Toutes ces dépenses pour une cérémonie de quelques heures où la mariée doit se plier aux règles de la société. Pour le soin de son image sociale et éviter les médisances des invitées, la jeune mariée doit entrer dans la peau de la sage et ne doit pas trop sourire, ni trop faire la tête, elle ne doit pas trop danser et si on la demande sur la piste de danse, elle ne doit pas y rester longtemps. Résultat final : des dépenses pour ne pas profiter de son jour J tant attendu.
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