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Sonelgaz : 30 000 travailleurs privés de prestations sociales

Publié le 15/04/2016, par dans Non classé.

Un conflit entre deux directions à la tête de la Muteg (mutuelle de Sonelgaz) bloque depuis plus deux mois l’accès aux soins de près de 30 000 adhérents et leurs ayants droit. Règlements de comptes, bagarres, guerre de clans : récap’ d’un véritable western.
« Nous ne touchons plus nos prestations sociales depuis plus de deux mois à cause d’un conflit opposant la direction de la Mutuelle générale des travailleurs des industries électriques et gazières (Muteg) et Achour Telli, secrétaire général du syndicat des travailleurs et ancien chargé du contentieux au sein de l’UGTA. Pourquoi ce dernier s’est-il permis de mettre la Muteg dans cette situation désastreuse, lui qui est censé régler les problèmes et non les créer ?» s’interroge Ammi Rabah, retraité de la Sonelgaz à Alger, qui s’est trouvé obligé de payer tout seul la totalité de la facture de 140 000 DA de sa récente opération chirurgicale, alors qu’il devait être pris en charge par la Muteg.

Il explique les raisons de sa colère. « Achour Telli et son groupe veulent à tout prix faire main basse sur les caisses fructueuses de la Muteg. Ils sont entrés de force dans notre siège à Hydra et ont mis dehors l’ancienne direction qui occupe actuellement l’annexe régionale à Haï El Badr. Depuis, tous les comptes bancaires sont bloqués, les prestations sociales aussi. Les travailleurs du groupe, les retraités et les ayants droit ne sont plus pris en charge et sont, depuis, livrés à eux-mêmes», s’indigne-t-il.

La Muteg, qui assure la prise en charge en matière de soins des 90 000 adhérents (travailleurs et retraités du groupe Sonelgaz ainsi que leurs ayants droit) est dans la tourmente depuis mi-février dernier. Composée d’un conseil d’administration élu, d’un directeur désigné par concours et de travailleurs, la Muteg prend en charge, entre autres, les adhérents qui ont recours aux cliniques médicales, aux centres d’imagerie et aux laboratoires d’analyses médicales, un modèle de gestion exemplaire jusque-là en Algérie.

Pour les travailleurs, la mission de cette association qui a toujours préservé son indépendance par rapport à l’entreprise employeuse est « compromise». A l’origine du conflit, une guerre sans merci opposant la direction menée par Mohamed Kamel Bay Boumezrag, directeur de la Muteg et une autre, parallèle, élue le 19 septembre dernier, dirigée par Achour Telli, l’actuel n°2 de la centrale syndicale. Rencontrées chacune en son siège, les deux directions se disent toutes les deux « légitimes». Mais, au-delà du problème posé, ce sont les bénéficiaires qui font les frais, aujourd’hui, des conséquences de ce blocage.

Haï El Badr

11 février 2016. 7h du matin. Devant le siège de la Muteg à Hydra, Mohamed Ouffa, chef de sous-structure Moyens qui a assisté à cette affaire, témoigne. « J’ai été surpris de voir les syndicalistes et les agents de la filiale de la sécurité du groupe Sonelgaz, la Spas, arriver en bus. Ils s’étaient préparés à la guerre et voulaient à tout prix prendre le contrôle de la structure, se souvient-il amèrement. S’en est suivie une bagarre générale quand ils ont tenté d’entrer de force. Ils étaient très nombreux et nous n’avons pas pu nous défendre. Plusieurs de mes collègues ont été blessés, dont moi-même.

J’ai fini par avoir 7 jours d’incapacité de travail.» Mohamed Kamel Bay Boumezrag, directeur de la Muteg depuis huit ans, rencontré dans son bureau temporaire à Haï El Badr, qualifie cet acte d' »intrusion». « Les policiers n’ont pas pu intervenir pour sauver nos travailleurs qui se faisaient tabasser par ces ‘‘voyous ». Ils se sont contentés malheureusement du rôle d’observateurs. Ni le procureur de la République, ni même la centrale de la sûreté nationale n’étaient informés. Tout me laisse croire que Achour Telli, qui a tout planifié, a acheté le silence de certains», s’indigne Bay Boumezrag.

Parmi les victimes, Houda Boutaleb, secrétaire du président du conseil d’administration, Laïd Lasledj, qui assure ses fonctions depuis 20 ans à la Muteg. Houda Boutaleb, rencontrée dans son bureau à l’annexe de la Muteg à Haï El Badr, choquée, affirme qu’elle a été « prise en otage ce jour-là». « Quand j’ai entendu les cris de mes collègues qui se faisaient tabasser dans l’enceinte de l’établissement, j’ai eu peur.

Pour me protéger, je me suis enfermée dans le bureau de mon directeur pendant plus de cinq heures. Heureusement qu’ils n’ont pas réussi à y pénétrer, car je n’ose même pas imaginer ce qu’ils pouvaient faire, confie-t-elle. J’ai appelé le 1548 (le numéro de la police), en vain, car les policiers qui étaient présents sur les lieux étaient statiques. Il a fallu l’intervention de mon responsable, Laïd Lasledj, qui m’a fait sortir de là. En tentant de quitter le siège alors que j’étais encore sous le choc, les assaillants ont non seulement fermé le portail, mais ils se sont permis aussi de me fouiller ainsi que ma voiture. Tout ça devant la police qui n’a pas bougé le petit doigt pour me protéger.

Le commissaire m’a dit qu’il ne pouvait pas intervenir car l’affaire était interne. Mais refuser de l’assistance à une personne en danger n’est-il pas contraire à la loi ? Bay Boumezrag d’ajouter : « Une fois qu’ils ont réussi à prendre le contrôle du siège, Achour Telli a directement convoqué une assemblée générale qui l’a élu comme président du conseil d’administration. Il a installé le même jour un nouveau directeur de la Muteg et a signé une convention avec la filiale de la sécurité du groupe, la SPAS, qui a non seulement participé à cette opération de braquage, mais qui assure depuis la sécurité du siège avec des chiens bergers !»

Blocage

El Watan Week-end s’est rendu au siège de la Muteg à Hydra. Effectivement, des agents de la Spas assurent la sécurité du siège de la Muteg avec des chiens. Accueilli par le nouveau directeur, Laïd Taousar (du côté de Achour Telli), médecin du groupe Sonelgaz, ce dernier nie en bloc les accusations de ses collègues de Haï El Badr. « Nous n’avons agressé personne. Au contraire, ce sont eux qui nous ont passés à tabac. Leur mandat était fini depuis juin 2015.

Nous avons informé le ministère du Travail qui a pris acte et qui Lire la suite

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