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Soulagement des fellahs de Bouira

Publié le 12/03/2016, par dans Non classé.

Les agriculteurs de la wilaya de Bouira, qui redoutaient dans un passé récent la sécheresse, se sont réjouis des dernières chutes de pluie sur la région.
Le président de l’association des producteurs de céréales de cette wilaya, Kahlal Aïssa, a estimé dans une conversation téléphonique que la saison est désormais sauvée : « Les dernières pluies enregistrées au cours de la semaine écoulée sont bénéfiques pour nos cultures.» Et d’ajouter que les céréaliers ont d’ores et déjà entamé la campagne d’engraissement de leurs champs. Même lueur d’espoir chez les spécialistes du domaine agricole. M’hand Mekaouche, ingénieur agricole et ex-cadre à la direction des services agricoles de la wilaya de Bouira (DSA), a estimé que les quantités de pluie enregistrées, même si elles ne sont pas énormes par rapport au déficit hydrique comptabilisé, « sont largement suffisantes compte tenu du stade végétatif moyen de cette culture actuellement».

Néanmoins, beaucoup d’agriculteurs et de spécialistes souhaitent d’autres pluies, qui sont indispensables pour la période allant de fin mars à la mi-avril prochain. « Cette période coïncidera avec les stades de montaison et de floraison des céréales, connus pour être des stades critiques où la plante est très exigeante en eau», explique M. Mekaouche. Il faut préciser que la production agricole dans la wilaya de Bouira dépend uniquement de la clémence du ciel.

En dépit des sommes faramineuses injectées par l’Etat destinées à l’irrigation des terres agricoles, ces programmes ne se sont pas entièrement concrétisés sur le terrain. A Bouira, où pas moins de 71 267 ha ont été emblavés cette saison — 11 572 ha réservés au blé tendre, 41 403 ha au blé dur, 1487 ha à l’avoine, 16 805 ha à l’orge —, les récoltes pourraient être compromises malgré les assurances des responsables du secteur et même des agriculteurs.

L’ingénieur et expert en développement, Akli Moussouni, avec qui nous nous sommes entretenus sur ce sujet, affirme que certes les dernières précipitations sont d’un apport considérable pour le secteur, mais « insuffisantes pour combler les réserves en eau du pays, les barrages commençant à présenter une affreuse image de gouffres vides». M. Moussouni estime que ces précipitations sont aussi une planche de salut pour les cultures pluviales ou mi-pluviales à cycle court (maraîchage) et l’arboriculture.

Quant aux grandes cultures, à l’image des céréales, l’expert a estimé que peu de terres ont été cultivées cette saison, « au regard des craintes de la sécheresse enregistrée au début de la campagne labours-semailles, mais aussi par rapport aux retombées de la sécheresse de l’année passée où une bonne partie des céréaliers ont perdu leurs ressources en l’absence de mécanismes compensatoires en mesure de réparer les conséquences liées à ce genre de situation». Pour lui, les pouvoirs publics ne doivent pas faire de la sécheresse un bouc émissaire pour « justifier la dégringolade de la filière, puisqu’en année ordinaire en termes de précipitation, elle enregistre des rendements très faibles (moins de 10 qx/ha), très loin d’une agriculture de performance».

La céréaliculture dépend aussi bien de l’eau en tant que culture pluviale, mais aussi d’autres conditions. Pour M. Moussouni, la mécanisation, les techniques culturales performantes, une fertilisation du sol, une organisation autour du produit dans un cadre global qui tienne compte de l’assolement avec d’autres cultures sont recommandées. Quant à la filière, l’expert a déclaré qu’elle couvrait à 30% les besoins de marché national en 2000, avant de connaître une chute ces quinze dernières années, atteignant 15% vu les quantités importantes d’importation. Une facture qui atteint actuellement 5 milliards de dollars, a-t-il précisé.

Par ailleurs, il faut souligner que les moyens dont disposent nombre de fellahs pour irriguer leurs parcelles sont minimes, pour ne pas dire inexistants. Il faut préciser que Bouira, une région à vocation purement agricole, dispose de trois barrages dont le taux de remplissage a sensiblement augmenté à la faveur des dernières précipitations. Les deux périmètres destinés exclusivement à l’agriculture, El Esnam et Arribs, dans la commune de Aïn Bessem, ne sont pas entièrement irrigués, alors que les pouvoirs publics ont décidé de réserver toute l’ eau du barrage Oued Lakhal (30 millions de mètres cubes) à l’agriculture.

Ledit barrage alimentait dans le passé en eau potable les populations de Aïn Bessem et Sour El Ghozlane. L’exemple édifiant illustrant l’absence, pour ne pas dire « la démission» des autorités quant à l’avenir de ce secteur est le cas du périmètre irrigué du plateau d’El Esnam et de toute la vallée du Sahel. 8500 hectares sont concernés par un programme d’irrigation à partir des eaux des deux barrages Tilesdit et Tichy Haf dans la wilaya de Béjaïa, mais le projet n’est pas encore opérationnel. Lire la suite

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