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Si jeunes, si ambitieux…

Publié le 18/06/2017, par dans Non classé.

Imène, Chourouk, Nedjma, Nour El Houda, Nassima, Mourad, Aïssa, Mohamed, Djaouad, etc. ont tous l’âge de l’insouciance. Pourtant, ils ont choisi volontairement l’éloignement, la séparation avec leur famille et la rupture avec le monde extérieur pour se consacrer exclusivement à l’enseignement. Pas n’importe quel enseignement. Celui de l’excellence. Venus des quatre coins du pays, ces enfants ont rejoint les écoles des cadets de la nation, qui ont rouvert leurs portes aux algériens dès 2009 après avoir été fermées pour des raisons politiques durant les années 80′.
Qu’est-ce qui motive ces brillants élèves, encore à l’âge de l’innocence, à sortir de leur cocon familial pour rejoindre l’école des cadets de la nation et faire une carrière militaire ? Pour trouver la réponse, une virée dans ces établissements dépendant du ministère de la Défense nationale était nécessaire. Notre première escale en cette journée assez chaude de Ramadhan a été le collège de M’sila. C’est le commandant de l’école, le colonel de l’aviation Hamid Chalabi qui nous accueille.

Sorti de l’école des cadets de la Révolution, il connaît les 162 élèves qui fréquentent l’établissement depuis son ouverture durant la rentrée scolaire 2016-2017. Sur les 200 postes pédagogiques dégagés, 186 candidats ont été retenus. « Avec une moyenne minimum de 12 sur 20, ils ont droit à l’inscription qui se fait par internet. Les 186 premiers candidats qui ont les meilleures notes sont retenus. Ils ont passé le test psychotechnique, celui de l’aptitude physique et la visite médicale avant de rejoindre l’école. Durant les trois premiers mois d’adaptation, certains parents n’ont pu supporter la séparation.

Actuellement, 162 poursuivent leurs études. Ils sont bien insérés et ont obtenu de très bonnes notes. Ils ont tous les moyens pour réussir. L’échec n’a pas sa place ici…», explique le colonel.

Pour mieux argumenter, il nous fait visiter l’établissement. Beret bleu nuit vissé sur la tête, pantalon bleu marine, et chemise bleu ciel, les cadets sont tous en récréation. Malgré leur jeune âge (entre 11 et 14 ans), ils semblent très calmes et bien disciplinés. Certains ont des cahiers entre les mains. Ils profitent des quelques minutes de repos pour réviser les leçons. A la vue de l’officier qui nous accompagne, ils s’arrêtent brusquement pour faire le salut militaire. Ils connaissent déjà le protocole. Mohamed a à peine 12 ans. Il vient de Sétif avec une moyenne de 14,5/20.

Il a toujours rêvé d’être dans les rangs de l’armée. « J’ai demandé à mes parents de m’inscrire parce que j’ai toujours souhaité être militaire. Plus tard, je veux être médecin…», nous dit-il. Corps frêle et un peu plus d’un mètre de taille, il a déjà la démarche militaire. « Mes parents sont contents. Ils savent que je suis bien ici et je ne manque de rien», dit-il avant que la cloche ne sonne le retour en classe. Il fait le salut au colonel, puis disparaît. « Ils viennent de toutes les régions du pays et la majorité est issue de milieux très défavorisés. Dès leur accès à l’école, ils sont totalement pris en charge.

Ils ont les deux uniformes avec chaussures, sous-vêtements, deux tenues de sport avec baskets, pyjamas, pantoufles, trousse de toilette, les affaires scolaires et les livres, et un petit pécule de 300 DA par mois qui augmente chaque année. Ici, ils n’ont besoin de rien. Ils peuvent avoir un téléphone mobile pour appeler leur famille, mais pas de smartphone ou de tablette. Tout ce qui peut les déconcentrer de leurs études est banni. Ils ont des moments de distraction, le sport, la télévision, etc. mais à des heures bien précises. Le temps est réservé à l’enseignement et à la lecture…», précise le colonel.

« Je veux être commandant de région militaire»

Nous nous arrêtons devant une salle de cours. A peine une vingtaine d’élèves se dressent comme un « i», les bras bien tirés vers le bas à la vue de l’officier. L’un d’entre eux avance, les doigts de la main droite fixant la tempe. Il se présente et fait la présentation de sa classe baptisée au nom de Hassiba Ben Bouali, martyre de la guerre de libération, avant de reprendre sa place. Lui aussi a fait le choix volontaire d’embrasser une carrière militaire. « Mon cousin m’a parlé de l’école des cadets et j’ai demandé à mes parents de m’y inscrire. Plus tard, je veux être commandant de Région militaire. Je viens de Bordj Bou Arréridj. Je me sens très bien. J’ai plein d’amis de tout le pays…», nous dit-il. Hamza, un de ses camarades, est plus vif.

Il intervient dans la discussion. Natif de Bouira, lui aussi aspire à collectionner les galons pour commander les troupes. « J’aime beaucoup ma patrie, je veux la défendre en dirigeant les unités de l’armée…», lance-t-il. Le débat sur l’amour de la patrie prend le dessus. Chacun des mômes veut s’exprimer et tous sont unanimes à dire aimer ce qu’ils font.

A quelques mètres, la classe d’apprentisage des langues. Aidés par un matériel assez moderne, les élèves doivent maîtriser, en plus de l’arabe, aussi bien le français que l’anglais. « Des équipements audio-visuels et interactifs sont mis à leur disposition pour leur permettre d’apprendre la langue, qu’elle soit parlée ou écrite», note le colonel, précisant : « Vous devez savoir que l’élève n’est jamais seul. Il est tout le temps soit avec ses enseignants qui sont des civils, soit avec les encadreurs qui sont en général des militaires. Il doit se sentir en confiance pour que ses parents soient rassurés. Ici, les enfants apprennent la discipline et surtout la rigueur. Ils apprennent à faire leur lit, à s’organiser ; bref, à être totalement indépendants.

Ils sont mis dans des conditions de concurrence non seulement entre eux en tant que camarades de classe, mais aussi avec les autres collèges. Chacun veut faire plus pour avoir une note plus importante. Avoir une bonne note, c’est dépasser 18 sur 20…». Un silence de marbre règne dans les couloirs. Les cours ont déjà repris. Nous continuons notre visite. Dans la salle de réunion, quelques enseignants préparent leurs cours. Ils sont tous détachés de l’éducation. « La direction de l’académie a lancé l’appel Lire la suite

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