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Tamazight, l’ambition manquée

Publié le 13/05/2017, par dans Non classé.

Pour le recrutement d’un peu plus de 10 000 enseignants à travers le pays, en prévision de l’année scolaire 2017/2018, seuls 57 postes sont revenus à l’enseignement de tamazight.
Décidément, le gouvernement reste de marbre face aux appels insistants pour une « officialisation effective» de tamazight. Pire, il semble s’enfoncer dans la discrimination de cette langue qu’il a reconnue du bout des lèvres dans la nouvelle Constitution d’il y a un peu plus d’une année. La preuve, pour le présent concours organisé par le ministère de l’Education nationale aux fins de recruter un peu plus de 10 000 enseignants à travers le pays, en prévision de l’année scolaire 2017/2018, seuls 57 postes sont revenus à l’enseignement de tamazight.

Le Syndicat national autonome du personnel de l’administration publique (Snapap), tout en relevant la contradiction entre le discours et l’acte, dénonce et évoque une « catastrophe». « Les masques sont tombés, le jeu du ministère de l’Education nationale et du pouvoir quant à sa prétendue volonté d’appuyer et de promouvoir l’enseignement de tamazight est mis à nu.

On dit que la nouvelle Constitution a consolidé les constantes nationales, dont tamazight est l’un des pivots, mais il s’avère qu’il s’agit d’une catastrophe, au regard des 57 postes qui sont réservés à cette langue dans les 3 paliers, répartis, de surcroît, principalement entre les wilayas de la Kabylie», a déclaré Nabil Ferguenis, chargé de communication du syndicat, contacté par téléphone.

« Le pouvoir, à travers le ministère de l’Education, ne semble pas tirer les leçons des différentes crises vécues dans le pays — en l’occurrence le Printemps berbère, la Grève du cartable et le Printemps noir — marquées par des morts, des blessés et tant de sacrifices», regrette-t-il. Il ajoute qu' »à l’évidence, la question de tamazight est purement politique et il n’y a aucune volonté pour l’officialiser effectivement». Et d’affirmer : « Nous attendons la réaction de ceux qui ont participé aux élections législatives au nom de la Kabylie, du moment que le pouvoir a décidé de cloisonner tamazight dans cette région.»

Outrée par l’attitude du ministère de l’Education, la Coordination nationale des enseignants de tamazight (CNET), créée il y a une année, dénonce un « concours de la honte», prévu pour le 29 juin prochain. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, la Cnet ironise : « Le meilleur hommage que le pouvoir puisse rendre à Mouloud Mammeri à l’occasion de son centenaire, c’est ce nombre insignifiant de postes budgétaires qui exclut tamazight de la quasi-totalité des écoles du pays.»

Faisant état de plus de 5000 diplômés en tamazight au chômage, la Coordination affirme que ces derniers « ont perdu tout espoir de se faire recruter», dénonçant « non seulement l’absence de volonté de généraliser l’enseignement de tamazight, mais aussi un plan diabolique visant à ghettoïser et faire disparaître la plus ancienne langue d’Afrique du Nord».
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