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Syndicats autonomes : Une radicalisation n’est pas à écarter

Publié le 03/11/2016, par dans Non classé.

Invitée hier du quotidien El Mihwar, la coalition des syndicats autonomes n’a pas été tendre avec le gouvernement. Les syndicats autonomes de différents secteurs sont revenus sur la réforme du système des retraites et l’avant-projet de loi portant code du travail, deux dossiers chauds et qu’ils refusent en bloc.
Ils ont dénoncé « les manœuvres du gouvernement et son exploitation des métiers durs qui ne représentent en fait que 7%. Il s’agit d’une fuite collective en avant». Une grande question se pose : pourquoi aller directement aux poches des fonctionnaires alors que dans les pays développés, on va d’abord vers les poches des ministres et des sénateurs ? Un consensus semble se dégager : la situation actuelle est celle de la politique du gouvernement et c’est à lui de trouver des solutions concrètes pour sortir de la crise.

Pour Djilali Oukil, président du Syndicat national des travailleurs de la formation professionnelle (SNTFP), « quand une société fait faillite, on ne demande pas de comptes aux responsables, ce sont toujours le travailleurs qui sont victimes à travers, entre autres, la compression des effectifs. Il y a moins d’acquis sociaux dans le projet de loi sur le code du travail : le repos hebdomadaire est décidé par le patron et la majorité des contrats de travail deviennent temporaires ; le travailleur est ainsi menacé à tout moment d’être licencié. Autre chose : le patron n’est pas obligé de réintégrer le travailleur dans son poste même avec une décision de justice».

De son côté, Boukhalfa Abdallah du Syndicat autonome des travailleurs de l’électricité et du gaz (Sateg) estime que « la réforme du système de retraite ne profite qu’à une seule partie. Beaucoup de travailleurs souffrent de troubles psychologiques dus à l’astreinte alors qu’un simple travailleur touche 500 DA la nuit, le cadre qui reste à la maison touche 2500 DA par nuit. Nous avons enregistré 15 000 demandes de départ à la retraite anticipée, seules 4000 ont été acceptés». Il dénonce la « mauvaise gestion du secteur depuis 2002 et le transfert des œuvres sociales à des projets d’investissement avec la complicité de l’UGTA. La société de travaux et de montage électrique Kahrakib n’a pas versé ses cotisations à la CNR de 2011 à 2014. Cela concerne 300 travailleurs».

Une autre interrogation a animé les débats : le principe de la grève est-il maintenu ? Question pertinente car à chaque mouvement de grève, les syndicats autonomes se disent face aux mêmes réactions de la part des autorités. Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapest, dira à ce sujet : « Pourtant toutes les études ont démontré que les grèves sont un moyen de stabilité à condition que les grévistes soient écoutés. C’est une opportunité pour désigner les causes réelles des grèves, de stopper la mauvaise gestion et d’éviter les dépassements.» Selon les syndicalistes autonomes, la démarche du gouvernement est axée sur les conséquences et non sur les causes des grèves et à chaque fois, c’est le retour à la case départ. En fait, le problème réside dans l’exclusion des syndicats autonomes du dialogue.

Certains vont jusqu’à dire que « c’est le gouvernement qui crée les crises et le désordre et lorsque la victime élève la voix, elle est réprimée. Cette situation risque d’aller vers une explosion sociale dangereuse dont le gouvernement ne pourra pas maîtriser l’ampleur». Les syndicats autonomes vont-ils radicaliser leur mouvement en allant vers une paralysie de plusieurs secteurs ? Tout est possible au regard de la situation actuelle. Mais tout se décidera lors de la réunion de la coalition, le 5 novembre.
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