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Sportifs d’aujourd’hui, touristes de demain

Publié le 14/05/2017, par dans Non classé.

Des milliers de coureurs en mouvement. Ça saute, ça court, ça s’étire et ça bouge de partout et dans tous les sens.
Une gigantesque marée humaine s’apprête à prendre le départ du semi-marathon international de Béjaïa. Un peu à l’écart de cette joyeuse cohue, nous tombons sur Ammi Abdelkader, arrivé d’Alger la veille avec ses deux amis. Sportif depuis des décennies, il a participé à plusieurs courses, dont 5 à Béjaïa. Du haut de ses 84 ans, Ammi Abdelkader aurait été le deuxième doyen du semi-marathon avec Ammi Boualem, également 84 ans, s’il n’était pas venu pour le 7 km.

Quand il appris pour quel organe nous travaillons, l’octogénaire s’empresse de nous annoncer d’emblée : « J’étais le coiffeur de M. Belhouchet (directeur de publication d’El Watan, ndlr). Nous avons déjà couru ensemble lui et moi. Salue-le de ma part.» Malgré la chaleur, Ammi Abdelkader ne fait pas une montagne du parcours qui l’attend. « C’est humide et c’est chaud, mais on va courir quand même», dit-il. Et nous de lui souhaiter bon courage avant de prendre congé.

Marée humaine

Rendez-vous incontournable des courses de fond sur route, le semi-marathon international de Béjaïa a encore une fois été une grande réussite. En cette matinée du vendredi 12 mai, l’ambiance au niveau du stade Ben Allouache, nouveau point de départ de la course, contrastait avec la morosité à laquelle nous ont habitués les jours de week-end. C’est une véritable marée humaine qui a déferlé sur l’ex-capitale des Hammadites. Coureurs, organisateurs et supporters ont massivement bravé le soleil et la chaleur pour cette douzième édition du semi-marathon de Béjaïa, dans une atmosphère conviviale et riche en couleur.

Ils étaient pas moins de 5775 participants à avoir battu l’asphalte entre professionnels et amateurs, venus de 45 wilayas et de 12 pays étrangers pour les trois courses : enfants (3 km), course populaire (7 km) et le semi-marathon en 21 km. Une mêlée gigantesque où les trois générations des deux sexes sont représentés, le tout dans une organisation qui a été louée par tous. Tout ce beau monde est convié à se présenter à partir de 8h sur les lieux pour le coup de starter prévu à 9h. Le stade Ben Allouache a l’avantage de disposer d’un grand terrain où on peut s’échauffer, quand bien même les autorités n’ont pas pris le soin de l’aménager convenablement.

Entre-temps, les speakers, debout sur la ligne d’arrivée au milieu de la foule qui occupe tous les recoins et des stands plantés d’un côté et de l’autre des barricades de sécurité, annoncent à grands décibels 28 degrés Celsius. Il est déjà 8h45. A une quinzaine de minutes du coup de starter, nous rencontrons Mustapha Tazrart, restaurateur à Béjaïa, qui en est à son 8e semi-marathon. Bien droit dans ses baskets et son dossard blanc, c’est avec une fierté non dissimulée qu’il annonce avoir réalisé un chrono d’une heure 47 minutes lors de la précédente édition, espérant faire mieux cette fois-ci. Toutefois, il regrette le changement d’itinéraire de la course cette année. « Une course pareille devrait normalement être urbaine, car sans les encouragements des supporters, ça n’a plus le même charme. Ça reste à revoir en tout cas. Il faut une étude qui inclura les avis des gens de la région et des coureurs. Mais, après tout, l’essentiel c’est d’être là», dit-il.

Nouveau parcours

Si le parcours, anciennement dessiné sur le tracé stade OPOW — Brise-de-mer — stade OPOW a été changé pour la première fois depuis 12 éditions, c’est pour échapper à plusieurs contraintes et tenter de revoir les performances du semi-marathon de Béjaïa à la hausse. C’est ce que nous explique Mohamed Laroug, vice-président de l’Athletic Club Méditerranée de Béjaïa, organisateur du semi-marathon.
« L’ancien parcours était truffé de pentes, ce qui n’était pas sans incidences sur les performances des athlètes. Et comme nous accueillons des athlètes professionnels, nous devons leur trouver un parcours qui leur convient afin qu’ils aient toutes les chances de s’améliorer. De plus, lors des précédentes éditions, les services de sécurité, soucieux de rétablir la circulation dans la ville, nous pressaient de terminer rapidement. A cela s’ajoutent les matchs organisés au niveau du stade OPOW qui peuvent aussi nous causer des problèmes. Ceci dit, ce changement n’est qu’une expérience, nous prendrons acte des recommandations des coureurs», confie-t-il.

A cinq minutes du coup d’envoi de la course, la tension monte chez les organisateurs qui multiplient les appels par haut-parleur. Ils faut canaliser les coureurs derrière la ligne de départ et ce n’est pas une mince à faire. Mais comme la plupart des semi-marathoniens sont des habitués, la situation finit par se régler d’elle-même. A la tête de l’énorme peloton, « les favoris» jouent des coudes pour bien se positionner, tandis que, derrière, on attend patiemment que la course commence.

A 9 heures tapantes, le ministre de la Jeunesse et des Sports, El Hadi Ould Ali, présent à Béjaïa depuis la veille, donne le coup de starter. Sous les applaudissements, le grésillement des baffles et les roulements des tambours d’une fanfare, les milliers de coureurs quittent la ligne de départ dans un mouvement collectif qui donne des frissons.

Direction Ivourassène, dans la commune de Oued Ghir, le long de la RN12. Les Kényans et les Ethiopiens ont affiché la couleur dès le départ en passant loin, très loin devant. Ils sont donnés favoris, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Il faut compter au moins une heure avant de voir les premiers coureurs pointer le bout de leur nez. Désormais, on attend que les coureurs de 7 km arrivent. Les premiers franchissent la ligne d’arrivée au bout de 25 minutes à peine.

Kényans et éthiopiens en tête

Quelques instants plus tard, nous retrouvons, sous l’ombre bienveillante d’un palmier du stade Ben Allouache, Ammi Abdelkader, avec toujours la même pêche qu’avant la course. « Ce n’était pas vraiment difficile, malgré la chaleur. Le parcours était bien plat, moins difficile que celui de la dernière fois. L’organisation était vraiment au top. On s’est bien amusés», nous dit-il. Nous le quittons au moment où le speaker annonce l’arrivée des premiers coureurs du semi-marathon.

Comme attendu, Lire la suite

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