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SNTF : Les grévistes demandent une enquête sur la gestion des ressources humaines

Publié le 09/12/2016, par dans Non classé.

Les conducteurs de train de la SNTF ont organisé, mardi dernier, une grève pour demander la classification des postes qu’ils attendent depuis plus de six mois. Ils dénoncent aussi la nouvelle grille de salaires décidée d’un commun accord entre la direction de la SNTF et le syndicat. Les grévistes dénoncent la mauvaise gestion et réclament une enquête.
« Nous dénonçons la mauvaise gestion des ressources humaines au sein de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) et nous sommes contre sa privatisation.» Haroun Boulemya, chef de train principal, 40 ans, leader syndical de la section de traction d’El Hamma gelée en mai dernier par l’UGTA, dénonce ce qu’il qualifie « de coup prémédité contre la SNTF». « Il y a une volonté claire de mettre à genoux la SNTF afin de justifier sa privatisation.

Beaucoup d’entreprises publiques ont connu ce sort. La tutelle, la direction ainsi que l’UGTA sont de connivence sur ce plan. Elles ont déjà tenté le coup en 2015 en essayant de conclure un accord de partenariat avec la Société française de transport ferroviaire (SNCF). Elles ont fini par y renoncer après la menace des travailleurs de recourir à nouveau à la grève.

Aujourd’hui, en augmentant ‘‘illégalement » le salaire des travailleurs, elles tentent d’acheter leur silence afin de concrétiser ce projet.» Les propos de Haroun Boulemya peuvent paraître « ambigus», car le syndicat de l’entreprise, à savoir la Fédération nationale des cheminots (FNC), n’en a pas parlé ni même la direction de la SNTF. Mais si sa déclaration reste une lecture, M. Boulemya et ses collègues, qui ont observé une journée de protestation mardi dernier et qui ont paralysé tout le réseau ferroviaire de la région d’Alger et sa banlieue, ont un argumentaire « solide» qu’ils tiennent aujourd’hui à faire valoir et à rendre public.

Maintenanciers

Mardi matin devant le siège de la FNC à Alger-Centre. Après avoir décrété une journée de protestation et gelé le réseau ferroviaire algérois, une centaine de conducteurs de train, vêtus de gilets roses portant le logo de la SNTF, ont fait le déplacement au siège de la direction et observé un rassemblement à quelques pas de l’enceinte de leur syndicat, situé dans la même ruelle. Sur leurs pancartes, on pouvait lire : « Nous demandons les résultats de l’expertise sur la classification des postes», une revendication portée par les travailleurs lors de leur dernière grève de neuf jours, organisée en mai dernier.

Cependant, ils n’étaient pas les seuls à organiser un rassemblement devant la FNC. Les maintenanciers de l’unité BPML de Rouiba étaient aussi du rendez-vous. Interrogés, ces derniers expliquent qu' »ils s’opposent catégoriquement à la grève des conducteurs». « La direction a décidé d’augmenter nos salaires, en fonction de nos années d’expériences cumulées, mais il s’avère que les conducteurs de train s’y opposent, ce que nous ne comprenons pas.

Ce sont des agitateurs qui œuvrent contre les intérêts des cheminots», dénoncent, sous le sceau de l’anonymat, des maintenanciers, rencontrés devant le siège de la FNC. Furieux, un cheminot qui s’apprête à partir en retraite s’indigne : « J’ai travaillé pendant plus de 30 ans à la SNTF. Et c’est quand l’entreprise a décidé de rentabiliser mes années d’expérience après un blocage qui a trop duré, à mon sens, que mes collègues décident de tout bloquer ! Ce n’est pas normal.

Je mérite tout de même une retraite digne.» « Les contre-manifestants», qui ont fait le déplacement l’après-midi au siège de la centrale, étaient unanimes « à soutenir solennellement la FNC qui a signé l’accord des révisions des salaires en question, l’UGTA qui avait appuyé et la direction de l’entreprise qui avait concrétisé, quant à elle, un accord tant attendu, selon leurs dires, par les 13 000 cheminots que compte la SNTF». Pour l’instant, les propos des pro-FNC paraissent plausibles. Mais ce qui reste par contre anormal dans cette affaire est cette opposition des conducteurs à ladite augmentation, sachant qu’eux-mêmes sont concernés.

Question que peut poser toute personne qui s’intéresserait au dossier : « Quelles sont les raisons ?» Pour mieux cerner l’histoire, Haroun et son chef de train, Abdelkader Sid, cinquantenaire, syndicaliste dans la même unité, nous renvoient aux protestations de 2011. « Afin d’améliorer le salaire des anciens travailleurs qui n’ont pas de niveau ou qui n’ont pas réussi leurs examens, nous avons organisé en 2011 une grève et demandé à la direction de comptabiliser leurs années d’expérience et elle avait accepté. Nous sommes sortis avec une nouvelle grille.

Vous avez les grades sur la verticale auxquels vous ne pouvez y accéder qu’après formation et examens et les échelons à l’horizontale de l’autre, dont ces derniers pouvaient tirer bénéfice en fonction de leur nombre d’années d’expérience. Un échelon est égal à deux années de travail. Cette règle a non seulement été appliquée avec effet rétroactif, mais aussi a été élargie à tous les fonctionnaires de la SNTF», explique Sid Abdelkader.

Haroun ne s’arrête pas là et précise : « Il faut savoir que tous les travailleurs sont rémunérés non seulement pour leurs échelons cumulés, mais aussi pour l’indemnité expérience professionnelle (IEP) ou ce que nous appelons la prime de l’ancienneté. Donc, ils bénéficient de deux mêmes primes en même temps, ce qui est contraire à la loi. Nous avons fermé, à l’époque, les yeux sur cette question, car la situation financière du pays était confortable, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, surtout avec le déficit qu’enregistre la SNTF.»

Classification

Donc, pour les deux syndicalistes, le problème de déroulement de carrière a été réglé. Alors de quelle comptabilisation des années d’expérience parlaient les travailleurs qui saluent les nouvelles augmentations ? Ce qu’il faut comprendre, c’est que dans la grille des salaires de base des travailleurs de la SNTF, dont El Watan Week-end s’est procuré une copie, il y a cinq catégories désignées par des lettres (de A à E). Chacune d’elles compte de 4 à 6 niveaux.

« Pour y accéder, un travailleur doit non seulement avoir les aptitudes requises, faire une formation et pouvoir réussir l’examen», explique Abdelkader. Ces salaires de base vont de 18 500 DA pour la toute première catégorie A1 jusqu’au plus gradé des travailleurs E6 qui touche quant à lui un salaire Lire la suite

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